Aventure

Décortiquer les effets de l’aventure

Le roman d’aventures

Par Jean-Yves Tadié

Résumé en quatrième de couverture :

Un roman d’aventures n’est pas seulement un roman où il y a des aventures; c’est un récit dont l’objectif premier est de raconter des aventures, il ne peut exister sans elles.
L’aventure est l’irruption du hasard, ou du destin, dans la vie quotidienne, où elle introduit un bouleversement qui rend la mort possible, probable, présente, jusqu’au dénouement qui en triomphe — lorsqu’elle ne triomphe pas.
La structure du roman d’aventures reprend celle du roman du temps : au Moyen Âge, celle de la chronique, qui additionne librement les épisodes; à l’âge moderne, cette liberté qui fait attendre le dénouement d’un coeur léger est maintenue par le roman picaresque espagnol, puis anglais; mais au XIXe siècle, le roman ne se consacre désormais qu’à une seule aventure qui organise le genre avec une rigueur qui depuis lors est la sienne.
L’aventure est liée au futur — le lecteur sait que, mais il ne sait pas quoi; le lecteur brûle de s’autoriser à faire ce qu’il redoute le plus par ailleurs; enfin, il sait que la mort est l’enjeu implicite, mais indéterminé car il ignore où et comment elle surgira.
Tout dans la narration est organisé en fonction du lecteur.
La phénoménologie de la lecture est donc au coeur de l’étude du genre.

Mon appréciation :

Le roman d’aventures est une lecture théorique, cela va de soit. Qui plus est, c’est pour un cours que j’ai eu à le lire. Bien que le livre pouvait être plus lourd par endroits, étant donné que sa visée était informative, j’ai tout de même apprécié certains moments durant ma lecture.
Comme le mentionne un peu le résumé du livre, le texte traite de ce que l’aventure implique pour le héros et, par la même occasion, de ce que cela implique chez le lecteur. Lorsque le héros est embarqué dans une aventure, le lecteur sait implicitement que le protagoniste risque la mort au fil des péripéties. Le roman d’aventures installe un jeu entre le texte et le lecteur. Ce dernier sait que le héros sera menacé, mais il ne sait pas comment. Le lecteur sait que le héros rencontrera des épreuves qui l’éprouveront, mais il ne sait pas lesquelles. Et ce sont ces interrogations qui motivent le lecteur à lire le récit, puisque sa curiosité est soulevée.
Le livre ne présente donc pas tant l’histoire du roman d’aventures que ses effets sur le lecteur. Disons que ça devient surtout intéressant pour ceux qui veulent analyser ce genre littéraire.
J’ai tout de même apprécié ma lecture. Surtout, je l’admets, parce que certains des titres présentés ont piqué ma curiosité. Inévitablement, la liste des livres que j’aimerais lire n’a pu que s’allonger. 😛

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Un savant mélange de genres

Si une nuit d’hiver un voyageur

Par Italo Calvino

Résumé en quatrième de couverture :

Ce livre est né du désir de lecture. Je me suis mis à l’écrire en pensant aux livres que j’aimerais lire. Je me suis dit alors : la meilleure façon d’avoir ces livres c’est de les écrire. Pas un livre, mais dix, l’un après l’autre, et tous à l’intérieur du même livre. Et chaque fois que je commençais, dans ce roman, un nouveau roman, ce qui me poussait, c’était encore et toujours le désir de lecture. J’ai vraiment voulu faire le livre du lecteur. Pas seulement parce que le lecteur est le seul véritable héros de ce livre, mais aussi parce que c’est son désir (et pas seulement le mien) de lecture qui dicte les différents livres.
Italo Calvino (1979)

Mon appréciation :

Lire Si une nuit d’hiver un voyageur est une expérience de lecture fort intéressante.
Cet intérêt se retrouve principalement dans la manière dont le récit est construit. L’histoire est essentiellement divisée en deux : les débuts de roman que le Lecteur lit et le récit des aventures concernant le personnage du Lecteur.
Si une nuit d’hiver un voyageur est l’histoire d’un Lecteur qui, après avoir lu le début d’un roman, se rend compte qu’il est mal relié et qu’il a été combiné à un autre livre. À partir de ce moment, le Lecteur tente de retrouver, en quelque sorte, l’histoire complète du récit qu’il voulait initialement lire. Sa quête l’amène ainsi à lire une dizaine de débuts de récits. Et ces récits sont intercalés entre celui des aventures du Lecteur, de sorte que nous lisons également ces premiers chapitres.
Les dix débuts de romans sont assez intéressants, mais j’en ai tout de même préféré certains à d’autres. Je trouvais toutefois bien pensé la manière dont ils étaient écrits, puisque leur style variait véritablement de l’un à l’autre, comme s’ils étaient tous originaires de différents auteurs. Tout de même, bien que les récits diffèrent, la narration ne part jamais dans tout les sens. Le roman est habilement construit, de sorte que nous ne sommes pas trop désorientés malgré les nombreux changements de directions.
J’ai beaucoup aimé que la narration s’adresse au Lecteur dès le début du récit. Nous sommes interpellés, ce qui nous met dans la peau de ce personnage de Lecteur. C’est assez comique. Nous entrons dans les problèmes du Lecteur, problèmes qui découlent de défauts d’impression et d’assemblage des livres. Ainsi, nous visitons en partie dans les dessous du livre, là où il est produit et où il arrive que des erreurs se produisent. Nous abordons la production du produit du livre, alors que nous sommes habitués à le considérer comme un produit fini lorsque nous l’avons en mains. J’ai bien aimé ce point de vue.
L’aventure du Lecteur est complètement farfelue. C’est cocasse et ça donne envie de lire les prochaines pages pour savoir de quelle façon sa quête va bien pouvoir se terminer. Et c’est alors que s’explique le titre du roman, mais je vous laisse le découvrir pour ceux qui ne l’ont pas encore lu.
Enfin, les jeux identitaires étaient aussi bien intéressants. Tout particulièrement à propos du personnage féminin de Lotaria. Il y a beaucoup de jeux identitaires avec cette femme, de sorte que les procédés narratifs sont mis de l’avant. Ce que nous lisons est une construction, un récit qu’un auteur a produit… alors pourquoi Lotaria ne représenterait-elle pas cette construction qui peut changer selon les désirs de son auteur? Il y a de quoi réfléchir un peu.
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé une agréable lecture. Par sa construction, le livre m’a donné une excellente expérience de lecture. Je me suis à la fois questionnée et divertie.

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Un saut dans mon enfance : le monde fascinant des dinosaures

Jurassic Park

Jurassic Park
Acheter le livre.

Par Michael Crichton

Résumé en quatrième de couverture :

Isla Nublar. L’armée doit venir « faire le ménage ». Le programme dont cette île est le théâtre avait pourtant tout du paradis scientifique : un immense complexe naturel où s’ébattent, aux yeux de tous, les plus féroces sauriens du Jurassique, génétiquement ramenés à la vie…
Quelques jours avant le chaos, le paléontologue Alan Grant et Ian Malcolm, mathématicien de renom, embarquent pour ce bout de terre perdu au large du Pacifique. Bientôt, le petit groupe invité par le créateur du parc doit se rendre à l’évidence : au coeur d’une jungle primitive et hostile, l’être humain n’est plus l’espèce dominante, mais la proie…

Mon appréciation :

J’avais très hâte de commencer ma lecture de Jurassic Park, ayant visionné les films durant mon enfance. Je désirais donc replonger dans mes souvenirs et j’en ai tiré beaucoup de plaisir. Cela m’a même donné très envie de revisionner les films.
Le roman commence avec un prologue qui amène un premier blessé au lecteur. Pour ceux qui connaissent l’univers de Jurassic Park, il n’y a pas de doute : les bêtes sévissent. Le lecteur sait, appuyé par le résumé du livre, que les choses vont déraper dangereusement. Pour ajouter à cette promesse d’un danger imminent, le personnage de Malcolm, mathématicien, affirme très tôt son opinion : selon la théorie du chaos, le projet de l’île ne peut virer qu’en catastrophe à la suite d’un incident. Les personnages, bien qu’ils le veulent, ne peuvent contrôler la nature. J’ai beaucoup aimé ce sentiment de danger. D’ailleurs, je n’attendais que cela, que les choses dérapent.
J’ai aussi aimé, bien qu’il n’y avait pas de surprise, retrouver le moment où les véhicules touristiques sont en panne. Je me rappelais très bien le film à ce moment et je prenais plaisir à revoir la scène en pensée. C’est le premier moment où nous sentons que le danger est bien réel, et j’ai adoré.
Ce que l’on ne retrouve pas dans le film et qui m’a aussi bien plu dans ma lecture, ce sont ce qu’apportent les personnages de Malcolm et de Grant. Le premier amène sa théorie du chaos, ainsi que quelques autres, qu’il prend le temps de vulgariser pour les autres protagonistes, mais surtout pour le lecteur. Le côté théorique et mathématique de ses discours me plaisait, tout particulièrement parce que c’est le genre de développement que nous retrouvons peu dans les adaptations cinématographiques. Le personnage de Grant, quant à lui, me rappelait l’ambiance de Relic dans les connaissances qu’il apportait. Parlant à plusieurs reprises de ses fouilles, cela me donnait envie d’aller voir des squelettes de dinosaures dans les musées.
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé un très agréable moment tout au long de ma lecture. Je retrouvais avec plaisir mes souvenirs d’enfance lors de mes premiers visionnements de ces films, mais je pouvais aussi satisfaire ma curiosité avec le côté scientifique très élaboré tout au long du livre.

Voici la bande-annonce du film :

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Visite d’une île

Robinson Crusoé

Robinson Crusoé
Acheter le livre.

Par Daniel Defoe

Résumé en quatrième de couverture :

Robinson Crusoé est avec Don Quichotte l’un des deux archétypes du roman occidental. C’est l’oeuvre de la vieillesse de Defoe (1719). Elle conte l’histoire d’un homme modeste, seul par nécessité, grand lecteur de la Bible, et qui serait ennuyeux s’il ne vivait des aventures « étranges et surprenantes », seul dans son île pendant vingt-huit ans. Le livre exprime aussi les aspirations et les craintes des lecteurs : ceux-ci s’offrent une aventure sans risque, grâce au malheur d’autrui. Reste le mythe, fait de grands thèmes qui hantent l’homme aujourd’hui : le naufragé dans l’île, l’idylle « verte », l’aspiration, loin de toute technique, à un degré zéro de civilisation, la nostalgie de la pureté originelle. Son île est le microcosme où toute civilisation vit en pensée grâce à lui.

Mon appréciation :

Cela faisait bien longtemps que j’avais envie de lire la véritable version de Robinson Crusoé (il y a eu plusieurs adaptations pour la littérature jeunesse qui rendent le texte accessible à ce public). L’occasion s’est enfin présentée, et j’étais bien contente de plonger dans cette oeuvre très connue.
Parce que j’avais hâte de lire ce livre et de découvrir l’histoire du personnage, bien que j’en connaissais déjà une partie, je crois que cela m’a laissée dans un continuel sentiment d’attentes, d’appréhensions, de désirs. J’avais hâte que Robinson soit prisonnier sur son île, qu’il rencontre Vendredi et qu’il quitte l’île. Le récit me faisait languir.
C’est long avant que Robinson ne se retrouve seul sur son île. Cependant, cela permet au texte d’amener clairement la personnalité du héros et de justifier les choix qu’il fait lorsqu’il est enfin de retour parmi la société. Cependant, c’est tout aussi long quand il est de retour sur la terre ferme, puisque le personnage a plusieurs questions de logistique à régler et que la narration les traite toutes.
Lorsqu’il est sur son île, cela prend également du temps avant qu’il ne rencontre le protagoniste de Vendredi. Néanmoins, la manière dont le héros doit apprivoiser les lieux pour survivre reste intéressante. Comme Moby Dick, la narration présente par moments des explications très détaillées sur les travaux exécutés par le personnage. Cela peut paraître long pour certains. À mon avis, je trouve ces descriptions pertinentes dans la mesure où le lecteur est entièrement plongé dans ce que vit le personnage et dans ses difficultés. Cela ajoute du réalisme au récit, qui reste tout de même fictif.
Il y en aurait encore beaucoup à dire sur ce premier roman. Cependant, je vais me restreindre et simplement ajouter que je me suis très bien divertie durant ma lecture. Cela m’a donné envie de lire les deux autres suites de cette aventure et de redécouvrir quelques adaptations cinématographiques et télévisées que j’ai déjà eu l’occasion de visionner. Je suis bien contente, maintenant, de pouvoir dire que j’ai lu Robinson Crusoé. 🙂

Voici la bande-annonce d’une des nombreuses adaptations du livre :

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Un voyage qui ne laisse pas indifférent

Désert

Par J.M.G. Le Clézio

Résumé en quatrième de couverture :

La toute jeune Lalla a pour ancêtres les « hommes bleus », guerriers du désert saharien. Elle vit dans un bidonville, mais ne peut les oublier. La puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet, une évasion manquée vers « leur » désert, l’exil à Marseille, tout cela ne peut que durcir son âme lumineuse. Lalla a beau travailler dans un hôtel de passe, être enceinte, devenir une cover-girl célèbre, rien n’éteint sa foi religieuse et sa passion du désert.

Mon appréciation :

Le récit de Désert se divise en deux trames narratives : celle de Lalla et celle d’une caravane dans le désert qui est composée des hommes bleus. On reconnaît les chevauchements de récits par la mise en page du texte, qui présente plus de blanc dans les parties concernant les hommes bleus, ancêtres de Lalla.
Lors de ma lecture, j’ai préféré tous les passages qui concernaient davantage Lalla. Ceux-ci étaient beaucoup plus faciles à lire, puisqu’ils contenaient un récit plus accessible et linéaire. Comme le résumé l’indique, la jeune femme quitte le désert pour la ville. Par contre, j’aurais bien aimé que son voyage dans le désert s’étende sur une plus longue période (et donc plus de pages), car j’adorais découvrir ce lieu que je ne maîtrise pas du tout. Selon moi, c’était la partie la plus intéressante de son périple.
Du côté des personnages, j’ai bien aimé la naïveté de celui de Lalla. Nous étions en présence d’une femme ayant tout à découvrir du monde et qui doit encore tout apprendre. Elle est également intéressante par la luminosité qu’elle dégage. Même dans la ville grise, Lalla évoque le soleil et le sable désertiques. Elle possède aussi un tempérament particulier qui fait qu’elle ne semble jamais s’attacher aux choses. Lalla est presque un phénomène en soi. Mis à part elle, il y a aussi Radicz, un jeune voleur, qui est intéressant. On se plait à le découvrir, et ce, jusqu’à sa surprenante fin. À ce moment, on s’arrête, on devient muet. Je vous laisse découvrir pourquoi.
Finalement, j’ai bien aimé l’importance accordée aux légendes dans le bidonville de Lalla. Il en va de même pour l’omniprésence des cinq sens et des descriptions d’époustouflants décors à la faune et à la flore fascinants. Désert est un roman de voyage assez plaisant. Ce n’est pas du tout mon préféré, mais j’ai su y apprécier bon nombres d’éléments en m’interrogeant sur la profondeur du texte.

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Une aventure étonnante!

Les trente-neuf marches

Par John Buchan

Résumé en quatrième de couverture :

Richard Hannay, ancien ingénieur des mines en Afrique du Sud, périt d’ennui dans sa garçonnière londonienne. Tard dans la nuit, un inconnu tambourine à sa porte, affolé, et le conjure de l’aider. Il se dit poursuivi par les agents de la Pierre-Noire, une organisation secrète ultra-puissante qui fomente un complot diabolique pour mettre l’Europe à feu et à sang. Avant que Hannay n’ait pu enregistrer toutes ces informations invraisemblables, le visiteur est poignardé, laissant derrière lui un message codé : « Les trente-neuf marches. Haute mer à 22h17 »…

Mon appréciation :

Au cégep, je suis allée voir la pièce de théâtre des 39 marches. Puis, j’ai appris qu’il y avait un film, et je ne l’ai toujours pas vu. Par contre, quand j’ai appris qu’il y avait un roman avant toutes ces adaptations, et que je pouvais le lire pour un travail scolaire, je me suis dit « pourquoi pas ». Pourquoi ne pas découvrir le avant du film, le avant de la pièce? J’ai sauté sur l’occasion.
J’ai bien aimé que l’histoire diffère de la pièce de théâtre sur de nombreux points. Je lisais quelque chose de nouveau et d’intrigant. J’étais la proie de plusieurs surprises tout au long de ma lecture. Je ne pouvais anticiper la suite.
J’ai beaucoup apprécié le personnage de Hannay. Il avait quelque chose de bien sympathique, et ses talents m’amusaient. Poursuivi par les hommes de la Pierre-Noire, Hannay a usé d’un grand nombre de stratagèmes pour berner ses ennemis, sans oublier ses compétences physiques (dont un très bon cardio). C’est surtout grâce à ce personnage que j’ai été surprise du déroulement des événements. L’homme arrivait à se sortir de situations très complexes de toutes sortes de manières. Rusé, mais aussi bon comédien, il se faisait toujours (ou presque) des amis pour l’aider.
L’histoire en soi était intéressante, bien que j’ai moins apprécié les parties où il était question de politique. Je préférais de loin les poursuites. 😛 Il n’empêche, j’aimais bien l’idée de complot, que seul Hannay semblait assez compétent pour déjouer.
Les chapitres étaient un peu longs, mais l’écriture était assez simple pour être bien comprise. Une grande importance était accordée aux descriptions, mais cela n’était pas trop lourd. Au contraire, pour bien sentir le sentiment d’aventure que vivait Hannay, les descriptions de paysages étaient pertinentes. Celles des vêtements et des esthétiques des protagonistes l’étaient tout autant afin de renforcer l’idée de tromperie et de comédie que se jouaient les personnages entre eux.
Dans l’ensemble, j’ai donc passé un très agréable moment. Peut-être écouterai-je le film, histoire d’avoir parcouru l’univers en entier. 😉

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Un sombre univers

Méridien de sang

Par Cormac McCarthy

Résumé en quatrième de couverture :

Dans les années 1850, un gamin de quatorze ans part au Texas rejoindre une bande de chasseurs payés pour exterminer les Indiens. Au milieu du désert, la loi n’existe plus. À ce jeu de massacre, seuls survivent ceux qui parviennent à éveiller la plus profonde et la plus intime sauvagerie… Avec cet anti-western basé sur des faits réels, l’auteur nous livre un de ses plus grands romans : noir, lyrique et violent.

Mon appréciation :

C’est le troisième livre de Cormac McCathy que j’ai la chance de lire. J’avais bien aimé La route et Non, ce pays n’est pas pour le vieil homme (l’un au secondaire, l’autre au cégep, et maintenant à l’université). J’avais donc quelques attentes en commençant celui-ci, cela va de soi.
Au début de ma lecture, j’étais bien contente de renouer avec la plume de l’auteur. Il y a un rythme très intéressant qui ponctue la narration. J’aimais aussi beaucoup retrouver l’ambiance apocalyptique de ses univers. Les personnages évoluent dans un univers où la violence fait rage et où il n’est pas utile de justifier un meurtre perpétué sous l’impulsion. Dans Méridien de sang, les massacres sont choses courantes. C’est la norme, bien que cela détruise bon nombre de vies.
Côté ambiance, j’ai aussi beaucoup apprécié les lieux désertiques. Ayant déjà lu d’autres livres qui prennent place dans le désert, j’avais quelques connaissances qui approfondissaient les difficultés reliées à ce milieu. Outre les guerres qui meublent l’époque du roman, le désert est un autre combat qui s’ajoute à la liste pour les nombreux protagonistes.
Parlant de ces personnages, je dois dire que je m’y suis un peu perdue. Au commencement, nous suivons les aventures d’un gamin. Puis, plus le récit avance, plus ce jeune s’efface souvent (il ne parle que rarement) au détriment de ses compatriotes. Bien entendu, d’autres protagonistes étaient intéressants, comme celui du juge, qui semblait avoir un passé énormément complexe et mystérieux. Néanmoins, la multitude de personnages a fait que je m’égarais. Heureusement, presque, que certains mourraient et que cela diminuait l’étendue du groupe.
Enfin, j’ai trouvé intéressant la manière dont la thématique de l’aventure était amenée. Le gamin quitte tout pour s’embarquer dans une aventure dont il ne peut imaginer où elle va le mener. Toutefois, il ne s’interroge aucunement et ne fait que suivre sa lancée. Au final, c’est la vie même du personnage qui est devenue une aventure.

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Altérations du monde

L’amélanchier

Par Jacques Ferron

Résumé en quatrième de couverture :

Léon de Portanqueu, esquire, a partagé le monde en deux : d’un côté, le sous-bois où fleurit chaque année l’amélanchier, se transformant l’espace d’une courte saison en feu d’artifice; et de l’autre, le monstrueux boulevard et ses gratte-ciel. Sa fille Tinamer, avant de traverser « du mauvais côté des choses », croisera, entre autres, Maître Petroni, soi-disant propriétaire des lieux, Monsieur Northrop, qui fut autrefois lapin, et Coco, l’éternel enfant prisonnier du Mont-Thabor. C’est du haut de ses vingt ans qu’elle retourne sur cette période bénie où l’innocence donnait à toute chose sa magie.

Mon appréciation :

Ce récit, qui raconte la perception du monde qu’a une enfant, regorge d’éléments intéressants. Malheureusement, je n’étais pas entièrement présente lorsque j’ai lu ce roman, étant plongée dans mes travaux de session. Je crois donc avoir laissé passé l’essentiel du texte, ce qui fait que je ne l’ai pas autant apprécié que je l’aurais pu.
Je n’ai pas réussi à tout saisir, puisque j’avais du mal à me retrouver dans cet univers onirique et enfantin, néanmoins, j’ai pu observer certaines choses intéressantes.
Tout d’abord, il y a les parallèles avec Alice au pays des merveilles, clins d’oeils que nous ne pouvons éviter. Tinamer rencontre Monsieur Northrop, un personnage qui était lapin et dont la notion du temps est assez importante. Le lecteur se rappelle alors le lapin qu’Alice rencontre, alors qu’il est désespérément en retard.
Autrement, l’intérêt du récit réside probablement en le monde enfantin que se crée Tinamer dans sa jeunesse, monde peuplé de personnages étranges qui s’inspirent d’éléments culturels et des récits de ses parents. Puis, enfin, la destruction de cet univers enchanteur lorsque la petite grandit et entre tranquillement dans le monde des adultes.
Je m’arrête ici, ayant attendu bien trop longtemps avant d’écrire mon avis sur ce livre. Je  ne me souviens que de peu d’autres choses et je crois sincèrement que cette œuvre a encore pleins de secrets à dévoiler. Peut-être devrai-je en refaire une lecture plus éveillée lorsque l’occasion se présentera.

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Un fakir plein de couleurs!

L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA

Par Romain Puértolas

Résumé en quatrième de couverture :

Une aventure rocambolesque ET HILARANTE aux quatre coins de l’Europe et dans la Libye postkadhafiste.
Une histoire d’amour PLUS PÉTILLANTE que le Coca-Cola, mais aussi le reflet d’une terrible réalité : le combat que mènent chaque jour les clandestins, ULTIMES AVENTURIERS de notre siècle.
Les TRIBULATIONS d’un fakir devenu CULTE.

Mon appréciation :

La couverture du roman, il va sans dire, est attrayante. Le titre en lui-même est annonciateur de surprises et d’humour. Le livre présente-t-il ces éléments dans son contenu? Oui.
Tout d’abord, le lecteur est frappé par un élément qui le freine dans la lecture : le nom du héros, Ajatashatru Lavash Patel. Puis, peu d’après, le narrateur lui signifie qu’il peut le prononcer comme une phrase : J’attache ta charrue, la vache. Ce genre de commentaire sur la prononciation des mots revient par la suite à plusieurs reprises et ne cesse d’amener le sourire.
Le roman en soi est plutôt comique. Chaque élément semble plus farfelu que le précédent, bien qu’il y ait parfois des petits messages subtils qui peuvent faire réfléchir. Que ce soit lorsque nous rencontrons un nouveau personnage ou lorsque Ajatashatru nous raconte son histoire, tout est bien divertissant et empreint d’humour. Les événements sont plus ridicules les uns que les autres, ce qui est assez amusant. De plus, les personnages, très caricaturés, mettent énormément de couleurs dans le récit des aventures du fakir. Sur le coup, ce qui se passe nous paraît un peu stupide. Puis, peu à peu, nous apprenons à apprécier l’humour de l’auteur et nous surprenons à attendre impatiemment le prochain élément cocasse.
L’extraordinaire voyage du fakir qui était resté coincé dans une armoire IKEA (quel long titre!) est un roman que nous lisons lorsque nous avons envie de relaxer et de sourire. C’est une agréable lecture qui est loin d’être complexe, malgré toutes les mésaventures qui arrivent au personnage principal. C’est un livre très coloré qui est parfait pour permettre une évasion littéraire. Cela donne envie de lire les autres œuvres de Romain Puértolas. Je ne vous ai pas dit beaucoup de choses, je le sais, mais ne vous retenez pas pour essayer cette lecture!

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Des personnages qui captent l’intérêt

Les marches de sable

Par Andrée Chedid

Résumé en quatrième de couverture :

Ce roman se situe dans l’Égypte du IVe siècle et, pourtant, les questions qu’il pose demeurent universelles, atemporelles et sans réponse. Quelle est la position de l’homme face au divin, au temps, à la mort?
Réfugiés dans le désert pour des raisons diverses, trois femmes et deux hommes s’y rencontrent. Leurs destins se sont quelquefois croisés par le passé. La signification des événements qu’ils ont traversés ne cesse de leur échapper. Pourtant, ils cherchent encore à comprendre.
Mais où mènent les marches de sable? Vers le mirage ou l’oasis?

Mon appréciation :

Je suis bien contente d’avoir découvert Andrée Chedid par l’entremise du roman Les marches de sable. Rapidement, j’ai été captivée par ma lecture. Le style d’écriture, l’histoire et les personnages m’ont bien plu.
Il y a d’abord la petite Cyre, qui a eu une vie difficile et qui a fait vœu de silence en quittant son lieu d’existence pour le désert. Cyre est enjouée et amène la vie dans le paysage désertique et dans sa relation avec les deux autres femmes, Athanasia et Marie. Elle a aussi un petit côté presque magique dans le sens où elle chante de jolies mélodies sans paroles.
Vient ensuite le personnage de Marie, que le désert affecte sans doute le plus. Sa transformation est à la fois physique et psychologique. Je ne veux pas trop en dévoiler, mais disons que le corps même de Marie devient une représentation du désert. Son apparence change beaucoup et est une bonne source de réflexions.
Athanasia, quant à elle, me semble avant tout plus intéressante par son lien avec le personnage de Thémis, qu’elle a déjà connu avant que le récit ne commence. Cela amène donc quelques questionnements, puisque nous voulons savoir quel est leur passé, mais aussi comment leurs histoires vont se terminer.
Indépendamment les uns des autres, chaque protagoniste est intéressant et intrigant. Réunis, ce sont leurs liens, leurs relations et leurs transformations qui prennent le dessus et activent le goût à la lecture. J’aimais beaucoup les découvrir individuellement et aussi collectivement.
Enfin, la finale du roman m’a bien plu pour diverses raisons. Les choix de l’auteure, d’abord, mais aussi l’émotion qui s’est amenée. Je vous préviens donc : il y a un passage plutôt émouvant quelques pages avant la fin du livre, livre qui est surtout très coloré le reste du temps.

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