Une intéressante narration non fiable

Viviane Élisabeth Fauville

Par Julia Deck

Résumé en quatrième de couverture :

Vous êtes Viviane Élisabeth Fauville. Vous avez quarante-deux ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main.

Mon appréciation :

Dès le début du roman, le lecteur est confronté à un meurtre et à une nouvelle maman tout juste divorcée. Par la narration, le lecteur devient pas moments cette Viviane Élisabeth Fauville, qui affirme avoir commis le meurtre. Convaincus de son méfait, nous ne pouvons pourtant pas lui en vouloir, puisque le récit tend à nous rapprocher de cette femme.
La narration joue beaucoup sur la pronominalisation (certains passages sont au je, d’autres au elle, au nous, au vous, au tu. Ce jeu amène une pluralité de voix, bien qu’il n’y ait toujours qu’un seul personnage principal. Il est possible de rattacher ces effets à une certaine folie de la protagoniste, qui est accentuée, à certains moments, par les mensonges verbaux et ceux qui se retrouvent aussi à même la narration.
J’ai particulièrement aimé la quête de vérité de Viviane, qui rencontrait les autres personnes soupçonnées et interrogées sur l’assassinat. Bien qu’elle affirme sa culpabilité, elle ne peut s’empêcher d’aller à la rencontre des soupçonnés, peu importe les risques qu’elle encourt. Bien que je craignais qu’elle ne se fasse arrêter à cause de ses manigances, je prenais plaisir à suivre ses expériences.
Je me refuse à en dire davantage, puisque ce qui reste le plus pertinent et déstabilisant du livre, c’est sa finale, et je ne veux pas vous la dévoiler. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé que nous puissions nous interroger, à la fin, sur la légitimité de la narration, qui n’est pas fiable. Je vous laisse donc découvrir cette fin et comment la narration de Viviane Élisabeth Fauville cache le mensonge.

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Une conclusion assez complète

Sorcière, tome 15, L’enfant de la nuit

Par Cate Tiernan

Résumé en quatrième de couverture :

Faites la connaissance de Moira Byrne, la fille d’un prodige… Au moment même où sa vie éclate en morceaux.
Il y a vingt ans, Morgan Rowlands était la jeune sorcière de sang la plus puissante à avoir vu le jour depuis des générations. Elle a fait des découvertes magyques, a affronté et vaincu un mal inimaginable et a survécu à une trahison foudroyante. Âgée de quinze ans, sa fille Moira sait que le passé de sa mère cache bien des choses qu’elle ignore. Et les secrets terrés dans le coeur de Morgan pourraient détruire le monde de Moira en entier. Lorsque Moira apprend deux vérités au sujet de sa famille, elle commence à réunir les pièces du casse-tête… pour comprendre qu’une personne qui lui est chère est en grave danger.
Une famille singulière. Une bataille infinie. Un nouveau commencement.

Mon appréciation :

Lorsque nous commençons ce quinzième et dernier tome de la série Sorcière, cela fait un peu étrange. Comme l’indique le résumé du roman, l’histoire de cette conclusion se déroule une vingtaine d’années après les événements du quatorzième tome. Ainsi, nous nous retrouvons avec une Morgan adulte et mère d’une enfant. La narration, quant à elle, se fait encore une fois en alternance (la mère et la fille), mais reste tout au long à la troisième personne.
C’est très plaisant de retrouver le personnage de Morgan, même si elle est plus âgée. Nous ressentons toujours la même maturité, même un peu davantage, chez elle. Ses décisions reflètent bien l’adolescente qu’elle était, tout en contenant une part d’expérience. C’est donc très intéressant d’observer son évolution adulte (ce que ne montre pas souvent les livres jeunesses actuels).
Du côté de sa fille, Moira, on retrouve une parcelle de sa mère adolescente, à quelques exceptions. Moira grandit avec la Wicca dans sa vie. Par contre, comme ce fut le cas de sa mère, la jeune fille a beaucoup à apprendre de sa famille et de son passé.
L’enfant de la nuit est plutôt le prétexte à une conclusion englobante. Le roman commence avec des épreuves très difficiles pour Morgan (ce qui arrive entre Hunter et elle, nous avons envie de supplier l’auteure de ne pas avoir fait cela) et se développe sur la résolution de tous les problèmes familiaux. Si nous devinons plus facilement la réelle origine de Moira (vous êtes curieux?), nous ne nous attendons pas à tout ce qui arrive au personnage qui lui est cher.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture, que j’ai dévorée rapidement. Je trouve que ce volume présente une belle conclusion à la série, bouclant la boucle des événements difficiles qu’a eu à traverser Morgan. Maintenant que la série est terminée, je pense que je vais m’ennuyer de ces héros qui ont bercés une partie de mon adolescence et mes premières années d’adulte. 😉

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Lecture ardue mais intéressante

Rue Saint-Urbain

Par Mordecai Richler

Résumé en quatrième de couverture :

Le quartier juif, entre l’avenue du Parc et la Main, dans le Montréal des années 1940. Voici le monde dans lequel Mordecai Richler nous plonge, avec ses lieux, ses personnages, son ambiance : le restaurant de Tansky, communiste invétéré, où s’échauffent les esprits, l’école primaire et les rêves d’avenir qu’elle suscite, l’appartement familial où les parents louent une chambre à un réfugié, puis à un écrivain qui attend le succès; et, l’été venu, la plage des Laurentides et sa pancarte, « This Beach is restricted to Gentiles », que les jeunes s’empressent de déterrer…
Un monde attachant, plein de bonhomie sympathique, ayant pour toile de fond le Québec de Duplessis et les États-Unis, l’« Amérique véritable ». Un univers comme seul pouvait le décrire l’auteur de L’apprentissage de Duddy Kravitz.

Mon appréciation :

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à réellement me plonger dans l’œuvre de Richler. Je ne connais ni bien l’époque ni bien les lieux dans lesquels le roman prend vie. J’étais désorientée et je n’ai pu profiter pleinement de ma lecture, étant donné qu’il me manquait d’informations pour compléter les trous.
Bien que je n’étais pas ancrée dans l’histoire, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Je me cherchais beaucoup, mais j’aimais tout de même l’ambiance qui était dépeinte dans le livre. Je pouvais découvrir comment certaines personnes pouvaient vivre à l’époque de Duplessis, au Québec.
Autrement, j’ai aimé les personnages, mais tout particulièrement celui de l’écrivain. Figure qui vient davantage me rejoindre parce que le milieu littéraire dans son entier me fascine, j’ai pris plaisir à lire les aventures du protagonistes. L’homme tarde beaucoup à écrire et il est déjà considéré comme un grand écrivain qui vendra bien. Les relations de tension entre l’écrivain et ses fans avant l’heure, entre l’écriture et la lecture, entre les mots et la page blanche, entre le succès et l’insuccès m’ont captivée. Je crois que j’aurais aimé suivre plus encore ce personnage plutôt que certains autres.
Dans l’ensemble, ma lecture de Richler est donc mitigée. Je crois que je devrais relire le livre après m’être documentée sur l’époque afin d’en faire une meilleure lecture. D’ici-là, mon avis reste constitué de hauts et de bas. Néanmoins, pour ceux qui aiment le côté culturel des œuvres, celle-ci pourrait être pertinente. 🙂

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Un policier jeunesse qui exploite une thématique forte

15 ans ferme

Par Laurent Chabin

Résumé en quatrième de couverture :

Un violent incendie, avenue Victoria à Westmount. Une folle poursuite à travers Montréal. Un riche avocat et sa femme retrouvés morts dans leur résidence. Un être fragile caché dans un bosquet du quartier Saint-Henri, la peur au ventre. En voilà assez pour que Sara, l’héroïne du roman Les Trois Lames, se sente interpellée et décide d’aider la victime. Mais qu’est-ce qui peut bien unir un riche homme d’affaires, son épouse et des immigrants clandestins?
Un jeu de pistes qui tient en haleine du début à la fin. Une intrigue habilement ficelée et des personnages qui se cachent derrière des apparences trompeuses. Un récit qui laissera constamment le lecteur dans le doute et que dévoreront les amateurs de romans policiers.

Mon appréciation :

Je n’ai pas lu le roman précédant celui-ci. Je n’avais jamais lu de romans de Laurent Chabin auparavant, non plus. Pourtant, cet homme a écrit une multitude d’œuvres policières, autant jeunesses que pour adultes. On m’a mis ce tome entre les mains dans l’objectif de l’analyser. Néanmoins, comme c’est un roman jeunesse, je me suis tout de même amusée à le lire avec les yeux que j’aurais eus adolescente.
L’une des particularités de ce livre est que la narration est plurielle. Le lecteur a le point de vue de chaque personnage selon les moments du récit. Chacun raconte ses parties au je, de sorte que le lecteur peut avoir accès à une certaine intimité de la part des protagonistes. Question de connaître davantage nos héros, j’aurais aimé avoir lu le premier tome… mais cela ne change pas grand chose à la lecture que j’ai pu en faire, tout de même. Je ne sentais pas que j’avais un gros manque à combler à ce sujet.
J’ai beaucoup aimé l’intégration d’extraits de journaux dans le fil de la lecture, bien qu’il n’apportaient pas nécessairement beaucoup. Je les trouvais essentiellement amusants et j’aimais avoir un point de vue extérieur aux événements.
Le roman reste aussi intéressant dans la mesure où il aborde le sujet des réseaux clandestins où l’on profite de personnes dépourvues de moyens provenant de d’autres pays. J’aimais bien cette thématique, qui n’est pas toujours abordée, d’autant plus dans la littérature jeunesse. Se plonger dans les expériences atroces que vivent ces gens était assez particulier. C’était complexe à déchiffrer, mais cela était un bon prétexte pour s’interroger sur l’humain.
Par contre, la fin était un peu étrange. Nous nous sommes d’ailleurs tous interrogés à ce sujet dans mon cours. La victime du livre pend une décision rapide par rapport à une situation qui la dépasse et qui est très complexe. Cela rend son choix superficiel, sans teneur réelle des conséquences qu’il peut entraîner.
Au final, j’ai eu une agréable lecture. Le roman se lit très bien, malgré la grande alternance de personnages. Peut-être que je vais m’attaquer aux romans pour adultes de Laurent Chabin, histoire d’en voir la différence.

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Une intéressante entrée en matière

De quoi t’ennuies-tu, Éveline? suivi de Ély! Ély! Ély!

Par Gabrielle Roy

Résumé en quatrième de couverture :

Apprenant la maladie de son frère chéri, une vieille dame entreprend un long voyage en autobus de Winnipeg jusqu’à la côte californienne. En cours de route, elle découvre le continent et les êtres qui l’entourent, et surtout elle retrouve en les racontant sa propre jeunesse et cet « ennui » qu’elle a toujours éprouvé pour elle ne sait quel ailleurs, quelle vie plus haute et plus vraie. Éveline arrivera trop tard pour parler à son frère. Mais celui-ci, en l’attirant dans cette aventure, lui aura permis de trouver elle-même les réponses aux questions qu’elle voulait tant lui poser.
Ély! Ély! Ély! est aussi le récit d’un voyage, celui d’une jeune femme renouant avec sa famille, là même où elle se croyait complètement perdue.

Mon appréciation :

Je n’avais malheureusement jamais lu dans l’intégralité un roman de Gabrielle Roy avant celui-ci. Pourtant, au Québec, ses livres, dont Bonheur d’occasion, sont souvent étudiés tout au long du parcours scolaire (dès le secondaire). J’ai évité ces lectures par une étrange suite de hasards jusqu’à ce jour : université, deuxième année.
De quoi t’ennuies-tu, Éveline? est une lecture qui m’a bien plu. Bien que la quatrième de couverture du livre en dévoile beaucoup sur la conclusion du récit, on s’attache rapidement au personnage d’Éveline et l’on se demande quelles péripéties elle va affronter pour se rendre chez son frère, qui aura trouvé la mort entre temps.
J’ai surtout aimé le personnage d’Éveline. C’est elle qui m’a fait apprécier le récit. Cette personne relativement âgée s’embarque dans un voyage pour se rendre chez son frère. Tout au long de son trajet, elle rencontre maintes personnes. Éveline prend plaisir à raconter ses motivations, tout comme les autres prennent plaisir à raconter différents souvenirs qu’ils ont de leur existence.
Dans le deuxième texte, Ély! Ély! Ély!, le personnage m’est moins familier. Le texte est d’ailleurs plus court, ce qui fait peut-être pencher la balance. On s’attache moins à ce nouveau personnage, bien que sa quête reste intéressante. La thématique du voyage est bien présente et amène des idées que le lecteur peut approfondir ou non en dehors de sa lecture.
Dans l’ensemble, j’ai apprécié ma découverte de Gabrielle Roy. Je ne sais pas encore si je vais de moi-même goûter ses autres écrits ou si je vais attendre qu’ils me tombent entre les mains. Il n’empêche qu’il est presque certain que je la relierai.

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Une pluie d’intertextes

Perdre des théoriesPerdre des théories
Par Enrique Vila-Matas

Résumé en quatrième de couverture :

Invité à un symposium international sur le roman à Lyon, un double de l’écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas est abandonné dans son hôtel, où personne ne vient l’accueillir. Dans sa solitude, il achète un exemplaire du Magazine littéraire dédié à Julien Gracq et tombe sur un article qu’il a lui-même consacré au Rivage des Syrtes. Cette lecture lui donne l’idée d’élaborer une théorie générale du roman. Il veut mettre en évidence la modernité et l’extraordinaire prescience du roman de Julien Gracq — qu’en son temps une partie de la critique avait trouvé désuet — puis en déduit les principaux axes de ce que devra être un roman. Ayant décidé de rentrer à Barcelone, sur le point de repartir, il découvre l’inanité de toute théorie littéraire. Dès lors libéré de ce carcan, il écrira et perdra des pays, voyagera et perdra des théories, les perdra toutes.

Mon appréciation :

Perdre des théories est un tout petit livre qui se lit en moins d’une heure. Je ne l’aurais pas découvert si je n’avais pas eu à le lire dans le cadre d’un cours à l’université, et je suis tout de même contente de ma lecture. Cependant, je suis d’avis que c’est un livre pour les littéraires, puisqu’il peut être plus difficile d’accès pour différentes personnes qui n’ont pas une culture littéraire suffisante dans le milieu des études et des théories littéraires.
Ce qui est intéressant dans ce petit livre, c’est que le personnage évoque, oui, des théories, mais que la narration en met certaines en applications. Par exemple, il est question de l’usage de l’intertextualité pour faire un bon roman. Cependant, Perdre des théories illustre plusieurs façons d’insérer de l’intertextualité dans le livre. Il y a, entre autres, beaucoup de citations et de références à des auteurs connus du monde littéraire, tels que Kafka, Gracq, Nerval, etc. Ces liens sont très plaisants dans la mesure où nous en connaissons déjà les œuvres ou que nous en avons entendu parler. Si nous en connaissons quelques unes, cela donne envie de les (re)lire afin de bien saisir la pensée du narrateur qui les commente.
Le livre en soi présente une drôle de façon d’utiliser toutes les théories et les œuvres évoquées. Il traite de l’attente et devient le prétexte à des analyses de textes.
Le tout se lit très bien, il ne faut pas s’en inquiéter. D’ailleurs, sur le plan littéraire, cela en fait un roman tout à fait intéressant à analyser… histoire de continuer les intertextes. 😉

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Un roman typiquement fantastique

Matshi, l’esprit du lac

Par François Lévesque

Résumé en quatrième de couverture :

Quand ma mère m’a annoncé, l’air de rien, que nous quittions notre appartement de Montréal pour les forêts abitibiennes, j’étais loin d’être enchanté. Surtout que tout avait été planifié dans mon dos. Une fois sur place, j’ai bien dû admettre que ce n’était pas la fin du monde. Il y avait ce grand lac, où je pouvais pêcher. Mais j’ai vite compris que ce plan d’eau était particulier. De légendes mystérieuses en découvertes inusitées, j’ai passé, au lac Matshi-Manitou, l’été le plus exaltant de ma vie.

Mon appréciation :

Matshi, l’esprit du lac est un très bon roman fantastique pour les jeunes d’environ dix ans. On y retrouve adéquatement les caractéristiques principales du genre, ce qui fait que le livre peut permettre de les mettre en lumière pour étudier les particularités du fantastique. Avec cette œuvre de François Lévesque, l’enfant découvre un environnement réaliste qui est habité par une créature surnaturelle qu’il ne peut que s’imaginer, puisque, comme le genre le demande, le mystère reste entier.
Je n’aurais jamais été portée à lire ce roman si l’on ne m’avait pas demandé de le faire dans un cours universitaire sur le romans pour adolescents contemporain. Il n’empêche que j’ai pris plaisir à lire cette histoire.
L’ambiance qui règne dans le livre est typiquement fantastique et rend la lecture très agréable. Nous sommes intrigués par la créature qui se tapit dans le lac. Son caractère dangereux, souligné par la disparition d’hommes, épice un peu les choses et donne envie de tout savoir à son sujet. Si le lecteur doit plutôt construire par lui-même les blancs concernant la bête, il n’en est pas moins trop déçu. En effet, de tout savoir serait probablement plus ennuyant que l’inconnu.
Le personnage principal est plutôt intéressant dans la mesure où son passé familial est très relié à l’Abitibi. Bien qu’il ne s’affirme pas beaucoup et que nous devinons facilement son origine paternelle, son histoire reste bien divertissante.
Dans l’ensemble, j’ai bien apprécié ma lecture. C’est une lecture facile et agréable. Que ce soit pour un jeune ou pour un adulte, je crois que Matshi, l’esprit du lac est un petit roman qui peut amuser l’espace de quelques minutes.

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Un voyage qui ne laisse pas indifférent

Désert

Par J.M.G. Le Clézio

Résumé en quatrième de couverture :

La toute jeune Lalla a pour ancêtres les « hommes bleus », guerriers du désert saharien. Elle vit dans un bidonville, mais ne peut les oublier. La puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet, une évasion manquée vers « leur » désert, l’exil à Marseille, tout cela ne peut que durcir son âme lumineuse. Lalla a beau travailler dans un hôtel de passe, être enceinte, devenir une cover-girl célèbre, rien n’éteint sa foi religieuse et sa passion du désert.

Mon appréciation :

Le récit de Désert se divise en deux trames narratives : celle de Lalla et celle d’une caravane dans le désert qui est composée des hommes bleus. On reconnaît les chevauchements de récits par la mise en page du texte, qui présente plus de blanc dans les parties concernant les hommes bleus, ancêtres de Lalla.
Lors de ma lecture, j’ai préféré tous les passages qui concernaient davantage Lalla. Ceux-ci étaient beaucoup plus faciles à lire, puisqu’ils contenaient un récit plus accessible et linéaire. Comme le résumé l’indique, la jeune femme quitte le désert pour la ville. Par contre, j’aurais bien aimé que son voyage dans le désert s’étende sur une plus longue période (et donc plus de pages), car j’adorais découvrir ce lieu que je ne maîtrise pas du tout. Selon moi, c’était la partie la plus intéressante de son périple.
Du côté des personnages, j’ai bien aimé la naïveté de celui de Lalla. Nous étions en présence d’une femme ayant tout à découvrir du monde et qui doit encore tout apprendre. Elle est également intéressante par la luminosité qu’elle dégage. Même dans la ville grise, Lalla évoque le soleil et le sable désertiques. Elle possède aussi un tempérament particulier qui fait qu’elle ne semble jamais s’attacher aux choses. Lalla est presque un phénomène en soi. Mis à part elle, il y a aussi Radicz, un jeune voleur, qui est intéressant. On se plait à le découvrir, et ce, jusqu’à sa surprenante fin. À ce moment, on s’arrête, on devient muet. Je vous laisse découvrir pourquoi.
Finalement, j’ai bien aimé l’importance accordée aux légendes dans le bidonville de Lalla. Il en va de même pour l’omniprésence des cinq sens et des descriptions d’époustouflants décors à la faune et à la flore fascinants. Désert est un roman de voyage assez plaisant. Ce n’est pas du tout mon préféré, mais j’ai su y apprécier bon nombres d’éléments en m’interrogeant sur la profondeur du texte.

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Un roman qui ne m’a pas touchée…

21 jours en octobre

Par Magali Favre

Résumé en quatrième de couverture :

« Vers 4 heures, cette nuit, le gouvernement a pris des dispositions exceptionnelles. Il a proclamé la Loi sur les mesures de guerre… »
Nous sommes à Montréal, en octobre 1970. Dans cette période troublée de l’histoire du Québec, Gaétan va affronter l’usine, le chômage et l’arbitraire policier. Il découvrira la révolte des petites gens, et vivra aussi une première rencontre amoureuse…
Une tranche de vie passionnante, dans l’atmosphère des événements dramatiques qui se sont déroulés cet automne-là.

Mon appréciation :

Je n’aurais probablement jamais lu ce livre si je n’avais pas eu à l’étudier dans le cadre d’un cours sur la littérature québécoise pour adolescents. Les romans réalistes et historiques ne m’intéressaient pas vraiment lorsque j’étais moi-même une jeune adolescente. Je me suis tout de même prêtée au jeu et j’ai plongé dans ce petit roman avec tantôt les yeux d’une adolescente d’environ 12 ans, tantôt ceux d’une jeune adulte.
Tout d’abord, je ne me suis pas identifiée au personnage principal. Non pas parce qu’il est un jeune garçon, mais plutôt parce que son mode de vie ne rejoint aucunement le mien. Bien entendu, il y a l’aspect historique du roman qui entre en jeu. L’adolescence à cette époque n’était pas la même que celle que j’ai pu vivre. J’avais pourtant du mal à me cadrer avec un mode de vie où l’on quitte l’école tôt pour travailler à l’usine, et ce, dans le but de contribuer à faire vivre sa famille. Parce que c’est ce que Gaétan choisit de faire : il quitte l’école pour entrer dans le monde des adultes où l’on travaille et où l’on peut se récompenser d’une petite bière entre amis après la job.
Concernant la trame historique comme telle, je dois dire qu’elle était intéressante, mais je l’ai plus ou moins bien sentie. Gaétan a beau faire l’expérience de la loi sur les mesures de guerre, son rôle reste plutôt passif et sa perception des événements peu approfondie. Cela est probablement directement lié au fait que le héros a beau avoir tout juste commencé un travail, il reste enfant encore dans la mesure où il est très lié aux amitiés et que son avenir peut continuellement changer, tel que le montre la fin du récit.
En somme, la lecture de ce roman se faisait très bien : elle était facile. Par contre, étant donné que je ne me suis pas sentie happée par le personnage ni par les actions du récit, ma lecture m’a laissée relativement indifférente. Outre de montrer comment un adolescent peut être mis en scène dans un tel genre de roman, je n’ai malheureusement pas senti un réel intérêt pour ce livre.

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Un excellent livre empreint de douce poésie!

Journal d’un vampire en pyjama

Par Mathias Malzieu

Résumé en quatrième de couverture :

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent.
Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi.
Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »
Mathias Malzieu

Mon appréciation :

Après avoir lu et vu La mécanique du cœur et écouté l’album Vampire en pyjama, j’ai pris grand plaisir à lire le Journal d’un vampire en pyjama. Le récit prend place peu de temps avant la grande première du film Jack et la mécanique du cœur. Mathias Malzieu, l’auteur, apprend qu’il souffre d’une aplasie médullaire : ses propres anticorps se retournent contre lui et détruisent ses globules blancs et ses plaquettes, le laissant affaibli et à risque élevé de développer des infections et virus.
Malgré ce que représente la maladie évoquée dans le livre, la lecture n’est jamais difficile. Le contenu n’est pas toujours joyeux, mais sa lecture reste toujours légère et agréable. Mathias Malzieu sait jouer avec les mots pour faire couler ses propos et les rendre colorés. Le livre fourmille de belles paroles et de références amusantes (dont certaines à Star Wars).
J’ai bien apprécié les rapprochements de l’auteur avec ses autres œuvres. Pour bien apprécier le livre, je crois qu’il est bon d’avoir au moins vu le film qu’il a réalisé. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir lu ses autres livres pour plonger dans celui-ci et l’apprécier. D’ailleurs, n’en ayant lu qu’un autre, cela m’a donné très envie de savourer ceux que je ne possède pas. Métamorphose en bord de ciel est le roman le plus évoqué pour des raisons de thématique. On nous en dévoile les grandes lignes, et un peu la finale, mais cela donne vraiment le goût de le lire.
J’ai dévoré cette lecture en peu de temps. J’ai adoré toutes les références (littéraires, musicales et cinématographiques). Cela me permettait de bien plonger dans la personnalité de Mathias Malzieu. L’homme est énergique, déterminé et persévérant, autant dans son métier que dans les dures épreuves provoquées par la maladie. Sa joie de vivre est immense et contagieuse.
Journal d’un vampire en pyjama est un livre qui parle de courage, d’amour, d’amitié, de création et de passion. L’auteur donne l’impression de vivre sa vie à 100 à l’heure, et cela dans la santé comme dans la maladie. Ce livre, c’est aussi l’histoire d’une deuxième naissance, comme l’écrivain le dit lui-même. C’est une histoire de bonheur.

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