Policier

Le roman policier, ou polar, où l’on se rerouve en présence d’une intrigue forte, d’une recherche faite de preuves, d’une enquête souvent policière ou de détectives privés. Du bonbon lorsqu’il est question d’un bon suspense!

Une enquête intéressante en tous points

Relic

Par Douglas Preston et Lincoln Child

Résumé en quatrième de couverture :

Le Muséum d’histoire naturelle de New York prépare une grande exposition sur les croyances mystiques des peuples primitifs. Mais une série de meurtres sauvages sème la panique… D’où vient cette présence mystérieuse qui semble hanter les recoins du musée? C’est ce que Aloysius Pendergast, expert du FBI, est bien décidé à découvrir. La réponse pourrait-elle se trouver dans les sous-sols, là où ont été oubliées ces mystérieuses caisses, derniers vestiges d’une expédition en Amazonie dont personne n’est revenu?

Mon appréciation :

C’est la première fois que je lis un roman du duo Preston & Child, et je dois admettre que j’ai été agréablement surprise de ma lecture.
En tant que lecteur, nous sommes servi. Le roman regorge de détails concernant le musée et les recherches scientifiques qui y sont réalisées. La connaissance des deux auteurs permet de bien développer chaque élément qui est présenté dans le livre. Bien que nous pouvons ne pas tout comprendre des termes utilisés par les personnages érudits, certains moments de vulgarisation permettent de comprendre l’essentiel et de se sentir presque au même niveau que les protagonistes.
Le roman m’a paru intéressant dès le début. Rapidement, nous sommes plongés dans les faits. Quelqu’un ou quelque chose rôde dans les sous-sols du musée et s’en prend aux hommes de manière sauvage. Le sang coule, mais les hauts-placés du bâtiment veulent à tout prix présenter leur nouvelle exposition à la date promise. Cela présage d’avance d’un carnage, que le lecteur sait inévitable plus il progresse dans sa lecture. Il faut le dire aussi, l’entêtement de ces gens les conduit à un résultat que l’on devine rapidement.
J’ai beaucoup aimé la manière dont les personnages principaux en apprenaient davantage sur leur ennemi. Ses caractéristiques et son histoire étaient intéressantes jusqu’à la toute fin du roman, où toutes les pièces du puzzle sont mises en place (ou presque).
La fin du livre, elle aussi, est fort plaisante. Les auteurs laissent planer un certain mystère. C’est à se demander si les autres enquêtes de l’inspecteur Pendergast auront un lien avec Relic. Ma foi, j’ai vraiment envie d’en lire d’autres!

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Un commissaire à étudier.

Pietr le Letton

Par Georges Simenon

Résumé en quatrième de couverture :

Le commissaire Maigret, de la 1re Brigade mobile, leva la tête, eut l’impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait. Il repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer. Après quoi, debout, le dos au feu, il bourra une pipe, tirailla son faux col, qui, quoique très bas, le gênait.
Il regarda sa montre, qui marquait quatre heures. Son veston pendait à un crochet planté derrière la porte. Il évolua lentement vers son bureau, relut le télégramme et traduisit à mi-voix : « Commission internationale de Police criminelle à Sûreté générale, Paris : Police Cracovie signale passage et départ pour Brême de Pietr le Letton. »

Mon appréciation :

Pietr le Letton est un roman policier comme je n’en avais pas encore lu. Bien que mes connaissances du genre se développent continuellement, je continue de découvrir du nouveau (le personnage de Maigret est un classique, mais je ne le connaissais que de nom).
L’enquête du commissaire Maigret n’apparaît pas comme un simple meurtre, mais semble réellement complexe. Les éléments de départ sont peu nombreux et flous. En tant que lecteur, on n’en découvre plus seulement au fur et à mesure que l’enquête du commissaire avance. Nous sommes donc dans l’attente de la suite, ce qui nous garde accrochés à la lecture. Qui plus est, Pietr le Letton est un assez petit livre avec une enquête qui avance à bon rythme. Ainsi, tous les éléments sont combinés pour en faire une lecture rapide et juste assez divertissante.
La manière dont le commissaire mène son enquête est intéressante. Il n’hésite pas du tout à se mettre en danger pour arriver à ses fins. Comme de fait, le tout n’est pas sans danger, et Maigret se fait blesser. Cela enlève l’idée que nous pouvons avoir d’un détective qui se situe au-dessus de tous les autres et à qui tout réussit aisément.
Dans l’ensemble, j’ai assez apprécié ma lecture. C’est même un peu tentant de lire les autres enquêtes du personnage de Simenon après avoir découvert celle-ci.
Et, petit fait amusant que j’ai appris : c’est le personnage de Maigret qui a donné la figure du détective à la pipe tel qu’on le voit dans les clichés.

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Une détective privée empathique!

La proie pour l’ombre

Par P. D. James

Résumé en quatrième de couverture :

Cordélia Gray n’a pas froid aux yeux. C’est une qualité utile quand on exerce le métier de détective privée.
Lorsque Sir Ronald Callender l’engage pour enquêter sur le suicide de son fils Mark, elle se met bravement à l’ouvrage et débarque à Cambridge, par un beau matin d’été. Promenades sur la Cam, parties échevelées. Pour un peu, Cordélia se laisserait gagner par la douceur des choses. Mais ce qu’elle découvre n’a rien d’aimable : la haine de classe, la médiocrité et le sadisme rongent cette société en décomposition.
Est-ce le mal de vivre qui a poussé Mark Callender à se tuer? Ou bien quelqu’un l’a-t-il froidement éliminé, maquillant le meurtre en suicide? La menace est toujours là, prête à surgir si on l’approche de trop près. Et c’est exactement ce que Cordélia a l’intention de faire.

Mon appréciation :

La proie pour l’ombre est un livre qui m’a plu sur différents aspects. D’abord, c’est le personnage de la détective qui m’a captée. Sa personnalité est mise en place dès le début, ce qui permet de bien la cerner et de comprendre les décisions qu’elle prend ensuite. Elle a un caractère assez fort qui lui permet de bien exécuter son rôle de détective et de garder son sérieux. Cela est d’autant plus pertinent, puisqu’elle tente de se faire une place dans un métier habituellement masculin. S’ajoute à cela sa bonté, qui fait d’elle une personne attachante. Elle se familiarise très bien avec les autres protagonistes, ainsi qu’avec sa perception qu’elle a du défunt Mark (elle s’en rapproche mentalement afin de comprendre ses agissements et tenter de résoudre son enquête).
L’enquête elle-même est intéressante. Cordélia travaille sur une affaire déjà classée comme suicide. Rapidement, elle se demande si la mort de Mark Callender n’était pas plutôt un assassinat. En poussant son enquête, la détective se met en danger. Un des sbire du criminel veut éviter les ébruitements. En bref, l’enquête de Cordélia est à la fois complexe et dangereuse.
Finalement, ce qui est intéressant avec ce roman de P.D. James, c’est que l’auteure montre que son héroïne a des principes et qu’elle y tient. La finale du livre est tout à fait révélatrice de ces principes, mais je vais vous laisser la découvrir par vous-mêmes. Il n’empêche que je dois dire que j’ai aimé cette résolution à laquelle je ne m’attendais pas du tout!
Oh, et pour les intéressés, ceci est la première enquête du personnage de Cordélia Gray. Il est donc possible de la suivre dans d’autres romans. Je vais probablement me laisser tenter. 😉

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Une enquête bien élaborée.

Sherlock Holmes, Le chien des Baskerville

Par Conan Doyle

Résumé en quatrième de couverture :

Une malédiction pèse sur les Baskerville, qui habitent le vieux manoir de leurs ancêtres, perdu au milieu d’une lande sauvage : quand un chien-démon, une bête immonde, gigantesque, surgit, c’est la mort.
Le décès subit et tragique de Sir Charles Baskerville, les hurlements lugubres qui s’échappent parfois du marais, le grand bourbier de Grimpen, accréditent la sinistre légende.
Dès son arrivée à Londres, Sir Henry Baskerville, seul héritier de Sir Charles, reçoit une lettre anonyme : « Si vous tenez à votre vie et à votre raison, éloignez-vous de la lande. » Malgré ces menaces, Sir Henry décide de se rendre à Baskerville Hall, en compagnie de Sherlock Holmes et du fidèle docteur Watson.
Captivant, angoissant, Le Chien des Baskerville est l’une des plus célèbres aventures de Sherlock Holmes et a fait l’objet de nombreuses adaptations cinématographiques.

Mon appréciation :

Enfin, je peux désormais dire que j’ai lu un roman qui met en scène le populaire personnage de Sherlock Holmes!
Bien entendu, comme Le chien des Baskerville est un roman d’enquête, la construction est semblable aux romans d’Agatha Christie, de la même époque. Par contre, Holmes semble un peu plus fonceur que Poirot. Sherlock Holmes semble se précipiter davantage sur les lieux pour attaquer la source. Watson, son coéquipier, donne aussi plus d’éléments analytiques au lecteur, qui devine donc plus facilement le coupable.
Le lecteur en apprend de plus en plus au fil de sa lecture concernant les faits précédents et suivants le meurtre qui a déclenché l’enquête. On sait également avant la fin qui est le coupable. Cependant, les manigances complètes de ce dernier sont, quant à elles, révélées dans le dernier chapitre. Néanmoins, le lecteur en sait déjà beaucoup avant la conclusion tant attendue, ce qui diminue de beaucoup la surprise.
Le chien des Baskerville est une lecture bien agréable qui est aussi intrigante et qui mêle une petite dose de fantastique.
Finalement, comme j’avais déjà visionné les récents films de Sherlock Holmes mettant en scène Robert Downey Jr, je prenais plaisir à lire l’aventure avec les apparences des acteurs et leurs manies. Cela ajoutait un visuel intéressant!

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Un enquêteur qui me plaît bien!

L’homme aux cercles bleus

Par Fred Vargas

Résumé en quatrième de couverture :

« Victor, mauvais sort, que fais-tu dehors? » Depuis quatre mois, cette phrase accompagne des cercles bleus tracés à la craie, durant la nuit, sur les trottoirs de Paris. Au centre de ces cercles, comme prisonniers, des objets perdus : trombone, bougie, patte de pigeon… Le phénomène fait les délices des journalistes et de quelques psychiatres qui théorisent : un maniaque? un joueur?
Le commissaire Adamsberg, lui, ne rit pas. Ces cercles et leur contenu hétéroclite suintent la cruauté. Il le sait, il le sent : bientôt, l’anodin saugrenu deviendra tragédie.

Mon appréciation :

Depuis le temps que je voyais les livres de cette auteure me narguer sur les tablettes des librairies et des bibliothèques, il était temps que je découvre l’un de ses romans! Et voilà, c’est désormais chose faite. Je compte même récidiver si j’en ai l’occasion.
Mon gros coup de cœur du roman : le commissaire Adamsberg.
Le commissaire Adamsberg est différent de tous ceux que j’ai eu l’occasion de rencontrer dans mes lectures de romans policiers. Il est loin du bon vieux Hercule Poirot, de Maigret et de bien d’autres. Essentiellement, Adamsberg ne semble pas mener les enquêtes sur lesquelles il travaille. Ses méthodes sont tout à fait désinvoltes et donne une impression de négligence. Mais j’ai aimé ça!
Concernant l’enquête en soi, il faut que j’admette avoir été bien curieuse. Au même titre que le commissaire, je me demandais quand un meurtre allait se produire. Et la description des découvertes de chacun des cercles me mettait en haleine. J’ai été servie : un meurtre, sanglant, puis un deuxième, et des personnages très suspects mais qui sont difficilement accusables.
En somme, j’ai tout aimé, de l’enquête au personnage qui la menait. Cela me sortait des autres romans policiers que j’avais eu l’occasion de lire. J’ai été bien divertie et j’espère bien lire un autre roman mettant en scène Adamsberg, puisque sa psychologie et ses méthodes me paraissent fort intéressantes. Cela sort du traditionnel roman de détection!

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Un personnage vraiment complexe.

Monsieur Ripley

Par Patricia Highsmith

Résumé en quatrième de couverture :

Ripley voulait tout, l’argent, le succès, la belle vie. Il était prêt à tuer pour y parvenir…
Second roman de Patricia Highsmith, Monsieur Ripley signe la naissance d’un des plus extraordinaires personnages de roman policier : Tom Ripley, immoraliste aussi séduisant que dangereux, d’une intelligence hors du commun.
Chargé par un richissime Américain de lui ramener son fils parti en Italie, il va bientôt concevoir un projet diabolique…

Mon appréciation :

Lorsque j’ai commencé ma lecture, j’étais intriguée. J’avais eu droit à un bref aperçu concernant ce qui allait se passer dans le roman, dans le sens où l’on m’avait appris que Ripley allait être un tueur plutôt particulier. Puis, au fil des premières pages, j’ai trouvé que le récit tardait à véritablement s’enclencher. Il y avait des longueurs, quoiqu’elles soient pertinentes tout de même. Disons que j’avais hâte d’arriver aux passages où il y aurait de l’action et que le réalisme chronologique ne m’intéressait guère à ce moment.
Par la suite, lorsque l’action s’est véritablement présentée, j’étais plus captivée. Je vous le dévoile ici : Ripley change son identité pour celle de sa première victime. Cette révélation, je vous rassure, ne changera pas quoi que ce soit à votre lecture. 😉 Il reste néanmoins que le personnage de Tom se complexifie dès ce moment. Sa psychologie devient tout à fait intéressante et donne envie de le psychanalyser. Son vol d’identité, très habile, est si bien orchestré qu’il devient véritablement la personne qu’il incarne. Tom se retrouve alors avec une identité multiple : lui et sa victime.
J’ai parlé d’une « première » victime. Eh oui, il n’y aura pas qu’un mort. Et parlant de décès, je dois avouer que ceux-ci sont très bien décrits. J’avais l’impression de visionner un film au ralenti (qui plus est, le roman a été adapté au cinéma).
L’enquête policière dans ce suspense est reléguée au second plan. Même que les enquêteurs sont un peu tournés au ridicule dans le sens où Tom Ripley les surpasse adroitement. Cela montre l’intelligence de cet antihéros.
Finalement, malgré un début plutôt long, j’ai apprécié ma lecture. Si mon désir de voir Tom Ripley commettre des erreurs n’a pas été assouvi (il y a une suite à ce roman), sa psychologie avait ce qu’il fallait pour m’intriguer et m’accrocher à la lecture. Je serais curieuse d’en suivre l’évolution dans une prochaine lecture, d’ailleurs!

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Une longue et complexe enquête de Poirot!

Les Quatre

Par Agatha Christie

Résumé provenant du site le Livre de Poche :

Hercule Poirot semble enfin avoir trouvé des adversaires à sa mesure : un quatuor criminel, dont le but n’est rien moins que de s’assurer la domination du monde. Rude bataille en perspective!

Mon appréciation :

J’ai l’impression d’avoir enfilé des pantoufles confortables et de m’être enfoncée dans un fauteuil moelleux à souhait en plongeant dans cette autre enquête d’Hercule Poirot, ce petit homme rond à moustache. En lisant un roman d’Agatha Christie, c’est un peu comme si l’on dévore les délicieux biscuits de notre enfance. C’est appétissant et on connaît la recette! Qui plus est, on ne s’en lasse qu’après une grosse grosse… grosse indigestion (difficile de se lasser des recettes de ma mère, je l’admets 😛 ). Voilà comment je me suis sentie en lisant Les Quatre. Non pas que j’aie eu une indigestion, mais que je me suis régalée d’une lecture chaleureuse et agréable.
C’est toujours un plaisir de renouer avec Hercule Poirot, de retrouver ses manies et ses manigances. Nous le voyons, Poirot se sert bien souvent un peu de son collègue, Hastings. Parlant de ce dernier, je l’apprécie toujours autant.
Mais revenons à ce détective belge…
Dans cette aventure, Hercule Poirot ne dévoilera pas entièrement tout à la fin de l’histoire. Contrairement à d’autres livres, tel que Le meurtre de Roger Ackroyd, le personnage fera diverses révélations à mesure que des éléments de l’enquête seront résolus. Après tout, c’est contre quatre protagonistes qu’il se « bat ». Ainsi, dès lors que l’un d’eux est identifié hors de tout doute, le lecteur en est averti. Cela crée une sorte de progression dans la résolution de l’énigme, progression qui permet davantage au lecteur d’être participant à l’enquête. Il n’empêche, bien entendu, que Poirot se garde toujours une révélation finale. 😉
Quant à cette fameuse fin, parlons-en! Elle n’est pas très surprenante, il faut dire. Cependant, sans trop vous en dévoiler, je dirais qu’il reste une sorte de mystère concernant l’un des coupables… on ne sait pas exactement qui il est! Nos méninges continuent donc de tourner même lorsque le livre est terminé. À moins que ce soit moi qui suis passée à côté d’un détail durant ma lecture… haha!
Finalement, ce fut un petit plaisir de lire ce livre d’Agatha Christie. Comme toujours, la lecture est simple et agréable! Comme une bonne recette classique de notre enfance, histoire de continuer ma métaphore.

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Une construction intéressante du roman policier.

Le jour de la chouette

Par Leonardo Sciascia

Résumé en quatrième de couverture :

« La mafia est une association criminelle ayant pour fin l’enrichissement de ses membres, qui se pose en intermédiaire parasite, et s’impose, par la violence, entre la société et le travail, la production et la consommation, le citoyen et l’État… J’ai cherché à comprendre ce qui faisait que quelqu’un était mafioso » : tel est, selon l’écrivain sicilien Leonardo Sciascia, le sens du Jour de la chouette. Ce roman, qui inaugure dans son oeuvre une série de récits jouant des codes du roman policier pour dénoncer les tabous les plus sensibles, offre une véritable immersion dans le milieu de la mafia qui gangrène la société sicilienne. Il s’est imposé, dès sa sortie en 1961, comme une référence incontournable sur le sujet, et demeure aujourd’hui le plus populaire de tous les livres de Sciascia.

Mon appréciation :

Le jour de la chouette est une lecture qui peut être ardue pour les lecteurs qui ne lisent que pour le divertissement et pour ceux qui ne connaissent pas l’histoire de l’Italie. Ce roman policier n’est pas comme tous les autres du genre.
Dès le départ, il peut être difficile d’identifier et de reconnaître les personnages. Certains sont mis en place, mais ne sont pas nécessairement importants à ce moment ou ne sont pas décrits et justifiés. Par exemple, la figure de l’enquêteur est présentée rapidement par un personnage mystérieux. Ce n’est que bien plus tard que nous apprenons que cet homme se nomme Bellodi et que son rôle prend de l’expansion. C’est déconcertant un peu, mais cela reste intéressant sur le plan de la forme, puisque ce n’est pas ce à quoi le lecteur de romans policiers est habitué.
Ainsi, non seulement les personnages ne sont pas faciles à identifier au départ de la lecture, mais il y en a qui sont tout simplement anonymes tout au long de la lecture. Sans nom, sans physique quelconque pour la plus part; ils ne font qu’une apparition dans un dialogue. Il est complexe de comprendre qui ils sont et ce qu’ils impliquent. C’est là qu’une base de l’histoire de l’Italie est pertinente. Avec ces connaissances, il est possible de discerner, à tout le moins, le camp politique des protagonistes. Cela éclaircit un peu les choses, mais pas tout à fait. Qui plus est, comme la mafia est au cœur du livre, il est utile de connaître son importance dans l’esprit des Italiens.
Le roman prend place en Sicile où, à la suite d’un meurtre, une enquête est menée et permet de découvrir l’implication de la mafia. Ce qui est intéressant là-dedans, c’est que les Siciliens ont leur propre dialecte. Cela se remarque moins dans une traduction, mais Sciascia a bien pris soin d’inclure toutes les langues parlées là-bas dans son texte.
De plus, j’ai beaucoup aimé les interrogatoires du livre. C’est un mélange de faux et de vrai dans le but de tromper et de démasquer. J’ai trouvé cela bien construit. D’ailleurs, comme j’ai déjà mentionné que ce roman ressort du genre policier classique (celui d’Agatha Christie, par exemple), il est pertinent de dire que ces différences s’observent jusqu’à la toute fin. Outre le dénouement final, que je ne veux vous dévoiler (mais qui sort de l’ordinaire et qui est aussi caractéristique des romanciers italiens du genre), le lecteur n’a pas droit au résumé traditionnel de l’enquêteur. Bien souvent, celui-ci reprend tous les éléments de l’enquête pour les déconstruire et les expliquer jusqu’à la solution… ici, ce n’est pas le cas.
En somme, Le jour de la chouette n’est pas aisé à lire, mais il regorge de différences intéressantes lorsqu’on l’étudie plus en profondeur. C’est un livre qui est meilleur lorsque, après une première lecture et une petite analyse, nous le relisons avec un nouvel état d’esprit.

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Une première enquête intéressante!

Le cruciverbiste

Par Claire Cooke

Résumé en quatrième de couverture :

Le monde immobilier de la Rive-Nord de Montréal est secoué. Joseph Dunstan, un de ses membres reconnu pour ses dettes de jeu, a été assassiné. Vedette de la Sûreté du Québec, la lieutenante-détective Emma Clarke hérite de cette affaire qui s’avère tout sauf simple. Car les cadavres ne tardent pas à s’empiler, et la policière se retrouve bien vite au centre d’un véritable casse-tête où se mêlent le latin, la religion et une mystérieuse grille de mots croisés qui lui parvient par fragments.
Ce jeu ignoble, imaginé par un meurtrier des plus provocants, poussera Emma dans ses derniers retranchements. Entêtée et passionnée, elle s’évertuera à relever le défi intellectuel auquel la convie l’assassin, à un point tel qu’elle finira par y prendre goût et tentera de le démasquer coûte que coûte.
Dès cette première enquête, Emma Clarke vous séduira par son obstination, son sens de la déduction et sa personnalité hors norme habilement dépeinte par la plume d’une auteure à l’imagination débordante.

Mon appréciation :

Je ne lis pas souvent de romans policiers, encore moins québécois. Le titre de ce livre m’ayant interpellée, je me suis dit que c’était une excellente occasion pour remédier un peu plus à ce manquement. Et ce fut un choix pertinent!
Tout d’abord, la manière dont le roman commence est intrigante. Directement, dès le départ, une narration à la troisième personne nous fait entrer dans la tête du tueur alors qu’il a ciblé le personnage principal, Emma Clarke, pour son petit jeu qui durera tout le temps de la lecture, ou presque. Nous ne connaissons pas ses motivations ou même qui il est, alors cela donne envie de le découvrir. Qui plus est, excepté pour le premier meurtre, le lecteur assiste aux meurtres des victimes et sait donc comment s’y prend le coupable. La narration porte aussi attention à cet homme mystérieux à quelques autres reprises, ce qui fait en sorte que nous nous sentons encore plus près de lui, mais en même temps si loin puisque nous ne savons pas qui il est. J’ai donc trouvé ces moments de l’histoire intéressants et bien amusants. Par contre, en progressant dans ma lecture, j’aurais aimé avoir pu en apprendre plus sur la psychologie du personnage. Il me semblait être un cas plutôt particulier.
J’ai aussi particulièrement aimé l’idée du jeu entre Emma Clarke et le meurtrier. La grille de mots croisés était fort divertissante. Je me suis plu à la réaliser au fil de la lecture (une grille vide est disponible à la fin du bouquin), malgré que je n’avais pas les connaissances nécessaires pour trouver tous les mots. Il n’empêche que cela m’a donné le goût de m’essayer aux mots croisés! 😛
Encore en lien avec cette idée de grille de mots croisés, je dois admettre que c’est l’élément qui a le plus maintenu mon intérêt pour ma lecture. Par moments, j’ai trouvé que l’enquête était un peu longue, qu’elle n’avançait pas assez rapidement à mon goût. Je désirais des indices rapidement afin de découvrir qui était le coupable. La grille, envoyée par parties à la détective, m’intriguait beaucoup. J’avais hâte qu’elle soit remplie et dévoile le mystère entourant le meurtrier.
Je n’ai pas réussi à deviner l’identité de ce dernier avant qu’elle ne soit révélée par Emma. J’ai apprécié le fait que je n’avais pas prédit facilement qui était le coupable. Cependant, tout au long de ma lecture, je n’ai pas vraiment douté des suspects. Je ne pensais pas que l’un plus qu’un autre était l’homme recherché. Ainsi, bien que cela ait occasionné une forme de suspense, je nageais dans le vide complètement. Il aurait été plus amusant, je crois, que je soupçonne différents personnages durant ma lecture, et non seulement dans les 150 dernières pages.
Malgré ce dernier élément, j’admets être bien curieuse quant à la prochaine enquête d’Emma Clarke. Après un maniaque des mots croisés, de quel genre sera le prochain meurtrier à démasquer?

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Un meurtrier particulier.

Le meurtre de Roger Ackroyd

Par Agatha Christie

Résumé provenant du site le Livre de Poche :

Un soir, dans sa propriété de Fernly Park, l’industriel Roger Ackroyd se confie à son ami le Dr Sheppard. La veuve qu’il envisageait d’épouser s’est suicidée pour échapper à un chantage. Dans une ultime lettre, elle lui révèle le nom de celui qui détient un terrible secret : un an plus tôt, elle a assassiné son mari.
Peu après avoir livré ces confidences, Roger Ackroyd est retrouvé mort, poignardé. Et la fameuse lettre a disparu…

Mon appréciation :

J’aime la manière dont les romans d’Agatha Christie sont construits, surtout l’idée que l’on ne découvre le coupable qu’à la fin, après avoir douté de différents personnages. Malheureusement pour moi cette fois-ci, un professeur au cégep m’avait dévoilé la fin du livre pour le prendre comme exemple. Ainsi, tout au long, je savais le coupable. Disons que cela a changé ma lecture.
Malgré le fait que je connaissais le coupable, cela ne m’a pas empêcher de m’interroger sur les autres personnages. Plusieurs cachaient des choses et j’étais intriguée de découvrir lesquelles c’étaient. De plus, j’étais aussi curieuse de savoir le déroulement des événements avant et après le meurtre, puisque ce n’est qu’à la toute fin qu’Hercule Poirot présente les choses parfaitement. Alors je n’ose imaginer comment mon cerveau aurait travaillé si j’avais eu, en plus, à tenter de découvrir le meurtrier. Je me serais assurément bien amusée!
J’ai particulièrement apprécié le mobile du crime, cette fois-ci. Je ne veux pas trop vous en dévoiler, mais je dirais qu’il était plus qu’une question d’argent. Et cela faisait différent des autres lectures des livres de l’auteure où les coupables désirent surtout l’héritage du défunt.
Il n’empêche qu’il y a un élément qui m’a un peu laissée sur ma faim. Là encore, je ne peux pas trop préciser la chose, surtout parce que cet élément est à la toute toute fin du livre. Comme je savais déjà qui était le meurtrier (cela n’a sans doute pas aidé), je m’attendais à un peu plus quant à ce qu’il se passerait à la suite de l’accusation portée contre lui. À mon avis, c’était un peu simple comme dernières phrases.
Tout de même, j’ai bien aimé le moment où Hercule Poirot dévoile ce fameux coupable et la réaction de ce deuxième personnage. Cela est sans compté que le narrateur, le docteur Sheppard, espère secrètement que le détective rate son coup. La réaction du coupable est en lien, également, avec ce désir d’échec partagé par quelques autres personnages. Cela m’a plutôt amusée. Enfin, vous verrez bien en le lisant!

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