Théâtre

Ici sont regroupés les pièces de théâtre.

Des mots qui percutent dans une ambiance qui joue sur la construction du texte.

Le sang des promesses, tome 1, Littoral

Par Wajdi Mouawad

Résumé en quatrième de couverture :

En apprenant la mort de son père inconnu, qu’il retrouve à la morgue, l’orphelin Wilfrid décide de lui offrir une sépulture dans son pays natal. Commence alors un voyage au bout de la nuit qui le conduit vers un monde dévasté par les horreurs de la guerre, où les cimetières sont pleins, où les proches de cet homme rejettent sa dépouille, qui terminera son périple dans les bras de la mer. À travers les rencontres douloureuses qu’il fait à cette occasion, Wilfrid entreprend de retrouver le fondement même de son existence et de son identité.

Mon appréciation :

J’ai beau avoir lu le deuxième tome de cette quadrilogie en premier, cela n’a rien changé au plaisir de ma lecture. Tout particulièrement parce que les tomes ne se suivent pas. C’est d’ailleurs grâce à Incendies que j’ai eu envie de me procurer les autres volumes et de les lire. En une seule sortie de mon portefeuille, je les ai tous pris (c’est le cadeau que je me suis fait après les fêtes).
Littoral, comme Incendies, est assez dur. Wajdi Mouawad ne mâche pas ses mots et donne directement au lecteur l’accès à un récit puissant. On y parle de guerre, de mort, de repos, de douleur, d’amour, d’amitié, de famille, d’exil, de fuite, de sexe, de conflits,… Le texte est relativement court, mais il communique beaucoup.
Ce qui est intéressant dans Littoral, c’est l’inspiration qu’a eue Mouawad. Il est entre autres question de Hamlet, d’Œdipe et de l’Iliade. On retrouve ces écrits dans les différents personnages de l’histoire. Cela ajoute une touche intéressante lorsque le texte est analysé, puisque l’on tente de décortiquer les personnages pour découvrir quel écrit les a inspirés.
La force de ce tome réside aussi dans le fait qu’il est marqué par l’absence. L’absence du père de Wilfrid, puisqu’il est décédé, mais aussi l’absence des pères des compagnons que se fait le personnage principal durant son voyage. Ce qui est par contre étrange, c’est que malgré cette absence, il y a aussi présence. En effet, il se trouve que le père, bien que mort, parle. L’imagination de l’orphelin lui permet de discuter avec son père à quelques reprises. C’est d’ailleurs ainsi qu’il a accès à des informations sur le passé de son paternel et sur sa mère, qu’il n’a jamais connue.
L’aspect imaginatif de la pièce est très bien amené. Cela peut être un peu mêlant parfois, mais cela ajoute quelque chose de vraiment intéressant au récit. En même temps, il y a un certain parallèle, puisque non seulement il y a la réalité et le père mort qui parle, mais il y a aussi le fait que Wilfrid se retrouve en plein tournage d’un film où il doit enterrer son père.
En bref, Littoral, c’est rempli de sujets percutants tout en étant également complexe de par sa construction qui mêle imaginaire, réel et fiction. J’ai préféré Incendies, mais j’ai adoré Littoral.

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Un dilemme tragique!

Le Cid

Par Pierre Corneille

Résumé en quatrième de couverture :

Il faut lire Le Cid dans sa première version, celle de 1637, qui explose comme un coup de tonnerre, avec la fougue de la jeunesse, le flamboiement du sang, les trompettes de la victoire. On s’aime, on se déchire, on libère sa patrie en quelques heures parmi les plus intenses de notre théâtre.
Drame du conflit entre les sentiments passionnés et les dures contraintes du devoir moral et politique, la pièce offre une liberté de ton et une audace formelle que Corneille, pour se conformer aux codes d’une dramaturgie classique en train de se mettre en place, s’attachera par la suite à atténuer, mais dont le texte original, que cette édition restitue, conserve l’éclat.

Mon appréciation :

C’est la lecture d’un autre classique du théâtre que j’ajoute à ma culture. Encore une fois, comme pour la pièce Dom Juan, je me suis bien divertie.
Lorsque l’on commence la lecture du Cid, il y a plusieurs personnages qui nous sont présentés. Il peut être difficile de les différencier et de comprendre, à chaque fois, à qui nous avons à faire. Heureusement, nous apprenons tout de même vite à les connaître et nous comprenons mieux alors ce qui est en jeu dans les multiples dialogues.
Pour ceux qui ne connaissent pas encore cette histoire, en voici un petit résumé : Pour sauver l’honneur de son père, Rodrigue doit effectuer un duel avec le Comte et l’achever. Par contre, il se trouve que le Comte est le père de Chimène, la fille que convoite Rodrigue. Malgré son grand amour pour Rodrigue, Chimène réclame vengeance. Selon les conseils de son père, Rodrigue s’engage dans différents combats au nom du roi, ce qui lui accorde un certain mérite. Étant donné ses succès, le roi évite l’exécution directe du jeune homme en consentant à un duel de vengeance entre Rodrigue et l’homme que choisirait Chimène pour la représenter. L’issue du combat mène au mariage du vainqueur avec la femme.
C’est vraiment lorsque Rodrigue tue le père de Chimène que l’action de la pièce commence réellement, ce qui accentue l’intérêt. Non seulement le combat est divertissant, mais les questionnements intérieurs du personnage de Rodrigue sont bien intéressants. Celui-ci se retrouve dans une situation où l’équilibre entre le devoir et l’amour n’est plus du tout évident. À ce sujet, je trouvais fort captivant de me plonger dans l’ambiance de l’époque où, visiblement, l’honneur et le devoir priment sur les sentiments amoureux. Cette époque ne devait pas toujours être plaisante! 😛
Mis à part cela, j’ai bien apprécié la conclusion de la pièce. Je la trouvais bien satisfaisante étant donné les épreuves traversées par le couple de Rodrigue et de Chimène.
C’est à votre tour, maintenant, de découvrir ou de redécouvrir ce classique!

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Un petit classique plaisant!

Dom Juan

Par Molière

Résumé en quatrième de couverture :

Dom Juan vient de quitter sa femme pour tenter d’enlever une fiancée à son futur époux. Puis il jette son dévolu sur de jeunes paysannes qu’il promet d’épouser. Sganarelle a beau tenter de ramener son maître dans le chemin de la vertu, Dom Juan préfère les plaisirs de ce monde, si dangereux pour son salut, à l’espérance d’une béatitude infinie. D’autres pourtant l’avertiront qu’ « une méchante vie amène une méchante mort »…
Ce sujet dont Molière s’empare en 1665 a déjà donné lieu à d’assez nombreuses pièces. Pourtant, rien de plus personnel que ces cinq actes en prose conduits avec une éclatante maîtrise qui donne aux personnages la profondeur de l’humanité vraie. De la farce à l’ironie la plus fine, la pièce propose tous les registres du comique. Mais c’est aussi la plus tragique des comédies, qui prend la dimension d’un drame métaphysique.

Mon appréciation :

Nombreux sont ceux qui connaissent le nom de Dom Juan. Pour ma part, je connaissais bien ce nom et ce qu’il impliquait, mais je n’avais encore jamais lu la pièce du célèbre Molière. Désormais, c’est chose faite! Et je dois avouer que j’ai bien apprécié ma lecture.
Malgré que le visuel soit inexistant lorsque nous lisons une pièce de théâtre, je n’ai pas eu de difficulté à me représenter les personnages et les lieux. Même qu’il est possible et aisé de s’attacher aux personnages seulement avec le dialogue.
Le personnage de Sganarelle, entre autres, est bien divertissant. Sganarelle est le valet de Dom Juan. Il n’est pas d’accord avec les mauvaises habitudes de Dom Juan, qui consistent à conquérir une femme et la marier, puis lorsqu’elle lui « appartient », à la quitter pour en épouser une autre… et cela est encore un meilleur défi lorsque la femme désirée est promise à un autre homme. Et donc, si Sganarelle n’aime pas cette particularité chez son maître, il a énormément de mal à le lui dire. Dès lors qu’il va pour critiquer Dom Juan, il se reprend et formule ses propos de sorte qu’ils soutiennent le personnage principal. Tout de même, Sganarelle ressent éventuellement le besoin de se vider le cœur envers Dom Juan. Ce moment, dans la pièce, est plutôt cocasse. Pour faire court, Sganarelle a de la difficulté à enligner des propos cohérents pour s’exprimer. C’est assez amusant!
Mis à part cela, l’histoire en soi est divertissante. Dom Juan courtise non pas une, mais deux paysannes en même temps et, en plus, il doit échapper aux frères de Done Elvire, sa femme, puisqu’ils veulent venger cette dernière pour s’être faite berner par Dom Juan.
De plus, les classes sociales des personnages sont bien représentées par l’écriture des dialogues. Entre les paysans et Dom Juan, il y a une nette différence. Cela met très bien dans l’ambiance de l’époque. Bien que la plupart des mots étaient compréhensibles par la prononciation ou le sens de la phrase, j’ai quelques fois eu besoin du glossaire à la fin du livre. J’ai bien aimé cette ambiance.
Si vous n’avez pas encore lu ce classique, je vous le suggère avec plaisir. Cela se lit très bien et très rapidement! J’ai même envie de voir la pièce au théâtre, si j’en ai un jour l’occasion!

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Un récit percutant.

Le sang des promesses, tome 2, Incendies

Par Wajdi Mouawad

Résumé en quatrième de couverture :

Lorsque le notaire Lebel fait aux jumeaux Jeanne et Simon Marwan la lecture du testament de leur mère Nawal, il réveille en eux l’incertaine histoire de leur naissance : qui donc fut leur père, et par quelle odyssée ont-ils vu le jour loin du pays d’origine de leur mère? En remettant à chacun une enveloppe, destinées l’une à ce père qu’ils croyaient mort et l’autre à leur frère dont ils ignoraient l’existence, il fait bouger les continents de leur douleur : dans le livre des heures de cette famille, des drames insoupçonnés les attendent, qui portent les couleurs de l’irréparable. Mais le prix à payer pour que s’apaise l’âme tourmentée de Nawal risque de dévorer les destins de Jeanne et de Simon.

Mon appréciation :

Je dois dire que lorsque j’ai lu cette pièce de théâtre, j’avais déjà visionné l’adaptation cinématographique depuis un bon moment. Je me souvenais tout de même des points culminants de l’histoire, et je n’ai donc pas eu de surprises durant ma lecture. Il n’empêche que je l’ai bien appréciée.
Oui, les noms des personnages sont un peu particuliers à prononcer, mais c’est qu’ils sont arabes (ou quelque chose de semblable). Mais si l’on exclut cet élément (qui n’était pas si dérangeant que cela, à mon avis), la pièce se lit avec une réelle facilité. Quelques passages peuvent paraître confus à certains moments, puisque le passé et le présent se chevauchent, mais une fois que cela est compris, j’ai trouvé que la lecture coulait très bien.
Tant qu’à parler de l’écriture, je vais continuer un peu sur cette lancée. Les tableaux de la pièce sont très courts. Ainsi, l’on passe rapidement de l’un à l’autre, ce qui donne l’impression d’avancer très rapidement dans l’histoire. Cela affecte donc le rythme, ce qui était bien intéressant et pertinent pour ce texte.
Mis à part cela, bien que je connaissais déjà les punchs de l’aventure de Jeanne et de Simon, j’ai pris bien du plaisir à les lire. Je voyais les événements approcher, mais je n’étais pas déçue de cela. L’ensemble restait tout aussi captivant, et les révélations, percutantes. J’ai adoré redécouvrir tous les liens qui unissaient les personnages, de même que de retrouver Nawal sur le chemin de son histoire, et donc du passé des deux jumeaux et de leur frère inconnu et de leur père mystérieux.
De plus, les images présentes dans le livre sont réellement profondes. Elles sont fortes et vivantes. En voici donc un exemple qui m’a beaucoup touchée : « L’enfance est un couteau planté dans la gorge. On ne le retire pas facilement. » (p.18)
Je crois bien que je prends de plus en plus de plaisir à lire du théâtre et même si j’étais un peu réticente avant de plonger dans cette pièce-ci, j’y ai vraiment pris plaisir. Si le film (n’étant pas mon genre de film) ne m’avait pas attirée, la pièce écrite l’a fait à coup sûr.

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Une pièce complètement farfelue!

Les voisins

Par Claude Meunier et Louis Saia

Résumé en quatrième de couverture :

Trois couples de banlieue se réunissent à l’improviste autour d’une projection de diapositives de voyage. À la fin d’une soirée qui tourne en rond et dont les sujets de conversation atteignent souvent le vide de l’absurde, les voisins s’adonnent à une charade qui tourne cette fois au tragique : un des maris mime une défaillance cardiaque qui s’avère réelle.

Mon appréciation :

C’est dans un cours de français collégial que j’ai découvert cette pièce de théâtre. Et je dois admettre que j’ai vraiment aimé lire ces quelques pages.
En effet, le livre ne contient pas beaucoup de pages et se lit très rapidement. Sans compter que la majorité des répliques des personnages sont drôles!
L’histoire se déroule sur une période d’une journée dans la vie de trois couples, dont deux ont un enfant à l’adolescence. Avec les conversations qu’ils ont, on pourrait croire les personnages dénués de toute intelligence, ce qui est très amusant. Les conversations tournent généralement en rond ou se terminent par un silence provoquant un genre de malaise. Voici d’ailleurs un extrait d’une conversation typique de chaque individu :
« BERNARD : […] Me semble que t’as maigri, toi.
GEORGES : Es-tu fou? J’ai engraissé de trois livres.
BERNARD : Me semblait aussi. » (p.8)
Un autre moment de la pièce m’a fait bien rigoler. En fait, un parmi tant d’autres. Laurette demande à son mari d’appeler chez Jeanine pour savoir quoi porter pour la soirée. Le mari de Laurette répond et les deux hommes se parlent. Finalement, ils donnent le téléphone aux femmes et Laurette pose sa question à Jeanine, qui lui dit qu’elle n’a pas besoin de s’habiller, dans le sens où elle peut mettre à peu près n’importe quoi. Les femmes raccrochent et Jeanine s’interroge. Elle se demande à voix haute ce qu’elle pourra bien porter. Son mari, tout à fait logique, lui conseille d’appeler Laurette pour savoir comment se vêtir. J’ai trouvé cette réplique drôle, étant donné tout le ridicule de la situation. Et ce genre de conversation continue jusqu’à la fin! Cela garantit un bon divertissement rempli de sourires.
Qui plus est, lorsque je le lisais, un de mes amis était non loin de moi à lire un autre livre. Lorsque je trouvais des répliques amusantes, je les lui disais. Finalement, il s’est levé et est venu s’asseoir à mes côtés pour lire le reste de la pièce avec moi, tout en rigolant.

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Un classique!

Hamlet
Par Shakespeare

Résumé en quatrième de couverture :

Je ne suis fou que par le vent du nord-nord-ouest : quand le vent est au sud, je peux distinguer un faucon d’un héron.
Acte II, scène 2.

Mon appréciation :

C’est dans le cadre d’un cours de mon programme d’études collégiales que j’ai eu à lire ce livre. Je dois avouer que j’étais craintive. Lire du théâtre n’est pas ce que je préfère habituellement et je pensais que je n’aimerais pas lire un classique. Je m’imaginais perdue au fil des pages. Cependant, ce n’est pas ce qui est arrivé! J’ai aimé ma lecture!
J’ai trouvé que la pièce se lisait plutôt bien et le tout était plutôt divertissant. Hamlet se fait passer pour fou, et semble parfois tout simplement l’être, ce qui est assez amusant, malgré que cette pièce soit une tragédie. Voici un extrait de cette folie feinte :
« Hamlet : Voyez-vous ce nuage là-bas qui a presque la forme d’un chameau?
Polonius : Par la messe! on dirait que c’est un chameau, vraiment.
Hamlet : Je le prendrais pour une belette.
Polonius : Oui, il a le dos d’une belette.
Hamlet : Ou une baleine.
Polonius : Oui, tout à fait la baleine. » (p.95)
J’avais déjà vu l’adaptation cinématographique de ce texte lorsque j’étais au secondaire, ce qui m’a enlevé la surprise du dénouement final. Il n’empêche que j’ai bien apprécié lire cette scène et m’imaginer les personnages se promener sur la scène d’un théâtre. Car malgré les maigres didascalies qui indiquent quand les personnages entrent et sortent, il n’y a que très peu d’indications sur les mouvements. Les seuls moments où on sait qu’il y en a eu en particulier, ce sont ceux où un personnage les dit très clairement. Le reste du temps, il faut se les imaginer selon ce que peuvent exprimer comme émotions les comédiens tandis qu’ils récitent leur texte. J’ai trouvé cela plaisant comme « exercice ». Contrairement aux romans où tout est narré, je devais ici tout m’imaginer. Et j’ai trouvé cela assez vivant. Il était facile pour moi de m’imaginer que les personnages n’étaient pas des piquets.
Ainsi, si vous hésitez à vous plonger dans ce classique du théâtre, je vous conseille d’arrêter cela. N’ayez crainte et foncez, car c’est une bonne histoire, bien que la fin ne soit pas des plus heureuses!

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Un merveilleux petit voyage sur l’Océan!

Novecento : pianiste
Par Alessandro Baricco

Résumé en quatrième de couverture :

Né lors d’une traversée, Novecento, à trente ans, n’a jamais mis le pied à terre. Naviguant sans répit sur l’Atlantique, il passe sa vie les mains posées sur les quatre-vingt-huit touches noires et blanches d’un piano, à composer une musique étrange et magnifique, qui n’appartient qu’à lui : la musique de l’Océan dont l’écho se répand dans tous les ports.
Sous la forme d’un monologue poétique, Baricco allie l’enchantement de la fable aux métaphores vertigineuses.

Mon appréciation :

Ce fut une autre belle découverte littéraire dans le cadre de mon programme collégial. Je crois sincèrement que je n’aurais pas eu l’occasion de le lire autrement de si tôt. Il n’empêche que je suis bien contente d’en avoir fait la lecture, puisque j’ai grandement apprécié! Cela n’a pas été bien long que j’étais scotchée au récit!
J’aimais bien que l’histoire de Novecento soit racontée par un autre personnage. En fait, je crois que cela est essentiel au monologue. Cela donne un excellent cachet au pianiste, puisque cela accentue le petit côté spécial chez lui. Il n’est pas comme les autres et cet aspect n’aurait pu être aussi bien rendu autrement, selon moi.
Il y a deux scènes que j’ai tout particulièrement aimées, si l’on exclut la finale. Il y a d’abord le début de l’amitié entre le narrateur et Novecento, qui commence sur le piano, en pleine tempête. Le navire tangue et tangue, l’équilibre est très difficile à garder. Novecento et son nouvel ami prennent place au piano, dont les freins qui le clouaient au plancher sont retirés, puis se laissent bercer par le rythme de l’Océan et de la musique du pianiste. En effet, le piano glisse sur le plancher! J’ai vraiment adoré l’image que j’avais en tête, à ce moment! Qui plus est, la manière dont se conclut ce début d’amitié est tout de même amusante. Je ne vous en dévoile pas plus!
Ensuite, l’autre scène est celle d’un duel : Novecento, pianiste de mer, contre un certain Jelly, un maître du jazz. Chacun va trois fois au piano, à tour de rôle. Les deux morceaux finaux sont, ma foi, quelque chose. J’aurais bien apprécié me retrouver sur un siège, à voir cette pièce de théâtre, afin d’en écouler la mélodie!
Finalement, comme je l’ai un peu mentionné plus haut, j’ai aimé la fin. Même si c’est la fin d’une petite histoire, j’ai bien apprécié cette conclusion. Je ne vous la dévoile pas, mais je vous avoue que malgré ce qu’elle implique, je ne vois pas comment Novecento : pianiste aurait pu se conclure autrement. À mon avis, cette finale était idéale.

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Une pièce intéressante!

En attendant Godot
Par Samuel Beckett

Résumé en quatrième de couverture :

Vous me demandez mes idées sur « En attendant Godot », dont vous me faites l’honneur de donner des extraits au Club d’essai, et en même temps mes idées sur le théâtre.
Je n’ai pas d’idées sur le théâtre. Je n’y connais rien. Je n’y vais pas. C’est admissible.
Ce qui l’est sans doute moins, c’est d’abord, dans ces conditions, d’écrire une pièce, et ensuite, l’ayant faite, de ne pas avoir d’idées sur elle non plus.
C’est malheureusement mon cas.
Il n’est pas donné à tous de pouvoir passer du monde qui s’ouvre sous la page à celui des profits et pertes, et retour, imperturbable, comme entre le turbin et le Café du Commerce.
Je ne sais pas plus sur cette pièce que celui qui arrive à la lire avec attention.
Je ne sais pas dans quel esprit je l’ai écrite.
Je ne sais pas plus sur les personnages que ce qu’ils disent, ce qu’ils font et ce qui leur arrive. De leur aspect j’ai dû indiquer le peu que j’ai pu entrevoir. Les chapeaux melon par exemple.
Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s’il existe. Et je ne sais pas s’ils y croient ou non, les deux qui l’attendent.
Les deux autres qui passent vers la fin de chacun des deux actes, ça doit être pour rompre la monotonie.
Tout ce que j’ai pu savoir, je l’ai montré. Ce n’est pas beaucoup. Mais ça me suffit, et largement. Je dirai même que je me serais contenté de moins.
Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d’en voir l’intérêt. Mais ce doit être possible.
Je n’y suis plus et je n’y serai plus jamais. Estragon, Vladimir, Pozzo, Lucky, leur temps et leur espace, je n’ai pu les connaître un peu que très loin du besoin de comprendre. Ils vous doivent des comptes peut-être. Qu’ils se débrouillent. Sans moi. Eux et moi nous sommes quittes.
Samuel Beckett, Lettre à Michel Polac, janvier 1952

Mon appréciation :

J’ai eu à lire cette pièce dans le cadre d’un cours au cégep. Je dois avouer que je suis bien contente d’avoir ainsi pu la connaître, puisque j’ai bien apprécié ma lecture.
Même si Didi (Vladimir) et Gogo (Estragon) sont peu présentés, on arrive à s’attacher à eux. Leur univers est bien particulier, mais j’ai apprécié les rencontrer durant deux soirées (soit les deux actes, qui équivalent chacun à une soirée). Le décor minimaliste avait quelque chose d’intéressant en soi. En fait, j’ai trouvé qu’il accentuait l’effet qu’a la ridicule attente interminable des deux vieux amis. Ils attendent Godot soir après soir, sans savoir quand il arrivera, quel jour il est, à quoi ressemble Godot et comment meubler le temps de cette attente. Il n’y a qu’un arbre comme décor, un arbre totalement inutile, sinon que les deux amis ont l’idée de se pendre pour passer un peu le temps. Seulement, ils oublient la corde. Mis à part cela, le décor est si simple qu’un des personnages s’empêtre même dedans en voulant fuir! Ce qui était plutôt comique.
S’il y a quelques situations cocasses, on n’en oublie pas l’aspect « sans but, sans avenir » qui mène Didi et Gogo. Si l’on exclu le fait qu’ils attendent un certain Godot, ils ne semblent rien faire d’autre de pertinent de leur existence.
Viennent éventuellement Pozzo et Lucky (ce dernier étant l’esclave du premier). Ces deux protagonistes sont une source de curiosité pour les deux amis, ce qui meuble leur temps d’attente. Ils seront la cause de passages plus farfelus et divertiront aussi le lecteur.
Finalement, ce qu’il y a d’intrigant quant à Didi et Gogo, c’est qu’ils ont du mal à se rappeler les choses! Ils doutent même d’être venus attendre ensemble la veille! Et ce fameux dialogue qui revient souvent entre les deux est relativement comique :
« Estragon : […] Allons-nous-en.
Vladimir : On ne peut pas.
Estragon : Pourquoi?
Vladimir : On attend Godot.
Estragon : C’est vrai. » (p.16)
Je le trouve bien représentatif de la pièce, qui ne rime pas à grand chose, au final. C’est ironique et amusant. Divertissant.

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