Un début qui laisse présager le pire…!

Cobayes, tome 6, Elliot

Par Madeleine Robitaille

*Attention : présence de mutilations, de sexualité et de sang.*

Résumé en quatrième de couverture :

Pervers? Bizarre? Asocial? Je me fous royalement de ce que le monde pense de moi. Il n’y a que moi qui compte, mon plaisir et ma liberté. Je n’ai pas d’amis et je n’en veux pas. Mon monde intérieur, ce qui s’y trouve, n’appartient qu’à moi. Personne ne sait qui je suis réellement; ça vaut mieux ainsi.
Je travaille deux ou trois jours par semaine. Je pourrais bosser à temps plein — mon patron me l’a offert —, mais ça nuirait à mon autre passe-temps, qui nécessite préparation et prudence…
Mon seul problème, c’est que j’aimerais gagner plus d’argent. J’en ai besoin pour finir mes travaux dans la pièce insonorisée. Si je veux l’utiliser, un jour… Je devrais peut-être creuser du côté de ce laboratoire, celui qui cherche des candidats pour tester un nouveau médicament. Ça paie drôlement bien! Avec tout ce fric, ma salle de jeux serait rapidement opérationnelle.

Mon appréciation :

Ouh là là! Ce tome-ci n’est pas joyeux du tout!
Dès le début, nous sommes confrontés au personnage d’Elliot, qui a déjà des habitudes assez obscures. Déjà, il ne suffit que de songer à sa pièce insonorisée, qu’il construit pour en faire une salle de torture avant même d’avoir goûté au produit d’AlphaLab. Les choses détraquent donc rapidement.
Parsemé dans le récit, le lecteur a droit à quelques retours dans le passé qui permettent de découvrir les événements qui font d’Elliot le personnage meurtrier qu’il est au début de la lecture. J’aimais beaucoup ces passages. Je trouvais très intéressant de découvrir la psychologie du protagoniste, bien que cela cache d’horribles choses.
La psychologie du personnage est d’ailleurs très intéressante. En plus d’avoir un passé complexe, l’antihéros compose des nouvelles. Par contre, ces textes ne sont pas anodins. Ils consistent en une sorte de journal où le cobaye consigne ses méfaits dans le but de pouvoir les relire et se les remémorer. C’est de cette manière qu’il éprouve du plaisir.
Cependant, j’ai moins aimé la fin du roman. Je m’attendais à quelque chose de plus spécial, de plus grandiose, étant donné la manière dont le roman a commencé (c’est-à-dire en force). Le taux d’horrifique diminue peu à peu jusqu’à la dernière page. Cela n’était pas mauvais, mais cela ne répondait pas non plus à mes attentes. Avec un tel personnage, j’aurais apprécié quelque chose de plus intense.
Dans l’ensemble, j’ai bien aimé la lecture. Le style d’écriture n’était pas mon favori, mais j’ai beaucoup aimé les idées de départ. Elliot est un assez bon roman d’horreur.

Voici la bande-annonce du roman :

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Un excellent roman pour ados!

Le suivant sur la liste (Intégrale qui comprend Le suivant sur la liste et La nuit des fugitifs)

Par Manon Fargetton

Résumé en quatrième de couverture :

Izia, Morgane, Timothée, Samuel, Nathan.
Cinq adolescents aux dons exceptionnels.
Cinq adolescents épiés, menacés, traqués.
Cinq adolescents qui doivent découvrir le secret de leurs origines s’ils veulent survivre.

Mon appréciation :

J’ai été agréablement surprise de ma lecture, que j’ai très bien appréciée. J’ai dévoré cette intégrale de deux livres de Manon Fargetton assez rapidement.
Le récit, très bien composé, est très vite accrocheur. Dès le départ, l’action s’enclenche. Nous avons tout juste le temps de découvrir quelques uns des personnages principaux que les épreuves happent les jeunes mentionnés dans le résumé du roman. J’ai beaucoup aimé ce rythme. Chacun des tomes se déroule en peu de temps et donne véritablement l’impression de suivre le déroulement des événements en temps réel, comme si l’on assistait au visionnement d’un film.
Le suivant sur la liste est également très intéressant sur le plan psychologique de ses personnages. Les romans sont narrés des points de vue des multiples actants. En tant que lecteur, nous pouvons découvrir davantage la personnalité des héros, comme des autres protagonistes qui les côtoient et qui jouent un rôle majeur dans l’histoire. La narration, bien que toujours omnisciente, permet alors l’identification aux héros parce que nous connaissons d’autant plus leurs sentiments et leurs pensées. Aucun des cinq jeunes n’est mis de côté au détriment des autres.
J’ai très apprécié l’entraide dont faisaient preuve les jeunes, qui ne s’étaient pourtant jamais vraiment parlé auparavant. En quelques instants, le besoin de s’allier était plus important que leurs différences. Un seul élément propre à leur identité les reliait et cela était suffisant pour faire du petit groupe une excellente équipe prête à affronter le monde entier (ou presque). De plus, cette entraide ne négligeait pas non plus les adultes. Souvent, les jeunes de romans se dissocient des personnages adultes pour affronter eux-mêmes les épreuves de la vie. Dans Le suivant sur la liste, la figure d’adulte est aussi montrée sous un aspect valorisant. Le lecteur peut prendre conscience que ces personnes peuvent apporter beaucoup, même si les relations avec ceux-ci ne sont pas nécessairement toujours évidentes.
Enfin, j’ai particulièrement aimé l’élément qui reliait les jeunes et tout le mystère qui y était associé. J’adorais en découvrir peu à peu davantage tout au long du récit… d’autant plus que les découvertes se font jusqu’à la toute fin. Et puis, l’idée que ce que vivent les héros de cette intégrale pourrait se produire dans un avenir plus ou moins rapproché m’a semblé assez pertinente. Les avancées technologiques et scientifiques sont souvent surprenantes, et leurs limites, comme le montre le roman, semblent indéfinissables.

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Un retour un peu particulier.

Les 5 derniers dragons, tome 11, Dracontia

Par Danielle Dumais

Résumé en quatrième de couverture :

Malphas n’est plus que l’ombre de lui-même, cherchant l’apaisement et un second souffle. Isolé et bien caché, il reprend du poil de la bête à Dorado lorsqu’il entend dire qu’Andrick, le chef des chevaliers du pentacle, recherche une pierre noire connue sous le nom de dracontia; cette pierre lui permettra possiblement de réintégrer son corps délaissé depuis plus d’un siècle dans une crypte.
Alors, une lutte à deux s’engagera afin d’acquérir cette pierre. Qui des deux mettra la main sur la dracontia, cette pierre gardée secrète et bien camouflée à Dorado?

Mon appréciation :

Quelques mois ont séparé ma lecture du dixième tome avec celui-ci. J’ai donc eu un peu de mal à me replonger dans l’histoire, étant donné les nombreux personnages et les liens qui les relient chacun entre eux. Il n’empêche que je crois que je m’en suis bien sortie, puisque j’ai très rapidement terminé ce volume.
Concernant la forme du récit, j’ai apprécié la taille des chapitres, qui était généralement assez courte. Cela me permettait de les enchaîner rapidement les uns après les autres… et je dévorais d’autant plus vite ce petit roman. De plus, et cela n’est pas nouveau, j’ai bien aimé que certains chapitres varient sur le plan des personnages suivis. Ainsi, le lecteur passe d’un passage où l’attention est centrée sur les chevaliers du pentacle à un autre où elle se concentre sur Malphas, par exemple. Cela permet d’avoir un point de vue d’ensemble sur tous les éléments qui se produisent tout au long de la lecture et ne laisse que très peu de choses se produire en hors champ. Le lecteur peut se permettre d’être à l’affût de tout!
L’histoire en soi était aussi assez bien. Alors que nos héros sont de retour sur leurs terres, il apparaît que leur aventure n’est pas encore terminée (bien entendu, il reste un tome à la série 😉 ). Il semble rester encore quelques épreuves à réaliser, et cela intrigue quant à la suite de la série.
Le petit bémol que j’ai remarqué de cet avant-dernier tome était qu’il me semblait plus facile pour les héros que plusieurs autres. J’ai trouvé que les épreuves n’étaient pas aussi ardues pour les personnages que l’on suit depuis déjà longtemps. La réussite de la mission d’Andrick réside plutôt en une bonne chance qu’en quelque chose de réellement éprouvant. L’affrontement contre Malphas, lui aussi, ne semblait pas bien complexe. Je m’attendais donc à plus de la presque-fin d’une longue aventure.
J’ai tout de même passé un agréable moment de lecture. La lecture est simple et toujours facile. Les dialogues ne sont pas vraiment plus matures, mais ils ont le mérite de divertir. J’ai bien hâte de découvrir ce que me réserve le dernier tome.

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Une lecture dans une lecture.

Sorcière, tome 11, Origines

Par Cate Tiernan

Résumé en quatrième de couverture :

Mon nom est Rose MacEwan.
Nous sommes en l’an 1682.
Ce n’est pas une bonne époque pour les sorcières.
Et encore moins pour les Wodebayne.
À présent que j’ai trouvé mon âme sœur, je me sens presque en sécurité.
Je ferai tout en mon pouvoir pour le garder.
Je plains la sorcière qui essaiera de se dresser entre moi et mon grand amour.

Mon appréciation :

Comme pour le dernier tomeOrigines est bien différent de la trame narrative habituelle. Dans ce volume, ce ne sont que le prologue et l’épilogue qui mettent en scène les personnages de Morgan et d’Hunter. Le reste ou plutôt l’entièreté du roman se déroule dans le passé, avec Rose MacEwan, une ancêtre de Morgan. Cette histoire se présente sous la forme d’une lecture d’un journal pour les personnages principaux habituels.
Je dois admettre que j’avais un peu de mal, au départ, à me plonger dans ce récit bien différent. L’époque et tous les personnages sont nouveaux. Cependant, au fil de la lecture, j’en suis venu à apprécier davantage ce que j’avais sous les yeux.
Rose est un personnage de 17 ans qui désire trouver l’amour dans une société où les clans de sorcière se haïssent de plus en plus chaque jour. Nous le savons dès le départ, Rose va pencher peu à peu vers la magye noire. Ainsi, nous sommes intrigués, tout au long du livre, de découvrir comment Rose MacEwan va développer ce pouvoir et qu’est-ce qui va l’en motiver. Son innocence et sa bonne volonté, tout au long des épreuves, m’ont semblé une excellente façon de montrer l’attrait du pouvoir généré par la magye noire. J’ai donc assez apprécié le développement du personnage.
Ce que j’ai moins aimé, c’était que Morgan et Hunter soient complètement délaissés du tome. Ceux-ci lisent le journal de Rose, et ce, de façon continue. J’aurais apprécié une ou deux interventions, probablement. En même temps, je ne sais pas non plus ce que cela aurait pu amener à l’histoire.
Ainsi, j’ai bien aimé ma lecture. Mais j’ai surtout hâte de retrouver pour de bon les véritables personnages principaux de cette série. Si Morgan découvre davantage ses origines dans ce tome, c’est la manière dont elle va gérer cet apprentissage qui m’intéresse. À suivre dans le prochain tome, j’imagine! 🙂

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Un roman du terroir qui se laisse apprécier!

Le Survenant

Par Germaine Guèvremont

Résumé en quatrième de couverture :

Le Survenant est un grand roman d’amour et de liberté. Cette œuvre, qui a été adaptée pour la télévision où elle a connu un véritable triomphe, a valu à son auteur une audience internationale. Germaine Guèvremont compte parmi les figures majeures de la littérature québécoise du XXe siècle. De génération en génération, ses lecteurs continuent de se multiplier.

Mon appréciation :

J’ai découvert Le Survenant dans le cadre d’un cours de Corpus québécois durant l’une de mes sessions à l’université. N’ayant que très peu goûté aux romans du terroir, j’étais un peu craintive quand j’ai entamé le roman. Bien vite, cependant, je me suis laissée happer par l’histoire du Survenant, un personnage dont on ne connaît ni la provenance exacte, ni les pensées les plus profondes.
Le style d’écriture de Germaine Guèvremont m’a bien plu. La lecture est riche et agréable. Les dialogues, eux, sont très vivants et mettent en évidence le parler québécois de l’époque sans être lourds. Le roman présente également quelques extraits de chansons, ce qui donne envie de les écouter par la suite.
Aux premiers abords, c’est le personnage du Survenant qui intrigue et qui passionne. L’homme est un réel mystère ambulant. Personnage aux multiples talents et sans origine, le Survenant transforme les autres protagonistes par sa simple présence au Chenal du Moine. Il n’y reste qu’un an, étant donné sa condition de nomade, mais il laisse un vent de changement à la suite de son départ. Le héros du roman de Guèvremont permet d’aller chercher beaucoup de profondeur chez les autres personnages du récit. Le lecteur découvre alors davantage l’hôte du voyageur, et sa famille, mais aussi Angélina, vieille fille qui est enfin tombée sous le charme d’un homme, toutefois inaccessible.
Le roman se lit vraiment très bien et rapidement. Il fait partie d’un diptyque avec Marie-Didace, qui met en scène un nouveau personnage d’étranger dans la famille des Beauchemin, ceux qui avaient accueilli le Survenant. Je vais probablement lire cette suite dès que j’en aurai l’occasion!

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Une déception finale.

Les 7 secrets, tome 3, 7 secrets à faire frissonner

Par Judith Bannon

Résumé en quatrième de couverture :

Laurie, qui poursuit sa brillante carrière au complexe de plein air Black Snow, n’a pas le coeur à la fête à l’approche de Noël. Non seulement Alex se montre distant et insensible à son endroit, mais elle est aussi confrontée à d’étonnantes sculptures de glace qui apparaissent quotidiennement sur la montagne.
Qui en est l’auteur, et quel message portent-elles? Habituée des énigmes obscures de la sorte, la femme d’affaires n’en a pourtant pas la moindre idée.
Majestueuses, les sculptures arrivent bientôt assorties de blocs de glace qui se veulent menaçants. Seul un message, publié chaque jour sur les réseaux sociaux et signé d’un pseudonyme, complète ces cadeaux qui font frissonner. Aucun doute, Laurie est directement visée par la manoeuvre.
Avec le soutien de ses meilleures amies et de sa famille, Laurie tentera de comprendre la signification du troublant phénomène qui la tourmente. Peut-être pourra-t-elle du même coup décoder les comportements contradictoires d’Alex… Résister au désir et à ses pulsions envers son ex sera-t-il plus facile que résoudre le mystère? Sa relation avec Alex s’en trouvera-t-elle refroidie une fois pour toutes?

Mon appréciation :

Encore un tome qui ne me fascine pas. Ayant acheté la série complète d’un seul coup, je me suis dit qu’il fallait bien que je les lise. Je n’ai pas détesté ma lecture de ce tome final, mais plusieurs éléments m’ont fait tiquer.
Tout d’abord, j’ai aimé l’idée qu’une petite enquête soit mêlée à l’histoire. Au départ, les géantes sculptures de glace étaient un peu intrigantes, mais ce sont ajoutées celles qui représentaient réellement une menace. Ces secondes sculptures, beaucoup plus petites, étaient les plus fascinantes. La conclusion de cette machination n’était pas mauvaise non plus. Par contre, celle des grandes sculptures n’était pas du tout à la hauteur. Ce mystère meuble essentiellement tout le roman, et le dévoilement du «  coupable » est décevant dans la mesure où il donne l’impression d’être faux, superficiel. Il faut dire aussi que l’identité de ce coupable devient très évidente à partir d’un certain moment du livre. La surprise n’est donc pas au rendez-vous.
Sur le plan des personnages, c’est surtout celui d’Alex qui m’a déçue. Fâché contre Laurie, mais toujours amoureux (une évidence!), il la repousse très durement. Il est froid et presque méchant envers la femme. Cette dernière, tout de même, va lui pardonner et passer par-dessus ce caractère déplaisant. Bien qu’elle soit, elle aussi, amoureuse, je me demandais vraiment comment elle pouvait pardonner si vite et si facilement à Alex. Si cela avait été de moi, je l’aurais traité en trou de cul. 😛
Le thème de la confiance revient beaucoup dans le roman, comme c’était le cas dans les autres. Sauf qu’il y a des maladresses à ce sujet. Alex demande toujours à Laurie de lui faire confiance, peu importe ce qu’il entreprend. Elle ne doit pas le questionner et doit le croire aveuglément. Par contre, le sens inverse ne fonctionne pas de la même manière. Laurie, quant à elle, doit à peu près toujours tout dire à Alex. Cela donne une supériorité que je n’aime pas au personnage d’Alex.
La lecture de ce troisième tome reste tout aussi facile que pour les autres. Les dialogues restent également la majorité du temps tous aussi faux et vides entre les proches. Ceux-ci n’ont d’ailleurs pas plus de profondeur, puisqu’ils restent essentiellement très stéréotypés. La conclusion du roman, et de la série, reste sur cette lancée. Elle laisse à désirer avec le dévoilement de l’auteur des manigances. Chaque personnage prend part à ce dévoilement comme dans une mauvaise mise en scène.
En bref, si le roman se lit facilement et qu’il permet d’intriguer un peu, son écriture reste peu recherchée et l’ensemble du récit peu travaillé.

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Une BD pleine de culture.

Fun Home

Par Alison Bechdel

Résumé en quatrième de couverture :

Une petite ville de Pennsylvanie, un salon funéraire : le Fun Home. Alison grandit dans ce cadre peu banal, entre secrets de famille et blessures cachées. Jusqu’à ce qu’elle découvre son homosexualité et en même temps celle du tyran charmant qu’est son père.
Cette plongée vertigineuse dans les non-dits d’une famille américaine est le prétexte à revisiter l’une des plus grandes révolutions du XXe siècle — celle des genres sexuels.

Mon appréciation :

Mon avis est plutôt mitigé sur cette bande-dessinée. Il s’avère que je l’ai appréciée, mais que je sens que cela n’était pas à sa juste valeur.
En premier lieu, j’ai bien aimé suivre l’histoire du personnage d’Alison par l’entremise des images. L’aspect très visuel de chacun des éléments et des moments évoqués m’a bien plu. Cela me permettait une meilleure plongée dans l’ambiance de la famille dépeinte. Allant du papier peint de la maison d’enfance au caractère particulier du père d’Alison, tout était pertinent pour permettre un bon ancrage dans le récit.
Ensuite, concernant le récit en soi, je ne l’ai trouvé ni enlevant ni mauvais. Peut-être est-ce parce que l’on m’avait dit que cette bande-dessinée était merveilleuse et que cela m’a donné trop d’attentes. Ou peut-être est-ce simplement que cela ne m’a pas enivrée, bien que j’aie tout de même apprécié ma lecture. J’étais assez curieuse pour poursuivre ma lecture, en ne l’étant en même temps pas suffisamment pour m’empêcher de la déposer quelques temps.
Je ne me suis pas non plus attachée aux personnages. Parmi les principaux, celui d’Alison ne me ressemblait en rien, et ne venait donc pas me rejoindre. Quant à celui de son père, il ne me faisait ni penser à moi ni à mon propre père. En somme, je n’avais rien pour m’accrocher véritablement aux personnages. Ils ne m’étaient cependant pas désagréables non plus. Mais je crois que j’aurais aimé pouvoir m’attacher à eux et que cela me donne davantage envie de découvrir la suite.
Enfin, j’ai bien aimé que le livre mette de l’avant un grand nombre de références de toutes sortes, mais surtout littéraire. Le seul bémol était que je n’avais lu aucune des références évoquées. 😦 J’aurais vraiment aimé les avoir lues, puisque cela aurait transformée ma lecture. Des sens et des détails qui m’ont échappé me seraient apparus.
Peut-être que je relirai Fun Home plus tard, après avoir préalablement noté les références qui y sont faites et en avoir lu une partie ou des résumés. J’ai tout de même apprécié mon expérience de lecture et je ne vous déconseille pas de lire Bechdel.

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Changement de voix!

Sorcière, tome 10, Investigateur

Par Cate Tiernan

Résumé en quatrième de couverture :

J’aime Morgan.
Elle est mon âme sœur.
Mais je dois retrouver mes parents.
À présent, je détiens des renseignements.
Des pistes qui semblent prometteuses.
J’ai l’impression de m’approcher du but.
Mais suis-je assez fort pour supporter ce que je pourrais découvrir?

Mon appréciation :

Cela fait déjà quelques mois que j’ai lu le neuvième tome de cette série. Mais je dois admettre que je n’ai eu aucune difficulté à me replonger dans l’histoire.
D’abord, Investigateur est en quelque sorte en rupture avec les tous les précédents tomes de la série. Contrairement aux neuf autres volumes, celui-ci est raconté du point de vue de Hunter, le copain de Morgan. Pour la première fois, nous avons un accès complet à l’intériorité du jeune homme (nous l’avons déjà eu par intermittences avec des extraits de son livre des ombres). C’est très intéressant de découvrir l’entièreté de ses sentiments pour celle qu’il aime, mais aussi toutes les autres pensées qui le travaillent. J’ai, ainsi, bien aimé ce changement de voix qui permettait d’approfondir le protagoniste.
De plus, le roman ne se déroule pas au même endroit qu’à l’habitude. Hunter a l’occasion de partir à la recherche de ses parents et quitte donc Window’s Vale, mais aussi les États-Unis. Coup de chance, le personnage traverse la frontière et se retrouve au Québec, dans un type d’environnement qui est donc connu du lecteur Québécois. Si les passages où des personnages ont un dialogue en français laissent à désirer, le reste du voyage est divertissant. Allant du climat aux routes tortueuses, le lecteur retrouve des petits clins d’œils amusants.
Enfin, le récit en soi du roman est aussi intéressant. La relation qu’a Hunter avec son père est très complexe. Elle est aussi très peu aisée, et nous sentons combien cela affecte le jeune homme. Outre cela, Hunter a un travail d’investigateur à faire. Ce travail, le lecteur va s’en rendre compte, a un effet particulier sur la pensée de Hunter. Il suscite chez le héros des questions qui reviendront nécessairement dans les prochains tomes.
Ce dixième tome est bien différent des autres et donne bien envie de poursuivre la série pour en découvrir la conclusion, qui approche à grands pas.

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Une bonne idée, mais une déception d’ensemble.

ADDICT

Par Jeanne Ryan

Résumé en quatrième de couverture :

ADDICT est un jeu qui diffuse sur Internet des défis filmés en direct. Vee, 17 ans, ne sait pas si elle aura le cran d’y participer. Mais les organisateurs connaissent ses désirs les plus secrets et finissent par la convaincre avec des cadeaux qu’elle ne peut refuser, et un partenaire irrésistible…
Dès qu’elle fait équipe avec le beau Ian, Vee ne peut qu’accepter le défi suivant, puis un autre, et encore un autre… D’autant que l’engouement des milliers d’Observateurs en ligne la pousse à dépasser ses limites et ses peurs.
Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain : dangereux. Mais comment décrocher quand on est devenu complètement addict?

Mon appréciation :

La bande-annonce de l’adaptation cinématographique, sous le titre Nerve, est ce qui m’a poussée à me procurer ce roman. Cependant, bien qu’elle m’ait donné envie de découvrir l’histoire de Vee, cette bande-annonce m’a menée vers deux déceptions : le livre et le film.
Tout au long de ma lecture, il me semblait qu’il manquait toujours quelque chose au roman. Soit c’était l’écriture qui était plus ou moins plaisante, soit c’était la maturité fautive des personnages, ou enfin des attentes qui n’étaient pas comblées.
J’ai trouvé le concept du jeu ADDICT plutôt intéressant. Cela exploitait à merveille la société d’aujourd’hui qui est toujours rivée à son écran et qui y dévoile sa vie par l’entremise des réseaux sociaux. Alors que le personnage de Vee se rend compte que les concepteurs d’ADDICT puisent dans ses informations personnelles diffusées sur Internet et qu’ils prennent le contrôle de son téléphone cellulaire, le lecteur peut se mettre à réfléchir à l’impact de la technologie sur la vie privée. Au fil du roman, le jeu auquel prend part Vee transgresse les lois pour forcer les participants à commettre des actes dangereux. Le lecteur peut alors s’interroger sur ce qui est raisonnable ou non.
Outre l’intéressant concept du jeu, le roman ADDICT n’est guère extraordinaire. Les défis sont davantage psychologiques que physiques et ne donnent pas toujours l’impression d’être très demandant. Je n’en voyais pas toujours l’intérêt. Tout particulièrement pour le dernier, qui durait beaucoup trop longtemps à mon goût et qui ne donnait aucune matière pertinente pour la réflexion ou la suite des événements.
La conclusion du roman laisse également à désirer. Un lien se fait avec le prologue, mais laisse des zones d’ombres. Le prologue renvoie à la fin du livre, mais seulement en partie, puisqu’il présente un moment que l’on ne revoit aucunement et qui n’est pas expliqué. Cela me paraissait étrange de ne pas avoir la conclusion de cette introduction au roman, qui laissait d’ailleurs un léger suspense. Mis à part cela, la dernière épreuve ne me semble pas à la hauteur, tout comme la résolution, qui est mi-facile mi-difficile. Si Vee éprouve des difficultés à retrouver le monde réel, elle s’en tire pourtant sans aucun dommage (ce qui est un peu étonnant sachant qu’ADDICT possédait une mine d’information sur l’adolescente).
Le film, quant à lui, est plus demandant sur le plan des défis. Sa finale, quant à elle, est plus riche en émotions. Cependant, elle montre une résolution très facile contre le système de jeu.
Cela fait donc de mon avis quelque chose de très mitigé qui tend un peu plus vers le moins bon. J’ai lu le roman par curiosité, mais je n’ai pas pu en apprécier l’intégralité. Il n’empêche que j’ai aimé le fait que les événements pourraient se dérouler dans un avenir très rapproché. L’idée était très bien pensée.

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Un commissaire à étudier.

Pietr le Letton

Par Georges Simenon

Résumé en quatrième de couverture :

Le commissaire Maigret, de la 1re Brigade mobile, leva la tête, eut l’impression que le ronflement du poêle de fonte planté au milieu de son bureau et relié au plafond par un gros tuyau noir faiblissait. Il repoussa le télégramme, se leva pesamment, régla la clef et jeta trois pelletées de charbon dans le foyer. Après quoi, debout, le dos au feu, il bourra une pipe, tirailla son faux col, qui, quoique très bas, le gênait.
Il regarda sa montre, qui marquait quatre heures. Son veston pendait à un crochet planté derrière la porte. Il évolua lentement vers son bureau, relut le télégramme et traduisit à mi-voix : « Commission internationale de Police criminelle à Sûreté générale, Paris : Police Cracovie signale passage et départ pour Brême de Pietr le Letton. »

Mon appréciation :

Pietr le Letton est un roman policier comme je n’en avais pas encore lu. Bien que mes connaissances du genre se développent continuellement, je continue de découvrir du nouveau (le personnage de Maigret est un classique, mais je ne le connaissais que de nom).
L’enquête du commissaire Maigret n’apparaît pas comme un simple meurtre, mais semble réellement complexe. Les éléments de départ sont peu nombreux et flous. En tant que lecteur, on n’en découvre plus seulement au fur et à mesure que l’enquête du commissaire avance. Nous sommes donc dans l’attente de la suite, ce qui nous garde accrochés à la lecture. Qui plus est, Pietr le Letton est un assez petit livre avec une enquête qui avance à bon rythme. Ainsi, tous les éléments sont combinés pour en faire une lecture rapide et juste assez divertissante.
La manière dont le commissaire mène son enquête est intéressante. Il n’hésite pas du tout à se mettre en danger pour arriver à ses fins. Comme de fait, le tout n’est pas sans danger, et Maigret se fait blesser. Cela enlève l’idée que nous pouvons avoir d’un détective qui se situe au-dessus de tous les autres et à qui tout réussit aisément.
Dans l’ensemble, j’ai assez apprécié ma lecture. C’est même un peu tentant de lire les autres enquêtes du personnage de Simenon après avoir découvert celle-ci.
Et, petit fait amusant que j’ai appris : c’est le personnage de Maigret qui a donné la figure du détective à la pipe tel qu’on le voit dans les clichés.

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