Articles tagués : Maryse Condé

Une construction intéressante de la narration

Traversée de la Mangrove

Par Maryse Condé

Résumé en quatrième de couverture :

À Rivière au Sel, en plein coeur de la forêt, on veille un mort, un homme qui s’est installé dans le village quelques années auparavant et dont on ne sait pas grand-chose.
Est-il cubain? colombien? A-t-il déserté? Pourquoi est-il revenu en Guadeloupe? Les réponses ne sont pas claires.
Cependant peu importe la véritable identité de cet homme. Ce qui importe, c’est l’image que les individus gardent chacun de lui et les modifications essentielles qu’il a apportées dans leurs vies.
Dans le temps clos de cette seule nuit, au-delà de cette petite communauté, c’est toute la société guadeloupéenne d’aujourd’hui qui se dessine, avec ses conflits, ses contradictions et ses tensions.

Mon appréciation :

C’est une enseignante qui m’a mis ce livre dans les mains. Je ne connaissais ni l’auteure ni ses œuvres. J’ai ainsi découvert une intéressante manière de raconter un récit.
Le roman n’a rien de linéaire, puisque nous le commençons avec la mort d’un personnage masculin. Cet homme est très énigmatique chez les gens qui l’ont côtoyé. Aucun ne l’a perçu de la même manière, et c’est cette pluralité de la présence d’un individu que montre le roman. Chaque protagoniste, à son tour, prend les reines de la narration pour exprimer le point de vue qu’il a du mort. Chacun raconte sa rencontre avec le défunt, la perception qu’il en a eu et son opinion tranchée sur cet homme qui a remué le paysage de Rivière au Sel. Le récit est donc constitué d’une multitude d’analepses qui dressent un portrait multiple d’un même homme. Le lecteur n’a d’ailleurs pas accès à la vérité, puisque le mort ne peut renchérir et se dévoiler lui-même.
La question de l’identité, dans Traversée de la Mangrove, est donc très intéressante. En y réfléchissant bien et en faisant le parallèle avec notre propre vie, on se demande comment nous sommes perçus des gens qui nous entourent. Leurs avis doivent, pour eux aussi, diverger comme c’est le cas dans ce roman.
Finalement, la conclusion du livre peut laisser penser que le défunt, Francis, peut être analysé comme un bouc émissaire. Tout le monde parle de lui en bien ou en mal. Ayant créé des remous par son mystère chez les gens du village, sa mort permet de ramener le calme sur la place ou de retourner au cours normal des choses. Le roman, qui ne s’étale que sur une nuit, se lit très rapidement et permet de nombreuses réflexions.

Publicités
Catégories : Contemporain/Réaliste, Livres adultes | Étiquettes : , , | Poster un commentaire

Créez un site ou un blog sur WordPress.com

%d blogueurs aiment cette page :