Quinn, Auster, Work, Stillman,… et qui d’autre, encore?

Trilogie new-yorkaise, tome 1, Cité de verre
Par Paul Auster

Résumé en quatrième de couverture :

Un auteur de série noire, Quinn, est éveillé au milieu de la nuit par un coup de téléphone qui ne lui était pas destiné : on demande un détective, un certain Paul Auster… Quinn, qui mène une vie errante, lestée d’un passé problématique, accepte le jeu consistant à être ce Paul Auster.
Et le voilà lancé dans une aventure plus extravagante que toutes celles qu’il aurait pu imaginer. À la faveur de cette première faille de l’identité, le roman policier bifurque, et ce sont à la fois Kafta et Hitchcock que l’écrivain de L’Invention de la solitude convoque dans les détours de sa cité de verre…

Mon appréciation :

C’est dans le cadre de mon programme collégial que j’ai découvert ce livre. En fait, il était à lire et à analyser durant une portion de la session. Nous avons eu à le lire en deux parties, soit la première et la deuxième moitié du roman. Ensuite, en classe, nous en discutions afin de présenter notre compréhension du roman, d’émettre des interrogations, de tenter de faire des liens avec d’autres textes et d’analyser le tout. Croyez-moi, nous en avions beaucoup à dire et il n’était pas rare que les visions différaient!
J’ai bien apprécié ma lecture, et ce, même si à quelques reprises, ma compréhension n’était pas totale. Il faut dire que ce petit livre a énormément de contenu.
À divers moments, plus particulièrement durant deux chapitres précis, le lecteur fait face à une foule d’informations. Le tout est-il vrai, est-il faux? C’est un mélange des deux! Paul Auster, l’auteur, présente divers ouvrages réels tel Le paradis perdu, de Milton, et d’autres faux comme un texte écrit par un Henry Dark inventé d’un autre personnage du livre! On traite aussi de la Tour de Babel et de la langue adamique, ce qui rappelle la nouvelle La bibliothèque de Babel, de Jorge Luis Borges. La frontière entre le réel et le fictif de ce roman est ainsi très discrète. En fait, il est difficile de la repérer sans faire de recherche. J’ai d’ailleurs trouvé cela particulièrement plaisant de ne jamais savoir si les informations données provenaient de faits vécus (on mentionne, entre autres, le cas des enfants sauvages, tel Gaspard Hauser de Nuremberg) ou imaginés.
Un autre élément qui m’a bien plu est celui des multiples identités de Daniel Quinn, le personnage principal. D’abord, celui-ci s’invente un pseudonyme pour publier ses romans policiers : William Wilson. Ce nom vient sans aucun doute de la nouvelle William Wilson, de Poe. Seulement, pourquoi l’auteur a décidé d’utiliser ce nom? C’est un mystère. Par contre, il faut savoir que le personnage de la nouvelle affrontait son homonyme, sa conscience positive (il était mauvais). Il avait donc une certaine identité double… comme Quinn! Ou bien… comme le Minotaure, dans La demeure d’Astérion, de Jorge Luis Borges, le personnage s’inventant un deuxième lui-même. Vient ensuite Max Work, le personnage principal des romans de Quinn (ou de William Wilson, disons). Lors de la quête de notre protagoniste, il se mettra dans la peau de ce Work. Sans oublier l’identité du détective Paul Auster qu’il prend parce qu’elle lui est donnée. Vous êtes un peu mélangés? Mais ce n’est pas tout! Parce que notre Quinn rencontre Peter Stillman-fils, duquel il reprendra, entre autres, une expression : « Je m’appelle Paul Auster. Ce n’est pas mon véritable nom. » (p.49). Plus tard, c’est la démarche de Peter Stillman-père qu’il copie. Il en est ainsi avec quelques autres individus, encore.
La finale du livre, quant à elle, est bien particulière. Sans vous la dévoiler, je peux vous assurer qu’elle donne une impression bizarre, voire un sentiment étrange. Elle n’est pas soudaine, puisqu’elle est assez tranquillement amenée. Par contre, elle ne semble pas conclure le livre. Et, contre tout espoir, les tomes de cette trilogie sont tous indépendants. Rien qui ne puisse satisfaire notre faim! Ce qui fait donc plutôt différent. Une fois de temps en temps (mais pas trop souvent), je me dis que c’est tout de même bien et que ça change de la finale habituelle qui est régulièrement parfaite et toute belle.
J’ai bien aimé cette expérience de lecture!

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