Bande-dessinée

Voici l’endroit où vous pourrez retrouver toutes les appréciations sur des bandes-dessinées.

Du divertissement qui porte à la réflexion

Vingt-trois prostituées

Par Chester Brown

Résumé du rabat :

Au terme de sa rupture avec Sook-Yin Lee, Chester Brown décide qu’il ne veut plus de petite amie. Trois ans d’abstinence plus tard, il décide de sauter le pas et de fréquenter les prostituées.
Ce livre évoque chacune des vingt-trois filles (vingt-quatre en réalité) avec lesquelles l’auteur a entretenu des relations sexuelles tarifées entre 1999 et 2010. Souvent drôle, toujours lucide, ce journal de bord d’un micheton offre un tableau saisissant de la prostitution contemporaine, que le talent de son auteur exempte de tout voyeurisme ou sensationnalisme.
S’il ne montre jamais le visage de ses partenaires, et préserve leur anonymat, Chester Brown s’efforce de rendre aussi fidèlement que possible et leurs corps et leurs conversations. Il décrit le métier de la prostitution et les relations entre les filles et leur client avec une honnêteté et un recul dignes d’éloge.
Dessinant crûment mais sans misérabilisme les matelas à même le sol et les préservatifs, il alterne les scènes les plus prosaïques, qui posent la question du pourboire ou de la véracité des photos sur les sites d’escort-girls, avec des séquences où il confronte ses vues à celles de ses amis et confrères, Seth et Joe Matt. Le trait est à l’unisson du récit : sec, sobre et ironique.
Livre sans apprêts, refusant les artifices et déjouant les pièges de l’autobiographie et du narcissisme, Vingt-trois prostituées, véritable plaidoyer pour la libéralisation et la reconnaissance de la prostitution, révèle en creux la détresse affective et l’hypocrisie des sociétés modernes.

Mon avis :

C’est d’abord pour un cours universitaire que je me suis procuré cette bande-dessinée. Finalement, je n’en ai pas eu besoin. Puis, avec le défis des Libraires, je me suis dit que c’était une bonne occasion pour la lire.
J’ai bien apprécié ma lecture, pas tant pour ce que le livre raconte que pour les questions et les problématiques qu’il soulève. Comme l’indique le résumé ci-haut, le bédéiste n’use pas de fioritures pour raconter son expérience avec les prostituées. Oui, les femmes ont des belles courbes. Mais l’accent du dessin n’est aucunement mis sur leurs corps et leur sexualité. En fait, à titre d’exemple, on voit davantage en gros plan le membre de Chester Brown que l’anatomie de ses fréquentations.
Ainsi, tout au long de la bande-dessinée, la femme n’apparaît pas comme un objet. Même si les premières femmes que Chester Brown rencontre sont dans la vingtaine, le récit montre que l’homme considère ces femmes comme bien plus que de simples corps désirables. La personnalité de chacune des prostituées est aussi importante. Le client a des discussions de toutes sortes avec ces vingt-trois (ou vingt-quatre) femmes.
Mais la BD ne s’arrête pas là. Chester Brown illustre quelques discussions profondes qu’il a avec ses amis sur les conditions des prostituées. Ils réfléchissent et débattent et mènent le lecteur à réfléchir lui-même à ce qu’il pense de tous les points évoqués. Je dois admettre que mon opinion sur la prostitution n’a jamais été aussi peu arrêtée. Tantôt j’étais d’accord avec ce qui était dit, tantôt je ne l’étais pas. Mais pour avoir réfléchi sur la question, ça oui! j’ai réfléchi.
Une fois la lecture des cases terminée, il reste encore quelques pages au livre. Ces pages contiennent des appendices et des notes à la fois sur les prostituées, sur la manière dont Chester a vécu son expérience, mais aussi sur les débats qui sont toujours autant d’actualité. Par exemple, Chester Brown mentionne ses raisons qui expliquent pourquoi il pense que la prostitution devrait être décriminalisée et en quoi ce n’est pas nécessairement plus mal que d’avoir des relations d’un soir non tarifées ou d’être en couple. Il amène également un exemple d’un endroit où la prostitution est réglementée… mais spécifie pourquoi ce n’est pas fait de la bonne manière. En gros, si les planches de la bande-dessinée font réfléchir, les quelques pages à la fin du livre poussent encore davantage la réflexion.
Pour ma part, j’ai passé un agréable moment. Comme je l’ai déjà mentionné, je me suis beaucoup interrogée durant ma lecture. Au final, c’est le côté réflexif de l’ouvrage qui m’a réellement plu. Ce fut une belle expérience de lecture.

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Des plumes et du mystère

L’homme gribouillé

Par Serge Lehman et Frederik Peeters

Résumé en quatrième de couverture :

C’est l’histoire d’une vieille dame qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un oiseau fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde.

Mon avis :

Cette bande-dessinée m’a fait de l’œil en librairie dès sa sortie. Son prix élevé me retenait cependant d’en faire un achat impulsif. Puis, l’envie m’a prise de lire une volumineuse et intéressante bande-dessinée. Je suis donc passée à la caisse… et je n’ai pas attendu longtemps avant d’ouvrir le livre et de m’y plonger.
J’ai rapidement pris goût aux illustrations, non colorées mais très fortes en même temps. Visuellement, l’effet est intéressant. Le noir et blanc des cases permet de plonger dans une ambiance bien sentie, où les mystères pullulent et où le danger rôde. À cela s’ajoute la forme même des cases, qui change selon les émotions ressenties par les personnages. Plus la peur est présente, plus les cases sont difformes et s’entremêlent.
Le récit est plutôt complexe, mais c’est en cela qu’il attire et intrigue. Alors qu’une grand-mère fait un AVC, un étrange personnage vient lui rendre visite et tombe sur sa petite fille. Maud étant indisponible, l’homme-oiseau s’adresse à la jeune Clara et, d’un air menaçant, lui ordonne de lui donner le paquet qu’il recherche lors d’un prochain rendez-vous. C’est cette histoire qui enclenche une quête pour Clara et sa mère, une quête qui les plonge dans le passé de Maud. Les héroïnes rencontrent de nombreux mystères, dont certains s’éclaircissent au fil de la lecture. Le lecteur se retrouve dans une véritable ambiance d’enquête, où la menace de l’étrange homme-oiseau se fait bien sentir et où des vérités doivent être découvertes. Le récit ne révèle pas tout, mais l’ambiance est assurément bien dosée et songée.
Lorsque nous déposons la bande-dessinée, une fois la lecture terminée, il ne peut rester qu’un sentiment de contentement mêlé à de la frustration. Le danger est écarté, du moins pour un temps. C’est heureux. Néanmoins, certains mystères ne sont pas éclaircis, certaines vérités ne sont pas dites… Il reste un certain nombre de blancs à combler. C’est un peu fâchant, il est vrai. En même temps, j’ai aussi trouvé cela bien pensé. En effet, le fameux secret dont il est question en quatrième de couverture concerne la famille des héroïnes. Ainsi, comme le lecteur n’en fait assurément pas partie, il ne peut être mis dans la confidence totale. Du moins, c’est ainsi que je l’interprète. Et cela me console un peu de ne pas pouvoir tout savoir et tout comprendre. 😉

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Une excellente BD sur la littérature!

En cuisine avec Kafka

Par Tom Gauld

Résumé en quatrième de couverture :

En quatrième de couverture de la bande-dessinée, nous n’avons aucun résumé, aucun texte. En fait, il n’y a qu’une seule image, probablement révélatrice de la bibliothèque personnelle de nombreux lecteurs. La voici :

En cuisine avec Kafka - Extrait 2

 

 

 

 

 

 

Mon avis :

Cette bande dessinée m’a fait de l’œil un bon moment. Je ne m’étais pas résignée à me l’acheter encore. Toutefois, je l’ai finalement eue en cadeau, et j’en étais bien contente. Mais encore, j’ai attendu quelques mois avant de la lire. Pourquoi? Parce que ce sont tous des petits gags qui se lisent très rapidement et que je voulais faire durer le plaisir. J’ai fini par flancher.
J’ai bien apprécié ma lecture, ça c’est sûr. J’adore la littérature, et j’ai fait mes études dans le domaine. J’étais donc bien équipée pour passer un agréable moment avec cette bande dessinée qui parle, critique, pense et rit de la littérature.
Dans En cuisine avec Kafka, le bédéiste met de l’avant la littérature classique et la science-fiction. Une bonne connaissance des classiques de la littérature permet de faciliter la compréhension des gags. Tantôt, c’est Jane Eyre qui est évoqué, tantôt ce sont d’autres textes maintes fois repris. Se mêlent à cela de nombreuses cases abordant la technologie et le futur : mises en scène avec les tablettes électroniques, personnifications de robots, etc. Aussi, les planches évoquent le milieu littéraire, tout particulièrement avec l’auteur et son écriture, les schémas narratifs et actantiels, ainsi que les adaptations des œuvres.
L’un des gags, très simple, fait dialoguer un livre à lire pour l’école avec un étudiant. Nous n’avons accès qu’aux paroles du livre qui, au fil des cases, a du mal à se rendre compte que l’étudiant ne le lira jamais. Et cela se juxtapose à nombre de nos connaissances qui, à l’école, préféraient se contenter du film ou de la page Wikipédia de l’œuvre à l’étude. 😉
J’admets avoir vraiment apprécié ma lecture. Mais j’avoue aussi n’avoir pas compris 100% des planches. 😛 Cela n’a toutefois pas diminué mon plaisir. Au contraire, j’ai bien envie de lire les textes qui semblent manquer à ma culture. Pour le reste, je me suis régalée. Nombreuses sont les pages que j’avais envie de montrer à quelqu’un afin de partager un sourire.
En cuisine avec Kafka est une bande dessinée à lire pour les amoureux des mots et du milieu littéraire.

 

 

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De l’humour avec un fond de vérité!

Les adultes n’existent pas

Par Sarah Andersen

Résumé en quatrième de couverture :

Vous débordez d’ambition?
Votre vie sociale est d’une richesse inouïe?
Les responsabilités ne vous font pas peur et devenir adulte représente un défi exaltant?
ALLEZ-VOUS-EN.
Ce livre s’adresse à ceux qui passent leur week-end à glander sur Internet, à ceux qui la journée rêvent de rentrer chez eux pour enfiler leur pyjama. Autrement dit, tous ceux qui se demandent : quand c’est exactement qu’on devient adulte?

Mon avis :

J’ai découvert les dessins de Sarah Andersen sur les réseaux sociaux. Ce sont particulièrement ceux avec la thématique des livres qui me plaisaient et captaient mon attention. Puis, quand j’ai vu qu’une bande-dessinée était parue et qu’elle regroupait plusieurs petites planches, il me la fallait.
J’ai lu la bande-dessinée en très peu de temps. Il faut dire qu’il n’y a que très peu de cases par page. Ainsi, les gags s’enfilent à bonne vitesse.
Les dessins sont plutôt simples, ce qui fait que l’intérêt du livre ne s’y retrouve pas. En fait, c’est la narration qui importe beaucoup. Et c’est cette narration qui rejoint personnellement les lecteurs. Parce que Sarah Andersen met de l’avant de nombreux petits scénarios du quotidien qui peuvent arriver à bon nombre de jeunes adultes (début vingtaine) et de jeunes femmes (c’est un personnage féminin qui se retrouve au cœur des histoires). Les gags se veulent auto-dérisoires, mais cela n’empêche pas qu’ils cachent des vérités.
Après tout, quand devenons-nous réellement des adultes?
C’est la question principale du recueil. Et c’est probablement aussi pourquoi j’ai été happée par ma lecture. Comme le personnage de la BD, je préférerais passer mon temps à lire plutôt que de sortir et d’avoir des conversations avec des gens qui ne m’intéressent pas. Comme elle, je ne peux me résigner à me débarrasser des peluches qui ont occupé mon enfance. Comme elle, je dois faire le saut vers le marché du travail après mes études et planifier mon avenir, mais j’ai du mal à faire le pas.
Si vous ne connaissez pas Sarah Andersen, je vous invite à la suivre sur les réseaux sociaux. Les textes sont en anglais, mais ils sont faciles à comprendre tellement ils sont visuels. Et pour ceux qui désirent lire Les adultes n’existent pas, je vous invite à le faire… surtout si les gens autour de vous considèrent que vous devriez faire le saut pour devenir adulte. 😉

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Du noir et blanc qui percutent

Persepolis (Intégrale)

Par Marjane Satrapi

Résumé de l’éditeur :

Téhéran 1978 : Marjane, huit ans, songe à l’avenir et se rêve en prophète sauvant le monde.
Traversant avec elle révolutions, guerre, deuil, exil, mais aussi apprentissage de la vie, puberté, premières amours, nous la suivrons jusqu’à son départ définitif pour la France en 1994.

Mon appréciation :

J’ai beaucoup entendu parler de Persepolis, autant le film que la bande dessinée, depuis le cégep. J’étais donc heureuse d’avoir enfin eu l’occasion de lire cette histoire. Ne connaissant pas le contexte historique de Téhéran et craignant de ne pas aimer la sobriété du dessin de Satrapi, j’avais un peu peur de ne pas apprécier cette œuvre à sa juste valeur.
Il s’avère que j’ai beaucoup apprécié ma lecture.
Je me suis retrouvée à tourner les pages, toujours avide de découvrir la suite des choses qui allaient arriver au personnage de Marjane. J’aimais tout particulièrement l’idée du passage du temps, puisque nous la suivons sur plusieurs années. Marjane passe de l’enfance à l’adolescence, puis à l’âge adulte, avec tout ce que cela implique comme découvertes et apprentissages de soi. Sauf que pour elle, un contexte très politique s’ajoute au tableau. L’histoire de l’héroïne était donc très intéressante, mais aussi la source de nombreux questionnements de ma part. Je m’interrogeais à la fois sur le côté historique du conflit vécu par Marjane Satrapi, mais aussi sur les répercussions sociales de tels événements sur les protagonistes. Parce que Marjane n’est pas la seule personne à être affectée. Ses proches sont tous touchés, à des degrés variés. Et c’était très intéressant visuellement.
Mais ce que j’ai le plus aimé, finalement, c’est le côté graphique de l’œuvre. Le noir et blanc sert très bien la bande dessinée. Les images heureuses le deviennent davantage avec les parts de blanc qui illuminent les cases. Celles qui sont plus difficiles, plus éprouvantes et horribles, quant à elles, s’assombrissent de noir. S’ajoutent à cela tous les contrastes utilisés afin de mettre en évidence les images les plus fortes : des dizaines de gens qui hurlent devant l’horreur, des gens qui chutent sous les balles des fusils qui servent à les faire taire, des corps qui s’empilent sous terre et sous les pas de Marjane,…
J’ai beaucoup aimé Persepolis. Maintenant, j’ai très envie de lire les autres travaux de son autrice, mais aussi de visionner l’adaptation cinématographique. Je n’ai fait que découvrir Marjane Satrapi, et j’espère approfondir ma découverte.

Voici la bande-annonce du film :

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Une oeuvre poignante, renversante, inoubliable!

Maus (Intégrale)

Par Art Spiegelman

Résumé de la jaquette :

Qu’y-a-t-il de commun entre une bande dessinée et la Shoah? « Zakhor »! souviens-toi, en hébreu. Cette injonction apparaît quelques 169 fois dans le texte biblique, comme si les sages réunis à Yavné, vers la fin du premier siècle, pour compiler les textes et les chroniques qui allaient composer le Livre des livres, avaient pressenti le rôle primordial dévolu à la mémoire dans le destin d’un peuple appelé à la dispersion et à l’exil.
Art Spiegelman est le fils d’un des survivants des ghettos polonais. Né à Stockholm en 1948, il vit à New York et dessine des B.D.
Maus, son livre, est l’histoire d’une souris dont le chat a décidé d’avoir la peau. La souris est le juif, le chat le nazi. Le destin de Maus est de fuir, de fuir sans espoir l’obsession du chat qui lui donne la chasse et lui trace le chemin de la chambre à gaz.
Mais Maus est également le récit d’une autre traque, celle d’un père par son fils pour lui arracher l’histoire de sa vie de juif entre 1939 et 1945 et en nourrir sa propre mémoire, se conformant ainsi à l’obligation de se souvenir.
De transmettre aussi. Et avec quelle énergie! Car de la rencontre peu naturelle de la B.D. et de la Shoah naît un choc. Le choc d’une forme réputée mineure pour un événement majeur.
Tout comme Woody Allen a su, avec ses images en noir et blanc, nous désintoxiquer du cinéma pour mieux nous le faire voir, Art Spiegelman parvient à effacer de notre souvenir les récits un peu fatigués de la Shoah pour leur substituer un montage neuf, contemporain et fort. D’où la réussite de Maus, cette oeuvre de la première génération « d’après ». Grâce à l’art de Spiegelman le destin de Maus ne cessera de nous hanter.
Marek Halter

Mon avis :

Maus est une bande dessinée qui a de quoi renverser complètement son lecteur. Longtemps j’ai entendu des gens mentionner ce roman graphique hautement reconnu dans le milieu. Lorsque j’ai pu enfin sauter sur l’occasion de me le procurer et de le lire, j’appréhendais ma lecture.
Au départ, j’étais réticente quant aux traits du dessin. Art Spiegelman utilise une ligne tout à fait particulière pour représenter le récit qu’il raconte. Si je pensais avoir du mal à m’adapter à cette esthétique, cela n’a pas duré. Quelques pages à peine plus tard, j’ai senti le plein potentiel de ce choix graphique. Le trait du bédéiste suggère l’émotion. Dans les scènes les plus fortes du récit, ce n’étaient pas les images ni le texte qui m’atteignaient personnellement, mais plutôt l’addition des deux au tracé. Cela m’a happée, et je me suis alors retrouvée prise à ne plus pouvoir quitter cette histoire pleine d’horreurs.
La manière dont le récit de Vladek, le père d’Art Spiegelman, est amené est aussi tout à fait intéressante. Il y a une double dynamique entre les moments où le survivant raconte son passé à son garçon devenu adulte (temps présent) et les moments où le passé de Vladek est représenté (temps passé). Aux difficultés éprouvées par Vladek durant l’Holocauste s’ajoutent les problèmes de communication avec son père et leur relation problématique. En somme, il y a de quoi pleinement s’attacher à cette petite famille pleine des douleurs du passé.
Maus est une œuvre qui permet de bien représenter l’horreur de la Seconde Guerre mondiale du point de vue des opprimés. Ce n’est pas pour rien qu’elle est souvent étudiée dans les programmes scolaires. La bande dessinée remplie sa mission : son lecteur ne peut que se souvenir de cette oeuvre et du contexte duquel elle provient.
Quant à moi, j’ai été prise par ce récit bouleversant. Mon cœur et ma tête ont été atteints, je ne pourrai oublier cette bande dessinée. J’ai eu un coup de cœur pour Maus, dont la qualité m’a menée vers de nombreuses pistes de réflexion sur l’Histoire et l’Humain.
Désormais, j’ai envie de lire Métamaus dans le but de comprendre tous les rouages derrière la création de cette bande dessinée. Je vais laisser mes émotions décanter un peu avant, toutefois.

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Une lecture théorique à mettre en pratique

L’art invisible

Par Scott McCloud

Résumé en quatrième de couverture :

Reconnu par les plus grands noms de la profession comme le spécialiste ès bandes dessinées, Scott McCloud analyse et développe l’ensemble des techniques propres au 9e Art.
Scott McCloud établit avec L’Art invisible une définition exhaustive du concept de bande dessinée. De ses origines à ses formes les plus contemporaines, il commente l’évolution de ce mode d’expression unique élevé au rang d’art populaire. Le développement d’un langage propre, l’ellipse, les interactions entre le texte, les images et la narration, le processus créatif… L’exposé ludique de chacun de ces éléments permet à l’amateur comme au spécialiste de porter un nouveau regard sur la bande dessinée.

Mon appréciation :

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée sur la bande dessinée de Scott McCloud. Ayant lu Le sculpteur auparavant, je visualisais les concepts abordés par l’auteur en superposition avec mon souvenir de ma première lecture.
Dans cet ouvrage, le bédéiste explore et décortique le monde de la bande dessinée pour tenter de la définir au mieux de ses connaissances. Le lecteur peut alors remonter aussi loin que les dessins rupestres pour comprendre ce qui se cache derrière ce médium si souvent rabaissé au rang de littérature jeunesse. Pourtant, à la lecture de L’Art invisible, il ne peut que s’étonner devant les possibilités infinies et recherchées de la bande dessinée.
L’auteur aborde différents concepts et théories durant l’ouvrage. Cependant, cela n’est en aucun cas lourd à lire. Cela peut s’expliquer par la présence des images comme par l’accessibilité du texte. Cette bande dessinée peut donc être lue par à peu près tout le monde.
À la fin de la lecture, j’ai eu très envie de lire davantage de bandes dessinées et j’ai aussi eu envie de me mettre à en créer moi-même. Bon, cela reste un petit désir, et je ne le comblerai probablement pas. Néanmoins, ce sont toutes les possibilités du médium qui m’ont intéressée. Avec la bande dessinée, la combinaison du texte et de l’image permet la création d’une multitude de nouveaux sens. Lire L’art invisible m’a donné conscience que c’était ce qui m’intéressait, entre autres, dans la bande dessinée.
Enfin, j’ai aimé ma lecture, bien qu’elle était théorique. Cela m’a donné envie de me mettre à décortiquer plusieurs ouvrages afin de davantage comprendre les dessous de ce médium qui n’a pas encore tout dit.

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Juste la bonne dose!

La tête en l’air

Par Paco Roca

Résumé en quatrième de couverture :

Admis dans une résidence pour le troisième âge parce qu’il souffre de la maladie d’Alzheimer, Ernest ressent la vie en collectivité comme une épreuve. Mais il accepte bientôt son nouvel environnement et décide de se battre afin d’échapper à la déchéance à laquelle son mal le destine.
Pour l’auteur, la communauté des hommes est pareille à une bibliothèque dans laquelle les livres s’amoncellent en montagnes de papier jaunissant peuplées de rêves et de fantaisies. L’usure de toute une vie les couvre de rides, et certains voient les lettres de leurs pages s’effacer, feuille après feuille, jusqu’à redevenir entièrement blanches. Malgré cela, les émotions les plus intenses survivent, préservées comme un trésor caché sur une île lointaine.

Mon appréciation :

Tout d’abord, je tiens à dire que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée de Paco Roca. Après avoir lu ce livre, j’en suis venu à une évidence : je ne lis pas assez de bandes dessinées à mon goût. Surtout en considérant qu’il se trouve, dans ce genre, des beaux bijoux comme celui-ci.
Les illustrations sont simples, peu chargées. Cela donne pour effet de se concentrer sur ce que le texte et les images signifient réellement. Elles transmettent un message qu’il est intéressant d’écouter. Au final, cette bande dessinée nous suggère de profiter de tous les petits moments que nous avons avec nos proches, de même qu’elle suggère de s’amuser, peu importe les difficultés.
J’ai aimé les personnages. J’aimais les petites manies de chacun, que l’auteur, à la fin du récit, admet s’être inspiré de réelles personnes âgées. J’ai aimé que le trio principal tente une escapade nocturne dans le seul but de se sentir libres et vivants l’espace de quelques minutes.
Enfin, j’ai surtout aimé la narration à travers les images, à travers les différents procédés visuels utilisés dans les cases. Comme le récit parle de l’Alzheimer, l’image est mise à profit afin de faire comprendre au lecteur les effets de la maladie sur l’individu atteint. C’est surtout cela qui m’a touchée. Par l’angle de vue ou par ce que représentaient les images, je me retrouvais dans la peau du personnage d’Ernest. Avec ses yeux, je voyais la détérioration de son état et les trous, les blancs, de plus en plus nombreux.
Je vous conseille vivement cette bande dessinée. J’ai tiré beaucoup de plaisir à la lire, et elle m’a procuré quelques questionnements pertinents sur la vieillesse. Pour un sujet qui peut être très difficile, La tête en l’air le traite avec la bonne dose de légèreté.
C’est à découvrir!

Voici la bande-annonce du film :

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Une BD pleine de culture.

Fun Home

Par Alison Bechdel

Résumé en quatrième de couverture :

Une petite ville de Pennsylvanie, un salon funéraire : le Fun Home. Alison grandit dans ce cadre peu banal, entre secrets de famille et blessures cachées. Jusqu’à ce qu’elle découvre son homosexualité et en même temps celle du tyran charmant qu’est son père.
Cette plongée vertigineuse dans les non-dits d’une famille américaine est le prétexte à revisiter l’une des plus grandes révolutions du XXe siècle — celle des genres sexuels.

Mon appréciation :

Mon avis est plutôt mitigé sur cette bande-dessinée. Il s’avère que je l’ai appréciée, mais que je sens que cela n’était pas à sa juste valeur.
En premier lieu, j’ai bien aimé suivre l’histoire du personnage d’Alison par l’entremise des images. L’aspect très visuel de chacun des éléments et des moments évoqués m’a bien plu. Cela me permettait une meilleure plongée dans l’ambiance de la famille dépeinte. Allant du papier peint de la maison d’enfance au caractère particulier du père d’Alison, tout était pertinent pour permettre un bon ancrage dans le récit.
Ensuite, concernant le récit en soi, je ne l’ai trouvé ni enlevant ni mauvais. Peut-être est-ce parce que l’on m’avait dit que cette bande-dessinée était merveilleuse et que cela m’a donné trop d’attentes. Ou peut-être est-ce simplement que cela ne m’a pas enivrée, bien que j’aie tout de même apprécié ma lecture. J’étais assez curieuse pour poursuivre ma lecture, en ne l’étant en même temps pas suffisamment pour m’empêcher de la déposer quelques temps.
Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Parmi les principaux, celui d’Alison ne me ressemblait en rien, et ne venait donc pas me rejoindre. Quant à celui de son père, il ne me faisait ni penser à moi ni à mon propre père. En somme, je n’avais rien pour m’accrocher véritablement aux personnages. Ils ne m’étaient cependant pas désagréables non plus. Mais je crois que j’aurais aimé pouvoir m’attacher à eux et que cela me donne davantage envie de découvrir la suite.
Enfin, j’ai bien aimé que le livre mette de l’avant un grand nombre de références de toutes sortes, mais surtout littéraire. Le seul bémol était que je n’avais lu aucune des références évoquées. 😦 J’aurais vraiment aimé les avoir lues, puisque cela aurait transformée ma lecture. Des sens et des détails qui m’ont échappé me seraient apparus.
Peut-être que je relirai Fun Home plus tard, après avoir préalablement noté les références qui y sont faites et en avoir lu une partie ou des résumés. J’ai tout de même apprécié mon expérience de lecture et je ne vous déconseille pas de lire Bechdel.

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Un vrai petit ravissement!

C’est pas facile d’être une fille, tome 2, Tout va bien aller

Par Bach

Résumé en quatrième de couverture :

Organiser son mariage, choisir sa robe, consoler sa meilleure amie, apprendre à conduire, se remettre en question…
Tout va bien aller.

Mon appréciation :

J’ai bien apprécié ce second tome de C’est pas facile d’être une fille. Tout comme le premierTout va bien aller allie humour, dérision, amour et amitié. La lecture se fait rapidement et divertie énormément l’espace de quelques minutes!
Dans ce volume, Estelle jongle avec les préparatifs de son mariage. Cela m’a rappelé le mariage de mon frère qui a eu lieu au printemps dernier. C’est vrai que c’est beaucoup d’organisation! 😛
Le stress du personnage principal était bien amusant. Cela allait des interrogations sur la décoration de la salle aux questionnements existentiels sur le mariage et l’avenir… le tout avec une bonne dose d’humour.
L’amour d’Estelle pour les chaussures n’est pas délaissé dans Tout va bien aller, ni celui du bacon pour son amoureux. Quant à l’amie de la mariée, elle passe par toute une gamme de changements. À chaque planche, la jeune femme explore un nouveau style de vie, allant des changements alimentaires aux vestimentaires. On a presque du mal à la reconnaître! C’est assez amusant.
Enfin, la sobriété des illustrations et le contenu des scénarios m’ont, encore une fois, bien plu. J’ai pris beaucoup de plaisir à les dévorer à tour de rôle et à sourire en lisant chacune des petites conclusions. Aussi, chose intéressante, j’avais eu l’occasion de voir de véritables photos du mariage de l’auteure et de son époux sur Facebook, ce qui m’apportait les colorations et me permettait de visualiser plus fidèlement chacune des cases de la bande-dessinée.
Au final, c’est un vrai petit ravissement!

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