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Des souvenirs d’enfance remontent à la surface

Le meilleur d’Astérix & Obélix : Bon voyage!

Le meilleur d'Astérix et Obélix - Bon voyage!

Tirage limité

Résumé en quatrième de couverture :

L’Hispanie, la Calédonie, la Germanie, l’Égypte, la Bretagne, l’Helvétie, la Grèce… Et même le Nouveau Monde et la Vallée du Gange! Sans compter de nombreux voyages aux quatre coins de la Gaule. Pas de doutes : Astérix et Obélix sont les plus grands voyageurs de l’ère antique! Pour la première fois, il reviennent pour vous sur leurs plus beaux périples dans une sélection des meilleurs gags de la série, et vous délivrent leur guide exclusif du voyageur averti!

Mon avis :

Quel fut mon plaisir de lire cet album et de replonger dans mes souvenirs d’enfance alors que j’enchaînais les tomes disponibles à la bibliothèque de mon école primaire! Cet album promotionnel, offert lors de la sortie d’Astérix et la Transitalique à l’automne 2017, était l’occasion parfaite pour me rappeler de nombreux souvenirs. Autant, donc, les bandes-dessinées que les films, puisque ma lecture était agrémentée de la voix des personnages.
Je me suis bien divertie, je l’admets. C’est loin d’être une bande dessinée complète, puisque l’album est constitué d’extraits, mais cela reste amusant. Le concept du guide de voyage, avec des conseils pertinents plus ou moins respectés par les héros, est assez drôle.
Le seul véritable bémol, en fait, c’était les quelques cases qui revenaient parfois à deux reprises. Je trouvais moins amusant de relire deux fois les mêmes cases, même si d’autres étaient ajoutées avec celles-ci. J’aurais préféré qu’il n’y ait pas de répétitions.
Autrement, j’ai passé un excellent moment. La mission promotionnelle de l’éditeur est réussie : j’ai envie de lire et de relire les tomes de la série! 😛

Voici un extrait pour votre petit plaisir et pour vous donner une idée de la forme de l’album  :

Le meilleur d'Astérix et Obélix - Bon voyage! - Extrait

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Une pièce qui se lit en un clin-d’œil

Combat de nègre et de chiens

Par Bernard-Marie Koltès

Résumé en quatrième de couverture :

« Combat de nègre et de chiens ne parle pas, en tout cas, de l’Afrique et des Noirs — je ne suis pas un auteur africain —, elle ne raconte ni le néocolonialisme ni la question raciale. Elle n’émet certainement aucun avis.
Elle parle simplement d’un lieu du monde. On rencontre parfois des lieux qui sont des sortes de métaphores, de la vie ou d’un aspect de la vie, ou de quelque chose qui me paraît grave et évident, comme chez Conrad par exemple les rivières qui remontent dans la jungle… J’avais été pendant un mois en Afrique sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors; et, à l’intérieur, une dizaine de Blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l’extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour. C’était peu de temps après la guerre du Biafra, et des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s’endormir, s’appelaient avec des bruits très bizarres qu’ils faisaient avec la gorge… Et ça tournait tout le temps. C’est ça qui m’avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes. Et à l’intérieur de ce cercle se déroulaient des drames petits-bourgeois comme il pourrait s’en dérouler dans le seizième arrondissement : le chef de chantier qui couchait avec la femme du contremaître, des choses comme ça…
Ma pièce parle peut-être un peu de la France et des Blancs : une chose venue de loin, déplacée, devient parfois plus déchiffrable. Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. J’ai cru — et je crois encore — que raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l’Afrique, le territoire d’inquiétude et de solitude qu’il délimite, c’était un sujet qui avait son importance. »
Bernard-Marie Koltès

Mon avis :

J’ai bien aimé lire cette pièce de théâtre. D’ailleurs, je n’avais pas tant l’impression de lire du théâtre, puisque j’ai dévoré le livre comme si c’était un roman. D’autant plus que le livre est très peu volumineux, de sorte qu’il se termine très rapidement.
Les personnages de la pièce sont assez intéressants. On prend plaisir à les découvrir à travers leurs comportements. Nous ne faisons qu’une petite entrée dans leur vie, mais c’est suffisant pour se faire une idée. Ensemble, ils dressent un bon portrait de l’humain.
Comme le mentionne la quatrième de couverture, la trame sonore du récit est très présente. On la sent dans les didascalies. Il n’empêche que j’aurais vraiment aimé l’entendre afin d’être davantage dans l’ambiance. J’avais beau imaginer tous ces cris des gardiens, je les oubliais parfois, et cela enlevait au récit. À ces moments, il me semblait donc qu’il manquait quelque chose à la pièce.
Enfin, j’ai tout particulièrement apprécié la vivacité des propos des protagonistes et la qualité de leurs échanges. C’est ce qui me captivait et me faisait lire la suite. Je désirais savoir qu’elle serait la prochaine réplique… et ainsi de suite. Car, après tout, lire une pièce de théâtre, c’est lire un enchaînement de répliques. 😉

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Décortiquer les effets de l’aventure

Le roman d’aventures

Par Jean-Yves Tadié

Résumé en quatrième de couverture :

Un roman d’aventures n’est pas seulement un roman où il y a des aventures; c’est un récit dont l’objectif premier est de raconter des aventures, il ne peut exister sans elles.
L’aventure est l’irruption du hasard, ou du destin, dans la vie quotidienne, où elle introduit un bouleversement qui rend la mort possible, probable, présente, jusqu’au dénouement qui en triomphe — lorsqu’elle ne triomphe pas.
La structure du roman d’aventures reprend celle du roman du temps : au Moyen Âge, celle de la chronique, qui additionne librement les épisodes; à l’âge moderne, cette liberté qui fait attendre le dénouement d’un coeur léger est maintenue par le roman picaresque espagnol, puis anglais; mais au XIXe siècle, le roman ne se consacre désormais qu’à une seule aventure qui organise le genre avec une rigueur qui depuis lors est la sienne.
L’aventure est liée au futur — le lecteur sait que, mais il ne sait pas quoi; le lecteur brûle de s’autoriser à faire ce qu’il redoute le plus par ailleurs; enfin, il sait que la mort est l’enjeu implicite, mais indéterminé car il ignore où et comment elle surgira.
Tout dans la narration est organisé en fonction du lecteur.
La phénoménologie de la lecture est donc au coeur de l’étude du genre.

Mon appréciation :

Le roman d’aventures est une lecture théorique, cela va de soit. Qui plus est, c’est pour un cours que j’ai eu à le lire. Bien que le livre pouvait être plus lourd par endroits, étant donné que sa visée était informative, j’ai tout de même apprécié certains moments durant ma lecture.
Comme le mentionne un peu le résumé du livre, le texte traite de ce que l’aventure implique pour le héros et, par la même occasion, de ce que cela implique chez le lecteur. Lorsque le héros est embarqué dans une aventure, le lecteur sait implicitement que le protagoniste risque la mort au fil des péripéties. Le roman d’aventures installe un jeu entre le texte et le lecteur. Ce dernier sait que le héros sera menacé, mais il ne sait pas comment. Le lecteur sait que le héros rencontrera des épreuves qui l’éprouveront, mais il ne sait pas lesquelles. Et ce sont ces interrogations qui motivent le lecteur à lire le récit, puisque sa curiosité est soulevée.
Le livre ne présente donc pas tant l’histoire du roman d’aventures que ses effets sur le lecteur. Disons que ça devient surtout intéressant pour ceux qui veulent analyser ce genre littéraire.
J’ai tout de même apprécié ma lecture. Surtout, je l’admets, parce que certains des titres présentés ont piqué ma curiosité. Inévitablement, la liste des livres que j’aimerais lire n’a pu que s’allonger. 😛

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Un mélange d’histoire et de fiction

Meurtres pour mémoire

Par Didier Daeninckx

Résumé en quatrième de couverture :

Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s’oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d’histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l’ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s’était fait truffer de plomb, à Toulouse.

Mon appréciation :

Ce qui m’a surtout plu de ma lecture, ce fut le côté historique du récit et l’enquête qui y était reliée. En fait, j’aimais tout particulièrement que les événements historiques du livre proviennent de faits en partie réels, dont les tueries d’octobre 1961. Cela contribue à l’ambiance du roman. Je ne connaissais pas ces événements, et de lire sur eux m’a donné envie d’en apprendre davantage afin de mieux comprendre ce qu’il s’est passé.
J’aimais aussi que les personnages qui évoluent dans cette ambiance soient fictifs. Ainsi, je n’avais pas à m’interroger sur la véracité des événements qui étaient reliés aux protagonistes. Je savais que je pouvais me laisser aller au divertissement du récit.
Je suis un peu mitigée quant à mon appréciation du personnage de l’inspecteur, toutefois. Au lieu d’être le résistant héros auquel nous nous attendons d’un tel type de personnage, il est plutôt empreint de faiblesses. Il a nettement moins de caractère que bien d’autres héros de romans policiers que j’ai lus. Quand même, cela dénotait une certaine empathie de la part de l’inspecteur, ce qui n’était pas pour me déplaire non plus. Ainsi, il acquiert une certaine dose d’humanité qui n’est pas toujours présente chez le héros surhomme.
Enfin, j’ai trouvé que le récit était plutôt captivant. L’enquête est bien menée. Elle progresse par une gradation qui la rend assez intéressante. Elle intéresse donc suffisamment  pour garder l’intérêt, et ce, même si nous ne sommes pas scotchés au livre et que nous le laissons de côté un moment. J’ai donc apprécié ma lecture dans l’ensemble. Je ne sais pas si je lirai d’autres livres de l’auteur par ma propre volonté, mais je crois que je ne le refuserai pas si l’occasion se présente et que l’on m’en tend un entre les mains.

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Fantastique voyage à travers l’espace!

L’orphelin de Perdide

Par Stefan Wul

Résumé en quatrième de couverture :

— Ne touche à rien, j’arrive! dit la voix.
Facile à dire! Claudi, du haut de ses quatre ans, est tout seul sur une planète hostile! Cette voix, qui sort d’un émetteur radio, est son unique amie, son rempart contre les frelons géants et les multiples dangers de Perdide. Elle le conseille, le protège et lui raconte mille et une histoires fantastiques le soir avant qu’il s’endorme…
Elle appartient au Grand Max, un pirate de l’espace, qui va traverser la galaxie pour venir le sauver.
Vite, Grand Max! Qui sait ce qui arrivera si le vaisseau tarde trop…

Mon avis :

J’ai découvert Stefan Wul avec ce court roman et je suis bien contente de l’avoir lu. J’ai même envie de lire ses autres oeuvres. D’ailleurs, je m’en suis déjà acheté une : Niourk.
J’ai lu ce petit livre avec beaucoup d’intérêt. Dès le départ, j’avais envie de découvrir la suite : j’étais happée.
Je me suis tout de suite vue à aimer le personnage de Max, grand voyageur de l’espace. Ses connaissances, sa puissance et son bagage d’aventures le rendaient très amical. Alors que je lisais, j’avais envie de lire ses aventures passées, qui me semblaient toutes bien divertissantes (sauf que ces aventures n’existent pas). Max n’est pas le seul protagoniste que j’ai apprécié, puisque je les ai tous appréciés, même ceux qui étaient mauvais. En fait, c’est tout simple, j’aurais aimé connaître toute l’histoire de chacun d’eux.
J’ai bien apprécié les péripéties, qui s’enchaînaient les unes derrière les autres, bien qu’elles me faisaient craindre pour la vie du petit orphelin Claudi, puisque le temps était compté pour le retrouver. Chaque péripétie sert le récit, de sorte que le lecteur peut en apprendre davantage sur l’univers science-fictif de Wul. Nous découvrons alors les différents lieux, créatures et planètes qui l’habitent. L’univers se dessine au fil de ses épreuves et donne envie de le découvrir plus encore.
J’ai aimé la simplicité du style de la narration, qui faisait en sorte que le roman soit très clair et lisible. L’histoire se lit tout à fait aisément. Les technologies m’ont aussi plu, bien qu’elles aient laissé, à la fin de ma lecture, son lot de questions. Sur le moment, lorsque ces technologies entrent en scène, nous y croyons. Elles ne sont pas toutes justifiées scientifiquement, mais cela n’empêche pas le lecteur de les accepter comme telles… jusqu’à ce que leurs non-sens se fassent sentir et provoquent la naissance d’interrogations multiples.
Pourquoi? Parce que la fin du récit est bien construite sur le plan des théories de la science-fiction. Je ne veux pas vous dévoiler la fin du roman, mais disons que cette conclusion, qui s’explique scientifiquement et mathématiquement, met en lumière la totale invention des technologies de l’auteur. Stefan Wul ne résout pas ces interrogations suscitées chez son lecteur, et c’est ce qui ajoute au récit dans la mesure où ses lecteurs peuvent s’amuser à délibérer sur ce qui est possible ou non scientifiquement.
J’ai été flouée par cette conclusion du récit, justement. Et c’est l’une des raisons pourquoi j’ai tant aimé ma lecture. Je me suis fait avoir et, sur le coup, je tentais de comprendre, de trouver ce que j’avais pu manquer durant ma lecture. Par la suite, dans mon cours universitaire de science-fiction, je me suis fait expliquer les théories mises en scène dans L’orphelin de Perdide. Et j’ai eu envie de me faire flouer encore… alors je compte lire les autres livres de Wul.

Voici la bande-annonce du film :

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Une intéressante narration non fiable

Viviane Élisabeth Fauville

Par Julia Deck

Résumé en quatrième de couverture :

Vous êtes Viviane Élisabeth Fauville. Vous avez quarante-deux ans, une enfant, un mari, mais il vient de vous quitter. Et puis hier, vous avez tué votre psychanalyste. Vous auriez sans doute mieux fait de vous abstenir. Heureusement, je suis là pour reprendre la situation en main.

Mon appréciation :

Dès le début du roman, le lecteur est confronté à un meurtre et à une nouvelle maman tout juste divorcée. Par la narration, le lecteur devient pas moments cette Viviane Élisabeth Fauville, qui affirme avoir commis le meurtre. Convaincus de son méfait, nous ne pouvons pourtant pas lui en vouloir, puisque le récit tend à nous rapprocher de cette femme.
La narration joue beaucoup sur la pronominalisation (certains passages sont au je, d’autres au elle, au nous, au vous, au tu. Ce jeu amène une pluralité de voix, bien qu’il n’y ait toujours qu’un seul personnage principal. Il est possible de rattacher ces effets à une certaine folie de la protagoniste, qui est accentuée, à certains moments, par les mensonges verbaux et ceux qui se retrouvent aussi à même la narration.
J’ai particulièrement aimé la quête de vérité de Viviane, qui rencontrait les autres personnes soupçonnées et interrogées sur l’assassinat. Bien qu’elle affirme sa culpabilité, elle ne peut s’empêcher d’aller à la rencontre des soupçonnés, peu importe les risques qu’elle encourt. Bien que je craignais qu’elle ne se fasse arrêter à cause de ses manigances, je prenais plaisir à suivre ses expériences.
Je me refuse à en dire davantage, puisque ce qui reste le plus pertinent et déstabilisant du livre, c’est sa finale, et je ne veux pas vous la dévoiler. Néanmoins, j’ai beaucoup aimé que nous puissions nous interroger, à la fin, sur la légitimité de la narration, qui n’est pas fiable. Je vous laisse donc découvrir cette fin et comment la narration de Viviane Élisabeth Fauville cache le mensonge.

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Un voyage qui ne laisse pas indifférent

Désert

Par J.M.G. Le Clézio

Résumé en quatrième de couverture :

La toute jeune Lalla a pour ancêtres les « hommes bleus », guerriers du désert saharien. Elle vit dans un bidonville, mais ne peut les oublier. La puissance de la nature et des légendes, son amour pour le Hartani, un jeune berger muet, une évasion manquée vers « leur » désert, l’exil à Marseille, tout cela ne peut que durcir son âme lumineuse. Lalla a beau travailler dans un hôtel de passe, être enceinte, devenir une cover-girl célèbre, rien n’éteint sa foi religieuse et sa passion du désert.

Mon appréciation :

Le récit de Désert se divise en deux trames narratives : celle de Lalla et celle d’une caravane dans le désert qui est composée des hommes bleus. On reconnaît les chevauchements de récits par la mise en page du texte, qui présente plus de blanc dans les parties concernant les hommes bleus, ancêtres de Lalla.
Lors de ma lecture, j’ai préféré tous les passages qui concernaient davantage Lalla. Ceux-ci étaient beaucoup plus faciles à lire, puisqu’ils contenaient un récit plus accessible et linéaire. Comme le résumé l’indique, la jeune femme quitte le désert pour la ville. Par contre, j’aurais bien aimé que son voyage dans le désert s’étende sur une plus longue période (et donc plus de pages), car j’adorais découvrir ce lieu que je ne maîtrise pas du tout. Selon moi, c’était la partie la plus intéressante de son périple.
Du côté des personnages, j’ai bien aimé la naïveté de celui de Lalla. Nous étions en présence d’une femme ayant tout à découvrir du monde et qui doit encore tout apprendre. Elle est également intéressante par la luminosité qu’elle dégage. Même dans la ville grise, Lalla évoque le soleil et le sable désertiques. Elle possède aussi un tempérament particulier qui fait qu’elle ne semble jamais s’attacher aux choses. Lalla est presque un phénomène en soi. Mis à part elle, il y a aussi Radicz, un jeune voleur, qui est intéressant. On se plait à le découvrir, et ce, jusqu’à sa surprenante fin. À ce moment, on s’arrête, on devient muet. Je vous laisse découvrir pourquoi.
Finalement, j’ai bien aimé l’importance accordée aux légendes dans le bidonville de Lalla. Il en va de même pour l’omniprésence des cinq sens et des descriptions d’époustouflants décors à la faune et à la flore fascinants. Désert est un roman de voyage assez plaisant. Ce n’est pas du tout mon préféré, mais j’ai su y apprécier bon nombres d’éléments en m’interrogeant sur la profondeur du texte.

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Un excellent livre empreint de douce poésie!

Journal d’un vampire en pyjama

Par Mathias Malzieu

Résumé en quatrième de couverture :

« Ce livre est le vaisseau spécial que j’ai dû me confectionner pour survivre à ma propre guerre des étoiles. Panne sèche de moelle osseuse. Bug biologique, risque de crash imminent.
Quand la réalité dépasse la (science-) fiction, cela donne des rencontres fantastiques, des déceptions intersidérales et des révélations éblouissantes. Une histoire d’amour aussi.
Ce journal est un duel de western avec moi-même où je n’ai rien eu à inventer. Si ce n’est le moyen de plonger en apnée dans les profondeurs de mon cœur. »
Mathias Malzieu

Mon appréciation :

Après avoir lu et vu La mécanique du cœur et écouté l’album Vampire en pyjama, j’ai pris grand plaisir à lire le Journal d’un vampire en pyjama. Le récit prend place peu de temps avant la grande première du film Jack et la mécanique du cœur. Mathias Malzieu, l’auteur, apprend qu’il souffre d’une aplasie médullaire : ses propres anticorps se retournent contre lui et détruisent ses globules blancs et ses plaquettes, le laissant affaibli et à risque élevé de développer des infections et virus.
Malgré ce que représente la maladie évoquée dans le livre, la lecture n’est jamais difficile. Le contenu n’est pas toujours joyeux, mais sa lecture reste toujours légère et agréable. Mathias Malzieu sait jouer avec les mots pour faire couler ses propos et les rendre colorés. Le livre fourmille de belles paroles et de références amusantes (dont certaines à Star Wars).
J’ai bien apprécié les rapprochements de l’auteur avec ses autres œuvres. Pour bien apprécier le livre, je crois qu’il est bon d’avoir au moins vu le film qu’il a réalisé. Cependant, il n’est pas nécessaire d’avoir lu ses autres livres pour plonger dans celui-ci et l’apprécier. D’ailleurs, n’en ayant lu qu’un autre, cela m’a donné très envie de savourer ceux que je ne possède pas. Métamorphose en bord de ciel est le roman le plus évoqué pour des raisons de thématique. On nous en dévoile les grandes lignes, et un peu la finale, mais cela donne vraiment le goût de le lire.
J’ai dévoré cette lecture en peu de temps. J’ai adoré toutes les références (littéraires, musicales et cinématographiques). Cela me permettait de bien plonger dans la personnalité de Mathias Malzieu. L’homme est énergique, déterminé et persévérant, autant dans son métier que dans les dures épreuves provoquées par la maladie. Sa joie de vivre est immense et contagieuse.
Journal d’un vampire en pyjama est un livre qui parle de courage, d’amour, d’amitié, de création et de passion. L’auteur donne l’impression de vivre sa vie à 100 à l’heure, et cela dans la santé comme dans la maladie. Ce livre, c’est aussi l’histoire d’une deuxième naissance, comme l’écrivain le dit lui-même. C’est une histoire de bonheur.

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Un tome moins heureux, mais agréable à lire

Les Rougeon-Macquart, tome 12, La Joie de vivre

Par Émile Zola

Résumé en quatrième de couverture :

Près d’Arromanches, dans la maison du bord de mer où ils se sont retirés les Chanteau ont recueilli Pauline, leur petite cousine de dix ans qui vient de perdre son père. Sa présence est d’abord un surcroît de bonheur dans le foyer. Puis, autour de l’enfant qui grandit, les crises de goutte paralysent peu à peu l’oncle Chanteau, la santé mentale de son fils Lazare se dégrade, l’héritage de Pauline fond dans les mains de ses tuteurs, et le village lui-même est rongé par la mer.

Mon appréciation :

Je suis un peu dans le désordre, puisque j’ai lu ce tome-ci après avoir lu le suivant, Germinal, et ce sans avoir lu les autres Rougeon-Macquart. À la lumière de cette deuxième lecture, je compte lire les autres romans de la série, puisque j’aime bien le style de l’auteur.
La joie de vivre est un livre plutôt sombre, ce qui en fait un titre ironique. L’histoire subit de nombreuses montagnes russes émotives, mais avec des rails qui ont une tendance décroissante plus le récit progresse.
Au début du roman, comme Pauline, nous devons nous adapter à la nouvelle famille dans laquelle elle emménage. L’amitié qui se forme entre Pauline et son cousin Lazare est plaisante à lire. Ceux-ci jouent comme s’ils étaient deux frères  qui s’amusent ensemble et se taquinent volontiers. Cette amitié se transforme alors que Pauline devient une adolescente, puis une jeune adulte.
Si l’on prend plaisir à lire cette histoire, il va sans dire qu’elle n’est pas très joyeuse. Plus les pages défilent, plus les rêves de Pauline sombrent. Dans ce roman, Zola présente la destruction d’une famille entourant la jeune cousine qui, elle, est forcée de se contenter de ce qu’il lui reste par la suite. Les malheurs de Pauline, bien que dommages, se lisent agréablement.
Le livre présente aussi des rapports intéressants quant à la science. Dans une scène, nous voyons Pauline se fasciner pour des ouvrages de référence; dans une autre, c’est Lazare qui se passionne pour ses études et ses projets.
En somme, bien que l’histoire de ce tome ne soit pas joyeuse, nous prenons plaisir à la lire. Les descriptions et les idées de Zola nous gardent rivés au récit de Pauline.

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Une construction intéressante de la narration

Traversée de la Mangrove

Par Maryse Condé

Résumé en quatrième de couverture :

À Rivière au Sel, en plein coeur de la forêt, on veille un mort, un homme qui s’est installé dans le village quelques années auparavant et dont on ne sait pas grand-chose.
Est-il cubain? colombien? A-t-il déserté? Pourquoi est-il revenu en Guadeloupe? Les réponses ne sont pas claires.
Cependant peu importe la véritable identité de cet homme. Ce qui importe, c’est l’image que les individus gardent chacun de lui et les modifications essentielles qu’il a apportées dans leurs vies.
Dans le temps clos de cette seule nuit, au-delà de cette petite communauté, c’est toute la société guadeloupéenne d’aujourd’hui qui se dessine, avec ses conflits, ses contradictions et ses tensions.

Mon appréciation :

C’est une enseignante qui m’a mis ce livre dans les mains. Je ne connaissais ni l’auteure ni ses œuvres. J’ai ainsi découvert une intéressante manière de raconter un récit.
Le roman n’a rien de linéaire, puisque nous le commençons avec la mort d’un personnage masculin. Cet homme est très énigmatique chez les gens qui l’ont côtoyé. Aucun ne l’a perçu de la même manière, et c’est cette pluralité de la présence d’un individu que montre le roman. Chaque protagoniste, à son tour, prend les reines de la narration pour exprimer le point de vue qu’il a du mort. Chacun raconte sa rencontre avec le défunt, la perception qu’il en a eu et son opinion tranchée sur cet homme qui a remué le paysage de Rivière au Sel. Le récit est donc constitué d’une multitude d’analepses qui dressent un portrait multiple d’un même homme. Le lecteur n’a d’ailleurs pas accès à la vérité, puisque le mort ne peut renchérir et se dévoiler lui-même.
La question de l’identité, dans Traversée de la Mangrove, est donc très intéressante. En y réfléchissant bien et en faisant le parallèle avec notre propre vie, on se demande comment nous sommes perçus des gens qui nous entourent. Leurs avis doivent, pour eux aussi, diverger comme c’est le cas dans ce roman.
Finalement, la conclusion du livre peut laisser penser que le défunt, Francis, peut être analysé comme un bouc émissaire. Tout le monde parle de lui en bien ou en mal. Ayant créé des remous par son mystère chez les gens du village, sa mort permet de ramener le calme sur la place ou de retourner au cours normal des choses. Le roman, qui ne s’étale que sur une nuit, se lit très rapidement et permet de nombreuses réflexions.

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