Articles tagués : Littérature québécoise

Lecture ardue mais intéressante

Rue Saint-Urbain

Par Mordecai Richler

Résumé en quatrième de couverture :

Le quartier juif, entre l’avenue du Parc et la Main, dans le Montréal des années 1940. Voici le monde dans lequel Mordecai Richler nous plonge, avec ses lieux, ses personnages, son ambiance : le restaurant de Tansky, communiste invétéré, où s’échauffent les esprits, l’école primaire et les rêves d’avenir qu’elle suscite, l’appartement familial où les parents louent une chambre à un réfugié, puis à un écrivain qui attend le succès; et, l’été venu, la plage des Laurentides et sa pancarte, « This Beach is restricted to Gentiles », que les jeunes s’empressent de déterrer…
Un monde attachant, plein de bonhomie sympathique, ayant pour toile de fond le Québec de Duplessis et les États-Unis, l’« Amérique véritable ». Un univers comme seul pouvait le décrire l’auteur de L’apprentissage de Duddy Kravitz.

Mon appréciation :

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à réellement me plonger dans l’œuvre de Richler. Je ne connais ni bien l’époque ni bien les lieux dans lesquels le roman prend vie. J’étais désorientée et je n’ai pu profiter pleinement de ma lecture, étant donné qu’il me manquait d’informations pour compléter les trous.
Bien que je n’étais pas ancrée dans l’histoire, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Je me cherchais beaucoup, mais j’aimais tout de même l’ambiance qui était dépeinte dans le livre. Je pouvais découvrir comment certaines personnes pouvaient vivre à l’époque de Duplessis, au Québec.
Autrement, j’ai aimé les personnages, mais tout particulièrement celui de l’écrivain. Figure qui vient davantage me rejoindre parce que le milieu littéraire dans son entier me fascine, j’ai pris plaisir à lire les aventures du protagonistes. L’homme tarde beaucoup à écrire et il est déjà considéré comme un grand écrivain qui vendra bien. Les relations de tension entre l’écrivain et ses fans avant l’heure, entre l’écriture et la lecture, entre les mots et la page blanche, entre le succès et l’insuccès m’ont captivée. Je crois que j’aurais aimé suivre plus encore ce personnage plutôt que certains autres.
Dans l’ensemble, ma lecture de Richler est donc mitigée. Je crois que je devrais relire le livre après m’être documentée sur l’époque afin d’en faire une meilleure lecture. D’ici-là, mon avis reste constitué de hauts et de bas. Néanmoins, pour ceux qui aiment le côté culturel des œuvres, celle-ci pourrait être pertinente. 🙂

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Un policier jeunesse qui exploite une thématique forte

15 ans ferme

Par Laurent Chabin

Résumé en quatrième de couverture :

Un violent incendie, avenue Victoria à Westmount. Une folle poursuite à travers Montréal. Un riche avocat et sa femme retrouvés morts dans leur résidence. Un être fragile caché dans un bosquet du quartier Saint-Henri, la peur au ventre. En voilà assez pour que Sara, l’héroïne du roman Les Trois Lames, se sente interpellée et décide d’aider la victime. Mais qu’est-ce qui peut bien unir un riche homme d’affaires, son épouse et des immigrants clandestins?
Un jeu de pistes qui tient en haleine du début à la fin. Une intrigue habilement ficelée et des personnages qui se cachent derrière des apparences trompeuses. Un récit qui laissera constamment le lecteur dans le doute et que dévoreront les amateurs de romans policiers.

Mon appréciation :

Je n’ai pas lu le roman précédant celui-ci. Je n’avais jamais lu de romans de Laurent Chabin auparavant, non plus. Pourtant, cet homme a écrit une multitude d’œuvres policières, autant jeunesses que pour adultes. On m’a mis ce tome entre les mains dans l’objectif de l’analyser. Néanmoins, comme c’est un roman jeunesse, je me suis tout de même amusée à le lire avec les yeux que j’aurais eus adolescente.
L’une des particularités de ce livre est que la narration est plurielle. Le lecteur a le point de vue de chaque personnage selon les moments du récit. Chacun raconte ses parties au je, de sorte que le lecteur peut avoir accès à une certaine intimité de la part des protagonistes. Question de connaître davantage nos héros, j’aurais aimé avoir lu le premier tome… mais cela ne change pas grand chose à la lecture que j’ai pu en faire, tout de même. Je ne sentais pas que j’avais un gros manque à combler à ce sujet.
J’ai beaucoup aimé l’intégration d’extraits de journaux dans le fil de la lecture, bien qu’il n’apportaient pas nécessairement beaucoup. Je les trouvais essentiellement amusants et j’aimais avoir un point de vue extérieur aux événements.
Le roman reste aussi intéressant dans la mesure où il aborde le sujet des réseaux clandestins où l’on profite de personnes dépourvues de moyens provenant de d’autres pays. J’aimais bien cette thématique, qui n’est pas toujours abordée, d’autant plus dans la littérature jeunesse. Se plonger dans les expériences atroces que vivent ces gens était assez particulier. C’était complexe à déchiffrer, mais cela était un bon prétexte pour s’interroger sur l’humain.
Par contre, la fin était un peu étrange. Nous nous sommes d’ailleurs tous interrogés à ce sujet dans mon cours. La victime du livre pend une décision rapide par rapport à une situation qui la dépasse et qui est très complexe. Cela rend son choix superficiel, sans teneur réelle des conséquences qu’il peut entraîner.
Au final, j’ai eu une agréable lecture. Le roman se lit très bien, malgré la grande alternance de personnages. Peut-être que je vais m’attaquer aux romans pour adultes de Laurent Chabin, histoire d’en voir la différence.

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Une intéressante entrée en matière

De quoi t’ennuies-tu, Éveline? suivi de Ély! Ély! Ély!

Par Gabrielle Roy

Résumé en quatrième de couverture :

Apprenant la maladie de son frère chéri, une vieille dame entreprend un long voyage en autobus de Winnipeg jusqu’à la côte californienne. En cours de route, elle découvre le continent et les êtres qui l’entourent, et surtout elle retrouve en les racontant sa propre jeunesse et cet « ennui » qu’elle a toujours éprouvé pour elle ne sait quel ailleurs, quelle vie plus haute et plus vraie. Éveline arrivera trop tard pour parler à son frère. Mais celui-ci, en l’attirant dans cette aventure, lui aura permis de trouver elle-même les réponses aux questions qu’elle voulait tant lui poser.
Ély! Ély! Ély! est aussi le récit d’un voyage, celui d’une jeune femme renouant avec sa famille, là même où elle se croyait complètement perdue.

Mon appréciation :

Je n’avais malheureusement jamais lu dans l’intégralité un roman de Gabrielle Roy avant celui-ci. Pourtant, au Québec, ses livres, dont Bonheur d’occasion, sont souvent étudiés tout au long du parcours scolaire (dès le secondaire). J’ai évité ces lectures par une étrange suite de hasards jusqu’à ce jour : université, deuxième année.
De quoi t’ennuies-tu, Éveline? est une lecture qui m’a bien plu. Bien que la quatrième de couverture du livre en dévoile beaucoup sur la conclusion du récit, on s’attache rapidement au personnage d’Éveline et l’on se demande quelles péripéties elle va affronter pour se rendre chez son frère, qui aura trouvé la mort entre temps.
J’ai surtout aimé le personnage d’Éveline. C’est elle qui m’a fait apprécier le récit. Cette personne relativement âgée s’embarque dans un voyage pour se rendre chez son frère. Tout au long de son trajet, elle rencontre maintes personnes. Éveline prend plaisir à raconter ses motivations, tout comme les autres prennent plaisir à raconter différents souvenirs qu’ils ont de leur existence.
Dans le deuxième texte, Ély! Ély! Ély!, le personnage m’est moins familier. Le texte est d’ailleurs plus court, ce qui fait peut-être pencher la balance. On s’attache moins à ce nouveau personnage, bien que sa quête reste intéressante. La thématique du voyage est bien présente et amène des idées que le lecteur peut approfondir ou non en dehors de sa lecture.
Dans l’ensemble, j’ai apprécié ma découverte de Gabrielle Roy. Je ne sais pas encore si je vais de moi-même goûter ses autres écrits ou si je vais attendre qu’ils me tombent entre les mains. Il n’empêche qu’il est presque certain que je la relierai.

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Un roman typiquement fantastique

Matshi, l’esprit du lac

Par François Lévesque

Résumé en quatrième de couverture :

Quand ma mère m’a annoncé, l’air de rien, que nous quittions notre appartement de Montréal pour les forêts abitibiennes, j’étais loin d’être enchanté. Surtout que tout avait été planifié dans mon dos. Une fois sur place, j’ai bien dû admettre que ce n’était pas la fin du monde. Il y avait ce grand lac, où je pouvais pêcher. Mais j’ai vite compris que ce plan d’eau était particulier. De légendes mystérieuses en découvertes inusitées, j’ai passé, au lac Matshi-Manitou, l’été le plus exaltant de ma vie.

Mon appréciation :

Matshi, l’esprit du lac est un très bon roman fantastique pour les jeunes d’environ dix ans. On y retrouve adéquatement les caractéristiques principales du genre, ce qui fait que le livre peut permettre de les mettre en lumière pour étudier les particularités du fantastique. Avec cette œuvre de François Lévesque, l’enfant découvre un environnement réaliste qui est habité par une créature surnaturelle qu’il ne peut que s’imaginer, puisque, comme le genre le demande, le mystère reste entier.
Je n’aurais jamais été portée à lire ce roman si l’on ne m’avait pas demandé de le faire dans un cours universitaire sur le romans pour adolescents contemporain. Il n’empêche que j’ai pris plaisir à lire cette histoire.
L’ambiance qui règne dans le livre est typiquement fantastique et rend la lecture très agréable. Nous sommes intrigués par la créature qui se tapit dans le lac. Son caractère dangereux, souligné par la disparition d’hommes, épice un peu les choses et donne envie de tout savoir à son sujet. Si le lecteur doit plutôt construire par lui-même les blancs concernant la bête, il n’en est pas moins trop déçu. En effet, de tout savoir serait probablement plus ennuyant que l’inconnu.
Le personnage principal est plutôt intéressant dans la mesure où son passé familial est très relié à l’Abitibi. Bien qu’il ne s’affirme pas beaucoup et que nous devinons facilement son origine paternelle, son histoire reste bien divertissante.
Dans l’ensemble, j’ai bien apprécié ma lecture. C’est une lecture facile et agréable. Que ce soit pour un jeune ou pour un adulte, je crois que Matshi, l’esprit du lac est un petit roman qui peut amuser l’espace de quelques minutes.

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Un roman qui ne m’a pas touchée…

21 jours en octobre

Par Magali Favre

Résumé en quatrième de couverture :

« Vers 4 heures, cette nuit, le gouvernement a pris des dispositions exceptionnelles. Il a proclamé la Loi sur les mesures de guerre… »
Nous sommes à Montréal, en octobre 1970. Dans cette période troublée de l’histoire du Québec, Gaétan va affronter l’usine, le chômage et l’arbitraire policier. Il découvrira la révolte des petites gens, et vivra aussi une première rencontre amoureuse…
Une tranche de vie passionnante, dans l’atmosphère des événements dramatiques qui se sont déroulés cet automne-là.

Mon appréciation :

Je n’aurais probablement jamais lu ce livre si je n’avais pas eu à l’étudier dans le cadre d’un cours sur la littérature québécoise pour adolescents. Les romans réalistes et historiques ne m’intéressaient pas vraiment lorsque j’étais moi-même une jeune adolescente. Je me suis tout de même prêtée au jeu et j’ai plongé dans ce petit roman avec tantôt les yeux d’une adolescente d’environ 12 ans, tantôt ceux d’une jeune adulte.
Tout d’abord, je ne me suis pas identifiée au personnage principal. Non pas parce qu’il est un jeune garçon, mais plutôt parce que son mode de vie ne rejoint aucunement le mien. Bien entendu, il y a l’aspect historique du roman qui entre en jeu. L’adolescence à cette époque n’était pas la même que celle que j’ai pu vivre. J’avais pourtant du mal à me cadrer avec un mode de vie où l’on quitte l’école tôt pour travailler à l’usine, et ce, dans le but de contribuer à faire vivre sa famille. Parce que c’est ce que Gaétan choisit de faire : il quitte l’école pour entrer dans le monde des adultes où l’on travaille et où l’on peut se récompenser d’une petite bière entre amis après la job.
Concernant la trame historique comme telle, je dois dire qu’elle était intéressante, mais je l’ai plus ou moins bien sentie. Gaétan a beau faire l’expérience de la loi sur les mesures de guerre, son rôle reste plutôt passif et sa perception des événements peu approfondie. Cela est probablement directement lié au fait que le héros a beau avoir tout juste commencé un travail, il reste enfant encore dans la mesure où il est très lié aux amitiés et que son avenir peut continuellement changer, tel que le montre la fin du récit.
En somme, la lecture de ce roman se faisait très bien : elle était facile. Par contre, étant donné que je ne me suis pas sentie happée par le personnage ni par les actions du récit, ma lecture m’a laissée relativement indifférente. Outre de montrer comment un adolescent peut être mis en scène dans un tel genre de roman, je n’ai malheureusement pas senti un réel intérêt pour ce livre.

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Une relecture d’un roman de mon enfance!

Amos Daragon, tome 1, Porteur de masques

Par Bryan Perro

Résumé en quatrième couverture :

Amos Daragon, un brillant garçon de douze ans, devient malgré lui le premier élu de la nouvelle génération des porteurs de masques. Grâce à ses pouvoirs sur les éléments et aidé de Béorf Bromanson, un jeune garçon de la race des béorites capable de se transformer en ours, Amos parcourt les contrées étranges peuplées de créatures légendaires, à la recherche des masques de pouvoir.

Mon appréciation :

J’ai lu la série Amos Daragon pour la première fois alors que j’étais en secondaire un. La série était complètement publiée, ce qui a fait en sorte que j’ai dévoré chaque volume à la suite du précédent. Après quelques années, l’auteur a racheté les droits sur ses romans et a décidé de les rééditer lui-même. Aujourd’hui, la série est presque complète à nouveau.
En relisant ce premier tome, je me suis rappelé les souvenirs que ma première lecture m’avait donnés. Bien que j’aie acquis de la maturité avec le temps, j’ai tout de même su apprécier ce roman (mais peut-être un peu moins qu’à l’époque).
Le personnage d’Amos est doté de tous les talents, ce qui peut l’éloigner d’un adolescent réaliste. Cependant, nous ne pouvons lui en vouloir trop pour cette perfection, puisque nous restons curieux de savoir jusqu’où ces talents vont le mener dans ses aventures (et comme je les ai déjà lues, le héros a énormément de péripéties à surmonter). Le protagoniste de Béorf, quant à lui, est intéressant d’une autre manière, voire davantage. Son passé est complexe, ce qui en fait un être doté de plein de bonté et de défauts. En comparaison d’avec Amos, Béorf est plus humain.
Ce premier tome, qui est le tout début de la grande quête que doit entamer Amos Daragon pour acquérir un grand pouvoir, est suffisament intriguant pour mener à la lecture des suivants. C’est une bonne aventure qui m’a, à tout le moins, donné envie de relire la série afin de me rappeler le bonheur que j’ai déjà eu à le faire il y a quelques années.

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Une première lecture tout de même intéressante

Nikolski

Par Nicolas Dickner

Résumé en quatrième de couverture :

Printemps 1989. À l’aube de la vingtaine, Noah, Joyce et un narrateur non identifié quittent leur lieu de naissance pour entamer une longue migration. Fraîchement débarqués à Montréal, ils tentent de prendre leur vie en main, malgré les erreurs de parcours, les amours défectueuses et leurs arbres généalogiques tordus. Ils se croient seuls; pourtant, leurs trajectoires ne cessent de se croiser, laissant entrevoir une incontrôlable symétrie au sein de leurs existences.
Avec une minutie qui frôle parfois celle d’un zoologue fêlé, Nicolas Dickner prend un malin plaisir à rassembler des archéologues vidangeurs, des flibustiers de tous poils, des serpents de mer, plusieurs grands thons rouges, des victimes du mal de terre, un scaphandrier analphabète, un Commodore 64, d’innombrables bureaux de poste et un mystérieux livre sans couverture.

Mon appréciation :

Avant de lire ce roman, j’avais déjà entendu parler de l’auteur par d’autres titres. Ses écrits m’intéressaient, m’intriguaient. Enfin, c’est dans le cadre d’un cours sur le roman québécois que j’ai eu l’occasion de me plonger dans l’écriture de Nicolas Dickner.
J’ai bien aimé découvrir chacun des personnages du livre, bien que je ne pouvais m’identifier à aucun d’eux. Leurs existences étaient trop différentes de la mienne. Toutefois, cela suscitait de l’intérêt chez moi, puisque je découvrais trois vies complètement nouvelles. Cependant, mon intérêt pour chacun des protagonistes était instable. Je n’avais pas toujours autant de plaisir à lire les aventures d’un tel personnage. En somme, il m’arrivait d’en préférer un à un autre, par moments, et cette préférence changeait à l’occasion.
Toujours sur le plan des personnages, le résumé du livre me donnait envie que le trio en vienne à se rejoindre. Cela n’a pas été le cas. Les personnages, avec leurs existences qui les opposent et les rapprochent à la fois, ne cessent de se frôler. Par contre, ils n’entretiennent jamais aucun liens entre eux, ne prennent pas la peine de se connaître. C’était intéressant, mais décevant en même temps.
Dans l’ensemble, j’ai beaucoup aimé l’apprentissage que je pouvais tirer des quelques connaissances disséminées tout au long du récit. De plus, le mystérieux livre sans couverture m’intriguait beaucoup, et je me demandais bien ce qu’il adviendrait de lui (et j’aime quand même le résultat). Le style d’écriture était fluide et agréable. Enfin, si ce roman ne m’a pas soulevée du début à la fin, il ne m’a pas empêchée de vouloir essayer d’autres textes de l’auteur.

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Une aventure dans un carnet

Ophélie

Par Charlotte Gingras

Résumé en quatrième de couverture :

À mon tour, j’ai le rouge aux joues. Je grince des dents. Je sors ma craie blanche de ma poche. J’examine les lieux. Puis je me décide, traverse l’atelier jusqu’au milieu, me penche. Je trace une marque sur le sol, en me déplaçant rapidement. Une bande qui divise l’espace en deux. « Ici, c’est chez moi. De l’autre bord, tu fais ce que tu veux. »
Depuis longtemps, Ophélie rêve d’avoir un endroit à elle, loin du regard et du bruit des autres. Elle croit avoir enfin trouvé, lorsqu’elle s’aperçoit que quelqu’un occupe déjà les lieux. Bien décidée à rester, Ophélie est obligée de partager l’espace avec cet Ulysse qui est tout à fait son contraire. Commence alors une guerre de tranchées où chacun défend son territoire. Mais, peu à peu, des liens se tissent…

Mon appréciation :

J’ai bien aimé lire cette histoire, en particulier parce qu’elle recèle une foule d’éléments intéressants. Si cela reste un roman pour adolescents, un adulte peut tout autant se prendre au jeu et en apprécier la lecture.
Dans le roman sont disséminés plusieurs gribouillis variés, dessins qui seraient réalisés par la narratrice, Ophélie. Je les trouvais bien intéressants dans la mesure où ils ajoutaient parfois du sens à ce qui était raconté. De plus, cela donnait vraiment l’impression que l’histoire provenait d’un carnet (Ophélie écrit ce qui lui passe par la tête dans ce livret et y raconte une partie de sa vie). L’art est d’ailleurs très présent dans le roman, puisque la jeune fille passe beaucoup de temps à créer. Ses créations sont aussi représentatives de son intériorité ou de celle qu’elle aimerait être. Cela me donnait envie de voir les grosses peintures qu’elle réalisait sur les murs de sa cachette. Je n’ai pu que me les imaginer.
Les personnages d’Ophélie et d’Ulysse sont très intéressants sur plusieurs points. D’abord, tous deux portent des pseudos qui rejoignent leur personnalité. Leur véritable nom, nous ne le savons pas. S’ajoutent à cela les existences difficiles des deux héros, ce qui crée une sympathie de la part du lecteur.
Si la fin est évidente concernant l’amitié qui ne peut que se former entre les deux personnages, leurs sentiments et leurs expériences communes ne sont pas anodines. Le récit met en évidence une forme d’amour qui se crée dans le regard plutôt que dans le physique, qui rebute mutuellement les deux protagonistes dès le début du récit. Les premiers jugements se voient craquelés et surpassés par la personnalité intérieure de chacun.
Finalement, j’ai apprécié que la fin du roman soit ouverte. Elle questionne l’art et l’authenticité du récit. J’ai beaucoup aimé pouvoir être libre de m’en créer une interprétation selon les images et le peu de texte qui guident le lecteur à la dernière page.
En bref, Ophélie est un très bon roman pour les adolescents. S’il n’est pas nécessairement très joyeux tout au long, le message qu’il passe sur l’amour et l’amitié, les différences et les ressemblances, est très pertinent.

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Une histoire d’amour légère

Le temps volé

Par Chloé Duval

Résumé en quatrième de couverture :

La lettre d’un inconnu peut-elle changer votre vie?
Flavie, auteure de romans d’amour et fleur bleue dans l’âme, ne peut qu’être conquise quand elle reçoit un jour une missive mystérieuse, accompagnée d’excuses de la Poste pour… les quarante-trois ans de retard.
Qui était donc cette Amélie et cet anonyme désespéré de la convaincre de tout quitter pour vivre avec lui?
Bouleversée, Flavie brûle de les réunir, si longtemps après, et part en quête d’une aventure surgie du passé qu’elle espère faire renaître de ses cendres, au cœur de la Bretagne et de ses légendes.
Malgré les embûches, elle est bien décidée à obtenir une fin heureuse.

Mon appréciation :

Cela faisait un moment que je voyais ce livre sur Internet sous ses trois couvertures différentes. Le résumé était intrigant et la promesse d’une histoire d’amour bien tentante. Ce n’est que maintenant que je peux affirmer que je l’ai lu et qu’il sied sur l’une de mes nombreuses tablettes.
Lorsque j’ai commencé ma lecture, j’ai eu du mal à m’attacher au personnage de Flavie. Tricoteuse dans la trentaine, cela ne me ressemble pas. Puis, quand l’héroïne a reçu la lettre mentionnée dans le résumé, j’ai pris plaisir à la lire à mon tour. Immédiatement après, j’avais envie que ces mots soient mis devant le couple inconnu au plus vite afin de voir leurs réactions et de découvrir comment ils allaient poursuivre leur vie. Mais le roman Le temps volé ne raconte pas cela. En fait, le livre raconte davantage la quête de Flavie pour retrouver ces autres personnages, mais aussi sa propre quête amoureuse.
L’histoire est plutôt bien écrite. C’est une lecture très légère qui permet de décrocher du quotidien. Quelques fois, la narratrice, Flavie, semble dialoguer avec le lecteur. Cela me faisait étrange, mais j’ai tout de même apprécié, puisque cela amenait généralement une dose d’humour au récit. J’ai donc aimé ma lecture dans la mesure où elle était agréable et où j’étais curieuse de découvrir comment le couple d’inconnus allait se retrouver.
Cependant, j’ai ouvert le livre avec l’irrésistible envie de tomber amoureuse des personnages et de m’y attacher. Je n’ai pas pu vivre ce coup de foudre littéraire, bien que la quatrième de couverture me semblait pleine de promesses. N’empêche, l’idée était assez bonne et les deux histoires d’amour n’étaient pas mauvaises non plus. Si vous cherchez une romance toute simple et légère, vous pouvez essayer Le temps volé.

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Une aventure avec un potentiel inexploité

Alexis, fils de Raphaël

Par Marie-Célie Agnant

Résumé en quatrième de couverture :

Après s’être enfuis de leur pays, Alexis et sa mère se réfugient aux États-Unis avant de s’installer au Canada. Une nouvelle vie commence alors pour eux.
En compagnie des amis de son école, Alexis tente de retrouver son père, Raphaël, victime d’un enlèvement en Haïti.

Mon appréciation :

Mon avis reste très mitigé sur ce roman, peut-être en partie parce qu’il est le deuxième tome d’une série et que je n’ai pas lu son précédent. Mais mon hésitation va bien plus loin que cela, puisque je n’ai pas trop été désorientée durant ma lecture malgré mon manque.
J’ai trouvé l’histoire assez intéressante, d’autant plus que la question des réfugiés est très d’actualité. Cela m’a permis de m’imaginer, en partie, le quotidien de ces gens et les épreuves qu’ils vivent pour enfin s’installer dans un ailleurs dans lequel ils doivent s’adapter pour redécouvrir le bonheur de vivre. Le sujet m’a donc semblé très pertinent.
Cependant, comme l’histoire du jeune Alexis ne s’approche pas de la mienne, je n’ai pas pu créer de lien avec ce héros pour m’y identifier. Je lui étais donc moins attaché. Néanmoins, j’ai aimé l’évolution de sa relation avec sa mère, considérant les difficultés que les personnages vivent. Leur relation n’était pas toujours aisée, mais montrait bien l’unicité dans l’adversité.
La lecture du roman est très aisée, peu complexe. Il est aussi amusant de lire la classique scène où les immigrants découvrent la neige à leur arrivée au Québec.
Enfin, la finale m’a un peu déçue. Alexis a eu beaucoup de facilité à rassembler d’autres jeunes afin de tirer son père du pétrin. D’ailleurs, la réussite de cette tâche se fait aussi trop aisément, et les retrouvailles, quant à elles, manquent cruellement d’élaboration. C’est donc surtout l’histoire du père que l’on voudrait découvrir, et la perception que le jeune a de lui… mais nous n’avons pas accès à ces détails.

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