Adaptations

Ici se retrouvent les appréciations des livres qui ont été adapté au cinéma ou à la télé. Ainsi, si vous êtes de ceux qui adorez combiner la lecture et le film, c’est votre section!

Une bonne idée, mais une déception d’ensemble.

ADDICT

Par Jeanne Ryan

Résumé en quatrième de couverture :

ADDICT est un jeu qui diffuse sur Internet des défis filmés en direct. Vee, 17 ans, ne sait pas si elle aura le cran d’y participer. Mais les organisateurs connaissent ses désirs les plus secrets et finissent par la convaincre avec des cadeaux qu’elle ne peut refuser, et un partenaire irrésistible…
Dès qu’elle fait équipe avec le beau Ian, Vee ne peut qu’accepter le défi suivant, puis un autre, et encore un autre… D’autant que l’engouement des milliers d’Observateurs en ligne la pousse à dépasser ses limites et ses peurs.
Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain : dangereux. Mais comment décrocher quand on est devenu complètement addict?

Mon appréciation :

La bande-annonce de l’adaptation cinématographique, sous le titre Nerve, est ce qui m’a poussée à me procurer ce roman. Cependant, bien qu’elle m’ait donné envie de découvrir l’histoire de Vee, cette bande-annonce m’a menée vers deux déceptions : le livre et le film.
Tout au long de ma lecture, il me semblait qu’il manquait toujours quelque chose au roman. Soit c’était l’écriture qui était plus ou moins plaisante, soit c’était la maturité fautive des personnages, ou enfin des attentes qui n’étaient pas comblées.
J’ai trouvé le concept du jeu ADDICT plutôt intéressant. Cela exploitait à merveille la société d’aujourd’hui qui est toujours rivée à son écran et qui y dévoile sa vie par l’entremise des réseaux sociaux. Alors que le personnage de Vee se rend compte que les concepteurs d’ADDICT puisent dans ses informations personnelles diffusées sur Internet et qu’ils prennent le contrôle de son téléphone cellulaire, le lecteur peut se mettre à réfléchir à l’impact de la technologie sur la vie privée. Au fil du roman, le jeu auquel prend part Vee transgresse les lois pour forcer les participants à commettre des actes dangereux. Le lecteur peut alors s’interroger sur ce qui est raisonnable ou non.
Outre l’intéressant concept du jeu, le roman ADDICT n’est guère extraordinaire. Les défis sont davantage psychologiques que physiques et ne donnent pas toujours l’impression d’être très demandant. Je n’en voyais pas toujours l’intérêt. Tout particulièrement pour le dernier, qui durait beaucoup trop longtemps à mon goût et qui ne donnait aucune matière pertinente pour la réflexion ou la suite des événements.
La conclusion du roman laisse également à désirer. Un lien se fait avec le prologue, mais laisse des zones d’ombres. Le prologue renvoie à la fin du livre, mais seulement en partie, puisqu’il présente un moment que l’on ne revoit aucunement et qui n’est pas expliqué. Cela me paraissait étrange de ne pas avoir la conclusion de cette introduction au roman, qui laissait d’ailleurs un léger suspense. Mis à part cela, la dernière épreuve ne me semble pas à la hauteur, tout comme la résolution, qui est mi-facile mi-difficile. Si Vee éprouve des difficultés à retrouver le monde réel, elle s’en tire pourtant sans aucun dommage (ce qui est un peu étonnant sachant qu’ADDICT possédait une mine d’information sur l’adolescente).
Le film, quant à lui, est plus demandant sur le plan des défis. Sa finale, quant à elle, est plus riche en émotions. Cependant, elle montre une résolution très facile contre le système de jeu.
Cela fait donc de mon avis quelque chose de très mitigé qui tend un peu plus vers le moins bon. J’ai lu le roman par curiosité, mais je n’ai pas pu en apprécier l’intégralité. Il n’empêche que j’ai aimé le fait que les événements pourraient se dérouler dans un avenir très rapproché. L’idée était très bien pensée.

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Un commissaire à étudier.

Pietr le Letton

Par Georges Simenon

Résumé en quatrième de couverture :

Le commissaire Maigret, de la 1re Brigade mobile, leva la tête, eut l’impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait. Il repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer. Après quoi, debout, le dos au feu, il bourra une pipe, tirailla son faux col, qui, quoique très bas, le gênait.
Il regarda sa montre, qui marquait quatre heures. Son veston pendait à un crochet planté derrière la porte. Il évolua lentement vers son bureau, relut le télégramme et traduisit à mi-voix : « Commission internationale de Police criminelle à Sûreté générale, Paris : Police Cracovie signale passage et départ pour Brême de Pietr le Letton. »

Mon appréciation :

Pietr le Letton est un roman policier comme je n’en avais pas encore lu. Bien que mes connaissances du genre se développent continuellement, je continue de découvrir du nouveau (le personnage de Maigret est un classique, mais je ne le connaissais que de nom).
L’enquête du commissaire Maigret n’apparaît pas comme un simple meurtre, mais semble réellement complexe. Les éléments de départ sont peu nombreux et flous. En tant que lecteur, on n’en découvre plus seulement au fur et à mesure que l’enquête du commissaire avance. Nous sommes donc dans l’attente de la suite, ce qui nous garde accrochés à la lecture. Qui plus est, Pietr le Letton est un assez petit livre avec une enquête qui avance à bon rythme. Ainsi, tous les éléments sont combinés pour en faire une lecture rapide et juste assez divertissante.
La manière dont le commissaire mène son enquête est intéressante. Il n’hésite pas du tout à se mettre en danger pour arriver à ses fins. Comme de fait, le tout n’est pas sans danger, et Maigret se fait blesser. Cela enlève l’idée que nous pouvons avoir d’un détective qui se situe au-dessus de tous les autres et à qui tout réussit aisément.
Dans l’ensemble, j’ai assez apprécié ma lecture. C’est même un peu tentant de lire les autres enquêtes du personnage de Simenon après avoir découvert celle-ci.
Et, petit fait amusant que j’ai appris : c’est le personnage de Maigret qui a donné la figure du détective à la pipe tel qu’on le voit dans les clichés.

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Une enquête bien élaborée.

Sherlock Holmes, Le chien des Baskerville

Par Conan Doyle

Résumé en quatrième de couverture :

Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort.
Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville, les hurlements lugubres qui s’échappent parfois du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende.
Dès son arrivée à Londres, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme : « Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande. » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, en compagnie de Sherlock Holmes et du fidèle docteur Watson.
Captivant, angoissant, Le Chien des Baskerville est l’une des plus célèbres aventures de Sherlock Holmes et a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques.

Mon appréciation :

Enfin, je peux désormais dire que j’ai lu un roman qui met en scène le populaire personnage de Sherlock Holmes!
Bien entendu, comme Le chien des Baskerville est un roman d’enquête, la construction est semblable aux romans d’Agatha Christie, de la même époque. Par contre, Holmes semble un peu plus fonceur que Poirot. Sherlock Holmes semble se précipiter davantage sur les lieux pour attaquer la source. Watson, son coéquipier, donne aussi plus d’éléments analytiques au lecteur, qui devine donc plus facilement le coupable.
Le lecteur en apprend de plus en plus au fil de sa lecture concernant les faits précédents et suivants le meurtre qui a déclenché l’enquête. On sait également avant la fin qui est le coupable. Cependant, les manigances complètes de ce dernier sont, quant à elles, révélées dans le dernier chapitre. Néanmoins, le lecteur en sait déjà beaucoup avant la conclusion tant attendue, ce qui diminue de beaucoup la surprise.
Le chien des Baskerville est une lecture bien agréable qui est aussi intrigante et qui mêle une petite dose de fantastique.
Finalement, comme j’avais déjà visionné les récents films de Sherlock Holmes mettant en scène Robert Downey Jr, je prenais plaisir à lire l’aventure avec les apparences des acteurs et leurs manies. Cela ajoutait un visuel intéressant!

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Un enquêteur qui me plaît bien!

L’homme aux cercles bleus

Par Fred Vargas

Résumé en quatrième de couverture :

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors? » Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus tracés à la craie, durant la nuit, sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, comme prisonniers, des objets perdus : trombone, bougie, patte de pigeon… Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent : un maniaque? un joueur?
Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite suintent la cruauté. Il le sait, il le sent : bientôt, l’anodin saugrenu deviendra tragédie.

Mon appréciation :

Depuis le temps que je voyais les livres de cette auteure me narguer sur les tablettes des librairies et des bibliothèques, il était temps que je découvre l’un de ses romans! Et voilà, c’est désormais chose faite. Je compte même récidiver si j’en ai l’occasion.
Mon gros coup de cœur du roman : le commissaire Adamsberg.
Le commissaire Adamsberg est différent de tous ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans mes lectures de romans policiers. Il est loin du bon vieux Hercule Poirot, de Maigret et de bien d’autres. Essentiellement, Adamsberg ne semble pas mener les enquêtes sur lesquelles il travaille. Ses méthodes sont tout à fait désinvoltes et donne une impression de négligence. Mais j’ai aimé ça!
Concernant l’enquête en soi, il faut que j’admette avoir été bien curieuse. Au même titre que le commissaire, je me demandais quand un meurtre allait se produire. Et la description des découvertes de chacun des cercles me mettait en haleine. J’ai été servie : un meurtre, sanglant, puis un deuxième, et des personnages très suspects mais qui sont difficilement accusables.
En somme, j’ai tout aimé, de l’enquête au personnage qui la menait. Cela me sortait des autres romans policiers que j’avais eu l’occasion de lire. J’ai été bien divertie et j’espère bien lire un autre roman mettant en scène Adamsberg, puisque sa psychologie et ses méthodes me paraissent fort intéressantes. Cela sort du traditionnel roman de détection!

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Un personnage vraiment complexe.

Monsieur Ripley

Par Patricia Highsmith

Résumé en quatrième de couverture :

Ripley voulait tout, l’argent, le succès, la belle vie. Il était prêt à tuer pour y parvenir…
Second roman de Patricia Highsmith, Monsieur Ripley signe la naissance d’un des plus extraordinaires personnages de roman policier : Tom Ripley, immoraliste aussi séduisant que dangereux, d’une intelligence hors du commun.
Chargé par un richissime Américain de lui ramener son fils parti en Italie, il va bientôt concevoir un projet diabolique…

Mon appréciation :

Lorsque j’ai commencé ma lecture, j’étais intriguée. J’avais eu droit à un bref aperçu concernant ce qui allait se passer dans le roman, dans le sens où l’on m’avait appris que Ripley allait être un tueur plutôt particulier. Puis, au fil des premières pages, j’ai trouvé que le récit tardait à véritablement s’enclencher. Il y avait des longueurs, quoiqu’elles soient pertinentes tout de même. Disons que j’avais hâte d’arriver aux passages où il y aurait de l’action et que le réalisme chronologique ne m’intéressait guère à ce moment.
Par la suite, lorsque l’action s’est véritablement présentée, j’étais plus captivée. Je vous le dévoile ici : Ripley change son identité pour celle de sa première victime. Cette révélation, je vous rassure, ne changera pas quoi que ce soit à votre lecture. 😉 Il reste néanmoins que le personnage de Tom se complexifie dès ce moment. Sa psychologie devient tout à fait intéressante et donne envie de le psychanalyser. Son vol d’identité, très habile, est si bien orchestré qu’il devient véritablement la personne qu’il incarne. Tom se retrouve alors avec une identité multiple : lui et sa victime.
J’ai parlé d’une « première » victime. Eh oui, il n’y aura pas qu’un mort. Et parlant de décès, je dois avouer que ceux-ci sont très bien décrits. J’avais l’impression de visionner un film au ralenti (qui plus est, le roman a été adapté au cinéma).
L’enquête policière dans ce suspense est reléguée au second plan. Même que les enquêteurs sont un peu tournés au ridicule dans le sens où Tom Ripley les surpasse adroitement. Cela montre l’intelligence de cet antihéros.
Finalement, malgré un début plutôt long, j’ai apprécié ma lecture. Si mon désir de voir Tom Ripley commettre des erreurs n’a pas été assouvi (il y a une suite à ce roman), sa psychologie avait ce qu’il fallait pour m’intriguer et m’accrocher à la lecture. Je serais curieuse d’en suivre l’évolution dans une prochaine lecture, d’ailleurs!

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Une longue et complexe enquête de Poirot!

Les Quatre

Par Agatha Christie

Résumé provenant du site le Livre de Poche :

Hercule Poirot semble enfin avoir trouvé des adversaires à sa mesure : un quatuor criminel, dont le but n’est rien moins que de s’assurer la domination du monde. Rude bataille en perspective!

Mon appréciation :

J’ai l’impression d’avoir enfilé des pantoufles confortables et de m’être enfoncée dans un fauteuil moelleux à souhait en plongeant dans cette autre enquête d’Hercule Poirot, ce petit homme rond à moustache. En lisant un roman d’Agatha Christie, c’est un peu comme si l’on dévore les délicieux biscuits de notre enfance. C’est appétissant et on connaît la recette! Qui plus est, on ne s’en lasse qu’après une grosse grosse… grosse indigestion (difficile de se lasser des recettes de ma mère, je l’admets 😛 ). Voilà comment je me suis sentie en lisant Les Quatre. Non pas que j’aie eu une indigestion, mais que je me suis régalée d’une lecture chaleureuse et agréable.
C’est toujours un plaisir de renouer avec Hercule Poirot, de retrouver ses manies et ses manigances. Nous le voyons, Poirot se sert bien souvent un peu de son collègue, Hastings. Parlant de ce dernier, je l’apprécie toujours autant.
Mais revenons à ce détective belge…
Dans cette aventure, Hercule Poirot ne dévoilera pas entièrement tout à la fin de l’histoire. Contrairement à d’autres livres, tel que Le meurtre de Roger Ackroyd, le personnage fera diverses révélations à mesure que des éléments de l’enquête seront résolus. Après tout, c’est contre quatre protagonistes qu’il se « bat ». Ainsi, dès lors que l’un d’eux est identifié hors de tout doute, le lecteur en est averti. Cela crée une sorte de progression dans la résolution de l’énigme, progression qui permet davantage au lecteur d’être participant à l’enquête. Il n’empêche, bien entendu, que Poirot se garde toujours une révélation finale. 😉
Quant à cette fameuse fin, parlons-en! Elle n’est pas très surprenante, il faut dire. Cependant, sans trop vous en dévoiler, je dirais qu’il reste une sorte de mystère concernant l’un des coupables… on ne sait pas exactement qui il est! Nos méninges continuent donc de tourner même lorsque le livre est terminé. À moins que ce soit moi qui suis passée à côté d’un détail durant ma lecture… haha!
Finalement, ce fut un petit plaisir de lire ce livre d’Agatha Christie. Comme toujours, la lecture est simple et agréable! Comme une bonne recette classique de notre enfance, histoire de continuer ma métaphore.

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Plongeon captivant dans le 19ième siècle!

Les Rougeon-Macquart, tome 13, Germinal

Par Émile Zola

Résumé en quatrième de couverture :

Germinal est le récit d’une grève de mineurs sous le Second Empire, mais également de leurs souffrances et de leurs amours, de leurs révoltes et de leurs espoirs, de leur fraternité et de leurs dissensions. Et, dans ce treizième volume des Rougon-Macquart, si Zola n’hésite pas à peindre au plus noir cette vie ouvrière, c’est qu’il souhaite conduire ses lecteurs de 1885 au sursaut nécessaire pour qu’advienne un avenir moins sombre.
C’est ainsi l’espérance qui éclaire la fin du livre et que son titre annonce: dans le calendrier révolutionnaire, Germinal était le mois du printemps — celui du renouveau.

Mon appréciation :

Germinal est le treizième volume de cette série de Zola. Par contre, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les autres tomes pour entrer dans l’histoire de celui-ci et l’apprécier. Même que j’ai aimé ma lecture dès le tout début. Je n’ai pas eu de mal à m’y plonger, étant donné que les descriptions permettaient une bonne mise en place des différents éléments.
Le personnage d’Étienne se trouve rapidement un emploi dans une mine. J’ai trouvé fort intéressant que son premier jour de travail soit autant décrit qu’il l’est, puisque cela permettait de réellement se plonger dans l’ambiance de l’époque. La mine et les tâches à exécuter étaient suffisamment détaillées pour que je puisse moi-même me visualiser à cet endroit. C’était ainsi, aussi, plus aisé de comprendre les enjeux que rencontraient les protagonistes.
Mis à part cela, il y a un autre élément qui ressort quand même beaucoup lors de la lecture, soit le temps consacré à la vie sexuelle des personnages. Les ouvriers n’ayant rien d’autre que la pauvreté pour vivre, ils passent leur temps et se consolent par les plaisirs charnels. De ce fait, cela crée un certain jeu lors de la lecture. Dès le début, Étienne est confronté au personnage de Catherine. Une rivalité s’installe avec un autre homme et l’on se demande à quel moment Étienne va enfin pouvoir avoir une relation avec la jeune femme. Cela me semblait un peu alléger l’univers malheureux dans lequel les protagonistes évoluent.
Le roman permet également de plonger dans une ambiance de parfaite misère. Il y a une nette distinction entre la classe des ouvriers et celle des bourgeois. Ces derniers mangent à leur guise, gaspillent la nourriture,… alors que les ouvriers faiblissent de jours en jours par surmenage au travail, par manque de nourriture et par la multiplication des problèmes de santé. Cette misère s’observe dans la famille des Maheu, qui est celle qui héberge le personnage d’Étienne. Tous les enfants en âge de travailler sont à la mine et le grand-père crache du charbon à force d’avoir trop travaillé dans de mauvaises conditions. Le portrait n’est, en effet, pas très glorieux et reflète malheureusement très bien l’époque.
Je ne veux pas trop en dévoiler, mais j’admets avoir bien aimé la fin du livre. Une situation grave et dangereuse atteint les mineurs. À un moment, alors qu’un cheval est concerné, le récit est si bien écrit qu’il en émane une certaine force qui vient nous happer en tant que lecteur. La scène est puissante, terrible, poignante. J’ai adoré et j’en ai été secouée.
Puis, la toute toute fin de Germinal présente une sorte de retour au point de départ pour divers personnages. Si cela peut avoir donné l’impression de tourner en rond au premier coup d’œil, il suffit de réfléchir un peu pour y capter une profonde réflexion sur la société.
Je ne pensais pas autant aimer un classique!

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Plongeon dans l’enfance

Les aventures de Pinocchio

Par Carlo Collodi

Résumé en quatrième de couverture :

Il y avait une fois…   « Un roi! » diront tout de suite mes petits lecteurs.  « Non, mes enfants, vous vous êtes trompés. Il y avait une fois un morceau de bois. » Ce n’était pas du bois de luxe, mais un morceau pris dans un vulgaire tas de petit bois, de ceux que, l’hiver, on met dans les poêles et les cheminées pour allumer le feu et réchauffer les appartements. Je ne sais pas comment ça arriva, mais le fait est qu’un beau jour ce morceau de bois se retrouva dans la boutique d’un vieux menuisier…

Mon appréciation :

Comme bien des personnes, j’ai écouté le film Pinocchio de Disney durant mon enfance. Cette adaptation du roman de Carlo Collodi était bien loin dans ma mémoire lorsque je me suis enfin mise à lire le livre qui a inspiré de nombreuses autres histoires. Je n’avais jamais lu ce classique à ma connaissance! Et, ma foi, cette lecture fut bien amusante.
Je trouvais très intéressant de voir les illustrations, puisque cela me permettait de m’éloigner de l’esthétique de Disney et de véritablement me concentrer sur le texte original de ce conte. Les traits des personnages sont plus durs et plus pointus. L’ambiance est plus sombre. Cela rejoint l’idée d’un roman plus moralisateur pour les enfants.
Si je n’ai pas beaucoup aimé lire ces passages plus moralisateurs, je les trouvais toutefois intéressants sur le plan historique. En effet, en considérant le cadre dans lequel l’histoire a été écrite, cela fait sens d’y trouver ce genre d’éléments dans le texte. Pour l’immersion dans l’époque, c’est merveilleux.
En lisant Pinocchio, j’ai vraiment eu l’impression de rajeunir. Il faut dire que le style d’écriture encourage grandement cela, puisqu’il met l’accent sur son public cible : les enfants d’environ dix ans. De nombreuses répétitions parcourent le récit, et le vocabulaire est facile à comprendre. Je crois que j’aurais même préféré lire cette histoire à voix haute à un jeune pour me permettre de faire des variations sonores selon les passages. Je me serais bien amusée! D’autant plus que le récit est écrit de sorte que le lecteur ait la sensation d’être l’auditeur d’un conteur. En effet, le narrateur s’implique dans la manière dont l’histoire est racontée : il donne son avis, il fait différentes remarques et il se prend de sympathie pour les personnages.
Lire Pinocchio et redécouvrir cette populaire histoire pour enfants était une expérience tout à fait divertissante. Non seulement c’était léger et agréable à lire, mais le texte recèle de nombreux éléments pertinents lorsque l’on porte véritablement attention au fond et à la forme du texte. Les aventures du pantin de bois sont aussi bien pour les jeunes que pour les adultes!

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Fort, voire même émouvant!

Le liseur

Par Bernhard Schlink

Résumé en quatrième de couverture :

À quinze ans, Michaël fait la connaissance d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée.
Il la revoit une fois, des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : « Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j’aurais moins bien su camoufler que les autres? »

Mon appréciation :

Ce livre est un coup de cœur.
L’écriture coule très bien, de sorte que l’on entre facilement dans l’histoire que nous raconte Michaël. Rapidement, nous apprenons à connaître le personnage et à l’apprécier. Michaël est un garçon relativement simple. Puis vient le personnage de Hanna, plus mystérieux. Hanna est intrigante. Au départ, on ne sait pas réellement qui elle est, sinon l’endroit où elle travaille et son âge. Cependant, au fil de leur relation, Hanna semble cacher quelque chose… puis elle disparaît.
J’ai bien aimé la manière dont était racontée la disparition d’Hanna. Michaël la recherche, bien évidemment. Et il s’interroge aussi beaucoup, à ce moment, à savoir si c’est lui qui a fait fuir Hanna en faisant quelque chose de mal. D’ailleurs, Michaël a tendance à souvent s’accuser d’avoir déçu ou mis en colère Hanna. Cela pourrait paraître redondant, cette sorte de faiblesse de la part du jeune homme. Mais ce n’est pas le cas du tout. J’ai trouvé que le tout était très bien raconté, et que cela permettait une meilleure immersion dans le personnage.
Par la suite, Michaël revoit Hanna au procès, comme le mentionne le résumé du roman. C’est à partir de ce moment que le livre devient plus fort, plus émotif. Le procès concerne les camps de concentration nazis. On y raconte différentes actions qui s’y sont déroulées, on y dépeint l’horreur de la Seconde Guerre mondiale qui s’est achevée il y a à peine quelques années. C’est poignant. J’ai même dû m’arrêter à deux courtes reprises afin de laisser retomber toute cette énergie négative. Le tout est très bien narré sous une sorte d’engourdissement, le même qui semble habiter, selon Michaël, tous les gens qui ont assisté aux horreurs de la guerre sans faire quoi que ce soit.
Puis vient la dernière fois où le jeune homme revoit Hanna. Il y a un certain détachement entre les deux anciens amants. La narration est fort intéressante et bien choisie étant donné le vécu des protagonistes.
Finalement, le sort d’Hanna, à la toute fin du livre, m’a touchée. J’étais vraiment scotchée à l’histoire de sorte ma réaction était relativement forte. J’aurais eu envie de bousculer les personnages!
En somme, j’ai passé un agréable moment de lecture. Très court, cependant, puisque j’ai dévoré le livre assez vite. Je crois que c’est bon signe! 😉

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Une explosion d’aventures!

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Par Jonas Jonasson

Résumé en quatrième de couverture :

Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l’adjoint au maire et de la presse locale?
Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entraînant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée — presque par inadvertance — à un membre de gang. S’engage une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses surdiplômé et une éléphante prénommée Sonja…

Mon appréciation :

Quelle belle découverte j’ai faite de cet auteur! Dès la toute première page, j’ai été happée par le style d’écriture, par la promesse de rigolades et d’aventures! Et je n’exagère pas, car Jonas Jonasson a piqué ma curiosité très rapidement.
J’ai bien aimé la construction du récit. Il y a la jeunesse (enfin, une jeunesse jusqu’à cent ans moins un jour) et la cavale (dès le centième jour d’existence) d’Allan Karlsson. Ces deux portions d’histoire sont enchâssés tout au long du roman, de sorte que nous en apprenons, en alternance, plus sur l’existence rocambolesque du centenaire. Après tout, en cent ans, il peut s’en passer des choses!
Le personnage d’Allan Karlsson est bien drôle et nous nous plaisons à apprendre à le connaître. Suivant sa philosophie de vie (« Les choses sont ce qu’elles sont et seront ce qu’elles seront. »), il rencontre largement d’aventures sur son chemin. Pour faire court et vous donner une idée du personnage, Allan Karlsson a été concepteur de bombes, a participé malgré lui dans différentes guerres, s’est échappé d’un goulag de manière explosive et a partagé la bouteille avec nombres de personnes influentes en parcourant une bonne partie du monde. Avec ce centenaire, nous voyageons donc à travers les pays, mais également à travers l’histoire. En effet, nous traversons les deux guerres mondiales, la Guerre Froide et d’autres événements marquants. Cependant, rien n’est lourd à lire, puisque dès qu’il est question de politique, notre Allan n’écoute plus… et nous passons à autre chose!
Non seulement la vie du personnage a été rocambolesque jusqu’à son centième anniversaire, mais elle continue également à l’être dans le moment présent. Comme le résumé du livre le mentionne, Allan s’échappe de sa maison de retraite. Sur son chemin, il prend possession d’une valise remplie d’argent. Bien évidemment, il sera poursuivi par le membre de gang. Il saura par contre s’en débarrasser! Et ce, de manière plutôt absurde! Par la suite, le vieillard fait la rencontre de différents autres protagonistes. À chaque fois, nous prenons plaisir à les découvrir. Chacune des histoires de ces personnages était bien amusante.
Vraiment, que ce soit dans le passé d’Allan Karlsson ou dans son présent, j’ai adoré chaque moment de ma lecture. Parfois, je me perdais un peu géographiquement puisque je ne connais pas très bien toutes les villes mentionnées dans le roman, mais cela n’a pas diminué mon plaisir. J’ai même ri à quelques reprises et je me faisais un plaisir de raconter les choses les plus loufoques à mes proches.

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