Du mélange de voix à la douceur de l’amitié

Whispering — Les voix du silence, tome 1

Par Yoko Fujitani

Résumé en quatrième de couverture :

Kôji est aujourd’hui un lycéen ordinaire. Mais lorsqu’il était enfant, il avait une capacité unique : celle d’entendre les pensées de tout ce qui l’entoure. Les objets, les plantes, les animaux… Mais aussi et surtout celles de ses proches. Très vite, ce don s’est en réalité révélé être une malédiction ostracisante. Ses parents eux-mêmes commençaient à craindre leur enfant, qui pouvait sans le vouloir connaître leurs pensées les plus intimes.
À l’adolescence, Kôji a perdu ce pouvoir, et il réussit désormais tant bien que mal à s’intégrer au lycée. Mais un jour, il croise la route d’un petit garçon qui, comme lui autrefois, possède ce « don ». D’abord réticent et indifférent, voire effrayé, il va finalement se prendre de sympathie pour lui et décider de l’aider. Au même moment, ses pouvoirs se réveillent à nouveau en lui…

Mon avis :

En librairie, c’est d’abord la couverture de ce manga qui a capté mon œil. Les couleurs pastels comme des promesses de douceur, le titre comme un murmure agréable. Simplement en regardant la couverture, on discerne l’une des tonalités principales du manga. Inévitablement, des moments agréables et doux ne pouvaient que se produire durant la lecture.
Au départ, lorsque l’on fait la connaissance du personnage de Kôji, j’admets que c’est un peu déstabilisant. Outre sa rencontre plus ou moins concluante avec le petit garçon, le jeune homme est présenté comme une personne qui ne pense, à peu de choses près, qu’aux filles. C’est un premier portrait que je n’ai pas particulièrement apprécié. Heureusement, les choses changent plutôt rapidement.
Kôji décide de discuter avec le jeune garçon qu’il croise et qui se trouve avoir le don qu’il avait lorsqu’il était lui-même enfant. La relation entre les deux garçons est, sincèrement, très mignonne. Ils apprennent à se connaître, et Kôji découvre que l’enfance du jeune garçon ne se déroule pas tout à fait de la même manière que lui, même s’il y a des similitudes.
L’histoire en tant que telle n’est pas si mal. J’ai bien apprécié, mais je n’en ai pas raffolé non plus. En même temps, un premier tome est si vite terminé que cela en prend réellement un deuxième pour se faire une meilleure idée.
Enfin, le seul réel bémol que je donnerais à ce livre concerne les dialogues. Parfois, il n’était pas aisé de suivre les bulles et de savoir qui parlait exactement. On finit en général par se replacer, se retrouver, mais cela reste quand même déstabilisant. J’espère que ce sera moins présent dans la suite, parce que je crois bien que je vais l’acheter bientôt. 😛

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Poétique douleur vers l’amour et la force

Robe et abrupt rocheuxRobe et abrupt rocheux
Par Sylvie Gendron

Texte en quatrième de couverture :

Une femme avance vers la déchirure. Son corps comme une écorce d’arbre accepte la nudité de la douleur; la traverse et la transcende. Tel est le recueil de Sylvie Gendron. Une traversée du miroir qui demande le courage d’affronter l’innommable par le biais des métaphores. La chair rejoint la terre. Et la terre reprend vie. À l’écoute de la création. Une femme assiste à sa propre renaissance.
Nadine Ltaif

Mon avis :

Alors que j’étais au cégep, il y a quelques années, j’ai eu une enseignante de création du nom de Sylvie Gendron. Il s’avère que durant la session passée à ses côtés, cette femme a publié un recueil de poèmes. À ce moment-là, je suis allée au lancement et j’ai eu l’occasion de me faire lire chacun de ces poèmes de la bouche de son auteure même. Aujourd’hui, c’était à moi de me plonger dans ces textes et de découvrir, pour la seconde fois, l’univers de Sylvie Gendron.

Les vaillantes directions se lèvent et font trembler ton corps. Tes terres et tes eaux n’y résisteront pas. Toutes accompagneront avec espérance l’ascension de ta robe. Même le sang soufflera sur elle comme le vent. Les mouvements et l’énergie des feuillages résineux imiteront dans tes veines la parole persistante qui t’enjoint de t’élever. Refuse de geindre. Guéris.
p. 20

Les poèmes présentent une femme qui mène un combat pour la vie alors que la maladie la frappe pas une, mais trois fois. Elle doit se faire forte et suivre son désir de vivre, de reconnecter avec l’amour et la nature.

Ta robe ancienne revient lentement vers toi, recousant le miroir miraculeux, abolissant le hasard du malheur. Elle ne t’a pas oubliée. Elle avance comme le soleil se lève. Ne te désespère pas de la pitié qui la secoue de sanglots. Comprends-la à ton tour. Comme toi, elle avait perdu pour la troisième fois le chemin de ton corps. Elle te baisera bientôt les pieds. Ne la jette pas aux orties. Accueille-la. Enfonce-toi en elle. Redonne-lui la force de te porter.
p. 27

La femme des poèmes est amoureusement aidée de son compagnon de vie. Celui-ci, à travers les métaphores des textes, tisse courage et amour pour elle. Elle n’est pas seule dans ses épreuves, même si c’est elle qui les subit physiquement.

Les caresses du langage effacent mes cicatrices, me rendant à mon corps par-delà ma nudité. Je grimpe à nouveau à l’arbre de la connaissance, déchirant dans mon ascension des pans entiers de ma robe. Je décrypte, sous les blessures de cet arbre, le déploiement musculeux de mon désir. Ma langue est une sève pour l’écorce meurtrie. Naît alors dans l’air raréfié des hauteurs un poème narrant la liaison presque oubliée d’un fruit et d’une femme.
p. 41

J’ai apprécié ma lecture, que j’ai faite en ayant mon ancienne enseignante en tête. Le recueil est court et se lit très rapidement. Toutefois, c’est lorsque l’on en fait une relecture que nous mesurons davantage l’étendue de ce que les mots évoquent réellement. Bien vite, quelques poèmes se sont imposés à moi. Ces poèmes que j’ai préférés, vous pouvez les lire ici. 😉

Au matin, mes plaies ne suintent plus, les sueurs de sang ont cessé. L’homme aimé veut encore de moi dans la tourbe et la lumière. Son amour réenchante le monde. La féminité est en liesse. Les dryades des grands pins ont échancré le corsage des fûts pour apercevoir nos deux corps terrestres jetés à leurs pieds dans la gratitude.
p. 49

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Dans une autre époque

Une tempête

Par Aimé Césaire

Résumé en quatrième de couverture :

Un navire sombre dans les eaux furieuses d’une tempête infernale. Depuis l’île où il a été exilé à la suite d’un funeste complot, le duc et magicien Prospero contemple le naufrage… et voit débarquer ses ennemis d’autrefois. La vengeance est proche! Mais son esclave Caliban se révolte, et rien ne sera plus comme avant…
Adaptant pour un théâtre nègre La Tempête de Shakespeare, Césaire démystifie le merveilleux pour mieux faire surgir le chant de la liberté.

Mon appréciation :

Je n’aurais probablement jamais lu ce livre si on ne me l’avait pas mis entre les mains dans le cadre d’un cours. Aimé Césaire reprend à sa façon la pièce de théâtre de Shakespeare. Je n’ai pas lu cette dernière, et je crois que cela aurait davantage été souhaitable de l’avoir lu pour bien apprécier ce livre-ci. Je n’ai pas détesté, non. Toutefois, je sentais bien qu’il manquait quelque chose à ma lecture.
J’ai apprécié me plonger dans l’ambiance du texte, avec son aspect culturel très fort. Je sentais bien l’idée de l’esclavage. C’était déplaisant, mais cela signifie que c’était bien construit pour représenter l’époque et son traitement des humains.
Sur l’île où se déroule l’action de la pièce, une ambiance de révolte se fait sentir entre les différents personnages. Les notions de pouvoir et de race s’ont fortement présentes. Au milieu de cette ambiance, ce qui m’a intéressée, c’étaient les personnages de Caliban et d’Ariel. Les deux sont très différents et gèrent les événements chacun à leur façon. Si la révolte et la force guident le premier, le second préfère agir calmement, posément et par les paroles.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture. Ce n’est pas un genre que je lis régulièrement, mais c’était une expérience agréable.

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Lire dans le noir : 13 raisons, un livre sur la banalisation de la violence

13 raisons

Par Jay Asher

Résumé en quatrième de couverture :

« J’espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l’histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s’est arrêtée. Et si vous êtes en train d’écouter ces cassettes, c’est que vous êtes l’une de ces raisons. »
En entendant ces mots, Clay Jensen croit à une erreur, il n’a rien à voir dans la mort d’Hannah Baker. D’abord choqué, il erre dans la ville endormie, suspendu à la voix de son amie. Et ce qu’il va découvrir va changer sa vie à jamais.

Mon avis :

J’ai énormément entendu parler de 13 raisons avant de l’acheter. La première saison de la série télé était à peine commencée que beaucoup de gens discutaient de cette histoire autour de moi. Puis, je suis tombée récemment sur le livre à un prix réduit. Je me suis dit que je pourrais plonger dans ce récit dont tout le monde en disait tant de bien. C’est ce que j’ai fait. Et c’est probablement à cause de tout ce qui a été dit sur le livre et la série télé que mes attentes étaient élevées et n’ont pas toutes été comblées.
J’ai apprécié ma lecture, ça, je ne peux le nier. Mais je m’attendais à être véritablement scotchée au livre, ce qui n’a pas été le cas. Oui, j’étais curieuse de découvrir la suite, mais je n’en avais pas soif.
Ce que je voulais, surtout, c’était comprendre pourquoi le narrateur, Clay, se retrouvait sur les cassettes d’Hannah. Il apparaît comme un garçon extrêmement bien. Qu’a-t-il à voir avec un suicide? Et c’est surtout ce qui m’a déçue. J’aurais aimé sentir une importance plus grande de ce personnage chez Hannah. Leur relation est plutôt basée sur des manques, des non-dits et des non-actions. C’est intéressant, jusqu’à un certain point. Mais comme nous savons d’emblée qu’Hannah est morte au début du livre, cela devenait, pour ma part, un peu décevant.
Autrement, j’ai apprécié l’idée de raconter et de présenter toutes sortes d’actions et de paroles qui ont mené une adolescente à perdre la vie. Cela rapproche la lecture de la réalité et met en lumière tous les petits riens qui grossissent et, par un effet boule de neige, poussent une personne à commettre l’irréparable. La sensibilisation est réussie.
Enfin, je crois que j’apprécierais davantage la série que le roman. Peut-être vais-je faire le pas lorsque j’en aurai l’occasion. 🙂

Voici la bande-annonce de la série :

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Fin ouverte sur l’avenir

A silent voice, tome 7

Par Yoshitoki Oima

Résumé en quatrième de couverture :

En se ruant au secours de Shoko, Shoya parvient à sauver la vie de la jeune fille. Hélas, il fait une chute de plusieurs mètres et se retrouve dans le coma, gravement blessé au bassin et à l’épaule. Commence alors pour ses proches une attente insupportable…
Sous le choc, chacun réagit à sa manière au drame qui se joue : tristesse, colère, violence ou résignation déchirent le petit groupe. Déterminée à renouer les liens brisés, Shoko décide alors de tout faire pour convaincre les autres de reprendre le tournage du film…

Mon avis :

Et voilà! J’ai terminé le dernier tome de la série! J’ai pris beaucoup de plaisir à enchaîner les sept tomes de A silent voice. Je crois bien que j’aurais aimé que ma lecture se poursuive, puisque, si j’ai aimé ce dernier tome, ce ne fut pas mon favori.
J’ai trouvé très intéressant de « voir » le résultat du film que tournaient les compagnons de Shoya. Cela faisait quelques tomes que nous en entendions parler. J’ai trouvé agréable de connaître le produit fini, ce qui n’est pas toujours le cas (j’ai lu quelques livres où des jeunes créaient, mais où nous n’avions pas accès au résultat). Par contre, j’étais attristée en découvrant les commentaires que le film a récolté auprès du jury. Les étudiants avaient beau avoir mentionné que les membres du comité étaient des grands noms plutôt sévères, je n’étais pas prête à une telle critique. Je vous laisse lire la scène. Pour ma part, j’espère ne pas me retrouver dans une situation pareille où l’on me critiquerait durement sans connaître et reconnaître mes motivations et mes efforts.
Le manga fait ensuite un saut dans le temps pour amener les étudiants à une cérémonie. Les jeunes se retrouvent après avoir commencé leurs études supérieures. C’était intéressant de savoir quels champs d’études les personnages avaient suivi. Sauf que le récit, depuis le premier tome, ne se concentrait pas beaucoup sur cet élément. Ainsi, j’ai apprécié ce moment, mais sans plus. Parce que ce qui retenait mon intérêt durant la série, c’était les relations entre les protagonistes.
Enfin, le tome se termine sur une fin ouverte. J’aime l’idée de pouvoir imaginer la suite par moi-même, mais j’avoue que j’aurais apprécié rester avec Shoya et Shoko les prochaines minutes, puisque le tome se termine alors qu’ils sont face à une porte… et une prochaine étape sans doute un peu éprouvante. Disons que j’aurais apprécié continuer le récit encore un instant à leurs côtés. Ce moment donne l’impression que les jeunes vont faire face à leur passé pour la dernière fois, ce qui reste donc encourageant pour la suite (suite que nous ne pouvons qu’imaginer).
Dans l’ensemble, j’ai passé un agréable moment. J’ai trouvé la conclusion de la série intéressante, mais j’aurais aimé avoir un peu plus de contenu. Je n’étais pas tout à fait satisfaite, surtout parce que j’avais particulièrement aimé le sixième tome. Il n’empêche que c’était une belle expérience de lecture avec des thématiques plutôt fortes.

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Des émotions qui propulsent vers la conclusion

A silent voice, tome 6

Par Yoshitoki Oima

Résumé en quatrième de couverture :

Rattrapé par son passé après une conversation avec Satoshi, Shoya voit son pire cauchemar se réaliser : ses nouveaux amis sont maintenant au courant de ce qu’il a fait en primaire, et la situation dégénère…
Même si son monde s’est écroulé, l’adolescent essaie de faire comme si tout allait bien, mais Shoko n’est pas dupe. Persuadée que tout est de sa faute, la jeune fille tente de mettre fin à ses jours en se jetant dans le vide sous les yeux de Shoya!

Mon avis :

Cet avant-dernier tome de la série commence avec un rappel des derniers événements du tome précédent, le saut de Shoko et le moment où Shoya l’a rattrapée. Sauf que ce qui arrive, finalement, c’est que Shoya fait une chute et se retrouve dans le coma. Ainsi, tout au long du livre, le garçon est absent. Pendant ce temps, en tant que lecteur, nous assistons aux réactions émotionnelles de chacun des personnages.
J’ai pris beaucoup d’intérêt à découvrir ces réactions. Certaines me déplaisaient, dans le sens où elles faisaient du mal et que ce n’était pas nécessairement agréable d’être spectatrice de ces moments. En même temps, je n’aurais pas enlevé ces scènes, puisqu’elles collent aux personnages et que cela fait ressortir leur personnalité.
Mais c’est surtout Shoko qui m’intéressait. Après tout, sa tentative de suicide a mené un garçon cher à elle dans une situation à la fois triste et fâcheuse. Comment réagit-on à ce genre de suite d’événements? Shoko apparaît plutôt changée, mais aussi dévastée. Afin de tenter de faire bouger les choses, elle encourage tout le monde à continuer le film. Sauf que lorsqu’elle est seule et que nous avons accès à son visage et à ses souvenirs, il apparaît que la malentendante souffre beaucoup. Et les choses ne sont pas plus aisées pour ses proches.
Ainsi, encore une fois, Yoshitoki Oima présente un tome très fort en émotions. À un cheveu de la conclusion de la série, l’attachement aux personnages de Shoko et de Shoya est très grand. Je me demande comment cette aventure va se terminer.
Je m’y mets à l’instant!

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De mieux en mieux!

A silent voice, tome 5

Par Yoshitoki Oima

Résumé en quatrième de couverture :

Shoya se retrouve embarqué dans une sortie au parc d’attractions, qu’il commence à apprécier malgré la présence de Miki et de Naoka. Mais les choses dérapent lorsqu’il reconnaît Kazuki, son ancien ami s’enfance, à l’un des stands…
Quelques jours plus tard, un triste événement vient frapper les Nishimiya : le décès de la grand-mère de Shoko, véritable pilier de la famille. Alors que tout le monde tente de remonter le moral à Yuzuru, celle-ci décide d’aider sa sœur à faire sa déclaration. De son côté, Shoya accepter de participer au tournage du film de Tomohiro… à condition que la jeune malentendante fasse partie de l’aventure!

Mon avis :

Pour le moment, je dois dire que ce cinquième tome de la série est mon préféré. Je me suis complètement plongée dans le récit et je n’ai pu décroché avant d’avoir terminé le livre… un peu émotive. Parce que ce tome est clairement venu me chercher.
La première partie du manga est centrée sur le film de Tomohiro et sur les membres de l’équipe qui y participent. On assiste là à un travail d’équipe classique où tout le monde veut donner son idée pour faire ce à quoi ils aspirent individuellement. Ça dérape un peu, c’est certain. Personnellement, je n’ai pas toujours apprécié faire des travaux scolaires en équipe, entre autres pour cette raison. 😛
Tomohiro désire tourner une scène dans une école. Et c’est là que ça commence réellement à barder. Parce que le passé de Shoya ne peut rester caché éternellement. Et le fait de devoir retourner dans son ancienne école ramène les émotions et les vérités sur la table. Depuis le début de la série, le lecteur apprend à connaître Shoya. Alors que ses amis découvrent son passé, on se prend de sympathie pour le garçon. Même s’il a été méchant, le lecteur, lui, sait qu’il travaille fort pour changer.
Je ne veux pas trop en dévoiler, même si mon enthousiasme me donnerait envie de tout dire… alors disons simplement qu’à partir de ce moment où les vérités sont sorties du passé, les émotions vont de façon exponentielle nous guider vers les dernières pages du livre. Et là, il faut retenir son souffle. Jusqu’à ce que l’on lise la suite.
J’ai sincèrement apprécié ma lecture de ce cinquième tome de A silent voice. Il ne m’en reste plus que deux à lire, et je sens que je vais bien apprécier. Si le reste de la série est à la hauteur de ce volume, ce sera excellent.

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De l’horreur qui rassasie

Agonies

Par Jonathan Reynolds, Ariane Gélinas et Pierre-Luc Lafrance

Résumés en quatrième de couverture :

SAM
À 17 ans, Samantha découvre qu’elle partage son corps avec Bob, un tueur sanguinaire affamé de chair humaine. Son seul désir : en finir avant que Bob ne la force à dévorer sa famille et ses amis.
AMARANTE
Navire en perpétuel mouvement, l’Amarante accueille à son bord des êtres tourmentés. Vient le tour de Charles qui a tout perdu après le suicide de son amoureuse. Sur ce bateau où se mêlent l’art, l’érotisme et la cruauté, il s’éprend de Lysane, une artiste qui lui rappelle sa compagne défunte. Mais, sur l’Amarante, ceux qui ont le malheur de s’attacher à quelqu’un sont sévèrement punis.
BAPTÊME DE SANG
L’inspecteur Boisclair abat un suspect en plein interrogatoire. Questionné après le meurtre, il raconte son histoire sans demander qu’on le croie, puisque lui-même n’ose pas y croire. Comment peut-on démembrer un homme à mains nues, parler dans la tête des gens et, surtout, manger vivante sa victime sans qu’elle se débatte?

Mon avis :

Cela fait un bon moment, je l’admets, que je voulais lire ce livre. Au moment où je voulais me l’acheter, le format papier était épuisé. Puis, il y a quelques mois, il y a eu une réimpression. Ainsi, à l’automne dernier, j’ai enfin pu l’ajouter à ma bibliothèque. Cela m’a pris du temps avant de le lire, c’est vrai. Mais il faut dire que ma pile à lire est immense. Étant donné que je tente de relever les défis proposés par Les libraires, cet été est devenu le moment parfait pour enfin me plonger dans l’univers de trois auteurs, dont deux que je découvrais.
J’ai lu les textes dans l’ordre, parce que je suis une personne méthodique qui ne peut s’empêcher d’absolument commencer un livre par ses premières pages. N’empêche, j’avoue que cela m’a bien servi ici. J’ai été déstabilisée par l’horreur des deux premiers récits… et j’ai terminé ma lecture avec le plus long et le moins sanglant (c’est relatif) des trois. J’ai donc réussi à maintenir mon repas dans mon estomac!
J’ai aimé le premier texte, Sam, dans la mesure où il plonge très rapidement le lecteur dans une ambiance horrifiante. Nous avons accès aux pensées et aux sentiments de Sam, une adolescente qui vit l’horreur. Lorsque le récit commence, la maison de la jeune fille pue déjà la mort. Son ancienne chambre est qualifiée de garde-manger. Tout cela parce qu’un homme prend possession de son corps comme bon lui semble pour calmer son appétit morbide. Sincèrement, c’est dégueulasse. Et c’est pour cela que c’est une bonne histoire d’horreur. Toutefois, j’admets que j’en aurais pris plus. J’aurais fait durer le plaisir en commençant un peu plus dans le passé de Sam. J’avais envie de découvrir son histoire avec bien plus que des analepses.
Le second texte est à mon avis le plus désagréable. De façon positive. La vie sur le bateau sur lequel est embarqué Charles n’est pas rose, mais rouge sang. Les scènes, bien décrites, ne me donnaient aucunement envie de grignoter durant ma lecture. Si le récit nous laisse après un court passage sur l’embarcation, il est facile d’affirmer que les atrocités qui ont lieu sur le bateau continueront de se perpétrer longtemps.
Enfin, le troisième texte m’a bien plu dans la mesure où il est plus modéré (il faut dire que je n’ai pas encore lu beaucoup de romans d’horreur, donc je suis encore un peu sensible là-dessus). L’horreur n’est pas moins sanglant, mais l’angle de l’enquête que prend le récit permet de garder un certain recul. Nous avons à faire à un meurtrier très particulier, il va sans dire. Toutefois, le genre, qui se rapproche du policier, permet de souhaiter que le méchant sera arrêté. L’espoir que l’horreur puisse ne pas être éternel rassure.
Dans l’ensemble, j’ai donc passé un agréable moment, bien qu’un peu dégueulasse. Je n’ai pas fait de cauchemar, mais je crois quand même que je vais attendre un peu avant de plonger dans un autre livre d’horreur. Haha! 😛

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Des plumes et du mystère

L’homme gribouillé

Par Serge Lehman et Frederik Peeters

Résumé en quatrième de couverture :

C’est l’histoire d’une vieille dame qui écrit des contes pour enfants terrifiants, d’une mère qui ne peut pas parler et de sa fille qui ne peut pas s’en empêcher, d’un chat de mauvaise humeur, d’un collectionneur de merveilles avec six doigts à chaque main, d’un oiseau fossile géant, d’un faussaire hanté par les noms qu’il a créés et d’un secret vieux comme le monde.

Mon avis :

Cette bande-dessinée m’a fait de l’œil en librairie dès sa sortie. Son prix élevé me retenait cependant d’en faire un achat impulsif. Puis, l’envie m’a prise de lire une volumineuse et intéressante bande-dessinée. Je suis donc passée à la caisse… et je n’ai pas attendu longtemps avant d’ouvrir le livre et de m’y plonger.
J’ai rapidement pris goût aux illustrations, non colorées mais très fortes en même temps. Visuellement, l’effet est intéressant. Le noir et blanc des cases permet de plonger dans une ambiance bien sentie, où les mystères pullulent et où le danger rôde. À cela s’ajoute la forme même des cases, qui change selon les émotions ressenties par les personnages. Plus la peur est présente, plus les cases sont difformes et s’entremêlent.
Le récit est plutôt complexe, mais c’est en cela qu’il attire et intrigue. Alors qu’une grand-mère fait un AVC, un étrange personnage vient lui rendre visite et tombe sur sa petite fille. Maud étant indisponible, l’homme-oiseau s’adresse à la jeune Clara et, d’un air menaçant, lui ordonne de lui donner le paquet qu’il recherche lors d’un prochain rendez-vous. C’est cette histoire qui enclenche une quête pour Clara et sa mère, une quête qui les plonge dans le passé de Maud. Les héroïnes rencontrent de nombreux mystères, dont certains s’éclaircissent au fil de la lecture. Le lecteur se retrouve dans une véritable ambiance d’enquête, où la menace de l’étrange homme-oiseau se fait bien sentir et où des vérités doivent être découvertes. Le récit ne révèle pas tout, mais l’ambiance est assurément bien dosée et songée.
Lorsque nous déposons la bande-dessinée, une fois la lecture terminée, il ne peut rester qu’un sentiment de contentement mêlé à de la frustration. Le danger est écarté, du moins pour un temps. C’est heureux. Néanmoins, certains mystères ne sont pas éclaircis, certaines vérités ne sont pas dites… Il reste un certain nombre de blancs à combler. C’est un peu fâchant, il est vrai. En même temps, j’ai aussi trouvé cela bien pensé. En effet, le fameux secret dont il est question en quatrième de couverture concerne la famille des héroïnes. Ainsi, comme le lecteur n’en fait assurément pas partie, il ne peut être mis dans la confidence totale. Du moins, c’est ainsi que je l’interprète. Et cela me console un peu de ne pas pouvoir tout savoir et tout comprendre. 😉

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Un quatrième tome émotif!

A silent voice, tome 4

Par Yoshitoki Oima

Résumé en quatrième de couverture :

Si les retrouvailles de Shoko et de Miyoko se passent à merveille, au grand soulagement de Shoya, les choses sont loin d’être aussi simples quand il tombe sur Naoka en pleine rue… Alors qu’il la ramène chez elle, l’adolescente repère la jeune malentendante dans une boutique, et le premier contact se révèle plutôt explosif!
Mais pour le lycéen aussi, les choses évoluent : sans s’en rendre compte, il se constitue peu à peu un petit cercle d’amis. Hélas, lorsque la timide Shoko tente de lui déclarer sa flamme à haute voix, c’est l’échec total…

Mon avis :

J’ai particulièrement apprécié ce quatrième tome du manga A silent voice. Dans celui-ci, il est question d’amour, de peine et d’amitié. Trois thématiques qui peuvent être développées à l’infini. Ici, le tout est fait dans une extrême douceur, un peu comme si l’on découvrait pour la première fois tous les sentiments qui peuvent être liés de près ou de loin à ces thèmes.
D’abord, il y a la tentative ratée de Shoko d’exprimer ses sentiments pour Shoya. Le malentendu relève d’une erreur de compréhension. Dans le cas du manga, cette erreur existe parce que Shoko est sourde et a du mal à parler avec les bonnes prononciations. Mais l’erreur peut aussi se transposer dans le quotidien de toute personne. Comment s’exprimer devant quelqu’un qui nous plaît? Comment le lui faire comprendre sans bafouiller? Cela prend un certain courage. Ce courage, la jeune Shoko l’a eu une fois. Étant donné l’échec de cette première tentative, l’adolescente devra retrouver ce courage et retenter le coup. Avec de l’aide, bien entendu. 😉
Ensuite vient la peine. Parce qu’il est impossible d’aimer des gens, amis ou proches, sans goûter à des sentiments moins heureux. On entre à ce moment dans le cocon familial de Shoko et de sa petite sœur, avec leur mère et leur grand-mère. On découvre pourquoi la mère des deux filles s’est retrouvée à les élever sans figure masculine. Le récit raconte et explique l’attitude de chacun des personnages féminins en lien avec ce parcours de vie qui n’a pas été désiré au premier abord. C’est touchant.
Enfin, vient la thématique de l’amitié, celle qui prend place dans la majeure partie de ce quatrième tome. Et j’ai adoré cela. Shoya se découvre peu à peu des amis. S’il n’ose les accepter dès le départ, il ne peut que découvrir combien avoir des amis avec lesquels s’amuser fait du bien. Même si ça n’est pas toujours facile d’entretenir des amitiés! La sortie des jeunes dans un parc d’attraction m’a donnée envie de faire pareil, d’inviter un petit groupe et de sortir nous amuser. Je peux donc dire que c’était presque autant agréable pour moi que pour le héros de la série.
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé un excellent moment de lecture. L’air de rien, c’est une série qui amène à réfléchir sur la manière dont on perçoit chacun notre vie et nos choix. J’ai bien hâte de poursuivre ma lecture.

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