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Entre quête et désordre

Liquidation

Par Imre Kertész

Résumé en quatrième de couverture :

Nous sommes à Budapest, en 1999. L’écrivain B., qui s’était suicidé peu après les bouleversements de 1989, ne cesse de hanter l’esprit de ses amis. Surtout celui de Keserű, éditeur qui cherche désespérément à publier les œuvres posthumes de l’auteur admiré sans jamais y parvenir, tant l’économie de marché a pris le dessus.
En dernier recours, Keserű essaie de mettre la main sur le roman que, selon sa conviction, B. a dû écrire sur ses origines, sur l’origine de son mal-être. Car B. est né à Auschwitz, en 1944, dans des circonstances absurdes, et sans jamais connaître sa mère. Ce texte-là saura-t-il enfin garantir la postérité à l’ami disparu?
Commence alors l’enquête de Keserű auprès des femmes qui ont le mieux connu l’énigmatique B.

Mon appréciation :

Imre Kertész, l’auteur, hante mes études universitaires. J’ai eu un premier livre à lire de cet écrivain dans un premier cours. Je l’ai commencé, tout juste, mais pas assez pour dire que j’en ai véritablement lu le début. Parce que j’ai arrêté. Je n’avais pas accroché; c’était complexe et ardu. Et puis, je n’allais pas être évaluée sur ce livre. Plus tard, dans un autre cours, ce fut au tour de Liquidation. Celui-ci, en revanche, je n’avais pas le choix de le lire, puisque j’avais un travail à faire dessus.
La lecture était ardue. Mais tout de même intéressante.
Le récit, mené comme une sorte d’enquête pour retrouver un hypothétique manuscrit, est parfois entrecoupé de passages narrés sous la forme théâtrale. Ça ne casse pas totalement le récit, puisqu’il y a une continuité entre les deux formes de narration. Néanmoins, cela crée un certain désordre dans la lecture. En tant que lecteur, on se questionne sur l’utilité de l’utilisation d’un tel procédé. Qu’est-ce que cela peut apporter au texte? J’ai du mal à le dire, outre le fait de repousser les limites des genres et de les entremêler.
Cette quête d’un livre, je l’ai trouvée plutôt intéressante. Le narrateur cherche désespérément un manuscrit qu’il est convaincu que l’écrivain qu’il affectionne a écrit. Le lecteur accepte cette idée. Un livre inédit? Pourquoi pas. Puis le récit se poursuit, et le lecteur doute par moment de l’existence de ce livre. Il pourrait bien ne pas exister. C’est ce questionnement qui est amusant, pertinent. Le lecteur ne peut que se prêter au jeu et attendre que le narrateur trouve, ou ne trouve pas, le fameux manuscrit.
Liquidation n’est pas une œuvre facile d’accès. Toutefois, c’est aussi ce qui lui donne une bonne part de son intérêt, puisque nous pouvons la questionner.
Je ne suis pas certaine de relire bientôt des romans de Kertész. Cela va néanmoins finir par arriver, puisque j’ai un autre de ses livres qui attend patiemment (il n’a pas le choix) sur une tablette. Peut-être un lien particulier se créera-t-il à ce moment-là? Je verrai bien.

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Catégories : Contemporain/Réaliste, Historique | Étiquettes : , , | Poster un commentaire

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