Première courte expérience

Éloge du génie créateur de la société civile

Par Pierre Rabhi

Résumé en quatrième de couverture :

Dans ce texte, Pierre Rabhi expose les motivations profondes qui l’ont poussé, lui et ses proches collaborateurs, à lancer une campagne parallèle lors des élections présidentielles et législatives de 2012 en France. Cette décision ne relevait pas d’un acte de politique politicienne; bien au contraire, elle devait permettre à tous ceux qui œuvraient concrètement pour un changement bénéfique de la société d’être enfin entendus.
Dans des domaines aussi variés que l’éducation, l’énergie, l’agriculture, l’économie ou l’aménagement du territoire, des hommes et des femmes trouvent des solutions pour faire face, chacun à son échelle, aux différents défis de notre temps. Peu à peu, à condition d’être suffisamment connues et relayées, ces initiatives créatrices sont capables d’inspirer à la gouvernance politique des options et des décisions résolument novatrices.
Ainsi, tous, chaque jour, dans chacun de nos choix les plus quotidiens, nous sommes les meilleurs candidats à la construction d’une société respectueuse des êtres humains et de la nature.

Mon avis :

Je ne m’intéresse pas à la politique. Depuis toujours.
Mais avec le défi de l’été des Libraires, j’ai fait une exception et me suis « intéressée » à la politique. Comme je travaille en librairie, j’ai l’occasion de fouiner parmi la pile de livres que nous offrons lors de promotions (à l’achat de deux livres d’un éditeur, un troisième parmi une sélection est gratuit). Comme je n’aime pas la politique, je cherchais un tout petit livre qui ne ferait pas de mal à mon budget. J’ai trouvé celui-ci, bien qu’un peu vieux maintenant, qui traînait parmi les primes qui n’ont pas trouvé leur famille d’adoption.
Je ne connais pas Pierre Rabhi. J’ai donc appris, en cinquante pages, ce qu’il faisait grosso modo dans la vie. C’était, je l’admets, tout de même intéressant (peut-être est-ce parce que je me soucie de l’environnement). J’aimais tout particulièrement que ce petit bouquin mentionne les succès qu’a eu Pierre Rabhi dans ses projets écologies et éducatifs. La lecture du livre montre donc qu’il est possible d’agir pour le bien de la planète, peu importe l’échelle sur laquelle nous influons.
Toutefois, comme le livre est riquiqui (critère personnel de goût oblige), le lecteur qui ne connaît pas Pierre Rabhi et qui n’a pas lu ses autres ouvrages (moi, en l’occurrence), est un peu déstabilisé et perdu. Les projets sont à peine survolés ou décrits, de sorte que les succès prennent un peu moins d’ampleur. Par exemple, l’auteur mentionne une technique agricole écologique qu’il met à exécution sur sa propre terre. Sauf qu’il ne la résume pas. Je n’ai donc pas su en quoi elle consistait (même si des liens internet sont disséminés ici et là pour le lecteur intrigué, j’admets que je n’ai pas osé faire la recherche).
Au final, par contre, j’ai survécu à ma lecture et j’ai eu envie de réfléchir aux gestes que je pouvais poser par chez moi pour aider notre planète.

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Entre découvertes et envies

Solaris, n° 207

L’anthologie permanente des littératures de l’imaginaire

Prix Solaris 2018 : Luc Dagenais, « La déferlante des Mères »
Avec des fictions de : Mariane Cayer, Derek Künsken, Michèle Laframboise, Patrick Loranger, Clémence Meunier et Hugues Morin

Petite présentation de la revue :

Solaris est une revue québécoise qui publie des fictions de science-fiction et de fantastique en français. Disponible dans toute la francophonie, elle présente des textes d’auteurs connus comme de débutants. S’ajoutent à ces fictions des essais et de nombreuses critiques de romans.

Mon avis sur ce 207ième numéro :

Je dois avouer que le numéro commence véritablement en force avec le texte de Luc Dagenais, gagnant du prix Solaris de cette année. Par la suite suivent trois fictions qui ont également remporté des prix. L’expérience de ces trois lectures est vraiment intéressante, dans la mesure où elles ont toutes un point commun qui était leur sujet imposé. J’ai trouvé très intéressant de voir comment ces trois auteurs avaient imaginé des univers complètement différents à partir d’un même élément. Enfin, si les autres textes m’ont un peu moins captivée, j’ai pris plaisir à terminer la revue avec ma section chouchou (vous comprendrez éventuellement pourquoi 😉 ).
« La déferlante des Mères » est un texte de science-fiction vraiment fort qui met de l’avant des mères combattantes. Elles prennent d’assaut les villes qui ne veulent pas entrer dans leurs rangs bien particuliers. Elles sont fortes, elles sont des guerrières et elles sont toutes des « monstres de Frankenstein » aux ventres gonflés et bien ronds. Le fait d’être enceintes est considéré comme une source de leur puissance. Le récit suit essentiellement un seul personnage féminin et m’a sérieusement donné envie d’en lire davantage.
Viennent ensuite les textes de Mariane Cayer et de Clémence Meunier, tous deux lauréats du Prix d’écriture sur place dans la catégorie auteurs montants. J’ai préféré le premier, qui me mettait dans la peau d’une créature dont je ne connaissais pas tout à fait la nature avant d’arriver aux dernières lignes du texte. Ces deux récits de deux pages sont fort agréables à lire. Toutefois, celui qui ne peut que capter l’attention est celui de Hugues Morin, lauréat du même prix dans la catégorie auteurs pros. Le personnage de la nouvelle discute avec le Google Home, dont nous avons tant vu les publicités à la télévision dans les derniers mois. Le texte, « Frill, l’avatar au long museau », est très divertissant.
Je vais maintenant passer par-dessus les fictions qui ont moins retenu mon attention pour aller directement aux critiques à la fin de la revue (ma section chouchou). Si certains avis m’ont dissuadé de lire quelques livres, d’autres m’ont donné envie de faire des découvertes. Les titres qui me semblent les plus intéressants sont les suivants : Brins d’éternité 50, collectif; Les dossiers Thémis tomes 1 et 2, Sylvain Neuvel; Celui qui dénombrait les hommes, China Miéville; Dictionnaire Frankenstein, Claude Aziza; Boréal, Sonja Delzongle. Avez-vous lu ou entendu parler de ces titres?
Enfin, si vous ne connaissez pas la revue Solaris, je vous invite à essayer un numéro et, si ça se trouve, à l’adopter! 😀

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Du divertissement qui porte à la réflexion

Vingt-trois prostituées

Par Chester Brown

Résumé du rabat :

Au terme de sa rupture avec Sook-Yin Lee, Chester Brown décide qu’il ne veut plus de petite amie. Trois ans d’abstinence plus tard, il décide de sauter le pas et de fréquenter les prostituées.
Ce livre évoque chacune des vingt-trois filles (vingt-quatre en réalité) avec lesquelles l’auteur a entretenu des relations sexuelles tarifées entre 1999 et 2010. Souvent drôle, toujours lucide, ce journal de bord d’un micheton offre un tableau saisissant de la prostitution contemporaine, que le talent de son auteur exempte de tout voyeurisme ou sensationnalisme.
S’il ne montre jamais le visage de ses partenaires, et préserve leur anonymat, Chester Brown s’efforce de rendre aussi fidèlement que possible et leurs corps et leurs conversations. Il décrit le métier de la prostitution et les relations entre les filles et leur client avec une honnêteté et un recul dignes d’éloge.
Dessinant crûment mais sans misérabilisme les matelas à même le sol et les préservatifs, il alterne les scènes les plus prosaïques, qui posent la question du pourboire ou de la véracité des photos sur les sites d’escort-girls, avec des séquences où il confronte ses vues à celles de ses amis et confrères, Seth et Joe Matt. Le trait est à l’unisson du récit : sec, sobre et ironique.
Livre sans apprêts, refusant les artifices et déjouant les pièges de l’autobiographie et du narcissisme, Vingt-trois prostituées, véritable plaidoyer pour la libéralisation et la reconnaissance de la prostitution, révèle en creux la détresse affective et l’hypocrisie des sociétés modernes.

Mon avis :

C’est d’abord pour un cours universitaire que je me suis procuré cette bande-dessinée. Finalement, je n’en ai pas eu besoin. Puis, avec le défis des Libraires, je me suis dit que c’était une bonne occasion pour la lire.
J’ai bien apprécié ma lecture, pas tant pour ce que le livre raconte que pour les questions et les problématiques qu’il soulève. Comme l’indique le résumé ci-haut, le bédéiste n’use pas de fioritures pour raconter son expérience avec les prostituées. Oui, les femmes ont des belles courbes. Mais l’accent du dessin n’est aucunement mis sur leurs corps et leur sexualité. En fait, à titre d’exemple, on voit davantage en gros plan le membre de Chester Brown que l’anatomie de ses fréquentations.
Ainsi, tout au long de la bande-dessinée, la femme n’apparaît pas comme un objet. Même si les premières femmes que Chester Brown rencontre sont dans la vingtaine, le récit montre que l’homme considère ces femmes comme bien plus que de simples corps désirables. La personnalité de chacune des prostituées est aussi importante. Le client a des discussions de toutes sortes avec ces vingt-trois (ou vingt-quatre) femmes.
Mais la BD ne s’arrête pas là. Chester Brown illustre quelques discussions profondes qu’il a avec ses amis sur les conditions des prostituées. Ils réfléchissent et débattent et mènent le lecteur à réfléchir lui-même à ce qu’il pense de tous les points évoqués. Je dois admettre que mon opinion sur la prostitution n’a jamais été aussi peu arrêtée. Tantôt j’étais d’accord avec ce qui était dit, tantôt je ne l’étais pas. Mais pour avoir réfléchi sur la question, ça oui! j’ai réfléchi.
Une fois la lecture des cases terminée, il reste encore quelques pages au livre. Ces pages contiennent des appendices et des notes à la fois sur les prostituées, sur la manière dont Chester a vécu son expérience, mais aussi sur les débats qui sont toujours autant d’actualité. Par exemple, Chester Brown mentionne ses raisons qui expliquent pourquoi il pense que la prostitution devrait être décriminalisée et en quoi ce n’est pas nécessairement plus mal que d’avoir des relations d’un soir non tarifées ou d’être en couple. Il amène également un exemple d’un endroit où la prostitution est réglementée… mais spécifie pourquoi ce n’est pas fait de la bonne manière. En gros, si les planches de la bande-dessinée font réfléchir, les quelques pages à la fin du livre poussent encore davantage la réflexion.
Pour ma part, j’ai passé un agréable moment. Comme je l’ai déjà mentionné, je me suis beaucoup interrogée durant ma lecture. Au final, c’est le côté réflexif de l’ouvrage qui m’a réellement plu. Ce fut une belle expérience de lecture.

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À la découverte des années 80!

Player one

Par Ernest Cline

Résumé en quatrième de couverture :

2044. La Terre est à l’agonie.
Comme la majeure partie de l’humanité, Wade, 17 ans, passe son temps dans l’OASIS — un univers virtuel où chacun peut vivre et être ce qui lui chante.
Mais lorsque le fondateur de l’OASIS meurt sans héritier, une formidable chasse au trésor est lancée : celui qui découvrira les trois clefs cachées dans l’OASIS par son créateur remportera 250 milliards de dollars!
Multinationales et geeks s’affrontent alors dans une quête épique, dont l’avenir du monde est l’enjeu. Que le meilleur gagne…

Mon avis :

Il y a quelques années, avant même que la réalisation de l’adaptation cinématographique soit annoncée, ce livre me faisait déjà envie en librairie. Avec le film de sorti, maintenant, je ne pouvais que me dépêcher à lire le roman avant de visionner son adaptation. Aujourd’hui, c’est fait. Il ne me reste plus qu’à trouver l’occasion pour regarder le long métrage. 😉
J’ai bien apprécié ma lecture. En fait, cela n’a pas pris de temps que j’étais plongée dans l’univers. La narration nous met en complicité avec Wade, qui narre l’histoire, et nous nous sentons aussitôt en confiance. Je n’avais aucun mal à me replonger dans ma lecture lorsque je devais l’interrompre.
J’ai beaucoup aimé les références aux années 80 qu’il était possible de relever à tout moment du livre. Je ne les reconnaissais pas toutes, mais lorsque c’était le cas, c’était agréable. Il n’empêche que le roman s’adresse idéalement à un lecteur qui a grandi dans ces années. Pour ce genre de lecteur, lire Player one, ce serait de replonger dans son enfance.
Côté trame narrative, disons que c’était plutôt bien. Je prenais un grand plaisir à suivre la compétition du créateur de l’OASIS. Lorsque Wade explorait la réalité virtuelle, je pouvais très bien visualiser tous les éléments, un peu comme si j’avais accès, sur un écran, à ce qu’il voyait et faisait.
Toutefois, il y a quelques longueurs. J’étais captivée par la Chasse. Mais lorsque Wade stagnait dans sa compréhension des énigmes, je perdais un peu l’intérêt de la lecture. Mais pas trop, n’empêche. Et c’était dans ces moments que l’on retrouvait le plus de références aux années 80. Donc c’était loin d’être inintéressant pour autant. Il y avait simplement moins d’action, moins de rythme.
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé un excellent moment de lecture. Le livre se lit facilement et donne très envie de lire, de visionner des films, d’écouter de la musique et de jouer à des jeux vidéos. Au fond, j’aurais presque pris une liste des références à la fin du livre pour pouvoir découvrir celles qui ont capté mon intérêt! 😀

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Du mélange de voix à la douceur de l’amitié

Whispering — Les voix du silence, tome 1

Par Yoko Fujitani

Résumé en quatrième de couverture :

Kôji est aujourd’hui un lycéen ordinaire. Mais lorsqu’il était enfant, il avait une capacité unique : celle d’entendre les pensées de tout ce qui l’entoure. Les objets, les plantes, les animaux… Mais aussi et surtout celles de ses proches. Très vite, ce don s’est en réalité révélé être une malédiction ostracisante. Ses parents eux-mêmes commençaient à craindre leur enfant, qui pouvait sans le vouloir connaître leurs pensées les plus intimes.
À l’adolescence, Kôji a perdu ce pouvoir, et il réussit désormais tant bien que mal à s’intégrer au lycée. Mais un jour, il croise la route d’un petit garçon qui, comme lui autrefois, possède ce « don ». D’abord réticent et indifférent, voire effrayé, il va finalement se prendre de sympathie pour lui et décider de l’aider. Au même moment, ses pouvoirs se réveillent à nouveau en lui…

Mon avis :

En librairie, c’est d’abord la couverture de ce manga qui a capté mon œil. Les couleurs pastels comme des promesses de douceur, le titre comme un murmure agréable. Simplement en regardant la couverture, on discerne l’une des tonalités principales du manga. Inévitablement, des moments agréables et doux ne pouvaient que se produire durant la lecture.
Au départ, lorsque l’on fait la connaissance du personnage de Kôji, j’admets que c’est un peu déstabilisant. Outre sa rencontre plus ou moins concluante avec le petit garçon, le jeune homme est présenté comme une personne qui ne pense, à peu de choses près, qu’aux filles. C’est un premier portrait que je n’ai pas particulièrement apprécié. Heureusement, les choses changent plutôt rapidement.
Kôji décide de discuter avec le jeune garçon qu’il croise et qui se trouve avoir le don qu’il avait lorsqu’il était lui-même enfant. La relation entre les deux garçons est, sincèrement, très mignonne. Ils apprennent à se connaître, et Kôji découvre que l’enfance du jeune garçon ne se déroule pas tout à fait de la même manière que lui, même s’il y a des similitudes.
L’histoire en tant que telle n’est pas si mal. J’ai bien apprécié, mais je n’en ai pas raffolé non plus. En même temps, un premier tome est si vite terminé que cela en prend réellement un deuxième pour se faire une meilleure idée.
Enfin, le seul réel bémol que je donnerais à ce livre concerne les dialogues. Parfois, il n’était pas aisé de suivre les bulles et de savoir qui parlait exactement. On finit en général par se replacer, se retrouver, mais cela reste quand même déstabilisant. J’espère que ce sera moins présent dans la suite, parce que je crois bien que je vais l’acheter bientôt. 😛

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Poétique douleur vers l’amour et la force

Robe et abrupt rocheuxRobe et abrupt rocheux
Par Sylvie Gendron

Texte en quatrième de couverture :

Une femme avance vers la déchirure. Son corps comme une écorce d’arbre accepte la nudité de la douleur; la traverse et la transcende. Tel est le recueil de Sylvie Gendron. Une traversée du miroir qui demande le courage d’affronter l’innommable par le biais des métaphores. La chair rejoint la terre. Et la terre reprend vie. À l’écoute de la création. Une femme assiste à sa propre renaissance.
Nadine Ltaif

Mon avis :

Alors que j’étais au cégep, il y a quelques années, j’ai eu une enseignante de création du nom de Sylvie Gendron. Il s’avère que durant la session passée à ses côtés, cette femme a publié un recueil de poèmes. À ce moment-là, je suis allée au lancement et j’ai eu l’occasion de me faire lire chacun de ces poèmes de la bouche de son auteure même. Aujourd’hui, c’était à moi de me plonger dans ces textes et de découvrir, pour la seconde fois, l’univers de Sylvie Gendron.

Les vaillantes directions se lèvent et font trembler ton corps. Tes terres et tes eaux n’y résisteront pas. Toutes accompagneront avec espérance l’ascension de ta robe. Même le sang soufflera sur elle comme le vent. Les mouvements et l’énergie des feuillages résineux imiteront dans tes veines la parole persistante qui t’enjoint de t’élever. Refuse de geindre. Guéris.
p. 20

Les poèmes présentent une femme qui mène un combat pour la vie alors que la maladie la frappe pas une, mais trois fois. Elle doit se faire forte et suivre son désir de vivre, de reconnecter avec l’amour et la nature.

Ta robe ancienne revient lentement vers toi, recousant le miroir miraculeux, abolissant le hasard du malheur. Elle ne t’a pas oubliée. Elle avance comme le soleil se lève. Ne te désespère pas de la pitié qui la secoue de sanglots. Comprends-la à ton tour. Comme toi, elle avait perdu pour la troisième fois le chemin de ton corps. Elle te baisera bientôt les pieds. Ne la jette pas aux orties. Accueille-la. Enfonce-toi en elle. Redonne-lui la force de te porter.
p. 27

La femme des poèmes est amoureusement aidée de son compagnon de vie. Celui-ci, à travers les métaphores des textes, tisse courage et amour pour elle. Elle n’est pas seule dans ses épreuves, même si c’est elle qui les subit physiquement.

Les caresses du langage effacent mes cicatrices, me rendant à mon corps par-delà ma nudité. Je grimpe à nouveau à l’arbre de la connaissance, déchirant dans mon ascension des pans entiers de ma robe. Je décrypte, sous les blessures de cet arbre, le déploiement musculeux de mon désir. Ma langue est une sève pour l’écorce meurtrie. Naît alors dans l’air raréfié des hauteurs un poème narrant la liaison presque oubliée d’un fruit et d’une femme.
p. 41

J’ai apprécié ma lecture, que j’ai faite en ayant mon ancienne enseignante en tête. Le recueil est court et se lit très rapidement. Toutefois, c’est lorsque l’on en fait une relecture que nous mesurons davantage l’étendue de ce que les mots évoquent réellement. Bien vite, quelques poèmes se sont imposés à moi. Ces poèmes que j’ai préférés, vous pouvez les lire ici. 😉

Au matin, mes plaies ne suintent plus, les sueurs de sang ont cessé. L’homme aimé veut encore de moi dans la tourbe et la lumière. Son amour réenchante le monde. La féminité est en liesse. Les dryades des grands pins ont échancré le corsage des fûts pour apercevoir nos deux corps terrestres jetés à leurs pieds dans la gratitude.
p. 49

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Dans une autre époque

Une tempête

Par Aimé Césaire

Résumé en quatrième de couverture :

Un navire sombre dans les eaux furieuses d’une tempête infernale. Depuis l’île où il a été exilé à la suite d’un funeste complot, le duc et magicien Prospero contemple le naufrage… et voit débarquer ses ennemis d’autrefois. La vengeance est proche! Mais son esclave Caliban se révolte, et rien ne sera plus comme avant…
Adaptant pour un théâtre nègre La Tempête de Shakespeare, Césaire démystifie le merveilleux pour mieux faire surgir le chant de la liberté.

Mon appréciation :

Je n’aurais probablement jamais lu ce livre si on ne me l’avait pas mis entre les mains dans le cadre d’un cours. Aimé Césaire reprend à sa façon la pièce de théâtre de Shakespeare. Je n’ai pas lu cette dernière, et je crois que cela aurait davantage été souhaitable de l’avoir lu pour bien apprécier ce livre-ci. Je n’ai pas détesté, non. Toutefois, je sentais bien qu’il manquait quelque chose à ma lecture.
J’ai apprécié me plonger dans l’ambiance du texte, avec son aspect culturel très fort. Je sentais bien l’idée de l’esclavage. C’était déplaisant, mais cela signifie que c’était bien construit pour représenter l’époque et son traitement des humains.
Sur l’île où se déroule l’action de la pièce, une ambiance de révolte se fait sentir entre les différents personnages. Les notions de pouvoir et de race s’ont fortement présentes. Au milieu de cette ambiance, ce qui m’a intéressée, c’étaient les personnages de Caliban et d’Ariel. Les deux sont très différents et gèrent les événements chacun à leur façon. Si la révolte et la force guident le premier, le second préfère agir calmement, posément et par les paroles.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture. Ce n’est pas un genre que je lis régulièrement, mais c’était une expérience agréable.

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Lire dans le noir : 13 raisons, un livre sur la banalisation de la violence

13 raisons

Par Jay Asher

Résumé en quatrième de couverture :

« J’espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l’histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s’est arrêtée. Et si vous êtes en train d’écouter ces cassettes, c’est que vous êtes l’une de ces raisons. »
En entendant ces mots, Clay Jensen croit à une erreur, il n’a rien à voir dans la mort d’Hannah Baker. D’abord choqué, il erre dans la ville endormie, suspendu à la voix de son amie. Et ce qu’il va découvrir va changer sa vie à jamais.

Mon avis :

J’ai énormément entendu parler de 13 raisons avant de l’acheter. La première saison de la série télé était à peine commencée que beaucoup de gens discutaient de cette histoire autour de moi. Puis, je suis tombée récemment sur le livre à un prix réduit. Je me suis dit que je pourrais plonger dans ce récit dont tout le monde en disait tant de bien. C’est ce que j’ai fait. Et c’est probablement à cause de tout ce qui a été dit sur le livre et la série télé que mes attentes étaient élevées et n’ont pas toutes été comblées.
J’ai apprécié ma lecture, ça, je ne peux le nier. Mais je m’attendais à être véritablement scotchée au livre, ce qui n’a pas été le cas. Oui, j’étais curieuse de découvrir la suite, mais je n’en avais pas soif.
Ce que je voulais, surtout, c’était comprendre pourquoi le narrateur, Clay, se retrouvait sur les cassettes d’Hannah. Il apparaît comme un garçon extrêmement bien. Qu’a-t-il à voir avec un suicide? Et c’est surtout ce qui m’a déçue. J’aurais aimé sentir une importance plus grande de ce personnage chez Hannah. Leur relation est plutôt basée sur des manques, des non-dits et des non-actions. C’est intéressant, jusqu’à un certain point. Mais comme nous savons d’emblée qu’Hannah est morte au début du livre, cela devenait, pour ma part, un peu décevant.
Autrement, j’ai apprécié l’idée de raconter et de présenter toutes sortes d’actions et de paroles qui ont mené une adolescente à perdre la vie. Cela rapproche la lecture de la réalité et met en lumière tous les petits riens qui grossissent et, par un effet boule de neige, poussent une personne à commettre l’irréparable. La sensibilisation est réussie.
Enfin, je crois que j’apprécierais davantage la série que le roman. Peut-être vais-je faire le pas lorsque j’en aurai l’occasion. 🙂

Voici la bande-annonce de la série :

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Fin ouverte sur l’avenir

A silent voice, tome 7

Par Yoshitoki Oima

Résumé en quatrième de couverture :

En se ruant au secours de Shoko, Shoya parvient à sauver la vie de la jeune fille. Hélas, il fait une chute de plusieurs mètres et se retrouve dans le coma, gravement blessé au bassin et à l’épaule. Commence alors pour ses proches une attente insupportable…
Sous le choc, chacun réagit à sa manière au drame qui se joue : tristesse, colère, violence ou résignation déchirent le petit groupe. Déterminée à renouer les liens brisés, Shoko décide alors de tout faire pour convaincre les autres de reprendre le tournage du film…

Mon avis :

Et voilà! J’ai terminé le dernier tome de la série! J’ai pris beaucoup de plaisir à enchaîner les sept tomes de A silent voice. Je crois bien que j’aurais aimé que ma lecture se poursuive, puisque, si j’ai aimé ce dernier tome, ce ne fut pas mon favori.
J’ai trouvé très intéressant de « voir » le résultat du film que tournaient les compagnons de Shoya. Cela faisait quelques tomes que nous en entendions parler. J’ai trouvé agréable de connaître le produit fini, ce qui n’est pas toujours le cas (j’ai lu quelques livres où des jeunes créaient, mais où nous n’avions pas accès au résultat). Par contre, j’étais attristée en découvrant les commentaires que le film a récolté auprès du jury. Les étudiants avaient beau avoir mentionné que les membres du comité étaient des grands noms plutôt sévères, je n’étais pas prête à une telle critique. Je vous laisse lire la scène. Pour ma part, j’espère ne pas me retrouver dans une situation pareille où l’on me critiquerait durement sans connaître et reconnaître mes motivations et mes efforts.
Le manga fait ensuite un saut dans le temps pour amener les étudiants à une cérémonie. Les jeunes se retrouvent après avoir commencé leurs études supérieures. C’était intéressant de savoir quels champs d’études les personnages avaient suivi. Sauf que le récit, depuis le premier tome, ne se concentrait pas beaucoup sur cet élément. Ainsi, j’ai apprécié ce moment, mais sans plus. Parce que ce qui retenait mon intérêt durant la série, c’était les relations entre les protagonistes.
Enfin, le tome se termine sur une fin ouverte. J’aime l’idée de pouvoir imaginer la suite par moi-même, mais j’avoue que j’aurais apprécié rester avec Shoya et Shoko les prochaines minutes, puisque le tome se termine alors qu’ils sont face à une porte… et une prochaine étape sans doute un peu éprouvante. Disons que j’aurais apprécié continuer le récit encore un instant à leurs côtés. Ce moment donne l’impression que les jeunes vont faire face à leur passé pour la dernière fois, ce qui reste donc encourageant pour la suite (suite que nous ne pouvons qu’imaginer).
Dans l’ensemble, j’ai passé un agréable moment. J’ai trouvé la conclusion de la série intéressante, mais j’aurais aimé avoir un peu plus de contenu. Je n’étais pas tout à fait satisfaite, surtout parce que j’avais particulièrement aimé le sixième tome. Il n’empêche que c’était une belle expérience de lecture avec des thématiques plutôt fortes.

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Des émotions qui propulsent vers la conclusion

A silent voice, tome 6

Par Yoshitoki Oima

Résumé en quatrième de couverture :

Rattrapé par son passé après une conversation avec Satoshi, Shoya voit son pire cauchemar se réaliser : ses nouveaux amis sont maintenant au courant de ce qu’il a fait en primaire, et la situation dégénère…
Même si son monde s’est écroulé, l’adolescent essaie de faire comme si tout allait bien, mais Shoko n’est pas dupe. Persuadée que tout est de sa faute, la jeune fille tente de mettre fin à ses jours en se jetant dans le vide sous les yeux de Shoya!

Mon avis :

Cet avant-dernier tome de la série commence avec un rappel des derniers événements du tome précédent, le saut de Shoko et le moment où Shoya l’a rattrapée. Sauf que ce qui arrive, finalement, c’est que Shoya fait une chute et se retrouve dans le coma. Ainsi, tout au long du livre, le garçon est absent. Pendant ce temps, en tant que lecteur, nous assistons aux réactions émotionnelles de chacun des personnages.
J’ai pris beaucoup d’intérêt à découvrir ces réactions. Certaines me déplaisaient, dans le sens où elles faisaient du mal et que ce n’était pas nécessairement agréable d’être spectatrice de ces moments. En même temps, je n’aurais pas enlevé ces scènes, puisqu’elles collent aux personnages et que cela fait ressortir leur personnalité.
Mais c’est surtout Shoko qui m’intéressait. Après tout, sa tentative de suicide a mené un garçon cher à elle dans une situation à la fois triste et fâcheuse. Comment réagit-on à ce genre de suite d’événements? Shoko apparaît plutôt changée, mais aussi dévastée. Afin de tenter de faire bouger les choses, elle encourage tout le monde à continuer le film. Sauf que lorsqu’elle est seule et que nous avons accès à son visage et à ses souvenirs, il apparaît que la malentendante souffre beaucoup. Et les choses ne sont pas plus aisées pour ses proches.
Ainsi, encore une fois, Yoshitoki Oima présente un tome très fort en émotions. À un cheveu de la conclusion de la série, l’attachement aux personnages de Shoko et de Shoya est très grand. Je me demande comment cette aventure va se terminer.
Je m’y mets à l’instant!

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