Découvrir Montréal à travers un autre regard

Chronique de la dérive douce

Par Dany Laferrière

Résumé en quatrième de couverture :

Sorte de « compagnon » à L’Énigme du retour, ce roman, dont la première édition est parue en 1994, raconte l’arrivée d’un jeune Haïtien dans la métropole québécoise au milieu des années 1970.
En débarquant à Montréal, Dany Laferrière se retrouve devant sa vie comme devant une page blanche. Fuyant la dictature, il découvre une ville en pleine effervescence olympique et une société où les mêmes grandes questions — l’amour et le sexe, la richesse et la pauvreté, la solitude et la fraternité — divisent ou rassemblent les êtres, tout comme dans son pays d’origine, mais suivant une ordonnance totalement différente. C’est l’humanité, irrémédiablement déroutante, irrémédiablement familière, rendue avec la fraîcheur du regard du jeune homme de vingt-trois ans, mais avec toute la virtuosité de l’écrivain aguerri.
Chronique de la dérive douce est le premier « roman du Québec » de Dany Laferrière et il inaugure un dialogue entre l’enfant du Sud et la terre du Nord qui dure encore aujourd’hui. Il nous en donne ici une nouvelle version sensiblement augmentée.

Mon appréciation :

Je n’ai pas lu L’Énigme du retour avant de lire ce roman de Laferrière. Je m’y étais essayé vers l’âge de douze ans, environ, mais j’appréciais trop les romans merveilleux à ce moment et n’étais pas prête à lire ce genre de livre. Je ne m’étais pas attaquée à cet auteur depuis. C’est donc à l’université que j’ai eu l’occasion de redécouvrir Dany Laferrière. L’édition que j’ai lue du roman en est une qui a été nettement augmentée. À l’époque, le livre était divisé en 365 chapitres, ce qui représentait donc une année complète dans l’univers du personnage. Désormais, il en contient beaucoup plus.
Ce roman raconte l’arrivée du Dany personnage dans la ville de Montréal. On découvre l’endroit à travers les yeux d’un homme qui vient d’une culture et d’un pays complètement différents. Pour moi, qui vit en campagne et ne fait qu’étudier dans cette grande ville, je trouvais très intéressant d’observer la métropole à travers ces yeux nouveaux. Je la découvrais comme elle était quelques années plus tôt.
Le récit se lit bien, malgré sa forme qui se rapproche de celle de la poésie. Nos côtoyons le personnage dans ses premières expériences montréalaises, que ce soit de vivre dans la pauvreté, de goûter la chair des québécoises, de travailler dans de mauvaises conditions ou de sympathiser avec des sans-abris. Bien que toute l’histoire ne soit pas nécessairement joyeuse, elle recèle quelques couleurs, puisque l’on sait que son auteur a su apprécier cette ville.
J’ai bien apprécié de me dépayser assez pour devenir, à mon tour, un étranger qui s’installe à Montréal. J’ai aussi aimé le parallèle fait avec l’écrivain à la fin du roman. J’avais l’impression d’assister au début de quelque chose.

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