Articles tagués : Théâtre

Dans une autre époque

Une tempête

Par Aimé Césaire

Résumé en quatrième de couverture :

Un navire sombre dans les eaux furieuses d’une tempête infernale. Depuis l’île où il a été exilé à la suite d’un funeste complot, le duc et magicien Prospero contemple le naufrage… et voit débarquer ses ennemis d’autrefois. La vengeance est proche! Mais son esclave Caliban se révolte, et rien ne sera plus comme avant…
Adaptant pour un théâtre nègre La Tempête de Shakespeare, Césaire démystifie le merveilleux pour mieux faire surgir le chant de la liberté.

Mon appréciation :

Je n’aurais probablement jamais lu ce livre si on ne me l’avait pas mis entre les mains dans le cadre d’un cours. Aimé Césaire reprend à sa façon la pièce de théâtre de Shakespeare. Je n’ai pas lu cette dernière, et je crois que cela aurait davantage été souhaitable de l’avoir lu pour bien apprécier ce livre-ci. Je n’ai pas détesté, non. Toutefois, je sentais bien qu’il manquait quelque chose à ma lecture.
J’ai apprécié me plonger dans l’ambiance du texte, avec son aspect culturel très fort. Je sentais bien l’idée de l’esclavage. C’était déplaisant, mais cela signifie que c’était bien construit pour représenter l’époque et son traitement des humains.
Sur l’île où se déroule l’action de la pièce, une ambiance de révolte se fait sentir entre les différents personnages. Les notions de pouvoir et de race s’ont fortement présentes. Au milieu de cette ambiance, ce qui m’a intéressée, c’étaient les personnages de Caliban et d’Ariel. Les deux sont très différents et gèrent les événements chacun à leur façon. Si la révolte et la force guident le premier, le second préfère agir calmement, posément et par les paroles.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture. Ce n’est pas un genre que je lis régulièrement, mais c’était une expérience agréable.

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Une pièce qui se lit en un clin-d’œil

Combat de nègre et de chiens

Par Bernard-Marie Koltès

Résumé en quatrième de couverture :

« Combat de nègre et de chiens ne parle pas, en tout cas, de l’Afrique et des Noirs — je ne suis pas un auteur africain —, elle ne raconte ni le néocolonialisme ni la question raciale. Elle n’émet certainement aucun avis.
Elle parle simplement d’un lieu du monde. On rencontre parfois des lieux qui sont des sortes de métaphores, de la vie ou d’un aspect de la vie, ou de quelque chose qui me paraît grave et évident, comme chez Conrad par exemple les rivières qui remontent dans la jungle… J’avais été pendant un mois en Afrique sur un chantier de travaux publics, voir des amis. Imaginez, en pleine brousse, une petite cité de cinq, six maisons, entourée de barbelés, avec des miradors; et, à l’intérieur, une dizaine de Blancs qui vivent, plus ou moins terrorisés par l’extérieur, avec des gardiens noirs, armés, tout autour. C’était peu de temps après la guerre du Biafra, et des bandes de pillards sillonnaient la région. Les gardes, la nuit, pour ne pas s’endormir, s’appelaient avec des bruits très bizarres qu’ils faisaient avec la gorge… Et ça tournait tout le temps. C’est ça qui m’avait décidé à écrire cette pièce, le cri des gardes. Et à l’intérieur de ce cercle se déroulaient des drames petits-bourgeois comme il pourrait s’en dérouler dans le seizième arrondissement : le chef de chantier qui couchait avec la femme du contremaître, des choses comme ça…
Ma pièce parle peut-être un peu de la France et des Blancs : une chose venue de loin, déplacée, devient parfois plus déchiffrable. Elle parle surtout de trois êtres humains isolés dans un lieu du monde qui leur est étranger, entourés de gardiens énigmatiques. J’ai cru — et je crois encore — que raconter le cri de ces gardes entendu au fond de l’Afrique, le territoire d’inquiétude et de solitude qu’il délimite, c’était un sujet qui avait son importance. »
Bernard-Marie Koltès

Mon avis :

J’ai bien aimé lire cette pièce de théâtre. D’ailleurs, je n’avais pas tant l’impression de lire du théâtre, puisque j’ai dévoré le livre comme si c’était un roman. D’autant plus que le livre est très peu volumineux, de sorte qu’il se termine très rapidement.
Les personnages de la pièce sont assez intéressants. On prend plaisir à les découvrir à travers leurs comportements. Nous ne faisons qu’une petite entrée dans leur vie, mais c’est suffisant pour se faire une idée. Ensemble, ils dressent un bon portrait de l’humain.
Comme le mentionne la quatrième de couverture, la trame sonore du récit est très présente. On la sent dans les didascalies. Il n’empêche que j’aurais vraiment aimé l’entendre afin d’être davantage dans l’ambiance. J’avais beau imaginer tous ces cris des gardiens, je les oubliais parfois, et cela enlevait au récit. À ces moments, il me semblait donc qu’il manquait quelque chose à la pièce.
Enfin, j’ai tout particulièrement apprécié la vivacité des propos des protagonistes et la qualité de leurs échanges. C’est ce qui me captivait et me faisait lire la suite. Je désirais savoir qu’elle serait la prochaine réplique… et ainsi de suite. Car, après tout, lire une pièce de théâtre, c’est lire un enchaînement de répliques. 😉

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Des mots qui percutent dans une ambiance qui joue sur la construction du texte.

Le sang des promesses, tome 1, Littoral

Par Wajdi Mouawad

Résumé en quatrième de couverture :

En apprenant la mort de son père inconnu, qu’il retrouve à la morgue, l’orphelin Wilfrid décide de lui offrir une sépulture dans son pays natal. Commence alors un voyage au bout de la nuit qui le conduit vers un monde dévasté par les horreurs de la guerre, où les cimetières sont pleins, où les proches de cet homme rejettent sa dépouille, qui terminera son périple dans les bras de la mer. À travers les rencontres douloureuses qu’il fait à cette occasion, Wilfrid entreprend de retrouver le fondement même de son existence et de son identité.

Mon appréciation :

J’ai beau avoir lu le deuxième tome de cette quadrilogie en premier, cela n’a rien changé au plaisir de ma lecture. Tout particulièrement parce que les tomes ne se suivent pas. C’est d’ailleurs grâce à Incendies que j’ai eu envie de me procurer les autres volumes et de les lire. En une seule sortie de mon portefeuille, je les ai tous pris (c’est le cadeau que je me suis fait après les fêtes).
Littoral, comme Incendies, est assez dur. Wajdi Mouawad ne mâche pas ses mots et donne directement au lecteur l’accès à un récit puissant. On y parle de guerre, de mort, de repos, de douleur, d’amour, d’amitié, de famille, d’exil, de fuite, de sexe, de conflits,… Le texte est relativement court, mais il communique beaucoup.
Ce qui est intéressant dans Littoral, c’est l’inspiration qu’a eue Mouawad. Il est entre autres question de Hamlet, d’Œdipe et de l’Iliade. On retrouve ces écrits dans les différents personnages de l’histoire. Cela ajoute une touche intéressante lorsque le texte est analysé, puisque l’on tente de décortiquer les personnages pour découvrir quel écrit les a inspirés.
La force de ce tome réside aussi dans le fait qu’il est marqué par l’absence. L’absence du père de Wilfrid, puisqu’il est décédé, mais aussi l’absence des pères des compagnons que se fait le personnage principal durant son voyage. Ce qui est par contre étrange, c’est que malgré cette absence, il y a aussi présence. En effet, il se trouve que le père, bien que mort, parle. L’imagination de l’orphelin lui permet de discuter avec son père à quelques reprises. C’est d’ailleurs ainsi qu’il a accès à des informations sur le passé de son paternel et sur sa mère, qu’il n’a jamais connue.
L’aspect imaginatif de la pièce est très bien amené. Cela peut être un peu mêlant parfois, mais cela ajoute quelque chose de vraiment intéressant au récit. En même temps, il y a un certain parallèle, puisque non seulement il y a la réalité et le père mort qui parle, mais il y a aussi le fait que Wilfrid se retrouve en plein tournage d’un film où il doit enterrer son père.
En bref, Littoral, c’est rempli de sujets percutants tout en étant également complexe de par sa construction qui mêle imaginaire, réel et fiction. J’ai préféré Incendies, mais j’ai adoré Littoral.

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Un classique!

Hamlet
Par Shakespeare

Résumé en quatrième de couverture :

Je ne suis fou que par le vent du nord-nord-ouest : quand le vent est au sud, je peux distinguer un faucon d’un héron.
Acte II, scène 2.

Mon appréciation :

C’est dans le cadre d’un cours de mon programme d’études collégiales que j’ai eu à lire ce livre. Je dois avouer que j’étais craintive. Lire du théâtre n’est pas ce que je préfère habituellement et je pensais que je n’aimerais pas lire un classique. Je m’imaginais perdue au fil des pages. Cependant, ce n’est pas ce qui est arrivé! J’ai aimé ma lecture!
J’ai trouvé que la pièce se lisait plutôt bien et le tout était plutôt divertissant. Hamlet se fait passer pour fou, et semble parfois tout simplement l’être, ce qui est assez amusant, malgré que cette pièce soit une tragédie. Voici un extrait de cette folie feinte :
« Hamlet : Voyez-vous ce nuage là-bas qui a presque la forme d’un chameau?
Polonius : Par la messe! on dirait que c’est un chameau, vraiment.
Hamlet : Je le prendrais pour une belette.
Polonius : Oui, il a le dos d’une belette.
Hamlet : Ou une baleine.
Polonius : Oui, tout à fait la baleine. » (p.95)
J’avais déjà vu l’adaptation cinématographique de ce texte lorsque j’étais au secondaire, ce qui m’a enlevé la surprise du dénouement final. Il n’empêche que j’ai bien apprécié lire cette scène et m’imaginer les personnages se promener sur la scène d’un théâtre. Car malgré les maigres didascalies qui indiquent quand les personnages entrent et sortent, il n’y a que très peu d’indications sur les mouvements. Les seuls moments où on sait qu’il y en a eu en particulier, ce sont ceux où un personnage les dit très clairement. Le reste du temps, il faut se les imaginer selon ce que peuvent exprimer comme émotions les comédiens tandis qu’ils récitent leur texte. J’ai trouvé cela plaisant comme « exercice ». Contrairement aux romans où tout est narré, je devais ici tout m’imaginer. Et j’ai trouvé cela assez vivant. Il était facile pour moi de m’imaginer que les personnages n’étaient pas des piquets.
Ainsi, si vous hésitez à vous plonger dans ce classique du théâtre, je vous conseille d’arrêter cela. N’ayez crainte et foncez, car c’est une bonne histoire, bien que la fin ne soit pas des plus heureuses!

Voici la bande-annonce de l’une des adaptations du livre :

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Une pièce intéressante!

En attendant Godot
Par Samuel Beckett

Résumé en quatrième de couverture :

Vous me demandez mes idées sur « En attendant Godot », dont vous me faites l’honneur de donner des extraits au Club d’essai, et en même temps mes idées sur le théâtre.
Je n’ai pas d’idées sur le théâtre. Je n’y connais rien. Je n’y vais pas. C’est admissible.
Ce qui l’est sans doute moins, c’est d’abord, dans ces conditions, d’écrire une pièce, et ensuite, l’ayant faite, de ne pas avoir d’idées sur elle non plus.
C’est malheureusement mon cas.
Il n’est pas donné à tous de pouvoir passer du monde qui s’ouvre sous la page à celui des profits et pertes, et retour, imperturbable, comme entre le turbin et le Café du Commerce.
Je ne sais pas plus sur cette pièce que celui qui arrive à la lire avec attention.
Je ne sais pas dans quel esprit je l’ai écrite.
Je ne sais pas plus sur les personnages que ce qu’ils disent, ce qu’ils font et ce qui leur arrive. De leur aspect j’ai dû indiquer le peu que j’ai pu entrevoir. Les chapeaux melon par exemple.
Je ne sais pas qui est Godot. Je ne sais même pas, surtout pas, s’il existe. Et je ne sais pas s’ils y croient ou non, les deux qui l’attendent.
Les deux autres qui passent vers la fin de chacun des deux actes, ça doit être pour rompre la monotonie.
Tout ce que j’ai pu savoir, je l’ai montré. Ce n’est pas beaucoup. Mais ça me suffit, et largement. Je dirai même que je me serais contenté de moins.
Quant à vouloir trouver à tout cela un sens plus large et plus élevé, à emporter après le spectacle, avec le programme et les esquimaux, je suis incapable d’en voir l’intérêt. Mais ce doit être possible.
Je n’y suis plus et je n’y serai plus jamais. Estragon, Vladimir, Pozzo, Lucky, leur temps et leur espace, je n’ai pu les connaître un peu que très loin du besoin de comprendre. Ils vous doivent des comptes peut-être. Qu’ils se débrouillent. Sans moi. Eux et moi nous sommes quittes.
Samuel Beckett, Lettre à Michel Polac, janvier 1952

Mon appréciation :

J’ai eu à lire cette pièce dans le cadre d’un cours au cégep. Je dois avouer que je suis bien contente d’avoir ainsi pu la connaître, puisque j’ai bien apprécié ma lecture.
Même si Didi (Vladimir) et Gogo (Estragon) sont peu présentés, on arrive à s’attacher à eux. Leur univers est bien particulier, mais j’ai apprécié les rencontrer durant deux soirées (soit les deux actes, qui équivalent chacun à une soirée). Le décor minimaliste avait quelque chose d’intéressant en soi. En fait, j’ai trouvé qu’il accentuait l’effet qu’a la ridicule attente interminable des deux vieux amis. Ils attendent Godot soir après soir, sans savoir quand il arrivera, quel jour il est, à quoi ressemble Godot et comment meubler le temps de cette attente. Il n’y a qu’un arbre comme décor, un arbre totalement inutile, sinon que les deux amis ont l’idée de se pendre pour passer un peu le temps. Seulement, ils oublient la corde. Mis à part cela, le décor est si simple qu’un des personnages s’empêtre même dedans en voulant fuir! Ce qui était plutôt comique.
S’il y a quelques situations cocasses, on n’en oublie pas l’aspect « sans but, sans avenir » qui mène Didi et Gogo. Si l’on exclu le fait qu’ils attendent un certain Godot, ils ne semblent rien faire d’autre de pertinent de leur existence.
Viennent éventuellement Pozzo et Lucky (ce dernier étant l’esclave du premier). Ces deux protagonistes sont une source de curiosité pour les deux amis, ce qui meuble leur temps d’attente. Ils seront la cause de passages plus farfelus et divertiront aussi le lecteur.
Finalement, ce qu’il y a d’intrigant quant à Didi et Gogo, c’est qu’ils ont du mal à se rappeler les choses! Ils doutent même d’être venus attendre ensemble la veille! Et ce fameux dialogue qui revient souvent entre les deux est relativement comique :
« Estragon : […] Allons-nous-en.
Vladimir : On ne peut pas.
Estragon : Pourquoi?
Vladimir : On attend Godot.
Estragon : C’est vrai. » (p.16)
Je le trouve bien représentatif de la pièce, qui ne rime pas à grand chose, au final. C’est ironique et amusant. Divertissant.

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