Une excellente BD sur la littérature!

En cuisine avec Kafka

Par Tom Gauld

Résumé en quatrième de couverture :

En quatrième de couverture de la bande-dessinée, nous n’avons aucun résumé, aucun texte. En fait, il n’y a qu’une seule image, probablement révélatrice de la bibliothèque personnelle de nombreux lecteurs. La voici :

En cuisine avec Kafka - Extrait 2

 

 

 

 

 

 

Mon avis :

Cette bande dessinée m’a fait de l’œil un bon moment. Je ne m’étais pas résignée à me l’acheter encore. Toutefois, je l’ai finalement eue en cadeau, et j’en étais bien contente. Mais encore, j’ai attendu quelques mois avant de la lire. Pourquoi? Parce que ce sont tous des petits gags qui se lisent très rapidement et que je voulais faire durer le plaisir. J’ai fini par flancher.
J’ai bien apprécié ma lecture, ça c’est sûr. J’adore la littérature, et j’ai fait mes études dans le domaine. J’étais donc bien équipée pour passer un agréable moment avec cette bande dessinée qui parle, critique, pense et rit de la littérature.
Dans En cuisine avec Kafka, le bédéiste met de l’avant la littérature classique et la science-fiction. Une bonne connaissance des classiques de la littérature permet de faciliter la compréhension des gags. Tantôt, c’est Jane Eyre qui est évoqué, tantôt ce sont d’autres textes maintes fois repris. Se mêlent à cela de nombreuses cases abordant la technologie et le futur : mises en scène avec les tablettes électroniques, personnifications de robots, etc. Aussi, les planches évoquent le milieu littéraire, tout particulièrement avec l’auteur et son écriture, les schémas narratifs et actantiels, ainsi que les adaptations des œuvres.
L’un des gags, très simple, fait dialoguer un livre à lire pour l’école avec un étudiant. Nous n’avons accès qu’aux paroles du livre qui, au fil des cases, a du mal à se rendre compte que l’étudiant ne le lira jamais. Et cela se juxtapose à nombre de nos connaissances qui, à l’école, préféraient se contenter du film ou de la page Wikipédia de l’œuvre à l’étude. 😉
J’admets avoir vraiment apprécié ma lecture. Mais j’avoue aussi n’avoir pas compris 100% des planches. 😛 Cela n’a toutefois pas diminué mon plaisir. Au contraire, j’ai bien envie de lire les textes qui semblent manquer à ma culture. Pour le reste, je me suis régalée. Nombreuses sont les pages que j’avais envie de montrer à quelqu’un afin de partager un sourire.
En cuisine avec Kafka est une bande dessinée à lire pour les amoureux des mots et du milieu littéraire.

 

 

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Une pièce qui se lit en un clin-d’œil

Combat de nègre et de chiens

Par Bernard-Marie Koltès

Résumé en quatrième de couverture :

« Combat de nègre et de chiens ne parle pas, en tout cas, de l’Afrique et des Noirs — je ne suis pas un auteur africain —, elle ne raconte ni le néocolonialisme ni la question raciale. Elle n’émet certainement aucun avis.
Elle parle simplement d’un lieu du monde. On rencontre parfois des lieux qui sont des sortes de métaphores, de la vie ou d’un aspect de la vie, ou de quelque chose qui me paraît grave et évident, comme chez Conrad par exemple les rivières qui remontent dans la jungle… J’avais été pendant un mois en Afrique sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors; et, à l’intérieur, une dizaine de Blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l’extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour. C’était peu de temps après la guerre du Biafra, et des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s’endormir, s’appelaient avec des bruits très bizarres qu’ils faisaient avec la gorge… Et ça tournait tout le temps. C’est ça qui m’avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes. Et à l’intérieur de ce cercle se déroulaient des drames petits-bourgeois comme il pourrait s’en dérouler dans le seizième arrondissement : le chef de chantier qui couchait avec la femme du contremaître, des choses comme ça…
Ma pièce parle peut-être un peu de la France et des Blancs : une chose venue de loin, déplacée, devient parfois plus déchiffrable. Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. J’ai cru — et je crois encore — que raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l’Afrique, le territoire d’inquiétude et de solitude qu’il délimite, c’était un sujet qui avait son importance. »
Bernard-Marie Koltès

Mon avis :

J’ai bien aimé lire cette pièce de théâtre. D’ailleurs, je n’avais pas tant l’impression de lire du théâtre, puisque j’ai dévoré le livre comme si c’était un roman. D’autant plus que le livre est très peu volumineux, de sorte qu’il se termine très rapidement.
Les personnages de la pièce sont assez intéressants. On prend plaisir à les découvrir à travers leurs comportements. Nous ne faisons qu’une petite entrée dans leur vie, mais c’est suffisant pour se faire une idée. Ensemble, ils dressent un bon portrait de l’humain.
Comme le mentionne la quatrième de couverture, la trame sonore du récit est très présente. On la sent dans les didascalies. Il n’empêche que j’aurais vraiment aimé l’entendre afin d’être davantage dans l’ambiance. J’avais beau imaginer tous ces cris des gardiens, je les oubliais parfois, et cela enlevait au récit. À ces moments, il me semblait donc qu’il manquait quelque chose à la pièce.
Enfin, j’ai tout particulièrement apprécié la vivacité des propos des protagonistes et la qualité de leurs échanges. C’est ce qui me captivait et me faisait lire la suite. Je désirais savoir qu’elle serait la prochaine réplique… et ainsi de suite. Car, après tout, lire une pièce de théâtre, c’est lire un enchaînement de répliques. 😉

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On ne dit pas non à un petit extra!

Carl Rocheleau

Image tirée du blogue de l’auteur

Il y a plus d’un an, j’ai appris que Carl Rocheleau, l’auteur de Benoit, dans la série Cobayes, avait décidé d’écrire quelques chapitres sur ce qu’il advient du personnage de Mini une fois la lecture de Benoit terminée. J’avais enregistré le site dans mes favoris en prévision du moment où j’aurais terminé de lire la série complète. Et je l’ai oublié. 😛 Jusqu’à maintenant!

J’ai eu beaucoup de plaisir à replonger dans l’univers de la série, d’autant plus que Benoit était l’un de mes tomes préférés. Les chapitres sont courts et accrochent l’intérêt facilement. J’ai bien aimé renouer avec Mini le temps des cinq chapitres, et ce, même si le personnage n’est pas des plus… sages.
Pour ceux qui ont lu mon avis sur le chapitre final, vous vous douterez donc que j’ai davantage apprécié ces chapitres hors-série plutôt que l’autre texte, qui s’éloignait trop des « héros » de la série de romans. Ici, bien que du temps se soit écoulé, un lien important est resté en place.
Je ne vous en dévoile toutefois pas plus afin de vous garder des surprises. Pour ceux qui ont aimé la série et, tout particulièrement, le roman de Car Rocheleau, je vous invite à foncer de ce pas sur son blogue personnel lire ce petit extra! 😉

Pour lire les chapitres :

Chapitre 1
Chapitre 2
Chapitre 3
Chapitre 4
Chapitre 5

 

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Perdue dans l’Histoire

La grimace

Par Heinrich Böll

Résumé en quatrième de couverture :

Hans est un clown qui a perdu le sourire. Son heure de gloire passée, ce jeune vagabond traîne sa mélancolie et ses révoltes dans l’Allemagne aseptisée d’Adenauer. La religion? Elle l’exaspère, sous toutes ses formes. Les anciens collabos et leurs œuvres de charité? Idem. L’amour? Marie, son unique passion, l’a quitté. Désabusé et solitaire, Hans trouvera-t-il sa place dans ce monde qu’il méprise?

Mon avis :

La grimage a été une lecture un peu particulière pour moi. Je n’avais jamais lu de romans d’Heinrich Böll avant, et je n’étais pas (et ne le suis pas trop encore) familière avec la période de l’Allemagne divisée. J’ai appris quelques différences entre l’Allemagne de l’Est et celle de l’Ouest. Toutefois, ça n’était pas suffisant pour que je puisse adéquatement me fondre dans l’ambiance du récit. Ce fut donc l’une des difficultés que j’ai rencontrées durant ma lecture et qui a fait en sorte que je n’ai pas pu pleinement apprécier ma lecture. Les personnages sont forgés par les différences entre les deux Allemagnes, ce qui, puisque je ne m’y connais pas assez, rendait plus ardu de plonger dans l’ambiance du roman.
C’était pareil sur le plan du catholicisme. La religion était très présente dans le livre. À cause de cela, je sais que j’en ai perdu des bouts. Ce que j’avais du mal à suivre, je ne le retenais pas véritablement. Ma lecture a donc malheureusement été trouée. Pourtant, avoir maîtrisé les informations relatives à l’époque de l’Allemagne divisée et de sa religion, j’aurais sans aucun doute davantage apprécié ma lecture.
Le temps du récit est très court, mais il est agrémenté de nombreuses analepses. Au final, nous n’avons été que très peu de temps avec le personnage d’Hans, un peu comme si son présent n’était pas pertinent, contrairement à son passé, qui l’a défini. La finale, malgré cela, est intéressante. Si elle met fin à ce récit d’une courte temporalité, elle fait remonter tout le passé du personnage principal pour justifier ce qu’il est devenu et ce qu’il va faire de son temps à venir. C’est relativement simple, tout en amenant une réflexion sur l’existence du protagoniste.
Dans l’ensemble, je n’ai pas été soufflée par ma lecture. Je ne l’ai pas non plus détestée, mais j’étais bien conscience qu’il me manquait de connaissances pour pouvoir l’apprécier.

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De l’humour avec un fond de vérité!

Les adultes n’existent pas

Par Sarah Andersen

Résumé en quatrième de couverture :

Vous débordez d’ambition?
Votre vie sociale est d’une richesse inouïe?
Les responsabilités ne vous font pas peur et devenir adulte représente un défi exaltant?
ALLEZ-VOUS-EN.
Ce livre s’adresse à ceux qui passent leur week-end à glander sur Internet, à ceux qui la journée rêvent de rentrer chez eux pour enfiler leur pyjama. Autrement dit, tous ceux qui se demandent : quand c’est exactement qu’on devient adulte?

Mon avis :

J’ai découvert les dessins de Sarah Andersen sur les réseaux sociaux. Ce sont particulièrement ceux avec la thématique des livres qui me plaisaient et captaient mon attention. Puis, quand j’ai vu qu’une bande-dessinée était parue et qu’elle regroupait plusieurs petites planches, il me la fallait.
J’ai lu la bande-dessinée en très peu de temps. Il faut dire qu’il n’y a que très peu de cases par page. Ainsi, les gags s’enfilent à bonne vitesse.
Les dessins sont plutôt simples, ce qui fait que l’intérêt du livre ne s’y retrouve pas. En fait, c’est la narration qui importe beaucoup. Et c’est cette narration qui rejoint personnellement les lecteurs. Parce que Sarah Andersen met de l’avant de nombreux petits scénarios du quotidien qui peuvent arriver à bon nombre de jeunes adultes (début vingtaine) et de jeunes femmes (c’est un personnage féminin qui se retrouve au cœur des histoires). Les gags se veulent auto-dérisoires, mais cela n’empêche pas qu’ils cachent des vérités.
Après tout, quand devenons-nous réellement des adultes?
C’est la question principale du recueil. Et c’est probablement aussi pourquoi j’ai été happée par ma lecture. Comme le personnage de la BD, je préférerais passer mon temps à lire plutôt que de sortir et d’avoir des conversations avec des gens qui ne m’intéressent pas. Comme elle, je ne peux me résigner à me débarrasser des peluches qui ont occupé mon enfance. Comme elle, je dois faire le saut vers le marché du travail après mes études et planifier mon avenir, mais j’ai du mal à faire le pas.
Si vous ne connaissez pas Sarah Andersen, je vous invite à la suivre sur les réseaux sociaux. Les textes sont en anglais, mais ils sont faciles à comprendre tellement ils sont visuels. Et pour ceux qui désirent lire Les adultes n’existent pas, je vous invite à le faire… surtout si les gens autour de vous considèrent que vous devriez faire le saut pour devenir adulte. 😉

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Un récit déconcertant

La Ruche

Par Michèle Laframboise

Résumé en quatrième de couverture :

« Marilyn danse.
Un courant d’air traverse la grille sous ses escarpins, soulevant le bas de sa robe. L’actrice se penche pour presser les pans rebelles, un geste souligné par un accord de cuivres. Le vent coquin soulève l’arrière de sa robe, dénudant ses jambes galbées.
Elle éclate de rire, un rire perlé, chorégraphié au quart de seconde, chaque note sonnant comme une invitation.
Des sifflements montent autour du plateau surélevé sur lequel elle se trémousse. Une masse de touristes et d’habitués dégustent des flûtes de vin, chacun palpant le bouquet de roses rouges au centre de leur table.
Aucun d’eux ne connaît l’origine du numéro de Marilyn, de la robe ou du courant d’air. Cela ne les empêche pas d’évaluer leurs chances d’obtenir un rendez-vous galant, pourvu que la mise encryptée dans leur bouquet soit suffisante. »
Et vous, avez-vous déjà rencontré Marilyn? Suivez-la au cœur de la Ruche, là où la sensualité épouse le mystère.
Version revue et améliorée de la nouvelle « Le Vol de l’abeille », récipiendaire du Prix Solaris 2006, La Ruche vous propose une incursion à l’intersection de l’érotisme et de la science-fiction.

Mon avis :

L’univers de La Ruche déstabilise lorsqu’on le découvre dans les premières pages. Le lieu, un complexe bar de prostitution, est construit et pensé en tous points avec l’univers d’une ruche (bourdons, fleurs, abeilles, etc.). En tant que lecteur, on cherche à se familiariser, à comprendre cet endroit. Plus on le comprend, cependant, plus on le déteste. Parce que le personnage de Marilyn n’est nullement là par plaisir. Et c’est là le plus grand intérêt du roman : on veut comprendre comment cette jeune femme en est arrivée où elle est… et pourquoi.
Nous retrouvons ces explications dans des analepses qui décrivent par la même occasion dans quel univers de science-fiction nous nous situons. Je dois avouer que j’ai trouvé cela à la fois intéressant et apeurant. Apeurant dans la mesure où je me figurais vivre dans ce monde. Les décors prennent vie afin de donner aux personnages ce qu’ils désirent. Mais rien n’est éternel.
Au départ, lorsque nous comprenons dans quel lieu se retrouve Marilyn, nous nous rendons compte qu’elle n’est pas bien là. Toutefois, rien n’indique encore à quel point cet endroit est sordide. Lorsque j’ai compris tout ce que la Ruche impliquait, je me suis questionnée sur l’humain.
La force du récit réside donc en la construction de l’univers et de la Ruche. Parce que lorsque les choses dérapent, nous devinons qui contribuera à sauver Marilyn de son cauchemar. Et lorsque cela est fait, la fin est un peu abrupte. Nous aurions aimé poursuivre et apprendre ce que Marilyn fera ensuite.
Ce fut donc une lecture appréciée, pour ma part. J’ai été déstabilisée, oui, mais ça n’était pas mauvais signe. Un roman plus long et étoffé m’aurait davantage plu. Toutefois, je suis bien contente d’avoir découvert cette auteure. 🙂

Je tiens à remercier les Six Brumes pour le livre.

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Décortiquer les effets de l’aventure

Le roman d’aventures

Par Jean-Yves Tadié

Résumé en quatrième de couverture :

Un roman d’aventures n’est pas seulement un roman où il y a des aventures; c’est un récit dont l’objectif premier est de raconter des aventures, il ne peut exister sans elles.
L’aventure est l’irruption du hasard, ou du destin, dans la vie quotidienne, où elle introduit un bouleversement qui rend la mort possible, probable, présente, jusqu’au dénouement qui en triomphe — lorsqu’elle ne triomphe pas.
La structure du roman d’aventures reprend celle du roman du temps : au Moyen Âge, celle de la chronique, qui additionne librement les épisodes; à l’âge moderne, cette liberté qui fait attendre le dénouement d’un coeur léger est maintenue par le roman picaresque espagnol, puis anglais; mais au XIXe siècle, le roman ne se consacre désormais qu’à une seule aventure qui organise le genre avec une rigueur qui depuis lors est la sienne.
L’aventure est liée au futur — le lecteur sait que, mais il ne sait pas quoi; le lecteur brûle de s’autoriser à faire ce qu’il redoute le plus par ailleurs; enfin, il sait que la mort est l’enjeu implicite, mais indéterminé car il ignore où et comment elle surgira.
Tout dans la narration est organisé en fonction du lecteur.
La phénoménologie de la lecture est donc au coeur de l’étude du genre.

Mon appréciation :

Le roman d’aventures est une lecture théorique, cela va de soit. Qui plus est, c’est pour un cours que j’ai eu à le lire. Bien que le livre pouvait être plus lourd par endroits, étant donné que sa visée était informative, j’ai tout de même apprécié certains moments durant ma lecture.
Comme le mentionne un peu le résumé du livre, le texte traite de ce que l’aventure implique pour le héros et, par la même occasion, de ce que cela implique chez le lecteur. Lorsque le héros est embarqué dans une aventure, le lecteur sait implicitement que le protagoniste risque la mort au fil des péripéties. Le roman d’aventures installe un jeu entre le texte et le lecteur. Ce dernier sait que le héros sera menacé, mais il ne sait pas comment. Le lecteur sait que le héros rencontrera des épreuves qui l’éprouveront, mais il ne sait pas lesquelles. Et ce sont ces interrogations qui motivent le lecteur à lire le récit, puisque sa curiosité est soulevée.
Le livre ne présente donc pas tant l’histoire du roman d’aventures que ses effets sur le lecteur. Disons que ça devient surtout intéressant pour ceux qui veulent analyser ce genre littéraire.
J’ai tout de même apprécié ma lecture. Surtout, je l’admets, parce que certains des titres présentés ont piqué ma curiosité. Inévitablement, la liste des livres que j’aimerais lire n’a pu que s’allonger. 😛

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Un récit très actuel

Naked

Naked

Livre en anglais

Par Stacey Trombley

Résumé en quatrième de couverture (traduction personnelle) :

La meilleure place où se cacher est dans le mensonge…
Je ne pourrais jamais m’accorder avec la vie exigée par mes parents. À mes treize ans, j’en ai eu assez. Je me suis enfuie à New York… où j’ai trouvé un cauchemar qui a duré trois ans. Un cauchemar qui a commencé et fini avec un pimp nommé Luis. Maintenant, je suis la dégoûtante Anna. Brisée, comme si tout à l’intérieur de moi avait mal viré.
Sauf que pour la première fois, j’ai une chance de recommencer à zéro. Pas uniquement avec mes parents, mais aussi à l’école. Toutefois, les rumeurs me suivent partout. Dans les couloirs. En classe. Et le seul espoir que je peux voir est dans le grand et lumineux sourire de Jackson, mon voisin. Alors je lui mens. Je mens pour le protéger de mon passé. Je mens afin de ne pas avoir à être La Fille Qui A Mal Tourné.
Sauf que quelqu’un à l’école sait à propos de New York.
Quelqu’un sait qui je suis réellement.
Et ce n’est qu’une question de temps avant que la vraie Anna soit exposée…

Mon avis :

Naked est un roman tout à fait actuel alors que les fugues des jeunes sont enfin mises de l’avant afin de les comprendre et de les éviter, car celles-ci peuvent entraîner de nombreuses conséquences pour les individus concernés. Avec tout l’attrait qu’a eue la série télévisée FugueuseNaked est une lecture toute désignée pour ceux qui veulent découvrir ce qu’il peut se passer lorsque l’adolescente revient à la maison, le tout dans un cadre fictif, bien entendu.
Ici, Anna retourne dans sa famille, qui est loin d’être parfaite, puisque cette famille stricte et rude était l’une des motivations de sa fuite. Anna retourne également à l’école, où les rumeurs circulent rapidement sur son compte. Les seuls percées de soleil dans cette ambiance sont la présence de Jackson et l’existence de Sarah, la femme qui s’assure qu’Anna va bien et qui l’encourage à lever le voile sur les événements de New York, celle qui l’a prise en charge lorsqu’elle a été retrouvée.
Le roman est par moments sombres, il ne faut pas se le cacher. Ça n’est pas facile de lire qu’une jeune fille de treize ans a été enrôlée dans la prostitution. Ça n’est pas plus facile de lire qu’à seize ans, sa vie est loin d’être rose. Le roman touche des sujets très difficiles qui concernent la société en général, allant de la pratique sexuelle non désirée à l’intimidation, du chantage au viol, de la drogue à l’abus de pouvoir, etc. Le tout est toutefois suffisamment bien fait pour amener la réflexion.
Naked est prévisible à de nombreux endroits, il est vrai. Nous nous doutons rapidement de l’identité de la personne qui sait ce qu’Anna faisait à New York, nous nous doutons de la tournure de la relation entre l’adolescente et son voisin, etc. Il n’empêche que pour le personnage, le lecteur se rend bien vite compte que ces éléments étaient nécessaires pour aller de l’avant, même s’ils ne sont pas toujours joyeux.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture. Je suis vite entrée dans l’histoire, malgré qu’elle soit sombre. Je me suis attachée à Anna, même si je suis loin d’avoir vécu la même chose qu’elle (et je ne le souhaite à personne). Ma lecture a fait surgir toutes sortes d’émotions : tristesse, colère, frustration, sentiment d’injustice… Sauf que la morale du récit est parfaite. Elle concerne tout le monde, chacun avec ses plus ou moins petits secrets, et questionne la normalité.

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Le Congrès Boréal : une excellente première fois

Samedi le 5 mai dernier, je me suis rendue au Congrès Boréal pour la première fois.

Cela faisait déjà quelques temps que j’avais entendu parler de l’événement, mais je n’y étais jamais allée. Cette fois, j’ai remédié à la situation et me suis déplacée.

L’événement ne prend pas toujours place au même endroit. Cette année, il se déroulait au Temple maçonnique de Montréal. Ma foi, rien qu’en arrivant devant le bâtiment gigantesque et imposant, j’étais charmée. En entrant à l’intérieur, je ne pouvais m’empêcher de poser mes yeux partout. Alors que d’autres personnes et moi montions les quatre étages qui nous séparaient de l’accueil, j’avais très envie de m’arrêter à chaque étage pour les explorer. Mais je me suis retenue. Un peu. Le temps de m’inscrire, et puis je montais deux autres étages pour aller à la toilette (décidément moins jolie que le reste du bâtiment). À côté, il y avait une très grande salle. Et j’y suis entrée. On pouvait y découvrir une partie de l’univers des hommes qui ont côtoyé cet endroit. Il y aurait beaucoup à dire, puisqu’on y trouvait des meubles massifs, des photographies, des accessoires et des plaquettes métalliques identifiées de nombreux noms. Bien qu’il n’était pas l’objet de ma visite, l’immeuble, regorgeant d’histoire, me captivait.

Tout de même, chacune des salles dans lesquelles avaient lieu les conférences étaient remplies d’histoire, ce qui avait son charme. Je me suis rendue à deux des conférences. Oui, seulement deux, mais il faut dire qu’il y avait tant de personnes intéressantes à rencontrer sur place qu’il était difficile d’assister à plusieurs animations si nous désirions discuter un peu. J’ai donc assisté aux suivantes : « Le futur en livre vs le futur en film » et « Science et science-fiction : ennemies ou alliées? ». Dans les deux cas, j’ai appris de nombreuses choses. Dans la première, les invités discutaient des épreuves que doivent affronter les réalisateurs d’ici afin de raconter une histoire de genre, qu’elle soit tirée d’un livre ou non. Dans la seconde, un scientifique questionne la science et la fiction afin de déterminer l’impact que peut avoir la science sur les écrits fictionnels, à savoir si elle peut les améliorer ou non.

Mis à part ces heures de discussions, j’ai aussi mentionné avoir rencontré plusieurs personnes. Sur place, il y avait de nombreux auteurs (de romans, de nouvelles, de critiques). Il y avait aussi les membres de la direction de la revue Brins d’éternité et les membres des éditions Les six brumes. Là, durant cet événement, se mêlent donc écrivains, éditeurs, directeurs littéraires, lecteurs,… Tous des passionnés de science-fiction, de fantasy et de fantastique québécois. Les langues se délient rapidement et tous discutent avec entrain. L’ambiance était très agréable.

Dans l’ensemble, l’événement a été un succès pour moi. C’était ma première visite, mais nombreux sont ceux qui m’ont encouragée à revenir. Si cela est possible, donc, je serai là l’an prochain pour la prochaine édition, à Sherbrooke.

Pour plus d’informations sur le congrès, je vous invite à visiter le site web.

Congrès Boréal 2018.jpg

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Un savant mélange de genres

Si une nuit d’hiver un voyageur

Par Italo Calvino

Résumé en quatrième de couverture :

Ce livre est né du désir de lecture. Je me suis mis à l’écrire en pensant aux livres que j’aimerais lire. Je me suis dit alors : la meilleure façon d’avoir ces livres c’est de les écrire. Pas un livre, mais dix, l’un après l’autre, et tous à l’intérieur du même livre. Et chaque fois que je commençais, dans ce roman, un nouveau roman, ce qui me poussait, c’était encore et toujours le désir de lecture. J’ai vraiment voulu faire le livre du lecteur. Pas seulement parce que le lecteur est le seul véritable héros de ce livre, mais aussi parce que c’est son désir (et pas seulement le mien) de lecture qui dicte les différents livres.
Italo Calvino (1979)

Mon appréciation :

Lire Si une nuit d’hiver un voyageur est une expérience de lecture fort intéressante.
Cet intérêt se retrouve principalement dans la manière dont le récit est construit. L’histoire est essentiellement divisée en deux : les débuts de roman que le Lecteur lit et le récit des aventures concernant le personnage du Lecteur.
Si une nuit d’hiver un voyageur est l’histoire d’un Lecteur qui, après avoir lu le début d’un roman, se rend compte qu’il est mal relié et qu’il a été combiné à un autre livre. À partir de ce moment, le Lecteur tente de retrouver, en quelque sorte, l’histoire complète du récit qu’il voulait initialement lire. Sa quête l’amène ainsi à lire une dizaine de débuts de récits. Et ces récits sont intercalés entre celui des aventures du Lecteur, de sorte que nous lisons également ces premiers chapitres.
Les dix débuts de romans sont assez intéressants, mais j’en ai tout de même préféré certains à d’autres. Je trouvais toutefois bien pensé la manière dont ils étaient écrits, puisque leur style variait véritablement de l’un à l’autre, comme s’ils étaient tous originaires de différents auteurs. Tout de même, bien que les récits diffèrent, la narration ne part jamais dans tout les sens. Le roman est habilement construit, de sorte que nous ne sommes pas trop désorientés malgré les nombreux changements de directions.
J’ai beaucoup aimé que la narration s’adresse au Lecteur dès le début du récit. Nous sommes interpellés, ce qui nous met dans la peau de ce personnage de Lecteur. C’est assez comique. Nous entrons dans les problèmes du Lecteur, problèmes qui découlent de défauts d’impression et d’assemblage des livres. Ainsi, nous visitons en partie dans les dessous du livre, là où il est produit et où il arrive que des erreurs se produisent. Nous abordons la production du produit du livre, alors que nous sommes habitués à le considérer comme un produit fini lorsque nous l’avons en mains. J’ai bien aimé ce point de vue.
L’aventure du Lecteur est complètement farfelue. C’est cocasse et ça donne envie de lire les prochaines pages pour savoir de quelle façon sa quête va bien pouvoir se terminer. Et c’est alors que s’explique le titre du roman, mais je vous laisse le découvrir pour ceux qui ne l’ont pas encore lu.
Enfin, les jeux identitaires étaient aussi bien intéressants. Tout particulièrement à propos du personnage féminin de Lotaria. Il y a beaucoup de jeux identitaires avec cette femme, de sorte que les procédés narratifs sont mis de l’avant. Ce que nous lisons est une construction, un récit qu’un auteur a produit… alors pourquoi Lotaria ne représenterait-elle pas cette construction qui peut changer selon les désirs de son auteur? Il y a de quoi réfléchir un peu.
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé une agréable lecture. Par sa construction, le livre m’a donné une excellente expérience de lecture. Je me suis à la fois questionnée et divertie.

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