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Barbe bleue comme je n’aurais pas pu l’imaginer

Les sangs

Par Audrée Wilhelmy

Résumé en quatrième de couverture :

Dans la salle à manger d’un manoir sont assis quatre enfants à qui l’on a servi un repas de gibier. Une jeune fille, cachée derrière une tapisserie, observe l’un d’eux engloutir la chair crue et note : « Le canard serai meilleur sans toutes ces épices. » Le garçon s’appelle Féléor Barthélémy Rü, et l’adolescente, Mercredi Fugère. Elle est la première des sept femmes que croisera Féléor dans ce roman qui retrace, au travers des carnets que chacune laissera derrière elle, l’apprentissage d’un meurtrier.
Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä et Marie : qui sont-elles et d’où viennent-elles? Qu’est-ce qui les pousse vers celui que, dans la Cité, on appelle désormais l’Ogre? Ce roman parle de désir, de violence, de fantasmes et d’écriture; il donne accès à un univers amoral — le nôtre? — où la puissance tient lieu de loi, où les victimes ne sont pas telles qu’on les imagine et où les rencontres peuvent déboucher sur une mort qui n’est pas forcément un drame.

Mon avis :

Je ne connaissais pas Audrey Wilhelmy avant de découvrir et de lire ce petit livre. Je dois admettre que j’ai bien appréciée ma lecture et que cela m’a donné bien envie de lire d’autres textes de cette auteure.
Les sangs reprend le conte de Barbe bleue d’une intéressante manière. Cette fois-ci, ce sont les femmes qui demandent à être tuées par l’homme. Chacune a ses raisons, et cela permet de poser des questions pertinentes au fil de la lecture. Ces femmes ne sont plus des victimes, elles sont plutôt celles qui contrôlent, jusqu’à un certain point, leur destin.
Le roman dresse un portrait de chacune de ces femmes. Elles ont chacune leurs particularités, et le style de la narration varie en conséquence de la femme concernée par le chapitre. J’aimais beaucoup ces portraits, bien que je n’aimais pas toujours tout de ces protagonistes (elles différaient toutes de moi, ce qui ne créait pas d’attachements, et c’était bien comme cela).
La disposition des parties du récit est aussi tout à fait intéressante. Nous avons accès au récit d’une femme de Barbe bleue sous la forme d’un journal ou de lettres. La femme devient la narratrice pour quelques pages, et nous devenons témoins de ce qu’elle raconte, sans toutefois savoir quel est le degré de véracité dans ses propos. Puis vient le point de vue de l’homme après chacune des interventions féminines. S’il est une figure de pouvoir, sa personnalité apparaît alors plus complexe et ambiguë. Il n’est plus que bourreau. Dans ces parties, il revient à chaque fois sur sa relation avec sa nouvelle femme, jusqu’à la mort de celle-ci, et donne sa version des événements.
La force de ce récit réside véritablement en ses personnages si différents, approfondis et recherchés. Le livre est court, très court. Il se lit rapidement et ne peut que laisser une trace chez son lecteur, que ce soit par les questionnements qu’il soulève ou par la puissance de ses protagonistes.
J’ai adoré ma lecture. C’est tout simplement ça.

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Catégories : Contemporain/Réaliste, Livres adultes | Étiquettes : , , | Poster un commentaire

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