Un voyage en Sicile à travers les souvenirs…

Conversation en SicileConversation en Sicile
Par Elio Vittorini

Résumé en quatrième de couverture :

— À quelle heure pars-tu? me demande ma mère.
La Sicile était devenue immobile et j’en souffrais, je répondis que je voulais arriver à temps pour partir le soir même de Syracuse.
— Tu es contente que je sois venu te voir? lui demandai-je.
Et elle me dit : « Cela va de soi. Ça fait plaisir de parler avec un de ses fils, au bout de quinze ans… » Un bruissement d’eau qui débordait l’amena de nouveau vers le fourneau, vers tous les objets de sa solitude. Elle continua : « Les années vont et viennent, les enfants vont et viennent… »

Mon appréciation :

J’ai pris plaisir à lire le récit de Silvestro qui, par hasard, décide d’aller rendre visite à sa mère après quinze années. Lorsqu’ils entament la conversation, ce sont plusieurs souvenirs qui refont surface. Des souvenirs traitant du père de Silvestro, de son grand-père, de sa mère, de son enfance et de son frère Liborio, soldat décédé.
Dès le début de ma lecture, j’ai apprécié le style d’écriture d’Elio Vittorini, que je découvrais pour la première fois. L’écriture évolue tout au long du livre, que ce soit en fonction des pensées du narrateur ou en fonction des rencontres qu’il fait et qui déclenchent différentes conversations parfois bizarres. L’écriture est parfois fluide, parfois saccadée. Elle est porteuse d’un rythme fort intéressant qui agrémente très bien l’histoire.
Les différents personnages sont, pour la majorité, assez amusants et divertissants. Ils sont même loufoques, parfois. Silvestro rencontre un cueilleur d’oranges, un rémouleur, un drapier, un tenancier de bar à vin, et plus encore. La personnalité de chaque personnage se révèle adéquatement dans leurs descriptions, leurs agissements et leurs dialogues, qui sont quelques fois absurdes (au même titre que certaines des questions que se pose Silvestro). J’ai beaucoup apprécié.
Conversation en Sicile n’est pas un roman d’aventure ou d’action, c’est un voyage dans les souvenirs du personnage de Silvestro, c’est un voyage dans la personne qu’il est, dans ses interrogation et dans ses sentiments. Silvestro renoue avec sa mère, mais aussi avec de joyeux et de moins joyeux souvenirs. Il en apprend un peu plus sur sa mère alors qu’il était enfant, puis adolescent, et prends conscience des raisons qui ont fait en sorte qu’il ne revienne pas rapidement chez lui. Son histoire est également un voyage dans son indifférence ou non par rapport à ce qui l’entoure, que ce soit passé ou présent.
Conversation en Sicile est un bon petit roman qui se lit très rapidement. Il nous fait voyager sans nous étourdir, nous questionner sans véritablement trouver de réponse et nous divertir d’un bout à l’autre. C’est une entrée de trois jours dans la vie d’un personnage qu’il serait intéressant d’étudier plus en profondeur.

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Catégories : Contemporain, Livres adultes | Étiquettes : , , | Poster un commentaire

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