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Retour au début de mon adolescence!

Un roman-savon

Par Geneviève Lemieux

Résumé en quatrième de couverture :

« Miss Bigoudis a l’excellente idée de perdre connaissance. Joe, sur sa chaise, vient de passer du gris tourtière au gris charbon. L’Italienne est déjà à genoux face à une sécheuse, agitée de tremblements. Reste le macho et moi.
Des feux rouges et bleus se mettent à tournoyer dans la fenêtre givrée. L’horreur de la situation m’apparaît enfin. Il est huit heures du soir, il fait noir. Nous sommes pris en otage dans une buanderette. Faut l’faire!
… C’est drôle comme la vie s’obstine à remettre sur le même chemin des gens qu’un univers aurait dû séparer. Ça doit être cela le destin.
La vie est un cycle. Un cycle de lavage, et pas toujours délicat.
Le cycle de lavage, le cycle de la vie. Tout ce qui est propre finit par se salir. C’est un éternel recommencement.
Ce fameux soir de décembre, bien malin celui qui aurait pu déceler le fil conducteur unissant l’agresseur à ses victimes. »

Mon avis :

Je me suis fait plaisir en lisant ce roman jeunesse pour la deuxième fois. La première fois, j’avais un peu moins de 12 ans. Je me souviens avoir véritablement adoré cette lecture à l’époque. Il y a quelques mois, l’occasion s’est présentée et je me suis acheté ce livre que j’avais autrefois emprunté à la bibliothèque.
Le livre vient dans une petite boîte cartonnée qui rappelle celle des boîtes de savon dans les buanderies, soit là où se passe l’essentiel de l’action du roman. Un endroit et une thématique (celle du lavage) que je n’avais jamais explorés en personne lors de ma première lecture. Aujourd’hui, en appartement sans mes parents, j’ai bien appris ce que c’était que de laver et relaver, de transporter son linge dans de gros sacs pour aller faire une brassée. Ma lecture était donc différente. Non seulement parce que je fais maintenant mon propre lavage, mais aussi parce que j’ai vieilli de plus de dix ans.
J’ai pris beaucoup de plaisir à relire ce court roman. Peut-être pas autant que la première fois que je l’ai lu, car cette expérience de lecture était unique, mais tout de même beaucoup. Je redécouvrais avec grand plaisir cette scène de prise d’otages dans la buanderie… et sa conclusion particulière. Je retrouvais des personnages que j’avais oubliés partiellement ou complètement. Pour ces derniers, je trouvais amusant de retrouver l’opinion que la narratrice se faisait d’eux d’abord en ne se contentant que des apparences, puis ensuite alors qu’elle apprenait à les connaître.
Le roman ne contient pas beaucoup d’action en soi après la fameuse scène de la prise d’otages. Il s’agit plutôt d’une histoire de révélations. Cela reste intéressant, tout particulièrement parce que cela montre très bien la relation entre les apparences et la réalité. C’est surtout de cela qu’il est question, en fait. Derrière une petite boîte de savon se cache un livre qui parle d’identité, de vérité et de bonheur.
Si la vie est un cycle de lavage qui n’est pas toujours délicat, il reste que le linge qui en sort sent toujours très bon! Et si ma lecture n’a pas été aussi magique que la première fois, j’ai tout de même rudement apprécié plonger mon nez dans ces pages qui sentaient bon les souvenirs.
Un roman-savon, c’est une lecture légère, facile, agréable. Cela se lit vite, c’est divertissant et tu en ressors avec un petit message chaleureux et encouragent sur la façon de voir les autres autour de toi. C’est très simple… mais, parfois, c’est tout ce qu’il faut.

Un roman-savon - boîte

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Un suspens qui dérange et qui plaît

Le silence des sept nuits, tome 1, Les derniers jours

Par Dominic Bellavance

Résumé en quatrième de couverture :

Damian Ragellan reçoit la plus haute distinction militaire de l’armée. Il devient Arcaporal à dix-sept ans. Du jamais vu. Personne ne sait d’où provient son talent exceptionnel pour le combat.
Par même lui.
Mais ça n’a plus d’importance. Dans une semaine, la cité qu’il a juré de protéger pourrait disparaître à jamais. Une maladie mortelle décime la population à une vitesse effarante. Les infectés connaissent leur destin : des larmes noires déchireront leur visage jusqu’aux os.
La moitié de la ville est déjà perdue, l’autre attend son tour dans l’incertitude. Seule une grande muraille coupant Roc-du-Cap en deux permet aux mieux nantis de survivre…
Le conseiller du roi croit que ce fléau n’a rien de naturel, qu’il serait plutôt le fruit d’un puissant maléfice. Dans la hâte, Damian reçoit sa première mission : dénicher un contre-sortilège et châtier d’une main de fer le ou les responsables de cette calamité.
Les derniers jours vous conduira dans une cité plongée dans le chaos, où la mort attend les imprudents à chaque coin de rue. La nuit profonde s’est déployée. Quelqu’un devra rallumer l’espoir.

Mon avis :

Ma critique de ce roman, je l’ai réalisée pour la revue de science-fiction et de fantastique Solaris. Vous la retrouverez donc dans le numéro 209 , disponible en format numérique tout comme papier dès maintenant. Comme mon avis est publié dans une revue professionnelle, vous ne pourrez le lire sur ce blogue. Toutefois, afin de vous ouvrir un peu l’appétit, voici quelques extraits de ma critique :

Tandis que Ragellan investigue sur la source du mal qui sévit du côté de la ville dans lequel il a grandi, le lecteur se questionne au sujet de la double personnalité du militaire et de l’identité de l’espion.

Si la quête de Damian semble se préciser légèrement, celle du lecteur se noie sous les questions et l’incompréhension jusque dans les dernières pages

N’hésitez pas à vous procurer la revue. Vous pourrez y lire de nombreuses autres critiques, mais aussi des œuvres originales tout à fait captivantes!

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Un petit dino bleu qui a beaucoup de courage!

Aventurosaure, tome 1, Le réveil de Rex
Par Julien Paré-Sorel

Résumé en quatrième de couverture :

Rex, un jeune dinosaure bleu, rêve de devenir le plus grand aventurier de tous les temps! En attendant, il cumule les petits boulots au village de Crétincia tout en prenant soin de son père, atteint d’une mystérieuse maladie. Survient alors un événement tragique qui précipite Rex dans une quête épique. Avec ses amis Patchy et Gogo, il voyagera aux quatre coins du grand royaume de Mézoïk. Que l’aventure commence!

Mon avis :

Je vous avoue que j’ai un faible pour les dinosaures, et c’est certainement parce que, toute petite, j’aimais particulièrement écouter les films de la trilogie originale de Jurassic Park. Mais j’apprécie aussi beaucoup les bandes-dessinées, et ce même si je n’en lis pas énormément (mon rythme de lecture pouvant être très élevé, et mon budget, trop bas). Ainsi, lorsque j’ai su qu’un gars, Julien Paré-Sorel, allait publier une BD de dinosaures, je ne me suis pas retenue et j’ai sorti mon argent! (J’ai même fait dédicacer mon exemplaire. 😛 )
Aventurosaure est une bande-dessinée jeunesse. Elle vise un public d’environ huit ou neuf ans. Le fait que j’aie près du triple de cet âge ne m’a pas empêché d’avoir du plaisir durant ma lecture qui, je dois l’admettre, s’est effectuée très rapidement.
Rex, le héros du récit, a  beaucoup de courage. À vrai dire, il en a bien plus que je n’en aurai jamais. Si une catastrophe se produit à son village, il ne se morfond pas et entreprend aussitôt la quête qu’on lui propose. Rex, jeune dino rêveur, n’hésite pas à transformer ses rêves en réalité. J’ai donc beaucoup d’admiration pour ce petit personnage et j’espère qu’indirectement il donnera envie à des jeunes de tenter l’aventure (avec de moins  grands dangers, bien entendu!).
J’ai donc bien apprécié ce personnage, même si je ne peux m’y identifier (je n’ai pas de dents aussi grandes et tranchantes, après tout!). Le trio de protagonistes est assez classique, caricaturé, mais bien plaisant. S’ajoute donc un dino costaud mais peureux et une femelle intelligente, herbivore et à lunettes. Pour le moment, la BD reste très en surface sur ces personnages. J’espère sincèrement en apprendre davantage sur eux dans la suite de la série, car, même si le public cible est très jeune, je crois qu’il est bien plus intéressant d’offrir des portraits de héros qui se démarquent par leur personnalité propre et leurs différences. Il faut aller au-delà des portraits typiques du gros peureux, de la maigre intello et du beau héros qui, nécessairement, arrivera au bout de ses aventures.
L’histoire, elle aussi, reste assez simple pour l’instant. Il se passe beaucoup de choses en 53 pages, c’est tout de même vrai. Et, si ce n’était de toutes les émotions que vivent les trois jeunes dinosaures, nous aurions l’impression de survoler l’aventure. Parce que les choses se déroulent à un rythme assez élevé. Nous avons à peine le temps d’assimiler les personnages, de faire des liens entre les lieux et les actions que l’aventure commence et que les héros affrontent leurs premières difficultés dans leur quête. C’est intéressant, mais c’est vraiment précipité à mon goût. Je me demande toutefois ce que j’en aurais pensé à huit ou neuf ans.
La coloration de la BD est, quant à elle, magnifique. C’est très coloré, ce qui capte nécessairement le regard des jeunes lecteurs. Les couleurs représentent très bien tantôt le danger, tantôt la tristesse. Et l’auteur a fait d’excellents choix pour son récit lorsqu’il s’est mis à jouer avec les blancs des cases et à en faire dépasser d’autres de leur cadre. J’ai particulièrement aimé me questionner sur les sensations qu’apportaient de telles décisions (sans doute est-ce à cause de la BD de Scott McCloud, L’art invisible).
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé un agréable moment. Ma lecture a été rapide, divertissante et agréable. Je crois que j’aurais préféré un contenu plus recherché, plus adulte, mais je savais très bien que je n’obtiendrais pas cela en ouvrant ce livre. Toutefois, je me suis vraiment plu à mettre mon cerveau à off pour ce moment de divertissement.
Avez-vous d’autres lectures préhistoriques à me proposer? Parce que je suis très curieuse de découvrir d’autres histoires dérivées des dinosaures!

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Petite dose d’encouragements

La liste

Par Jérémy Demay

Résumé en quatrième de couverture :

En 2009, rien n’allait.
Je me levais le matin et je n’avais qu’un désir : celui de me rendormir pour oublier ma vie. Cet ouvrage regroupe tous les outils qui m’ont aidé à accéder à une vie fabuleuse, à vivre mes rêves et à me sentir épanoui.
J’ai écrit le livre que j’aurais aimé lire il y a six ans.

Mon avis :

Je ne pensais pas que je finirais par lire ce livre un jour. Lorsque je travaillais en librairie, je ne cessais de le voir passer à la caisse. « Avez-vous le livre de l’humoriste, là, t’sais? » Puis, sur un coup de tête, je l’ai acheté. Tellement de gens l’avaient acheté, lu, relu, en parlaient.
Je ne lis pas de livre de croissance personnelle. Mais j’ai lu celui-ci.
Qui plus est, ça a vraiment bien tombé, puisque je l’ai lu alors que je passais des entrevues afin de changer d’emploi. La liste, ça donne une panoplie de petits trucs afin d’attirer les bonnes choses à soi. Vous savez quoi? J’ai décroché un nouvel emploi. Aucunement grâce à Jérémy Demay, c’est certain. Mais peut-être que les pensées positives que j’ai eues à la suite d’un des chapitres du livre ont rendu les choses un peu plus faciles.
J’ai donc fait ma lecture de La liste avec un esprit plutôt ouvert. Lorsque je lisais un chapitre, je prenais le temps de voir comment il pouvait s’appliquer à ma propre vie. Je dois avouer que j’ai trouvé certaines idées très bonnes, même si je ne crois pas nécessairement les utiliser. Pour apprendre à se motiver au quotidien et avoir une vie plus heureuse, l’humoriste a trouvé des recettes gagnantes.
Je n’ai pas particulièrement aimé le style d’écriture qui, à mon avis, ne coulait pas toujours bien. Toutefois, c’était intéressant de lire le tout comme si l’auteur nous parlait vraiment. Les phrases sont simples et rappellent n’importe quel dialogue, bien que parfois un tout petit peu trop scolaire. C’était donc une formule plaisante, à un certain point, mais qui ne me convenait pas totalement.
Dans l’ensemble, cependant, j’ai passé un moment de lecture plutôt bien. Le livre se lit très rapidement, étant donné les chapitres courts. Mais j’avoue avoir parfois eu envie de le reposer de côté un peu plus tôt. N’empêche, pour les curieux et les intéressés, Jérémy Demay vient de sortir un deuxième volume de croissance personnelle, tout simplement intitulé La suite. À mon avis, il sera probablement aussi populaire et apprécié que le premier. Mais je ne crois pas le lire, car je me suis maintenant fait mon idée ce populaire phénomène de vente.

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Poétique douleur vers l’amour et la force

Robe et abrupt rocheuxRobe et abrupt rocheux
Par Sylvie Gendron

Texte en quatrième de couverture :

Une femme avance vers la déchirure. Son corps comme une écorce d’arbre accepte la nudité de la douleur; la traverse et la transcende. Tel est le recueil de Sylvie Gendron. Une traversée du miroir qui demande le courage d’affronter l’innommable par le biais des métaphores. La chair rejoint la terre. Et la terre reprend vie. À l’écoute de la création. Une femme assiste à sa propre renaissance.
Nadine Ltaif

Mon avis :

Alors que j’étais au cégep, il y a quelques années, j’ai eu une enseignante de création du nom de Sylvie Gendron. Il s’avère que durant la session passée à ses côtés, cette femme a publié un recueil de poèmes. À ce moment-là, je suis allée au lancement et j’ai eu l’occasion de me faire lire chacun de ces poèmes de la bouche de son auteure même. Aujourd’hui, c’était à moi de me plonger dans ces textes et de découvrir, pour la seconde fois, l’univers de Sylvie Gendron.

Les vaillantes directions se lèvent et font trembler ton corps. Tes terres et tes eaux n’y résisteront pas. Toutes accompagneront avec espérance l’ascension de ta robe. Même le sang soufflera sur elle comme le vent. Les mouvements et l’énergie des feuillages résineux imiteront dans tes veines la parole persistante qui t’enjoint de t’élever. Refuse de geindre. Guéris.
p. 20

Les poèmes présentent une femme qui mène un combat pour la vie alors que la maladie la frappe pas une, mais trois fois. Elle doit se faire forte et suivre son désir de vivre, de reconnecter avec l’amour et la nature.

Ta robe ancienne revient lentement vers toi, recousant le miroir miraculeux, abolissant le hasard du malheur. Elle ne t’a pas oubliée. Elle avance comme le soleil se lève. Ne te désespère pas de la pitié qui la secoue de sanglots. Comprends-la à ton tour. Comme toi, elle avait perdu pour la troisième fois le chemin de ton corps. Elle te baisera bientôt les pieds. Ne la jette pas aux orties. Accueille-la. Enfonce-toi en elle. Redonne-lui la force de te porter.
p. 27

La femme des poèmes est amoureusement aidée de son compagnon de vie. Celui-ci, à travers les métaphores des textes, tisse courage et amour pour elle. Elle n’est pas seule dans ses épreuves, même si c’est elle qui les subit physiquement.

Les caresses du langage effacent mes cicatrices, me rendant à mon corps par-delà ma nudité. Je grimpe à nouveau à l’arbre de la connaissance, déchirant dans mon ascension des pans entiers de ma robe. Je décrypte, sous les blessures de cet arbre, le déploiement musculeux de mon désir. Ma langue est une sève pour l’écorce meurtrie. Naît alors dans l’air raréfié des hauteurs un poème narrant la liaison presque oubliée d’un fruit et d’une femme.
p. 41

J’ai apprécié ma lecture, que j’ai faite en ayant mon ancienne enseignante en tête. Le recueil est court et se lit très rapidement. Toutefois, c’est lorsque l’on en fait une relecture que nous mesurons davantage l’étendue de ce que les mots évoquent réellement. Bien vite, quelques poèmes se sont imposés à moi. Ces poèmes que j’ai préférés, vous pouvez les lire ici. 😉

Au matin, mes plaies ne suintent plus, les sueurs de sang ont cessé. L’homme aimé veut encore de moi dans la tourbe et la lumière. Son amour réenchante le monde. La féminité est en liesse. Les dryades des grands pins ont échancré le corsage des fûts pour apercevoir nos deux corps terrestres jetés à leurs pieds dans la gratitude.
p. 49

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De l’horreur qui rassasie

Agonies

Par Jonathan Reynolds, Ariane Gélinas et Pierre-Luc Lafrance

Résumés en quatrième de couverture :

SAM
À 17 ans, Samantha découvre qu’elle partage son corps avec Bob, un tueur sanguinaire affamé de chair humaine. Son seul désir : en finir avant que Bob ne la force à dévorer sa famille et ses amis.
AMARANTE
Navire en perpétuel mouvement, l’Amarante accueille à son bord des êtres tourmentés. Vient le tour de Charles qui a tout perdu après le suicide de son amoureuse. Sur ce bateau où se mêlent l’art, l’érotisme et la cruauté, il s’éprend de Lysane, une artiste qui lui rappelle sa compagne défunte. Mais, sur l’Amarante, ceux qui ont le malheur de s’attacher à quelqu’un sont sévèrement punis.
BAPTÊME DE SANG
L’inspecteur Boisclair abat un suspect en plein interrogatoire. Questionné après le meurtre, il raconte son histoire sans demander qu’on le croie, puisque lui-même n’ose pas y croire. Comment peut-on démembrer un homme à mains nues, parler dans la tête des gens et, surtout, manger vivante sa victime sans qu’elle se débatte?

Mon avis :

Cela fait un bon moment, je l’admets, que je voulais lire ce livre. Au moment où je voulais me l’acheter, le format papier était épuisé. Puis, il y a quelques mois, il y a eu une réimpression. Ainsi, à l’automne dernier, j’ai enfin pu l’ajouter à ma bibliothèque. Cela m’a pris du temps avant de le lire, c’est vrai. Mais il faut dire que ma pile à lire est immense. Étant donné que je tente de relever les défis proposés par Les libraires, cet été est devenu le moment parfait pour enfin me plonger dans l’univers de trois auteurs, dont deux que je découvrais.
J’ai lu les textes dans l’ordre, parce que je suis une personne méthodique qui ne peut s’empêcher d’absolument commencer un livre par ses premières pages. N’empêche, j’avoue que cela m’a bien servi ici. J’ai été déstabilisée par l’horreur des deux premiers récits… et j’ai terminé ma lecture avec le plus long et le moins sanglant (c’est relatif) des trois. J’ai donc réussi à maintenir mon repas dans mon estomac!
J’ai aimé le premier texte, Sam, dans la mesure où il plonge très rapidement le lecteur dans une ambiance horrifiante. Nous avons accès aux pensées et aux sentiments de Sam, une adolescente qui vit l’horreur. Lorsque le récit commence, la maison de la jeune fille pue déjà la mort. Son ancienne chambre est qualifiée de garde-manger. Tout cela parce qu’un homme prend possession de son corps comme bon lui semble pour calmer son appétit morbide. Sincèrement, c’est dégueulasse. Et c’est pour cela que c’est une bonne histoire d’horreur. Toutefois, j’admets que j’en aurais pris plus. J’aurais fait durer le plaisir en commençant un peu plus dans le passé de Sam. J’avais envie de découvrir son histoire avec bien plus que des analepses.
Le second texte est à mon avis le plus désagréable. De façon positive. La vie sur le bateau sur lequel est embarqué Charles n’est pas rose, mais rouge sang. Les scènes, bien décrites, ne me donnaient aucunement envie de grignoter durant ma lecture. Si le récit nous laisse après un court passage sur l’embarcation, il est facile d’affirmer que les atrocités qui ont lieu sur le bateau continueront de se perpétrer longtemps.
Enfin, le troisième texte m’a bien plu dans la mesure où il est plus modéré (il faut dire que je n’ai pas encore lu beaucoup de romans d’horreur, donc je suis encore un peu sensible là-dessus). L’horreur n’est pas moins sanglant, mais l’angle de l’enquête que prend le récit permet de garder un certain recul. Nous avons à faire à un meurtrier très particulier, il va sans dire. Toutefois, le genre, qui se rapproche du policier, permet de souhaiter que le méchant sera arrêté. L’espoir que l’horreur puisse ne pas être éternel rassure.
Dans l’ensemble, j’ai donc passé un agréable moment, bien qu’un peu dégueulasse. Je n’ai pas fait de cauchemar, mais je crois quand même que je vais attendre un peu avant de plonger dans un autre livre d’horreur. Haha! 😛

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Une visite touristique avec des loups

Les gardiens des portes, Tome 1, Abbygaelle

Par Sonia Alain

Résumé en quatrième de couverture :

Qu’est-ce qu’une légende? Un récit imaginaire sorti tout droit d’esprits fantasques, ou bien une suite d’événements qui se seraient bel et bien déroulés dans le passé?
Projetée bien malgré elle dans une réalité parallèle à la sienne, Abbygaelle aura à faire face à plusieurs phénomènes inexplicables. Oscillant constamment entre deux mondes, celui des esprits et le nôtre, elle tentera de survivre. Dans l’ombre, quelqu’un tire les ficelles pour l’amener inexorablement sur un chemin qu’elle refuse d’emprunter, vers une métamorphose contre nature.
Cet homme séduisant, Marcus, est-il un ami ou un ennemi? Pourquoi est-elle si troublée par sa présence? Et s’il n’était pas humain…

Mon avis :

Cela fait déjà quelques temps que ce livre de Sonia Alain traîne sur une tablette. Avec le temps, la série s’est retrouvée complète sans que je l’aie commencée. Désormais, c’est chose faite. J’ai lu ce premier volume, intriguée. Toutefois, je suis ressortie de ma lecture un peu perplexe.
La trame narrative n’est pas mauvaise et rappelle, en partie, les romans de la série Histoires de vampires. Deux êtres, dont un qui apparaît déjà surnaturel au départ, s’éprennent l’un de l’autre et désirent ardemment se coller, peau contre peau. Entre temps, des individus maléfiques se glissent entre les deux membres du futur couple. Là s’arrête le plus gros des ressemblances.
Et c’est un peu le reste qui dérange, malheureusement.
En plus du fait que Marcus et Abbygaelle tombent très rapidement amoureux l’un de l’autre, ce qui arrive dans de nombreux romans, j’ai trouvé que la temporalité était très peu au service du roman. Marcus ne veut pas révéler des informations sur sa personne et sur ce qu’est réellement Abbygaelle à la jeune femme, de peur de la brusquer. Toutefois, leur ennemi est très près et s’attaque régulièrement aux adjuvants. À la fin de ma lecture, je n’ai toujours par compris l’utilité de cette manœuvre, puisque cela n’a simplement donné comme résultat que le fait qu’Abbygaelle ne soit jamais préparée devant la menace qui pèse sur elle et sur ce qui est attendu d’elle. Elle m’apparaissait donc davantage vulnérable.
Cette vulnérabilité m’a beaucoup dérangée dans la mesure où l’héroïne était toujours (ou presque) en position de faiblesse et de soumission. Je comprends que cela est en partie lié à un concept de meute qui traverse le récit… Sauf que la femme apparaissait constamment comme un objet. La protagoniste résiste bien trop peu souvent. Tantôt elle est un objet de désir dans d’aguichants vêtements, tantôt elle voit ses souvenirs se faire brimer pour être maintenue dans l’ignorance, jugée trop faible pour comprendre un monde auquel elle appartient pourtant malgré elle. Cela va de Marcus qui lui fait comprendre qu’elle doit respecter ses ordres au fait qu’il est spécialement mentionné dans une scène d’ébats qu’il est en position de domination. Ce constant martèlement de l’homme viril et de la femme à sauver, qu’il faut posséder, m’a dérangée.
Mis à part cela, le roman, qui manque de profondeur dans ses personnages et dans les éléments qui constituent son univers (du côté explicatif, disons), est très bien fourni côté lieux. À mon avis, c’est ce qui m’a semblé le plus détaillé tout au long de ma lecture. Je comprends l’amusement de se projeter sur des lieux que l’on peut connaître, mais j’ai trouvé ces éléments trop présents proportionnellement au reste du récit. Je ne crois pas que tous les noms des lieux devaient nécessairement être dits pour que le lecteur puisse se les figurer et apprécier sa lecture. De même qu’il n’était pas nécessaire de les détailler longuement… alors que les affrontements étaient plutôt courts.
Enfin, la conclusion, très rapide, m’a un peu déçue. À tout le moins, la narration fait une ouverture sur le deuxième tome de la série et reprend un peu le tir en attisant la curiosité. Seulement, je ne sais pas exactement quand je vais me décider à ouvrir le prochain livre. Ça viendra, mais je crains de retrouver les mêmes choses qui m’ont fait tiquer dans cette lecture-ci.

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Un récit déconcertant

La Ruche

Par Michèle Laframboise

Résumé en quatrième de couverture :

« Marilyn danse.
Un courant d’air traverse la grille sous ses escarpins, soulevant le bas de sa robe. L’actrice se penche pour presser les pans rebelles, un geste souligné par un accord de cuivres. Le vent coquin soulève l’arrière de sa robe, dénudant ses jambes galbées.
Elle éclate de rire, un rire perlé, chorégraphié au quart de seconde, chaque note sonnant comme une invitation.
Des sifflements montent autour du plateau surélevé sur lequel elle se trémousse. Une masse de touristes et d’habitués dégustent des flûtes de vin, chacun palpant le bouquet de roses rouges au centre de leur table.
Aucun d’eux ne connaît l’origine du numéro de Marilyn, de la robe ou du courant d’air. Cela ne les empêche pas d’évaluer leurs chances d’obtenir un rendez-vous galant, pourvu que la mise encryptée dans leur bouquet soit suffisante. »
Et vous, avez-vous déjà rencontré Marilyn? Suivez-la au cœur de la Ruche, là où la sensualité épouse le mystère.
Version revue et améliorée de la nouvelle « Le Vol de l’abeille », récipiendaire du Prix Solaris 2006, La Ruche vous propose une incursion à l’intersection de l’érotisme et de la science-fiction.

Mon avis :

L’univers de La Ruche déstabilise lorsqu’on le découvre dans les premières pages. Le lieu, un complexe bar de prostitution, est construit et pensé en tous points avec l’univers d’une ruche (bourdons, fleurs, abeilles, etc.). En tant que lecteur, on cherche à se familiariser, à comprendre cet endroit. Plus on le comprend, cependant, plus on le déteste. Parce que le personnage de Marilyn n’est nullement là par plaisir. Et c’est là le plus grand intérêt du roman : on veut comprendre comment cette jeune femme en est arrivée où elle est… et pourquoi.
Nous retrouvons ces explications dans des analepses qui décrivent par la même occasion dans quel univers de science-fiction nous nous situons. Je dois avouer que j’ai trouvé cela à la fois intéressant et apeurant. Apeurant dans la mesure où je me figurais vivre dans ce monde. Les décors prennent vie afin de donner aux personnages ce qu’ils désirent. Mais rien n’est éternel.
Au départ, lorsque nous comprenons dans quel lieu se retrouve Marilyn, nous nous rendons compte qu’elle n’est pas bien là. Toutefois, rien n’indique encore à quel point cet endroit est sordide. Lorsque j’ai compris tout ce que la Ruche impliquait, je me suis questionnée sur l’humain.
La force du récit réside donc en la construction de l’univers et de la Ruche. Parce que lorsque les choses dérapent, nous devinons qui contribuera à sauver Marilyn de son cauchemar. Et lorsque cela est fait, la fin est un peu abrupte. Nous aurions aimé poursuivre et apprendre ce que Marilyn fera ensuite.
Ce fut donc une lecture appréciée, pour ma part. J’ai été déstabilisée, oui, mais ça n’était pas mauvais signe. Un roman plus long et étoffé m’aurait davantage plu. Toutefois, je suis bien contente d’avoir découvert cette auteure. 🙂

Je tiens à remercier les Six Brumes pour le livre.

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Barbe bleue comme je n’aurais pas pu l’imaginer

Les sangs

Par Audrée Wilhelmy

Résumé en quatrième de couverture :

Dans la salle à manger d’un manoir sont assis quatre enfants à qui l’on a servi un repas de gibier. Une jeune fille, cachée derrière une tapisserie, observe l’un d’eux engloutir la chair crue et note : « Le canard serai meilleur sans toutes ces épices. » Le garçon s’appelle Féléor Barthélémy Rü, et l’adolescente, Mercredi Fugère. Elle est la première des sept femmes que croisera Féléor dans ce roman qui retrace, au travers des carnets que chacune laissera derrière elle, l’apprentissage d’un meurtrier.
Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä et Marie : qui sont-elles et d’où viennent-elles? Qu’est-ce qui les pousse vers celui que, dans la Cité, on appelle désormais l’Ogre? Ce roman parle de désir, de violence, de fantasmes et d’écriture; il donne accès à un univers amoral — le nôtre? — où la puissance tient lieu de loi, où les victimes ne sont pas telles qu’on les imagine et où les rencontres peuvent déboucher sur une mort qui n’est pas forcément un drame.

Mon avis :

Je ne connaissais pas Audrey Wilhelmy avant de découvrir et de lire ce petit livre. Je dois admettre que j’ai bien appréciée ma lecture et que cela m’a donné bien envie de lire d’autres textes de cette auteure.
Les sangs reprend le conte de Barbe bleue d’une intéressante manière. Cette fois-ci, ce sont les femmes qui demandent à être tuées par l’homme. Chacune a ses raisons, et cela permet de poser des questions pertinentes au fil de la lecture. Ces femmes ne sont plus des victimes, elles sont plutôt celles qui contrôlent, jusqu’à un certain point, leur destin.
Le roman dresse un portrait de chacune de ces femmes. Elles ont chacune leurs particularités, et le style de la narration varie en conséquence de la femme concernée par le chapitre. J’aimais beaucoup ces portraits, bien que je n’aimais pas toujours tout de ces protagonistes (elles différaient toutes de moi, ce qui ne créait pas d’attachements, et c’était bien comme cela).
La disposition des parties du récit est aussi tout à fait intéressante. Nous avons accès au récit d’une femme de Barbe bleue sous la forme d’un journal ou de lettres. La femme devient la narratrice pour quelques pages, et nous devenons témoins de ce qu’elle raconte, sans toutefois savoir quel est le degré de véracité dans ses propos. Puis vient le point de vue de l’homme après chacune des interventions féminines. S’il est une figure de pouvoir, sa personnalité apparaît alors plus complexe et ambiguë. Il n’est plus que bourreau. Dans ces parties, il revient à chaque fois sur sa relation avec sa nouvelle femme, jusqu’à la mort de celle-ci, et donne sa version des événements.
La force de ce récit réside véritablement en ses personnages si différents, approfondis et recherchés. Le livre est court, très court. Il se lit rapidement et ne peut que laisser une trace chez son lecteur, que ce soit par les questionnements qu’il soulève ou par la puissance de ses protagonistes.
J’ai adoré ma lecture. C’est tout simplement ça.

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Perplexe, mais tout de même curieuse

Ze-ther, tome 2, Le jour du dépassement 

Par Atriana Reeves

Résumé en quatrième de couverture :

Et si vous étiez un ZE-THER en mode dormance? Si tous les hasards, coïncidences, répétitions de chiffres, objets inusités, plumes trouvées sur votre route, cette musique qui vous appelle n’étaient que des codes de réveil, que des appels à vous éveiller?
Si ce que nous voyons de nos yeux n’était pas la réalité? Que ce qu’on nous a appris à propos de l’histoire de l’humanité n’était qu’un tissu de mensonges? Que ce que nous croyons être des souvenirs nous aurait plutôt été implanté pour mieux nous contrôler, pour nous inciter à consommer, à posséder plus, à entretenir un confort illusoire et nous empêcher de nous questionner sur le voile et sur notre réelle existence?
Et si le plan de l’adversaire était de nous mener à notre autodestruction, vers le jour du dépassement, où la Terre serait devenue stérile, invivable? Ce jour où la Terre aurait tout donné à l’hommerie et ses démons. Ce moment-là, ceux qui savent depuis trop longtemps domineront la planète et verront leur race émerger au grand jour.
Ce jour où ce combat entre la dualité, le bien et le mal, qui persistait depuis que le monde était monde devait finir une fois pour toutes.
2037, Station de Golly. Aïko est anéantie. Yordan, celui qui était pressenti pour réactiver la Gouve, le berceau de naissance des âmes, et rétablir l’équilibre sur Terre, est mort dans ses bras. La chef intérimaire des ZE-THER s’apprête à commettre l’irréparable et enfreindre les lois du Concile de Trian. Il lui fait lever le voile de l’oubli.
La réalité ne serait-elle que fiction?

Mon avis :

J’ai malheureusement eu du mal à entrer dans ce deuxième tome de la série Ze-ther. Cela s’explique d’abord par le fait que le roman commence immédiatement après que le premier soit terminé, sans aucuns éléments de résumé de disséminés à travers le récit. Ainsi, dès lors que l’histoire n’est plus fraîche à notre mémoire, les premiers chapitres se perdent dans notre besoin de reconnecter avec l’univers. Ce genre de série gagne à être lue d’un seul coup, comme un seul et même grand roman. Je conseille donc une relecture du premier volume avant de plonger dans celui-ci.
Ceci découle peut-être du fait que ma lecture du tome précédent était un peu loin dans ma mémoire, mais j’ai trouvé que le livre était moins approfondi, moins abouti. Il se passe beaucoup de choses, ce qui est intéressant. Toutefois, j’aurais aimé qu’elles soient développées davantage afin que je m’imprègne de l’univers et de son ambiance. J’aurais aimé mieux le comprendre, lui, ses personnages et ses technologies.
Pour continuer sur cette même lancée, et cela me semble directement relié à ce que je viens de mentionner, j’ai trouvé les personnages plutôt caricaturaux. Ils manquaient, oui, de profondeur. Ou lorsque la narration semblait développer sur le sujet, cela restait en surface et plutôt commun. J’aime quand je peux m’attacher aux personnages et, pour cela, il m’en faut plus. Et que cela soit moins superficiel. Les personnages « gentils » qui ont de la substance ne sont jamais parfaits, ils ont des défauts. C’est ce que je voudrais retrouver dans la suite.
Toutefois, j’ai apprécié que la narration multiple revienne dans ce volume. En lisant, nous sentons qu’il y a de plus en plus de liens entre les différents protagonistes de ces narrations. J’ai hâte de découvrir comment ils se rejoindront tous (en supposant que cela arrive, car ce n’est pas toujours le cas).
Enfin, la fin du livre, avec le dernier chapitre, amène le récit à la réalité du lecteur. Cela m’a intriguée. Je suis curieuse de découvrir où l’auteure veut en venir avec ce dernier chapitre. Je crois que je vais devoir patienter pour cela!

Merci aux éditions Lumigny pour ce livre.

Catégories : Livres adultes, Science-Fiction | Étiquettes : , , , , , | 2 Commentaires

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