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Entre politique et émotion : un conte actuel

Smoke

Par Dan Vyleta

Résumé en quatrième de couverture :

Angleterre, fin du XIXe siècle. À Londres s’entassent les classes laborieuses qui par tous les pores exsudent une infecte Fumée, preuve de leur noirceur intérieure et de leur infériorité. À la campagne vivent les aristocrates, d’une blancheur de lys et qui ne fument jamais, signe de leur vertu et de leur droit à gouverner.
Dans un internat d’élite, Thomas et Charlie, seize ans, s’exercent sans relâche à dompter leurs instincts afin de ne pas fumer. Mais le doute les tenaille : comment se fait-il que l’un de leurs congénères, un vrai petit tyran, soit épargné par la marque du vice? Avec l’aide de la ravissante et très prude Livia, ils enquêtent sur la nature réelle de la Fumée. Et découvrent que l’ordre établi est fondé sur une scandaleuse duperie.
Dès lors, une lutte à mort s’engage entre eux et la police politique. C’est la guerre de la passion contre la raison, du désir contre la bienséance, du droit contre l’injustice — même si leurs frontières sont souvent imprécises.

Mon avis :

Ma critique de ce roman, je l’ai réalisée pour la revue de science-fiction et de fantastique Solaris. Vous la retrouverez donc dans le numéro 208, disponible en format numérique tout comme papier dès maintenant. Comme mon avis est publié dans une revue professionnelle, vous ne pourrez le lire sur ce blogue. Toutefois, afin de vous ouvrir un peu l’appétit, voici quelques extraits de ma critique :

Les trois adolescents se retrouvent en plein cœur d’une enquête sur la Fumée qui rapproche le roman du genre policier. À leur quête d’informations se mêle une ambiance de fuite, provoquée par les mensonges des adultes, mais aussi par un être entièrement noir de méchanceté. Ils n’ont que seize ans et, bien qu’ils tentent par tous les moyens de comprendre la Fumée, la tâche est peu aisée et assurément dangereuse.

La conclusion du récit garde une bonne part de mystère, de sorte que le lecteur, comme les personnages, est dépassé par la suite des événements et reste pris avec une absence d’informations.

N’hésitez pas à vous procurer la revue. Vous pourrez y lire de nombreuses autres critiques, mais aussi des œuvres originales tout à fait captivantes!

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Perdue dans l’Histoire

La grimace

Par Heinrich Böll

Résumé en quatrième de couverture :

Hans est un clown qui a perdu le sourire. Son heure de gloire passée, ce jeune vagabond traîne sa mélancolie et ses révoltes dans l’Allemagne aseptisée d’Adenauer. La religion? Elle l’exaspère, sous toutes ses formes. Les anciens collabos et leurs œuvres de charité? Idem. L’amour? Marie, son unique passion, l’a quitté. Désabusé et solitaire, Hans trouvera-t-il sa place dans ce monde qu’il méprise?

Mon avis :

La grimage a été une lecture un peu particulière pour moi. Je n’avais jamais lu de romans d’Heinrich Böll avant, et je n’étais pas (et ne le suis pas trop encore) familière avec la période de l’Allemagne divisée. J’ai appris quelques différences entre l’Allemagne de l’Est et celle de l’Ouest. Toutefois, ça n’était pas suffisant pour que je puisse adéquatement me fondre dans l’ambiance du récit. Ce fut donc l’une des difficultés que j’ai rencontrées durant ma lecture et qui a fait en sorte que je n’ai pas pu pleinement apprécier ma lecture. Les personnages sont forgés par les différences entre les deux Allemagnes, ce qui, puisque je ne m’y connais pas assez, rendait plus ardu de plonger dans l’ambiance du roman.
C’était pareil sur le plan du catholicisme. La religion était très présente dans le livre. À cause de cela, je sais que j’en ai perdu des bouts. Ce que j’avais du mal à suivre, je ne le retenais pas véritablement. Ma lecture a donc malheureusement été trouée. Pourtant, avoir maîtrisé les informations relatives à l’époque de l’Allemagne divisée et de sa religion, j’aurais sans aucun doute davantage apprécié ma lecture.
Le temps du récit est très court, mais il est agrémenté de nombreuses analepses. Au final, nous n’avons été que très peu de temps avec le personnage d’Hans, un peu comme si son présent n’était pas pertinent, contrairement à son passé, qui l’a défini. La finale, malgré cela, est intéressante. Si elle met fin à ce récit d’une courte temporalité, elle fait remonter tout le passé du personnage principal pour justifier ce qu’il est devenu et ce qu’il va faire de son temps à venir. C’est relativement simple, tout en amenant une réflexion sur l’existence du protagoniste.
Dans l’ensemble, je n’ai pas été soufflée par ma lecture. Je ne l’ai pas non plus détestée, mais j’étais bien conscience qu’il me manquait de connaissances pour pouvoir l’apprécier.

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Fort, voire même émouvant!

Le liseur

Par Bernhard Schlink

Résumé en quatrième de couverture :

À quinze ans, Michaël fait la connaissance d’une femme de trente-cinq ans dont il devient l’amant. Pendant six mois, il la rejoint chez elle tous les jours et lui fait la lecture à haute voix. Cette Hanna, mystérieuse, disparaît du jour au lendemain.
Sept ans plus tard, Michaël assiste au procès de cinq criminelles parmi lesquelles il reconnaît Hanna. Elle se défend mal et est condamnée à la détention à perpétuité. Mais, sans lui parler, Michaël comprend soudain l’insoupçonnable secret qui, sans innocenter cette femme, éclaire sa destinée.
Il la revoit une fois, des années plus tard. Il se met alors, pour comprendre, à écrire leur histoire, et son histoire à lui, dont il dit : « Comment pourrait-ce être un réconfort, que mon amour pour Hanna soit en quelque sorte le destin de ma génération que j’aurais moins bien su camoufler que les autres? »

Mon appréciation :

Ce livre est un coup de cœur.
L’écriture coule très bien, de sorte que l’on entre facilement dans l’histoire que nous raconte Michaël. Rapidement, nous apprenons à connaître le personnage et à l’apprécier. Michaël est un garçon relativement simple. Puis vient le personnage de Hanna, plus mystérieux. Hanna est intrigante. Au départ, on ne sait pas réellement qui elle est, sinon l’endroit où elle travaille et son âge. Cependant, au fil de leur relation, Hanna semble cacher quelque chose… puis elle disparaît.
J’ai bien aimé la manière dont était racontée la disparition d’Hanna. Michaël la recherche, bien évidemment. Et il s’interroge aussi beaucoup, à ce moment, à savoir si c’est lui qui a fait fuir Hanna en faisant quelque chose de mal. D’ailleurs, Michaël a tendance à souvent s’accuser d’avoir déçu ou mis en colère Hanna. Cela pourrait paraître redondant, cette sorte de faiblesse de la part du jeune homme. Mais ce n’est pas le cas du tout. J’ai trouvé que le tout était très bien raconté, et que cela permettait une meilleure immersion dans le personnage.
Par la suite, Michaël revoit Hanna au procès, comme le mentionne le résumé du roman. C’est à partir de ce moment que le livre devient plus fort, plus émotif. Le procès concerne les camps de concentration nazis. On y raconte différentes actions qui s’y sont déroulées, on y dépeint l’horreur de la Seconde Guerre mondiale qui s’est achevée il y a à peine quelques années. C’est poignant. J’ai même dû m’arrêter à deux courtes reprises afin de laisser retomber toute cette énergie négative. Le tout est très bien narré sous une sorte d’engourdissement, le même qui semble habiter, selon Michaël, tous les gens qui ont assisté aux horreurs de la guerre sans faire quoi que ce soit.
Puis vient la dernière fois où le jeune homme revoit Hanna. Il y a un certain détachement entre les deux anciens amants. La narration est fort intéressante et bien choisie étant donné le vécu des protagonistes.
Finalement, le sort d’Hanna, à la toute fin du livre, m’a touchée. J’étais vraiment scotchée à l’histoire de sorte ma réaction était relativement forte. J’aurais eu envie de bousculer les personnages!
En somme, j’ai passé un agréable moment de lecture. Très court, cependant, puisque j’ai dévoré le livre assez vite. Je crois que c’est bon signe! 😉

Voici la bande-annonce du film :

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Des contes semblables, mais plaisants!

Contes

Par Jacob et Wihelm Grimm

Résumé en quatrième de couverture  :

Des Contes de Grimm, on ne connait guère en France que les plus célèbres, encore est-ce à la faveur d’une confusion, puisque, pour le grand public, ils appartiennent bien plus au monde du dessin animé qu’aux deux savants allemands qui les ont relevés pour les sauver de l’oubli.
Pourtant, tels que les frères Grimm les ont patiemment recueillis et transcrits, ils sont une des sources les plus profondes du romantisme allemand et ont droit à une place de choix dans la littérature universelle. Si humbles soient-ils à l’origine, ils lui ont en effet fourni non seulement le « il était une fois » qui est le début de tout roman, mais d’inépuisables sujets de réflexion sur ces commencements et ses fins : les contes de Kafka seraient pour une part inconcevables sans ce qu’ils doivent aux Märchem, et Brecht avait de très bonnes raisons d’imiter Grimm dans l’un de ses plus beaux poèmes.

Mon appréciation :

Après avoir lu les contes de Perrault, il fallait bien lire ceux de Grimm, dont certains se recoupaient, mais en étant un peu différents.
J’ai bien apprécié ma lecture, je dois le dire. L’écriture était très fluide et je prenais grand plaisir à lire chacun des contes, même s’ils se ressemblaient parfois. En effet, diverses actions d’un conte se reproduisaient dans un autre. Par exemple, le fait qu’un roi demande à une personne méchante ou malhonnête quelle sentence serait idéale pour un certain crime et que le roi conclut en disant que cette personne venait de dicter sa propre sentence. Pareillement pour les situations où une personne promet de donner la première chose qui lui tombera dessus au retour à la maison en échange d’une grande richesse et que cette première « chose » est son fils ou sa fille. Inévitablement.
N’empêche, j’ai bien apprécié le tout. Chaque histoire avait ses particularités et il était intéressant de toutes les lire. Disons que les variantes des idées principales ont seulement toutes été utilisées, ou presque. 😛
J’ai trouvé bien intéressant de lire les contes que je connaissais déjà, tels Cendrillon, Blancheneige et La Belle au bois dormant. Mais je dois admettre que ceux que j’ai le plus aimés, je ne les connaissais pas auparavant. De celui qui partit en quête de la peur, Le vaillant petit tailleur, Le diable aux trois cheveux et Jean le Veinard sont donc mes favoris. C’est surtout la ruse qui se retrouve à l’avant-plan de ces histoires, ce qui m’a plu.
L’un de mes contes préférés raconte l’histoire d’un sot garçon qui ne connaît pas la peur et ne sait pas la reconnaître quand il y fait face, étant donné son manque d’intelligence. J’ai trouvé cela plutôt comique. Le garçon devient un homme et marie une princesse (c’est à peu près toujours le cas). Finalement, fatiguée d’entendre son mari lui dire qu’il veut connaître le frisson de la peur, elle trouve une solution miracle. Je ne vous la dévoile pas, mais cela m’a fait sourire!
Bref, il n’y a que du bon temps à passer lorsque l’on lit les contes des frères Grimm. Qui plus est, ce sont des classiques et certains ont forgé l’enfance de bien des enfants.

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Divertissement agréable.

Jésus m’aime
Par David Safier

Résumé en quatrième de couverture :

Marie est abonnée aux échecs sentimentaux. Alors qu’elle vient de saboter son premier mariage, elle rencontre un charpentier plein de qualités. Doux, sensible et généreux, Joshua a tout de l’homme idéal.
À un détail près : il lui déclare être Jésus. Marie pense tout d’abord avoir une fois de plus affaire à un tordu. Mais il n’est pas donné à tout le monde de marcher sur l’eau…

Mon appréciation :

Après avoir lu Maudit karma, du même auteur, je m’attendais à ce que Jésus m’aime arrive à me faire autant rire qu’avoir les larmes sur le bord des yeux. Vous pouvez déjà deviner que cela n’a pas été tout à fait le cas. Mais ça n’était pas mauvais non plus, tout de même.
Les rires et les sourires ont été très présents, que ce soit lors des agissements maladroits de Joshua (par exemple lorsqu’il a dansé la salsa pour la première fois et qu’il ne cessait de marcher sur les pieds de Marie) ou ceux de Marie ou encore des sourires à la vue des scripts que sa soeur Kata dessine. Car oui, quelques fois, une petite page de bande-dessinée accompagne un passage tantôt cocasse, tantôt qui fasse réfléchir un peu.
Pour ce qui est du côté émotionnel, il a été moins touché que lors de ma lecture de Maudit karma qui, à deux reprises, m’avait fait monter les larmes aux yeux. Dans ce roman-ci, c’est à une seule reprise que j’ai senti une petite boule au fond de moi, des émotions qui désiraient se manifester un peu, mais visiblement pas de façon assez marquée. Il n’empêche que ça n’est pas trop négatif, puisque si l’on fait la lecture en public et que l’on pleure un peu, ça n’est pas toujours idéal, selon l’endroit et le moment.
Mis à part cela, oui, il est quand même assez couramment question de religion dans le livre. Quand même beaucoup couramment. 😛 Quoique ce soit plutôt normal, puisque l’un des personnages principaux est Jésus. Mais je dirais que, pour ceux qui ne raffolent pas du sujet, ça n’est pas dérangeant. Il est même plutôt cocasse d’y voir Dieu et Satan prendre l’apparence de célébrités lorsqu’ils se manifestent. Qui imagine Dieu en Emma Thompson? ou Satan en George Clooney?
Plus la fin du roman approche, plus Marie se voit faire face à diverses questions par rapport à l’être humain, à la vie et à la mort, au libre arbitre de l’homme, aux relations, aux décisions importantes d’une vie  et à des choix décisifs qui risquent de changer le restant de son existence. Je crois que si l’on prend le temps de remarquer tous ces moments, on peut en venir, nous aussi, à nous poser certaines questions. Un livre qui sert de pur divertissement, mais qui, à la fois, peut nous amener à songer à diverses questions très intéressantes.

(Désolée pour la qualité de l’image, je n’ai su trouver mieux.)

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De quoi tenir jusqu’à la dernière page!

Le cueilleur de fraises, tome 3, Le voleur d’éclats
Par Monika Feth

Résumé en quatrième de couverture :

Après leur bac, Jette et Merle ont décidé de prendre une année sabbatique. La première choisit de faire du volontariat dans un centre psychiatrique, la seconde travaille dans un refuge pour animaux.
Ce rythme de vie tranquille est ébranlé lorsque Jette tombe, par hasard, sur une inconnue. Tétanisée, couverte de sang, Mina est sous le coup d’une violente émotion. Son père vient d’être assassiné. Cet homme brutal n’épargnait pas sa fille de ses agissements autoritaires. Mina a donc un mobile… du moins la police en est-elle convaincue.
Mais de tels soupçons sont-ils fondés?
Jette, elle, est persuadée du contraire.

Mon appréciation :

Cela faisait un bon moment que je n’étais pas replongée dans l’univers de Monika Feth, univers qui m’avait happée lorsque je l’avais découverte pour la première fois. Je me souviens avoir dévoré de façon consécutive les deux premiers tomes de la série en deux soirée, assise confortablement dans un fauteuil, préférant ma lecture au visionnement d’un film dans la pièce d’à côté, où mes parents étaient.
Cette série ne joue pas dans le policier pur, là où l’enquêteur est le personnage principal, mais nous invite plutôt dans le quotidien de deux jeunes femmes : Jette et Merle. Quelques fois, c’est Jette qui nous raconte l’histoire, tandis que durant les autres fois, nous lisons un narrateur absent, nous permettant de se promener partout (autant avec Merle, Mina, le psychothérapeute, le commissaire, la mère de Jette, etc.).
Dans la première centaine de pages de ma lecture, j’ai eu un peu peur d’être en train de lire une réplique modifiée de Nous n’irons plus au bois (Mary Higgins Clark), puisque nous sommes confrontés à un cas de trouble de la personnalité multiple. Bien que le thème en soit le même, j’ai été heureuse d’y trouver des différences, dont l’environnement de la jeune Mina.
Puis est venue me chercher l’envie de tourner les pages, intriguée de connaître la suite des événements. Le voleur d’éclats n’est pas un polar dont on ne peut qu’être sur les nerfs tout le long de sa lecture, trop subjugués par le récit qui nous enivre, puisqu’il ne vient pas, justement, nous pousser d’un côté et de l’autre par plusieurs actions et problèmes à résoudre. Par contre, toujours est-il que même s’il est construit, lors de certains moments, de façon un peu plus douce, rien n’empêche le fait que certains passages sont remplis de mots multipliant notre envie de connaître la suite, de savoir ce qu’il arrivera aux trois jeunes femmes et de découvrir le déroulement des événements qui ont débuté le récit.
Cela faisait un bon moment que je ne m’étais pas retrouvée avec un roman de style policier en main, et je regrette un peu d’avoir tant tardé à me replonger dans la frénésie de la lecture de ce genre de livres. C’est si bon d’être empêchée de reposer un bouquin!

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