Historique

Ici se retrouvent les livres traitant d’événements historiques, d’époques anciennes, et ainsi de suite.

Un roman du terroir qui se laisse apprécier!

Le Survenant

Par Germaine Guèvremont

Résumé en quatrième de couverture :

Le Survenant est un grand roman d’amour et de liberté. Cette œuvre, qui a été adaptée pour la télévision où elle a connu un véritable triomphe, a valu à son auteur une audience internationale. Germaine Guèvremont compte parmi les figures majeures de la littérature québécoise du XXe siècle. De génération en génération, ses lecteurs continuent de se multiplier.

Mon appréciation :

J’ai découvert Le Survenant dans le cadre d’un cours de Corpus québécois durant l’une de mes sessions à l’université. N’ayant que très peu goûté aux romans du terroir, j’étais un peu craintive quand j’ai entamé le roman. Bien vite, cependant, je me suis laissée happer par l’histoire du Survenant, un personnage dont on ne connaît ni la provenance exacte, ni les pensées les plus profondes.
Le style d’écriture de Germaine Guèvremont m’a bien plu. La lecture est riche et agréable. Les dialogues, eux, sont très vivants et mettent en évidence le parler québécois de l’époque sans être lourds. Le roman présente également quelques extraits de chansons, ce qui donne envie de les écouter par la suite.
Aux premiers abords, c’est le personnage du Survenant qui intrigue et qui passionne. L’homme est un réel mystère ambulant. Personnage aux multiples talents et sans origine, le Survenant transforme les autres protagonistes par sa simple présence au Chenal du Moine. Il n’y reste qu’un an, étant donné sa condition de nomade, mais il laisse un vent de changement à la suite de son départ. Le héros du roman de Guèvremont permet d’aller chercher beaucoup de profondeur chez les autres personnages du récit. Le lecteur découvre alors davantage l’hôte du voyageur, et sa famille, mais aussi Angélina, vieille fille qui est enfin tombée sous le charme d’un homme, toutefois inaccessible.
Le roman se lit vraiment très bien et rapidement. Il fait partie d’un diptyque avec Marie-Didace, qui met en scène un nouveau personnage d’étranger dans la famille des Beauchemin, ceux qui avaient accueilli le Survenant. Je vais probablement lire cette suite dès que j’en aurai l’occasion!

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Plongeon captivant dans le 19ième siècle!

Les Rougeon-Macquart, tome 13, Germinal

Par Émile Zola

Résumé en quatrième de couverture :

Germinal est le récit d’une grève de mineurs sous le Second Empire, mais également de leurs souffrances et de leurs amours, de leurs révoltes et de leurs espoirs, de leur fraternité et de leurs dissensions. Et, dans ce treizième volume des Rougon-Macquart, si Zola n’hésite pas à peindre au plus noir cette vie ouvrière, c’est qu’il souhaite conduire ses lecteurs de 1885 au sursaut nécessaire pour qu’advienne un avenir moins sombre.
C’est ainsi l’espérance qui éclaire la fin du livre et que son titre annonce: dans le calendrier révolutionnaire, Germinal était le mois du printemps — celui du renouveau.

Mon appréciation :

Germinal est le treizième volume de cette série de Zola. Par contre, il n’est pas nécessaire d’avoir lu les autres tomes pour entrer dans l’histoire de celui-ci et l’apprécier. Même que j’ai aimé ma lecture dès le tout début. Je n’ai pas eu de mal à m’y plonger, étant donné que les descriptions permettaient une bonne mise en place des différents éléments.
Le personnage d’Étienne se trouve rapidement un emploi dans une mine. J’ai trouvé fort intéressant que son premier jour de travail soit autant décrit qu’il l’est, puisque cela permettait de réellement se plonger dans l’ambiance de l’époque. La mine et les tâches à exécuter étaient suffisamment détaillées pour que je puisse moi-même me visualiser à cet endroit. C’était ainsi, aussi, plus aisé de comprendre les enjeux que rencontraient les protagonistes.
Mis à part cela, il y a un autre élément qui ressort quand même beaucoup lors de la lecture, soit le temps consacré à la vie sexuelle des personnages. Les ouvriers n’ayant rien d’autre que la pauvreté pour vivre, ils passent leur temps et se consolent par les plaisirs charnels. De ce fait, cela crée un certain jeu lors de la lecture. Dès le début, Étienne est confronté au personnage de Catherine. Une rivalité s’installe avec un autre homme et l’on se demande à quel moment Étienne va enfin pouvoir avoir une relation avec la jeune femme. Cela me semblait un peu alléger l’univers malheureux dans lequel les protagonistes évoluent.
Le roman permet également de plonger dans une ambiance de parfaite misère. Il y a une nette distinction entre la classe des ouvriers et celle des bourgeois. Ces derniers mangent à leur guise, gaspillent la nourriture,… alors que les ouvriers faiblissent de jours en jours par surmenage au travail, par manque de nourriture et par la multiplication des problèmes de santé. Cette misère s’observe dans la famille des Maheu, qui est celle qui héberge le personnage d’Étienne. Tous les enfants en âge de travailler sont à la mine et le grand-père crache du charbon à force d’avoir trop travaillé dans de mauvaises conditions. Le portrait n’est, en effet, pas très glorieux et reflète malheureusement très bien l’époque.
Je ne veux pas trop en dévoiler, mais j’admets avoir bien aimé la fin du livre. Une situation grave et dangereuse atteint les mineurs. À un moment, alors qu’un cheval est concerné, le récit est si bien écrit qu’il en émane une certaine force qui vient nous happer en tant que lecteur. La scène est puissante, terrible, poignante. J’ai adoré et j’en ai été secouée.
Puis, la toute toute fin de Germinal présente une sorte de retour au point de départ pour divers personnages. Si cela peut avoir donné l’impression de tourner en rond au premier coup d’œil, il suffit de réfléchir un peu pour y capter une profonde réflexion sur la société.
Je ne pensais pas autant aimer un classique!

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Une bonne variété!

J’ai des p’tites nouvelles pour vous!J'ai des p'tites nouvelles pour vous!
Collectif

Résumé en quatrième de couverture :

Initiative de l’Unesco, la Journée mondiale du livre et du droit d’auteur (JMLDA) célèbre cette année ses 20 ans.
Pour marquer cet anniversaire, nous avons tenu à vous faire découvrir la richesse et la beauté de notre littérature en réunissant 20 créateurs québécois et franco-canadien. Bédéistes, essayistes, poètes, auteurs de fiction adulte et jeunesse se côtoient dans ce recueil de textes inédits.

Les auteurs :

Samuel Archibald, Jimmy Beaulieu, Sophie Bienvenu, Fanny Britt, Katia Canciani, Normand de Bellefeuille, Angèle Delaunois, Marie Desjardins, François Gravel, Iris, Dany Laferrière, Mireille Levert, Daniel Marchildon, Catherine Mavrikakis, Andrée A. Michaud, Maxime Olivier Moutier, Mikella Nicol, Steph Rivard, Louise Tremblay d’Essiambre, Thomas Wharton, ainsi qu’une préface de Jean Fugère et un mot de Bryan Perro.

Mon appréciation :

Le 23 avril 2015 avait lieu la vingtième journée mondiale du livre et du droit d’auteur. Pour l’occasion, le recueil de textes J’ai des p’tites nouvelles pour vous! était donné gratuitement dans les librairies. Ce livre contient vingt textes d’auteurs différents. Que ce soit de la fiction, de la poésie, de la bande-dessinée ou l’essai, c’est un petit bouquin qui peut facilement plaire. Il serait difficile de ne pas aimer un seul des textes de ce recueil. Pour ma part, j’en ai aimé la majorité. Mais j’ai aussi apprécié le fait de pouvoir mêler plusieurs genres littéraires en même temps. D’autant plus que chacun mets le thème des livres et de la lecture au premier plan. En simple, J’ai des p’tites nouvelles pour vous! parle de littérature sous plusieurs angles.
Le sac en papier, de Katia Canciani, ouvre le bal de la catégorie Fiction du livre. Et c’est une excellente histoire pour bien commencer cette aventure qu’est celle de découvrir ou de redécouvrir vingt auteurs. En effet, l’histoire de Canciani est celle d’un jeune garçon qui doit remettre un livre à sa grand-mère. Entre-temps, il décide de l’ouvrir et de le lire. Il se trouve que ce roman est un livre dont vous êtes le héros et qu’il s’entremêle à la réalité, puisque les endroits et les actions du livre sont accessibles dans la réalité. Le petit garçon, un peu malgré lui, tente le coup et s’amuse bien. C’est aussi le cas avec la lecture du recueil : on y plonge et on y prend goût.
La bande-dessinée d’Iris, Le pâtissier, l’andouillette, le psy et sa perruque était aussi bien amusante. Dans ce texte, un personnage se plaint de toujours dire « andouillette » à la fin de chacune de ses paroles. Son psy, armé d’une grosse perruque, tente de lui faire accepter ce fait, en mentionnant que d’autres ont des problèmes pires  que cela. C’est à la fois bien drôle et tout à fait intéressant sur le plan imaginatif, puisque les actions qui guident les personnages seraient dictées par leur livre personnel. Cela donne envie de découvrir les autres créations de la bédéiste.
Les essais du recueil sont bien intéressants également. L’un fait un bref résumé des étapes de la production et de la diffusion d’un livre, ce qui permet de considérer l’importance de chacune de ces étapes lorsque l’on tient un ouvrage en main. Un autre parle d’une lectrice qui aime un homme non-lecteur. Le dernier évoque le livre avec un certain rapport au temps.
Viennent ensuite d’autres œuvres de fictions bien divertissantes, dont celles de Daniel Marchildon et de Samuel Archibald. La première parle d’un auteur qui a écrit un livre à lire aux toilettes, et la seconde, d’une vieille dame dans un monde où les hologrammes sont omniprésents dans le quotidien. Ces deux lectures sont fort amusantes et donnent réellement envie de découvrir les autres textes de ces deux auteurs.
En somme, il y a bien quelques textes que j’ai moins appréciés. Cependant, la majorité m’ont donné envie de lire les autres œuvres des différents auteurs. Ce petit livre gratuit promet de me faire dépenser!

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Fort, voire même émouvant!

Le liseur

Par Bernhard Schlink

Résumé en quatrième de couverture :

À quinze ans, Michaël fait la connaissance d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée.
Il la revoit une fois, des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : « Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j’aurais moins bien su camoufler que les autres? »

Mon appréciation :

Ce livre est un coup de cœur.
L’écriture coule très bien, de sorte que l’on entre facilement dans l’histoire que nous raconte Michaël. Rapidement, nous apprenons à connaître le personnage et à l’apprécier. Michaël est un garçon relativement simple. Puis vient le personnage de Hanna, plus mystérieux. Hanna est intrigante. Au départ, on ne sait pas réellement qui elle est, sinon l’endroit où elle travaille et son âge. Cependant, au fil de leur relation, Hanna semble cacher quelque chose… puis elle disparaît.
J’ai bien aimé la manière dont était racontée la disparition d’Hanna. Michaël la recherche, bien évidemment. Et il s’interroge aussi beaucoup, à ce moment, à savoir si c’est lui qui a fait fuir Hanna en faisant quelque chose de mal. D’ailleurs, Michaël a tendance à souvent s’accuser d’avoir déçu ou mis en colère Hanna. Cela pourrait paraître redondant, cette sorte de faiblesse de la part du jeune homme. Mais ce n’est pas le cas du tout. J’ai trouvé que le tout était très bien raconté, et que cela permettait une meilleure immersion dans le personnage.
Par la suite, Michaël revoit Hanna au procès, comme le mentionne le résumé du roman. C’est à partir de ce moment que le livre devient plus fort, plus émotif. Le procès concerne les camps de concentration nazis. On y raconte différentes actions qui s’y sont déroulées, on y dépeint l’horreur de la Seconde Guerre mondiale qui s’est achevée il y a à peine quelques années. C’est poignant. J’ai même dû m’arrêter à deux courtes reprises afin de laisser retomber toute cette énergie négative. Le tout est très bien narré sous une sorte d’engourdissement, le même qui semble habiter, selon Michaël, tous les gens qui ont assisté aux horreurs de la guerre sans faire quoi que ce soit.
Puis vient la dernière fois où le jeune homme revoit Hanna. Il y a un certain détachement entre les deux anciens amants. La narration est fort intéressante et bien choisie étant donné le vécu des protagonistes.
Finalement, le sort d’Hanna, à la toute fin du livre, m’a touchée. J’étais vraiment scotchée à l’histoire de sorte ma réaction était relativement forte. J’aurais eu envie de bousculer les personnages!
En somme, j’ai passé un agréable moment de lecture. Très court, cependant, puisque j’ai dévoré le livre assez vite. Je crois que c’est bon signe! 😉

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Une explosion d’aventures!

Le vieux qui ne voulait pas fêter son anniversaire

Par Jonas Jonasson

Résumé en quatrième de couverture :

Franchement, qui a envie de fêter son centième anniversaire dans une maison de retraite en compagnie de vieux séniles, de l’adjoint au maire et de la presse locale?
Allan Karlsson, chaussé de ses plus belles charentaises, a donc décidé de prendre la tangente. Et, une chose en entraînant une autre, notre fringant centenaire se retrouve à trimballer une valise contenant 50 millions de couronnes dérobée — presque par inadvertance — à un membre de gang. S’engage une cavale arthritique qui le conduira à un vieux kleptomane, un vendeur de saucisses surdiplômé et une éléphante prénommée Sonja…

Mon appréciation :

Quelle belle découverte j’ai faite de cet auteur! Dès la toute première page, j’ai été happée par le style d’écriture, par la promesse de rigolades et d’aventures! Et je n’exagère pas, car Jonas Jonasson a piqué ma curiosité très rapidement.
J’ai bien aimé la construction du récit. Il y a la jeunesse (enfin, une jeunesse jusqu’à cent ans moins un jour) et la cavale (dès le centième jour d’existence) d’Allan Karlsson. Ces deux portions d’histoire sont enchâssés tout au long du roman, de sorte que nous en apprenons, en alternance, plus sur l’existence rocambolesque du centenaire. Après tout, en cent ans, il peut s’en passer des choses!
Le personnage d’Allan Karlsson est bien drôle et nous nous plaisons à apprendre à le connaître. Suivant sa philosophie de vie (« Les choses sont ce qu’elles sont et seront ce qu’elles seront. »), il rencontre largement d’aventures sur son chemin. Pour faire court et vous donner une idée du personnage, Allan Karlsson a été concepteur de bombes, a participé malgré lui dans différentes guerres, s’est échappé d’un goulag de manière explosive et a partagé la bouteille avec nombres de personnes influentes en parcourant une bonne partie du monde. Avec ce centenaire, nous voyageons donc à travers les pays, mais également à travers l’histoire. En effet, nous traversons les deux guerres mondiales, la Guerre Froide et d’autres événements marquants. Cependant, rien n’est lourd à lire, puisque dès qu’il est question de politique, notre Allan n’écoute plus… et nous passons à autre chose!
Non seulement la vie du personnage a été rocambolesque jusqu’à son centième anniversaire, mais elle continue également à l’être dans le moment présent. Comme le résumé du livre le mentionne, Allan s’échappe de sa maison de retraite. Sur son chemin, il prend possession d’une valise remplie d’argent. Bien évidemment, il sera poursuivi par le membre de gang. Il saura par contre s’en débarrasser! Et ce, de manière plutôt absurde! Par la suite, le vieillard fait la rencontre de différents autres protagonistes. À chaque fois, nous prenons plaisir à les découvrir. Chacune des histoires de ces personnages était bien amusante.
Vraiment, que ce soit dans le passé d’Allan Karlsson ou dans son présent, j’ai adoré chaque moment de ma lecture. Parfois, je me perdais un peu géographiquement puisque je ne connais pas très bien toutes les villes mentionnées dans le roman, mais cela n’a pas diminué mon plaisir. J’ai même ri à quelques reprises et je me faisais un plaisir de raconter les choses les plus loufoques à mes proches.

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Une histoire réaliste.

Vivre!Vivre!
Par Yu Hua

Résumé en quatrième de couverture :

Fugui, enfant gâté et unique héritier de la famille Xu, est un fils prodigue qui dilapide son bien dans les jeux d’argent, au grand dam de son épouse Jiazhen. Ruiné, il est contraint de travailler la terre. Mais ce revers de fortune se révèle une chance au moment de l’avènement de la Chine communiste : autrefois fils de propriétaire foncier, désormais simple paysan, il échappe au triste sort réservé aux nantis. Les tourmentes successives qui secouent le pays tout au long du XXe siècle n’épargneront toutefois pas la famille.

Mon appréciation :

C’est dans le cadre d’un cours de cinéma de niveau collégial que j’ai eu la chance de lire ce livre de Yu Hua (nous avions à analyser l’adaptation cinématographique par rapport au livre). À ma connaissance, je n’avais jamais lu de littérature chinoise auparavant. Et je dois avouer que malgré la complexité des prénoms des personnages, j’ai fort apprécié ma lecture.
Tout d’abord, le style d’écriture est assez simple. L’histoire coule facilement et l’on ne s’y perd aucunement, malgré qu’elle soit ancrée dans une époque importante de l’histoire de la Chine.Vraiment, les pages défilaient assez vite sous mes yeux. La lecture était agréable et divertissante, malgré toutes les difficultés qu’éprouvent les personnages.
J’ai également aimé la manière dont le récit était construit. L’histoire de Fugui et de ses proches est en fait raconté par cette homme à un autre personnage qu’il rencontre, et ce, bien des années après la perte de la fortune familiale. Fugui raconte ainsi à l’autre monsieur toutes les péripéties qu’il a traversées. Nous avons donc l’histoire narrée par Fugui pour la majeure partie du livre. Cependant, cela est entrecoupé des petites discussions entre les deux hommes, ce qui me semblait intéressant.
Je ne le vous cache pas : le récit de Fugui n’a rien de bien joyeux. Mais j’ai apprécié cet élément du roman. Les personnages ont la vie dure et l’ambiance est totalement réaliste par rapport à l’époque durant laquelle l’action se déroule. La faim et la pauvreté des personnages se ressentaient beaucoup lors de ma lecture. Sincèrement, lorsque la petite famille de Fugui était ravie d’avoir une poignée de riz à manger, j’avais l’impression de la goûter moi aussi.
Je dois cependant admettre que la fin du roman était prévisible à partir d’un certain moment dans l’histoire. La vie de Fugui est assez routinière, de sorte que les choses finissent toujours par se passer de semblable façon. Tout de même, malgré cet aspect, j’ai aimé ma lecture jusqu’au bout et je n’ai pas été déçue.
Je suis donc d’avis que Vivre! était un bon bouquin pour me faire découvrir la littérature asiatique. Lorsque j’en aurais l’occasion, je sais désormais que je n’hésiterai pas à essayer une autre traduction de cette intéressante culture colorée.

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Une réécriture plus simple.

Chroniques de l’Olympe, tome 1, Fils de Troie

Par Guy Bergeron

Résumé en quatrième de couverture :

Trois déesses apparaissent au jeune prince troyen Pâris, fils du roi  Priam : elles lui demandent de choisir la plus belle d’entre elles. Le jeune homme opte pour Aphrodite, qui lui a promis l’amour.
Cet amour s’avère être la belle Hélène, l’épouse de Ménélas, roi de Sparte, que Pâris rencontre au cours d’une ambassade. Sa soeur, Laodicé, qui l’accompagne, se lie avec le grec Acamas, compagnon d’Ulysse. Pâris s’enfuit de Sparte en enlevant Hélène, ce qui soulève l’ire de Ménélas qui, avec son frère Agamemnon, rassemble une coalition grecque et déclare la guerre à Troie.
Le conflit est féroce, marqué de combats épiques, d’actes héroïques, d’abandons, de trahisons, de ruses et de félonies. Aidés par les dieux, les Troyens parviennent à repousser l’envahisseur, malgré les exploits des guerriers grecs. Patrocle, ami d’Achille, arrive à convaincre ce dernier de le laisser mener ses hommes pour aider les Grecs. Achille accepte à contrecoeur. Galvanisés par l’arrivée de forces fraîches et par les exploits de Patrocle, les Grecs reprennent l’avantage.
De tragiques événements rendent Achille fou de douleur et ivre de colère. Il se rue contre les Troyens, semant la mort sur son passage, jusqu’à ce qu’Hector se dresse finalement devant lui, au pied des remparts de Troie, où se déroulera un duel épique qui se soldera par la mort d’un des deux héros.

Mon appréciation :

J’ai bien apprécié ma lecture. Comme il est possible de le constater parmi les appréciations précédentes, j’avais déjà lu Iliade, de Homère, avant de me plonger dans cette réécriture de Guy Bergeron. Il est donc vrai que connaissant déjà l’histoire qui allait être racontée, je n’ai pas eu de grande surprise. Cependant, quelques petits éléments de romance ont été ajoutés au récit, ce qui était plutôt original et intéressant.
Mis à part cela, s’il y a quelque chose que j’ai bien apprécié, c’est la simplicité du style d’écriture. En effet, pour ceux et celles qui ont lu le poème Iliade, vous savez que cela n’était pas toujours aisé de suivre le déroulement de l’histoire. Par contre, dans les Chroniques de l’Olympe, ce n’est pas le cas. Enfin, peut-être que cela pouvait être un peu complexe lors d’un passage en particulier (la lutte d’Achille contre le dieu des eaux), mais le reste se lisait très aisément. D’ailleurs, ce passage qui pourrait paraître moins évident à lire ne m’a pas paru trop mal, étant donné que je me souvenais plutôt bien de ce même extrait dans Iliade (le poème étant complexe, je n’ai bien retenu que les moments que j’ai préférés). Sinon, et je me répète, la lecture est bien fluide et agréable. Bien sûr, il y a toujours autant de violence dans cette fameuse guerre, mais il n’empêche que le tout se lit avec un peu plus de plaisir. 😛
Du côté des personnages, c’est certain qu’il y en a plusieurs et que l’on ne se souvient pas toujours du camp de chacun. Pour éviter quelques questionnements, un glossaire est mis au début du livre. Cela peut être bien utile si l’on dépose le livre quelques jours avant d’y retourner et que certains protagonistes moins présents ne nous reviennent plus en mémoire. Qui plus est, par rapport au poème d’Homère, il y a énormément de personnages non présentés durant le roman, et cela fait un grand bien. La lecture coule et rien de futile ne vient l’entraver.
Fils de Troie est donc beaucoup allégé en comparaison avec Iliade, malgré que l’histoire narrée reste essentiellement la même. C’est plus agréable à lire, moins compliqué et bien plus accessible à tous types de lecteurs. Après tout, ce récit est un grand classique et il est méconnu de plusieurs. Pourquoi ne pas changer cela avec un bon livre simple à lire?

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Un livre décidément bien rempli.

Iliade

Par Homère

Résumé en quatrième de couverture :

« Il m’est difficile de montrer tout cela comme si j’étais un dieu », écrit Homère. Et pourtant. Voici le texte fondateur de toute la poésie épique occidentale et, plus encore, de toute littérature qui se veut poésie. Le récit transcende son sujet même : l’affrontement des Troyens et des Achéens, menés par les héros Hector et Achille, sous la tutelle des dieux. C’est qu’il exprime l’essence des passions humaines (la colère, la jalousie, l’envie), des conflits, de l’amitié, de l’héroïsme. C’est qu’il dit, de manière universelle, la peur et le courage face à la mort.

Mon appréciation :

Bien que ce livre soit un classique de la littérature, je me dois d’être honnête. J’ai trouvé la lecture un peu aride. Mais c’est assez compréhensif, je crois. Je m’explique.
Tout d’abord, il y a énormément de personnages, dieux comme simples mortels. Les noms sont anciens et ne sont pas très évidents à prononcer, de sorte qu’ils restaient plus difficilement en mémoire, à moins de revenir régulièrement dans le récit. Ainsi, je me mélangeais beaucoup dans les noms au début de ma lecture. Peut-être aurais-je dû me faire un tableau et indiquer les noms des personnages et leur côté (Troyens ou Achéens) afin de me retrouver dans les discours que les personnages échangeaient. Mais je ne l’ai pas fait et cela aurait été un travail relativement long, puisqu’il y a vraiment beaucoup de personnages. Surtout, certains n’apparaissent que le temps de mourir. Heureusement, j’ai fini par repérer les personnages importants et à identifier leur camp. Surtout au niveau d’Hector et d’Achille, puisque ce sont les plus importants. 😛
Mis à part cela, j’avais aussi un peu de mal à bien me repérer au sujet des divinités. Bien sûr, j’en connais quelques unes et connais à peu près leurs rôles, mais ce n’était pas toujours le cas. Je savais les repérer, mais j’avais particulièrement du mal à suivre les liens familiaux (inceste et tout le tralala). N’empêche, j’ai bien aimé le passage où les dieux s’impliquaient activement dans la bataille. C’était très divertissant et je pouvais prendre conscience de leur puissance par rapport aux hommes.
Autrement, je vous avoue que j’ai particulièrement apprécié les moments de combats. Bien que la majorité des noms qui étaient dits concernaient des personnages que l’on découvrait à l’instant de leur mort et que je ne me forçais pas toujours à tenter de bien les lire, j’ai apprécié la description des actions. Ainsi, je repérais quel personnage important était le tueur et prenait ensuite plaisir à lire ses coups et les résultats des attaques. Surtout lorsque cela concernait Achille ou Hector, puisque ces hommes étaient vraiment puissants et qu’ils étaient des machines de guerre. Les corps pleuvaient à leurs pieds. C’était par contre très sanglant, il faut le dire. Mais on lit la vérité des résultats de tels combats. Les têtes étaient coupées ou transpercées d’un poignard d’une tempe à l’autre, des membres étaient sectionnées et d’autres ne tenaient que par un bout de peau, tandis que les coups portés au ventre faisaient ressortir le contenu. J’ai trouvé cette violence très bien décrite, de sorte que l’on pouvait pleinement prendre conscience de l’horreur de cette guerre.
Tout de même, je crois que j’aurais encore plus apprécié ma lecture si j’avais eu une plus forte connaissances des événements entourant la guerre de Troie et des divinités concernées.

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Un divertissement d’époque.

Trente arpents
Par Ringuet

Résumé en quatrième de couverture :

Trente arpents est une œuvre implacable. Toute la littérature québécoise est une littérature de la tristesse, du renoncement et du chagrin. À l’image de notre réalité qui a toujours été bien éloignée de tous les rêves échevelés que nous nous sommes obstinés à nourrir.
Voici l’histoire d’un homme né de la terre, prisonnier de sa langue, de sa religion, de son village et de sa province, qui finira broyé par l’empire américain. Le symbolisme est presque trop évident. Le propos est si insoutenable qu’il explique probablement la désaffection dont a souffert ce livre depuis sa parution. De tous nos meilleurs romans, c’est le moins lu. Pourtant, on pourrait facilement dire que c’est le plus grand. S’il fallait faire un rapprochement, il faudrait le comparer avec le Tolstoï de Maître et serviteur et de Kholstomer.

Mon appréciation :

J’ai eu à lire ce livre dans le cadre d’un cours collégial de français. J’étais légèrement réticente lorsque je m’y suis plongée, puisque la dernière fois que j’avais lu un roman québécois datant d’avant les années 2000, je n’avais pas du tout embarqué dans la lecture. Surprise! je me suis assez bien divertie dans ce cas-ci.
Ça n’est pas le genre de roman que je lirais régulièrement, mais j’ai tout de même apprécié ma lecture. J’adorais, entre autres, tout le vocabulaire utilisé pour décrire la terre, le labeur des paysans, la moisson, etc. Ces passages du texte m’attiraient particulièrement et je me plaisais à y découvrir toutes sortes de choses et, même, à apprécier l’idée de travailler la terre, de faire de l’agriculture à l’ancienne, et ainsi de suite. Je pouvais sentir l’odeur de la terre, avant et après les semences, ressentir l’effort mis à la tâche, l’amour du personnage d’Euchariste envers sa terre et bien plus.
Mis à part cela, il était plaisant de suivre l’évolution d’Euchariste Moisan, qui avait hérité des trente arpents de son oncle Éphrem, tout au long de sa vie. Le livre, divisé en quatre saisons représentant la vie du personnage divisée en quatre, nous présente toutes les phases de la vie de l’homme. Que ce soit par son envie de progrès lorsqu’il est dans la jeune vingtaine et possède tout juste sa terre, ou bien son aversion pour le progrès que lui propose son fils Étienne lorsqu’il avoisine les cinquante ans. Ainsi, on remarque un certain cercle qui revient à chaque génération. Le plus jeune propose d’utiliser les nouvelles méthodes, le plus vieux veut garder sa manière de procéder. D’Éphem à Euchariste, d’Euchariste à Étienne, puis d’Étienne à son fils aîné.
Il est bien sûr entendu que ce genre de romans est loin d’être souriant du début à la fin. En fait, les choses se dégradent au fil du livre, où le personnage prend conscience que le tout le dépasse. Ses enfants préfèrent, pour la plupart, le travail en ville, ce qui les amène à quitter la terre de l’homme. Plus le temps passe, plus la solitude vient le happer, plus il perd de son emprise sur ses trente arpents et plus ses décisions ont des conséquences malheureuses. Euchariste n’a pas la vie facile, mais il n’empêche que l’on se plaît à suivre son récit.
Pour découvrir la vie à l’époque, ceci est un bouquin bien choisi.

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Une époque sombre…

Les enfants de la liberté
Par Marc Levy

Résumé en quatrième de couverture :

« Dis-leur Jeannot, dis-leur de raconter tout cela de ma part, avec leurs mots à eux, ceux de leur époque. Les miens ne sont faits que des accents de mon pays, du sang que j’ai dans la bouche et sur les mains. »

Mon appréciation :

On débute le récit avec un certain brouillard. Certains éléments sont alors éclaircis au fil de la lecture. Jeannot n’est pas Jeannot. Il est en fait Raymond, un Juif de moins de vingt ans.
On est en plein dans la Seconde Guerre mondiale. Ceux qui ont réussi à éviter les Allemands qui les obligeaient à quitter leur maison pour la direction d’un camp de concentration ont changé de nom, se cachent, etc. Ceux qui désirent agir contre ceux qui envahissent alors la France s’enrôlent dans la Résistance, où ils ont ainsi pour mission de saboter les rails de trains pour retarder les déportations, les usines d’armements, etc., tout en subissant la faim qu’ils ne peuvent éteindre en eux, faute d’avoir de quoi se nourrir.
Jeannot, c’est l’un de ces Résistants.
Les enfants de la liberté, c’est son récit, avec celui de ses copains et des actions qu’ils ont faites. Inspiré d’un réel mouvement de résistance, narré avec autant de détails malgré un style épuré, Marc Levy nous immerge rapidement dans l’ambiance. Vous vous demandez certainement comment il peut y avoir autant de détails dans un bouquin si l’écriture est simple. En fait, c’est que plusieurs éléments sont sous-entendus, comme certains sentiments, par exemple. Parlant d’émotions, c’est justement grâce à cette façon d’écrire que le récit était plus fort, plus puissant, au point que ça vienne nous chercher. Les phrases ont beau être courtes, elles en dévoilent beaucoup plus et elles « frappent » plus.
Le texte aurait été écrit autrement qu’il n’aurait pas semblé aussi vrai et n’aurait pas bien représenté la situation de Jeannot et tout son vécu. Après tout, la guerre de 1939-1945 ne peut être racontée dans la joie, surtout lorsque l’on pense à tous les déportés qui ne sont pas revenus vivants. D’ailleurs, sans vous en dévoiler énormément, Jeannot se retrouvera en plein dans ce genre de pétrin. Je savais comment ces voyages en train étaient pénibles pour les gens, entassés dans des wagons pour bêtes, assoiffés, mais en lisant Les enfants de la liberté, j’ai encore plus pris conscience à quel point cela était horrible comme conditions.
J’ai bien aimé me plonger dans ce côté de cette sombre période. On parle bien souvent d’Hitler quand on pense a la Seconde Guerre mondiale, mais il faut aussi penser à ceux qui se révoltaient contre le fait de se faire contrôler son territoire par des lois effroyables, telles que les déportations de Juifs, les mises à mort trop faciles et autres. C’est un côté que j’ai aimé redécouvrir, plus en profondeur. Ce livre a beau être écrit pour être le récit d’un personnage, on ne peut que se plonger dans son histoire et le faire vivre.

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