Articles tagués : Littérature québécoise

Une visite touristique avec des loups

Les gardiens des portes, Tome 1, Abbygaelle

Par Sonia Alain

Résumé en quatrième de couverture :

Qu’est-ce qu’une légende? Un récit imaginaire sorti tout droit d’esprits fantasques, ou bien une suite d’événements qui se seraient bel et bien déroulés dans le passé?
Projetée bien malgré elle dans une réalité parallèle à la sienne, Abbygaelle aura à faire face à plusieurs phénomènes inexplicables. Oscillant constamment entre deux mondes, celui des esprits et le nôtre, elle tentera de survivre. Dans l’ombre, quelqu’un tire les ficelles pour l’amener inexorablement sur un chemin qu’elle refuse d’emprunter, vers une métamorphose contre nature.
Cet homme séduisant, Marcus, est-il un ami ou un ennemi? Pourquoi est-elle si troublée par sa présence? Et s’il n’était pas humain…

Mon avis :

Cela fait déjà quelques temps que ce livre de Sonia Alain traîne sur une tablette. Avec le temps, la série s’est retrouvée complète sans que je l’aie commencée. Désormais, c’est chose faite. J’ai lu ce premier volume, intriguée. Toutefois, je suis ressortie de ma lecture un peu perplexe.
La trame narrative n’est pas mauvaise et rappelle, en partie, les romans de la série Histoires de vampires. Deux êtres, dont un qui apparaît déjà surnaturel au départ, s’éprennent l’un de l’autre et désirent ardemment se coller, peau contre peau. Entre temps, des individus maléfiques se glissent entre les deux membres du futur couple. Là s’arrête le plus gros des ressemblances.
Et c’est un peu le reste qui dérange, malheureusement.
En plus du fait que Marcus et Abbygaelle tombent très rapidement amoureux l’un de l’autre, ce qui arrive dans de nombreux romans, j’ai trouvé que la temporalité était très peu au service du roman. Marcus ne veut pas révéler des informations sur sa personne et sur ce qu’est réellement Abbygaelle à la jeune femme, de peur de la brusquer. Toutefois, leur ennemi est très près et s’attaque régulièrement aux adjuvants. À la fin de ma lecture, je n’ai toujours par compris l’utilité de cette manœuvre, puisque cela n’a simplement donné comme résultat que le fait qu’Abbygaelle ne soit jamais préparée devant la menace qui pèse sur elle et sur ce qui est attendu d’elle. Elle m’apparaissait donc davantage vulnérable.
Cette vulnérabilité m’a beaucoup dérangée dans la mesure où l’héroïne était toujours (ou presque) en position de faiblesse et de soumission. Je comprends que cela est en partie lié à un concept de meute qui traverse le récit… Sauf que la femme apparaissait constamment comme un objet. La protagoniste résiste bien trop peu souvent. Tantôt elle est un objet de désir dans d’aguichants vêtements, tantôt elle voit ses souvenirs se faire brimer pour être maintenue dans l’ignorance, jugée trop faible pour comprendre un monde auquel elle appartient pourtant malgré elle. Cela va de Marcus qui lui fait comprendre qu’elle doit respecter ses ordres au fait qu’il est spécialement mentionné dans une scène d’ébats qu’il est en position de domination. Ce constant martèlement de l’homme viril et de la femme à sauver, qu’il faut posséder, m’a dérangée.
Mis à part cela, le roman, qui manque de profondeur dans ses personnages et dans les éléments qui constituent son univers (du côté explicatif, disons), est très bien fourni côté lieux. À mon avis, c’est ce qui m’a semblé le plus détaillé tout au long de ma lecture. Je comprends l’amusement de se projeter sur des lieux que l’on peut connaître, mais j’ai trouvé ces éléments trop présents proportionnellement au reste du récit. Je ne crois pas que tous les noms des lieux devaient nécessairement être dits pour que le lecteur puisse se les figurer et apprécier sa lecture. De même qu’il n’était pas nécessaire de les détailler longuement… alors que les affrontements étaient plutôt courts.
Enfin, la conclusion, très rapide, m’a un peu déçue. À tout le moins, la narration fait une ouverture sur le deuxième tome de la série et reprend un peu le tir en attisant la curiosité. Seulement, je ne sais pas exactement quand je vais me décider à ouvrir le prochain livre. Ça viendra, mais je crains de retrouver les mêmes choses qui m’ont fait tiquer dans cette lecture-ci.

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Un récit déconcertant

La Ruche

Par Michèle Laframboise

Résumé en quatrième de couverture :

« Marilyn danse.
Un courant d’air traverse la grille sous ses escarpins, soulevant le bas de sa robe. L’actrice se penche pour presser les pans rebelles, un geste souligné par un accord de cuivres. Le vent coquin soulève l’arrière de sa robe, dénudant ses jambes galbées.
Elle éclate de rire, un rire perlé, chorégraphié au quart de seconde, chaque note sonnant comme une invitation.
Des sifflements montent autour du plateau surélevé sur lequel elle se trémousse. Une masse de touristes et d’habitués dégustent des flûtes de vin, chacun palpant le bouquet de roses rouges au centre de leur table.
Aucun d’eux ne connaît l’origine du numéro de Marilyn, de la robe ou du courant d’air. Cela ne les empêche pas d’évaluer leurs chances d’obtenir un rendez-vous galant, pourvu que la mise encryptée dans leur bouquet soit suffisante. »
Et vous, avez-vous déjà rencontré Marilyn? Suivez-la au cœur de la Ruche, là où la sensualité épouse le mystère.
Version revue et améliorée de la nouvelle « Le Vol de l’abeille », récipiendaire du Prix Solaris 2006, La Ruche vous propose une incursion à l’intersection de l’érotisme et de la science-fiction.

Mon avis :

L’univers de La Ruche déstabilise lorsqu’on le découvre dans les premières pages. Le lieu, un complexe bar de prostitution, est construit et pensé en tous points avec l’univers d’une ruche (bourdons, fleurs, abeilles, etc.). En tant que lecteur, on cherche à se familiariser, à comprendre cet endroit. Plus on le comprend, cependant, plus on le déteste. Parce que le personnage de Marilyn n’est nullement là par plaisir. Et c’est là le plus grand intérêt du roman : on veut comprendre comment cette jeune femme en est arrivée où elle est… et pourquoi.
Nous retrouvons ces explications dans des analepses qui décrivent par la même occasion dans quel univers de science-fiction nous nous situons. Je dois avouer que j’ai trouvé cela à la fois intéressant et apeurant. Apeurant dans la mesure où je me figurais vivre dans ce monde. Les décors prennent vie afin de donner aux personnages ce qu’ils désirent. Mais rien n’est éternel.
Au départ, lorsque nous comprenons dans quel lieu se retrouve Marilyn, nous nous rendons compte qu’elle n’est pas bien là. Toutefois, rien n’indique encore à quel point cet endroit est sordide. Lorsque j’ai compris tout ce que la Ruche impliquait, je me suis questionnée sur l’humain.
La force du récit réside donc en la construction de l’univers et de la Ruche. Parce que lorsque les choses dérapent, nous devinons qui contribuera à sauver Marilyn de son cauchemar. Et lorsque cela est fait, la fin est un peu abrupte. Nous aurions aimé poursuivre et apprendre ce que Marilyn fera ensuite.
Ce fut donc une lecture appréciée, pour ma part. J’ai été déstabilisée, oui, mais ça n’était pas mauvais signe. Un roman plus long et étoffé m’aurait davantage plu. Toutefois, je suis bien contente d’avoir découvert cette auteure. 🙂

Je tiens à remercier les Six Brumes pour le livre.

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Barbe bleue comme je n’aurais pas pu l’imaginer

Les sangs

Par Audrée Wilhelmy

Résumé en quatrième de couverture :

Dans la salle à manger d’un manoir sont assis quatre enfants à qui l’on a servi un repas de gibier. Une jeune fille, cachée derrière une tapisserie, observe l’un d’eux engloutir la chair crue et note : « Le canard serai meilleur sans toutes ces épices. » Le garçon s’appelle Féléor Barthélémy Rü, et l’adolescente, Mercredi Fugère. Elle est la première des sept femmes que croisera Féléor dans ce roman qui retrace, au travers des carnets que chacune laissera derrière elle, l’apprentissage d’un meurtrier.
Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä et Marie : qui sont-elles et d’où viennent-elles? Qu’est-ce qui les pousse vers celui que, dans la Cité, on appelle désormais l’Ogre? Ce roman parle de désir, de violence, de fantasmes et d’écriture; il donne accès à un univers amoral — le nôtre? — où la puissance tient lieu de loi, où les victimes ne sont pas telles qu’on les imagine et où les rencontres peuvent déboucher sur une mort qui n’est pas forcément un drame.

Mon avis :

Je ne connaissais pas Audrey Wilhelmy avant de découvrir et de lire ce petit livre. Je dois admettre que j’ai bien appréciée ma lecture et que cela m’a donné bien envie de lire d’autres textes de cette auteure.
Les sangs reprend le conte de Barbe bleue d’une intéressante manière. Cette fois-ci, ce sont les femmes qui demandent à être tuées par l’homme. Chacune a ses raisons, et cela permet de poser des questions pertinentes au fil de la lecture. Ces femmes ne sont plus des victimes, elles sont plutôt celles qui contrôlent, jusqu’à un certain point, leur destin.
Le roman dresse un portrait de chacune de ces femmes. Elles ont chacune leurs particularités, et le style de la narration varie en conséquence de la femme concernée par le chapitre. J’aimais beaucoup ces portraits, bien que je n’aimais pas toujours tout de ces protagonistes (elles différaient toutes de moi, ce qui ne créait pas d’attachements, et c’était bien comme cela).
La disposition des parties du récit est aussi tout à fait intéressante. Nous avons accès au récit d’une femme de Barbe bleue sous la forme d’un journal ou de lettres. La femme devient la narratrice pour quelques pages, et nous devenons témoins de ce qu’elle raconte, sans toutefois savoir quel est le degré de véracité dans ses propos. Puis vient le point de vue de l’homme après chacune des interventions féminines. S’il est une figure de pouvoir, sa personnalité apparaît alors plus complexe et ambiguë. Il n’est plus que bourreau. Dans ces parties, il revient à chaque fois sur sa relation avec sa nouvelle femme, jusqu’à la mort de celle-ci, et donne sa version des événements.
La force de ce récit réside véritablement en ses personnages si différents, approfondis et recherchés. Le livre est court, très court. Il se lit rapidement et ne peut que laisser une trace chez son lecteur, que ce soit par les questionnements qu’il soulève ou par la puissance de ses protagonistes.
J’ai adoré ma lecture. C’est tout simplement ça.

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Perplexe, mais tout de même curieuse

Ze-ther, tome 2, Le jour du dépassement 

Par Atriana Reeves

Résumé en quatrième de couverture :

Et si vous étiez un ZE-THER en mode dormance? Si tous les hasards, coïncidences, répétitions de chiffres, objets inusités, plumes trouvées sur votre route, cette musique qui vous appelle n’étaient que des codes de réveil, que des appels à vous éveiller?
Si ce que nous voyons de nos yeux n’était pas la réalité? Que ce qu’on nous a appris à propos de l’histoire de l’humanité n’était qu’un tissu de mensonges? Que ce que nous croyons être des souvenirs nous aurait plutôt été implanté pour mieux nous contrôler, pour nous inciter à consommer, à posséder plus, à entretenir un confort illusoire et nous empêcher de nous questionner sur le voile et sur notre réelle existence?
Et si le plan de l’adversaire était de nous mener à notre autodestruction, vers le jour du dépassement, où la Terre serait devenue stérile, invivable? Ce jour où la Terre aurait tout donné à l’hommerie et ses démons. Ce moment-là, ceux qui savent depuis trop longtemps domineront la planète et verront leur race émerger au grand jour.
Ce jour où ce combat entre la dualité, le bien et le mal, qui persistait depuis que le monde était monde devait finir une fois pour toutes.
2037, Station de Golly. Aïko est anéantie. Yordan, celui qui était pressenti pour réactiver la Gouve, le berceau de naissance des âmes, et rétablir l’équilibre sur Terre, est mort dans ses bras. La chef intérimaire des ZE-THER s’apprête à commettre l’irréparable et enfreindre les lois du Concile de Trian. Il lui fait lever le voile de l’oubli.
La réalité ne serait-elle que fiction?

Mon avis :

J’ai malheureusement eu du mal à entrer dans ce deuxième tome de la série Ze-ther. Cela s’explique d’abord par le fait que le roman commence immédiatement après que le premier soit terminé, sans aucuns éléments de résumé de disséminés à travers le récit. Ainsi, dès lors que l’histoire n’est plus fraîche à notre mémoire, les premiers chapitres se perdent dans notre besoin de reconnecter avec l’univers. Ce genre de série gagne à être lue d’un seul coup, comme un seul et même grand roman. Je conseille donc une relecture du premier volume avant de plonger dans celui-ci.
Ceci découle peut-être du fait que ma lecture du tome précédent était un peu loin dans ma mémoire, mais j’ai trouvé que le livre était moins approfondi, moins abouti. Il se passe beaucoup de choses, ce qui est intéressant. Toutefois, j’aurais aimé qu’elles soient développées davantage afin que je m’imprègne de l’univers et de son ambiance. J’aurais aimé mieux le comprendre, lui, ses personnages et ses technologies.
Pour continuer sur cette même lancée, et cela me semble directement relié à ce que je viens de mentionner, j’ai trouvé les personnages plutôt caricaturaux. Ils manquaient, oui, de profondeur. Ou lorsque la narration semblait développer sur le sujet, cela restait en surface et plutôt commun. J’aime quand je peux m’attacher aux personnages et, pour cela, il m’en faut plus. Et que cela soit moins superficiel. Les personnages « gentils » qui ont de la substance ne sont jamais parfaits, ils ont des défauts. C’est ce que je voudrais retrouver dans la suite.
Toutefois, j’ai apprécié que la narration multiple revienne dans ce volume. En lisant, nous sentons qu’il y a de plus en plus de liens entre les différents protagonistes de ces narrations. J’ai hâte de découvrir comment ils se rejoindront tous (en supposant que cela arrive, car ce n’est pas toujours le cas).
Enfin, la fin du livre, avec le dernier chapitre, amène le récit à la réalité du lecteur. Cela m’a intriguée. Je suis curieuse de découvrir où l’auteure veut en venir avec ce dernier chapitre. Je crois que je vais devoir patienter pour cela!

Merci aux éditions Lumigny pour ce livre.

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Les traces d’une vie

La femme qui fuit

Par Anaïs Barbeau-Lavalette

Résumé en quatrième de couverture :

Anaïs Barbeau-Lavalette n’a pas connu la mère de sa mère. De sa vie, elle ne savait que très peu de choses. Cette femme s’appelait Suzanne. En 1948, elle est aux côtés de Borduas, Gauvreau et Riopelle quand ils signent le Refus Global. Avec Barbeau, elle fonde une famille. Mais très tôt, elle abandonne ses deux enfants. Pour toujours.
Afin de remonter le cours de la vie de cette femme à la fois révoltée et révoltante, l’auteure a engagé une détective privée. Les petites et grandes découvertes n’allaient pas tarder.
Enfance les pieds dans la boue, bataille pour les petits Anglais, désir pour un directeur de conscience, fugue vers Montréal, frénésie artistique des automatistes, romances folles en Europe, combats au sein des mouvements des Noirs de l’Amérique en colère; elle fut arracheuse de pissenlits en Ontario, postière en Gaspésie, peintre, poète, amoureuse, amante, dévorante… et fantôme.
La femme qui fuit, c’est l’aventure d’une femme explosive, une femme volcan, une femme funambule, restée en marge de l’histoire, qui traverse librement le siècle et ses tempêtes.
Pour l’auteure, c’est aussi une adresse, directe et sans fard, à celle qui blessa sa mère à jamais.

Mon avis :

Ayant déjà lu Je voudrais qu’on m’efface, de la même auteure, j’étais plutôt heureuse de retrouver cette plume. J’avais également beaucoup entendu parlé de ce livre, entre autres par un collègue de travail qui a contribué à le pousser parmi les livres sélectionnés pour le Prix des Libraires.
J’ai rapidement été intéressée par ma lecture. L’écriture était fluide et m’interpellait. La plume d’Anaïs Barbeau-Lavalette m’a gardée, tout au long, accrochée. Même les moments où je n’aimais pas le personnage de Suzanne m’ont gardée captivée en raison du style. L’auteure crée des images fortes qui mettent bien en scène les éléments du récit. Les émotions ressenties par la narratrice et celles vécues par sa grand-mère en sont d’autant plus vraies, plus accessibles. C’est, je crois, ce qui fait que l’on ne peut se séparer de ces personnages, peu importe à quel point nous les apprécions.
J’ai aimé la manière dont l’histoire a été racontée, bien que cela restait relativement simple. Le récit commence dans le présent de la narratrice, puis fait un gros saut dans le temps pour rejoindre les débuts de l’existence de Suzanne, la grand-mère, pour ensuite, peu à peu, revenir au moment présent (en passant par ce qui est raconté au début du livre avant de poursuivre vers un futur). Si l’idée reste bien souvent utilisée, c’est l’une des raisons pour lesquelles je suis restée accrochée au récit. En effet, sachant déjà la naissance de la mère de la narratrice, puis son abandon, j’étais curieuse de lire ces moments. Je me demandais comment les choses avaient bien pu se dérouler pour donner de tels résultats, et mon intérêt était ainsi toujours présent.
La personnalité du personnage de la grand-mère, en raison de tous ces éléments, devient fort intéressante. Elle n’est pas aimée pour avoir abandonné les générations qui l’ont suivie et précédée, il est vrai. Néanmoins, la protagoniste, par son ardent désir de toujours aller de l’avant, amenait des idées qui n’étaient pas nécessairement communes à toutes les femmes de son époque (séparation, voyages, manifestations, éloignement familial, etc.). L’esprit d’un tel personnage soulève nombre de questions qui peuvent permettre d’intéressantes discussions par la suite. Moi, cela m’a donné envie de parler des femmes.
J’ai donc bien aimé ma lecture, et je la recommande à tous ceux que cela peut intéresser. La femme qui fuit est la fiction qu’a créée l’auteure à la suite d’une quête sur la personne qu’était sa grand-mère. C’est un très beau travail de création, à mon avis, qui gagne à être lu.

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Tout petit, mais bien rempli

La vie littéraire

Par Mathieu Arsenault

Résumé en quatrième de couverture :

Les salons du livre les lancements les librairies qui ferment les journaux qui font faillite les livres de cuisine les émissions littéraires les prix prestigieux les livres pilonnés les maisons de la culture les poètes ratés les demandes de subvention les photos de chats wikipédia les journées perdues sur les réseaux sociaux et dans les jeux vidéo le soleil et le feu d’une époque surchargée de textes sans personne pour les lire on ne fera pas un roman avec ça on ne refera pas les filles de caleb avec ça on ne refera pas le goût du bonheur de lady julie papineau avec ça mais nous trouverons bien comment continuer continuer d’espérer qu’il restera quelqu’un pour nous lire et comprendre dans quelle époque nous vivions alors.

Mon appréciation :

La vie littéraire est un petit livre bien particulier.
D’abord, le résumé annonce un style où la ponctuation s’efface, style qui se retrouve tout au long de l’ouvrage, excepté au dernier chapitre. Cela intrigue, cela intéresse, cela rebute aussi. Au départ, donc, j’ai trouvé que c’était intéressant. Cela m’a captivée un moment. Puis, parfois, le flot de paroles me perdait, me retrouvait et me perdait encore. J’avais du mal à toujours saisir l’idée générale d’un paragraphe. Sauf que j’aimais toujours autant le style.
Le livre est divisé en trois parties : lire, écrire et imprimer en sont les titres. La vie littéraire, comme le titre l’indique déjà, explore le monde du livre. Je trouvais intéressant d’y retrouver nombres d’éléments que je connais, tels que les salons du livre ou les librairies.
En même temps, le récit prend place dans un univers complètement actuel, où la technologie est omniprésente… de même que les distractions. Et c’est là, enfin, que le petit roman de 103 pages devient le plus intéressant. Il questionne la surabondance de livres sur le marché, où chaque nouveau titre enterre le précédent et où il est difficile de vendre des livres littéraires… en opposition aux livres de recettes qui restent toujours très populaires. Il questionne aussi toutes les distractions de la société : les réseaux sociaux, les applications de jeux sur les cellulaires, etc. Ce deuxième point est directement relié à la diminution du temps accordé à la lecture, puisque ce temps est écoulé sur les écrans.
Voilà. 😛 J’ai surtout aimé le livre pour son style narratif et pour les questions qu’il évoque et que j’ai su attraper au vol. Pour le reste, je suis certaine de ne pas avoir tout compris. Il y a énormément de contenu qui peut être décortiqué dans ce si petit livre.
Et vous, que saurez-vous y trouver?

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Je ne craque pas pour toi

Coco

Par Antoine Charbonneau-Demers

Résumé en quatrième de couverture :

Dans son « racoin du monde », un garçon de douze ans est repéré par Marie-Thérèse Lambert, actrice tordue et malheureuse qui décide de le prendre sous son aile. Des années durant, elle lui apprendra à se délecter de son propre malheur et, surtout, à susciter la pitié des autres — comme le faisait son alter ego, l’infâme Kamelia Kaze, du temps où elle se suicidait sur les scènes de New York.
Coco est un roman d’apprentissage déjanté et minimaliste dont l’humour caustique se fait tour à tour jubilatoire et inquiétant.

Mon avis :

Je n’ai malheureusement pas aimé ma lecture de Coco. Le récit ne m’a pas happée, ni au début, ni au milieu, ni à la fin.
Lorsque j’ai commencé le roman, le personnage principal, surnommé plus tard Coco, laissait présager un contenu intéressant en raison de sa personnalité. Bien que je ne m’attachais déjà pas à lui, j’étais curieuse de découvrir son potentiel. Sauf que sa personnalité ne m’a pas plu. Tout au long du roman. Le personnage de Coco est très complexe psychologiquement. Ses pensées sont parfois mystérieuses, parfois axées sur les émotions, et d’autres fois cryptées ou énigmatiques. Je n’ai pas pu saisir Coco. J’avais beaucoup de mal à comprendre ses raisonnements et ses choix.
La relation de Coco avec Marie-Thérèse est un autre élément qui m’a dérangée. Si, au départ, la dynamique entre les deux montre un rapport d’autorité entre professeur et élève, la suite du récit brouille le tout. La notion d’expérience reste toujours présente, mais les rapports que les protagonistes entretiennent entre eux sont étranges. Leur relation est nécessairement néfaste, mais il est impossible de savoir exactement comment eux la perçoivent. Parfois Coco aime Marie-Thérèse, parfois il la déteste et veut la tuer. Il y a de la nudité, du vocabulaire dur et cru,… Sauf que cela ne donne pas davantage d’indices sur les rapports qu’ils entretiennent véritablement entre eux. J’avais l’impression que la fiction du récit me créait une autre fiction pour me mêler plus encore. C’est intéressant, mais c’est aussi très déroutant. J’y ressentais un inconfort.
Néanmoins, malgré mon avis négatif, je reconnais que le style d’écriture et le découpage du roman étaient intéressants. Le roman est constitué de chapitres qui sont entrecoupés de courts textes un peu plus complexes et flous (leur sens n’est pas toujours évident à comprendre). Ces textes sont intéressants dans la mesure où ils amènent une multitude d’autres sens au récit (même s’ils ne sont pas facilement accessibles). J’y dénote un grand potentiel réflexif.
Je n’ai donc pas apprécié ma lecture. Toutefois, je ne nie pas que le roman a du potentiel. Sauf qu’il n’était décidément pas pour moi.

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Ça va aller, rien que ça…

Ça va aller

Par Catherine Mavrikakis

Résumé en quatrième de couverture :

Ce livre contagieux, contaminant par son style, par sa pensée, n’est-il pas, après tout, la tentative de se sortir de son propre envoûtement littéraire, comme un grand exorcisme pratiqué contre ses dieux, contre ses démons?
Isabelle Décarie, Spirale

Mon avis :

J’ai eu à lire ce roman dans le cadre d’un cours à l’université. Autrement, je crois bien que je ne l’aurais jamais eu entre mes mains. L’histoire ne m’aurait pas intéressée. Et mon opinion, à la suite de ma lecture, n’est pas totalement favorable non plus. N’empêche, je ne nie pas qu’il y a bel et bien quelque chose qui grouille entre ces pages.
J’ai trouvé le style d’écriture plutôt intéressant. À vrai dire, j’aimais ce continuel vomi de mots et de pensées qui semblait sortir de la voix de la narratrice. En raison de ce style, le roman donnait l’impression de se lire assez rapidement, bien que la majeure partie de son récit m’a semblé se jouer dans la psyché plutôt que dans l’action. C’est cette psyché qui a fini par me donner l’impression d’une langueur, d’une lourdeur dans le récit. J’admets avoir eu quelque peu hâte d’arriver à son terme une fois la moitié du livre atteinte.
Je n’ai as eu d’empathie pour les personnages du roman. Pour aucun. Cela ne m’arrive pas souvent. Mais aucun n’est venu me chercher. Aucun ne m’a donné envie de le rencontrer dans la réalité. Je ne saurais expliquer exactement pourquoi, cependant. C’est peut-être l’univers même du roman qui créait une barrière entre les protagonistes et moi.
L’histoire, quant à elle, ma intéressée par moments et par d’autres, non. J’aimais l’idée que le personnage principal se mêle avec un autre personnage issu de la fiction. J’ai aimé la quête de la narratrice à tendre à prouver qu’elle n’était pas la créature d’un auteur, et que si elle était malgré tout une fiction, elle était bien maître de son destin. Mais ce destin s’est étiolé pour moi et a fini par perdre de son intérêt au fil de ma lecture. J’aurais aimé, je crois, quelque chose de plus fracassant que ce vomi de pensées et cette fin… particulière et un peu décevante. À l’image de l’existence de la protagoniste.
Enfin, j’ai néanmoins apprécié les nombreuses références dans le texte, bien que je ne les maîtrisais pas toutes. Je savais les relever et j’en étais contente. On y rencontre différents philosophes et psychanalystes, Nietzsche, Freud, et des auteurs dont la vie réelle est brossée de fiction dans Ça va aller, comme Hubert Aquin et Italo Calvino. Je crois que tout étudiant en littérature pouvait reconnaître ces auteurs et penseurs, et en cela le livre couvait quelque chose d’intéressant.
En somme, et c’est rare que je le dis, je n’ai pas aimé ma lecture. Je reconnais toutefois que le livre, bien qu’il ne m’ait pas rejointe, a du potentiel pour d’autres lecteurs que moi. Si vous êtes fervents de littérature, donc, je ne vous retiens pas de le lire.

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Lecture ardue mais intéressante

Rue Saint-Urbain

Par Mordecai Richler

Résumé en quatrième de couverture :

Le quartier juif, entre l’avenue du Parc et la Main, dans le Montréal des années 1940. Voici le monde dans lequel Mordecai Richler nous plonge, avec ses lieux, ses personnages, son ambiance : le restaurant de Tansky, communiste invétéré, où s’échauffent les esprits, l’école primaire et les rêves d’avenir qu’elle suscite, l’appartement familial où les parents louent une chambre à un réfugié, puis à un écrivain qui attend le succès; et, l’été venu, la plage des Laurentides et sa pancarte, « This Beach is restricted to Gentiles », que les jeunes s’empressent de déterrer…
Un monde attachant, plein de bonhomie sympathique, ayant pour toile de fond le Québec de Duplessis et les États-Unis, l’« Amérique véritable ». Un univers comme seul pouvait le décrire l’auteur de L’apprentissage de Duddy Kravitz.

Mon appréciation :

J’ai d’abord eu beaucoup de mal à réellement me plonger dans l’œuvre de Richler. Je ne connais ni bien l’époque ni bien les lieux dans lesquels le roman prend vie. J’étais désorientée et je n’ai pu profiter pleinement de ma lecture, étant donné qu’il me manquait d’informations pour compléter les trous.
Bien que je n’étais pas ancrée dans l’histoire, j’ai tout de même apprécié ma lecture. Je me cherchais beaucoup, mais j’aimais tout de même l’ambiance qui était dépeinte dans le livre. Je pouvais découvrir comment certaines personnes pouvaient vivre à l’époque de Duplessis, au Québec.
Autrement, j’ai aimé les personnages, mais tout particulièrement celui de l’écrivain. Figure qui vient davantage me rejoindre parce que le milieu littéraire dans son entier me fascine, j’ai pris plaisir à lire les aventures du protagonistes. L’homme tarde beaucoup à écrire et il est déjà considéré comme un grand écrivain qui vendra bien. Les relations de tension entre l’écrivain et ses fans avant l’heure, entre l’écriture et la lecture, entre les mots et la page blanche, entre le succès et l’insuccès m’ont captivée. Je crois que j’aurais aimé suivre plus encore ce personnage plutôt que certains autres.
Dans l’ensemble, ma lecture de Richler est donc mitigée. Je crois que je devrais relire le livre après m’être documentée sur l’époque afin d’en faire une meilleure lecture. D’ici-là, mon avis reste constitué de hauts et de bas. Néanmoins, pour ceux qui aiment le côté culturel des œuvres, celle-ci pourrait être pertinente. 🙂

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Un policier jeunesse qui exploite une thématique forte

15 ans ferme

Par Laurent Chabin

Résumé en quatrième de couverture :

Un violent incendie, avenue Victoria à Westmount. Une folle poursuite à travers Montréal. Un riche avocat et sa femme retrouvés morts dans leur résidence. Un être fragile caché dans un bosquet du quartier Saint-Henri, la peur au ventre. En voilà assez pour que Sara, l’héroïne du roman Les Trois Lames, se sente interpellée et décide d’aider la victime. Mais qu’est-ce qui peut bien unir un riche homme d’affaires, son épouse et des immigrants clandestins?
Un jeu de pistes qui tient en haleine du début à la fin. Une intrigue habilement ficelée et des personnages qui se cachent derrière des apparences trompeuses. Un récit qui laissera constamment le lecteur dans le doute et que dévoreront les amateurs de romans policiers.

Mon appréciation :

Je n’ai pas lu le roman précédant celui-ci. Je n’avais jamais lu de romans de Laurent Chabin auparavant, non plus. Pourtant, cet homme a écrit une multitude d’œuvres policières, autant jeunesses que pour adultes. On m’a mis ce tome entre les mains dans l’objectif de l’analyser. Néanmoins, comme c’est un roman jeunesse, je me suis tout de même amusée à le lire avec les yeux que j’aurais eus adolescente.
L’une des particularités de ce livre est que la narration est plurielle. Le lecteur a le point de vue de chaque personnage selon les moments du récit. Chacun raconte ses parties au je, de sorte que le lecteur peut avoir accès à une certaine intimité de la part des protagonistes. Question de connaître davantage nos héros, j’aurais aimé avoir lu le premier tome… mais cela ne change pas grand chose à la lecture que j’ai pu en faire, tout de même. Je ne sentais pas que j’avais un gros manque à combler à ce sujet.
J’ai beaucoup aimé l’intégration d’extraits de journaux dans le fil de la lecture, bien qu’il n’apportaient pas nécessairement beaucoup. Je les trouvais essentiellement amusants et j’aimais avoir un point de vue extérieur aux événements.
Le roman reste aussi intéressant dans la mesure où il aborde le sujet des réseaux clandestins où l’on profite de personnes dépourvues de moyens provenant de d’autres pays. J’aimais bien cette thématique, qui n’est pas toujours abordée, d’autant plus dans la littérature jeunesse. Se plonger dans les expériences atroces que vivent ces gens était assez particulier. C’était complexe à déchiffrer, mais cela était un bon prétexte pour s’interroger sur l’humain.
Par contre, la fin était un peu étrange. Nous nous sommes d’ailleurs tous interrogés à ce sujet dans mon cours. La victime du livre pend une décision rapide par rapport à une situation qui la dépasse et qui est très complexe. Cela rend son choix superficiel, sans teneur réelle des conséquences qu’il peut entraîner.
Au final, j’ai eu une agréable lecture. Le roman se lit très bien, malgré la grande alternance de personnages. Peut-être que je vais m’attaquer aux romans pour adultes de Laurent Chabin, histoire d’en voir la différence.

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