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Une pluie d’intertextes

Perdre des théoriesPerdre des théories
Par Enrique Vila-Matas

Résumé en quatrième de couverture :

Invité à un symposium international sur le roman à Lyon, un double de l’écrivain barcelonais Enrique Vila-Matas est abandonné dans son hôtel, où personne ne vient l’accueillir. Dans sa solitude, il achète un exemplaire du Magazine littéraire dédié à Julien Gracq et tombe sur un article qu’il a lui-même consacré au Rivage des Syrtes. Cette lecture lui donne l’idée d’élaborer une théorie générale du roman. Il veut mettre en évidence la modernité et l’extraordinaire prescience du roman de Julien Gracq — qu’en son temps une partie de la critique avait trouvé désuet — puis en déduit les principaux axes de ce que devra être un roman. Ayant décidé de rentrer à Barcelone, sur le point de repartir, il découvre l’inanité de toute théorie littéraire. Dès lors libéré de ce carcan, il écrira et perdra des pays, voyagera et perdra des théories, les perdra toutes.

Mon appréciation :

Perdre des théories est un tout petit livre qui se lit en moins d’une heure. Je ne l’aurais pas découvert si je n’avais pas eu à le lire dans le cadre d’un cours à l’université, et je suis tout de même contente de ma lecture. Cependant, je suis d’avis que c’est un livre pour les littéraires, puisqu’il peut être plus difficile d’accès pour différentes personnes qui n’ont pas une culture littéraire suffisante dans le milieu des études et des théories littéraires.
Ce qui est intéressant dans ce petit livre, c’est que le personnage évoque, oui, des théories, mais que la narration en met certaines en applications. Par exemple, il est question de l’usage de l’intertextualité pour faire un bon roman. Cependant, Perdre des théories illustre plusieurs façons d’insérer de l’intertextualité dans le livre. Il y a, entre autres, beaucoup de citations et de références à des auteurs connus du monde littéraire, tels que Kafka, Gracq, Nerval, etc. Ces liens sont très plaisants dans la mesure où nous en connaissons déjà les œuvres ou que nous en avons entendu parler. Si nous en connaissons quelques unes, cela donne envie de les (re)lire afin de bien saisir la pensée du narrateur qui les commente.
Le livre en soi présente une drôle de façon d’utiliser toutes les théories et les œuvres évoquées. Il traite de l’attente et devient le prétexte à des analyses de textes.
Le tout se lit très bien, il ne faut pas s’en inquiéter. D’ailleurs, sur le plan littéraire, cela en fait un roman tout à fait intéressant à analyser… histoire de continuer les intertextes. 😉

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Juste la bonne dose!

La tête en l’air

Par Paco Roca

Résumé en quatrième de couverture :

Admis dans une résidence pour le troisième âge parce qu’il souffre de la maladie d’Alzheimer, Ernest ressent la vie en collectivité comme une épreuve. Mais il accepte bientôt son nouvel environnement et décide de se battre afin d’échapper à la déchéance à laquelle son mal le destine.
Pour l’auteur, la communauté des hommes est pareille à une bibliothèque dans laquelle les livres s’amoncellent en montagnes de papier jaunissant peuplées de rêves et de fantaisies. L’usure de toute une vie les couvre de rides, et certains voient les lettres de leurs pages s’effacer, feuille après feuille, jusqu’à redevenir entièrement blanches. Malgré cela, les émotions les plus intenses survivent, préservées comme un trésor caché sur une île lointaine.

Mon appréciation :

Tout d’abord, je tiens à dire que j’ai eu beaucoup de plaisir à lire cette bande dessinée de Paco Roca. Après avoir lu ce livre, j’en suis venu à une évidence : je ne lis pas assez de bandes dessinées à mon goût. Surtout en considérant qu’il se trouve, dans ce genre, des beaux bijoux comme celui-ci.
Les illustrations sont simples, peu chargées. Cela donne pour effet de se concentrer sur ce que le texte et les images signifient réellement. Elles transmettent un message qu’il est intéressant d’écouter. Au final, cette bande dessinée nous suggère de profiter de tous les petits moments que nous avons avec nos proches, de même qu’elle suggère de s’amuser, peu importe les difficultés.
J’ai aimé les personnages. J’aimais les petites manies de chacun, que l’auteur, à la fin du récit, admet s’être inspiré de réelles personnes âgées. J’ai aimé que le trio principal tente une escapade nocturne dans le seul but de se sentir libres et vivants l’espace de quelques minutes.
Enfin, j’ai surtout aimé la narration à travers les images, à travers les différents procédés visuels utilisés dans les cases. Comme le récit parle de l’Alzheimer, l’image est mise à profit afin de faire comprendre au lecteur les effets de la maladie sur l’individu atteint. C’est surtout cela qui m’a touchée. Par l’angle de vue ou par ce que représentaient les images, je me retrouvais dans la peau du personnage d’Ernest. Avec ses yeux, je voyais la détérioration de son état et les trous, les blancs, de plus en plus nombreux.
Je vous conseille vivement cette bande dessinée. J’ai tiré beaucoup de plaisir à la lire, et elle m’a procuré quelques questionnements pertinents sur la vieillesse. Pour un sujet qui peut être très difficile, La tête en l’air le traite avec la bonne dose de légèreté.
C’est à découvrir!

Voici la bande-annonce du film :

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