De quoi s’interroger à notre tour!

Un, personne et cent milleUn, personne et cent mille
Par Luigi Pirandello

Résumé en quatrième de couverture :

« Ne dites plus, ne dites jamais plus que l’approbation de votre conscience vous suffit.
Quand vous avez commis telle action? Hier, aujourd’hui, il y a une minute? Et maintenant? Ah, maintenant, vous voilà prêt à admettre que vous auriez peut-être agi de façon différente. Et pourquoi? Vous pâlissez? Peut-être reconnaissez-vous aussi à présent, qu’il y a une minute, vous étiez un autre?
Mais oui, pensez-y bien. Une minute avant que ne se produise le fait qui vous occupe, vous étiez non seulement un autre, mais aussi cent autres, cent mille autres… Et il n’y a pas lieu d’en être surpris. Êtes-vous bien sûr que vous serez demain celui que vous affirmez être aujourd’hui? »

Mon appréciation :

Je ne connaissais pas Luigi Pirandello jusqu’à ce que mon professeur de Roman italien l’aborde dans le cours et nous demande de le lire. Comme j’aime toujours découvrir des auteurs, j’étais bien intriguée de lire celui-ci.
J’ai apprécié ma lecture du début à la fin. Dès le début, j’ai été happée par le style d’écriture de l’auteur. C’est léger et cela se lit bien. Même, les personnages apparaissent agréables et divertissants. Puis, si l’écriture reste simple, le texte se complexifie tout de même. En effet, le personnage principal se pose beaucoup de questions et revoit son approche de l’identité. C’est le fil des idées de ce personnage qui peut être plus difficile à suivre.
Gengé, comme il est surnommé, songe que chaque personne a une vision différente de nous, et que nous ne sommes donc pas le même individu pour chacune de ces personnes, ce qui fait en sorte que nous sommes plusieurs individus nous-mêmes. Par le fait même, comme nous sommes plusieurs, nous ne serions en fait personne, puisque nous ne sommes pas un seul individu unique pour l’ensemble des autres personnes. Peut-être que je vous perds un peu, mais vous devez sans doute comprendre un peu l’idée. Et c’est cette idée qui hante constamment le personnage de Gengé tout au long du roman, de sorte qu’il se mène lui-même peu à peu vers la folie. Et la transition est intéressante! Comme le texte est écrit au passé et est à la première personne du singulier, nous savons que cette folie habite déjà le personnage. Cependant, lorsqu’il nous raconte les événements qui l’on mené à devenir l’être qu’il sera à la fin de l’histoire (je ne vous dévoile pas ce qu’il en sera, mais c’est très intéressant), la folie est souvent entrecroisée avec l’obsession de Gengé pour sa théorie. Ainsi, il semble parfois fou, parfois simplement trop dévoué à sa cause.
Le rapport aux autres personnages est intéressant. Comme Gengé a lui-même du mal à déterminer qui il est, ceux qui l’entourent sont aussi représentés de manière à ce qu’ils soient plusieurs personnes, cent mille personnes. Cela donne l’impression que le livre est rempli de personnages, quand il n’en contient qu’une dizaine environ. Qui plus est, il y a une sorte de chaîne qui se fait entre les différents personnages. On le voit très bien au début du livre, entre autres, là où Gengé décide de faire remarquer un défaut physique chez une connaissance, qui à son tour fera pareil pour un autre protagoniste, et ainsi de suite. C’est amusant et jamais trop étourdissant!
J’ai passé une agréable lecture. Même, je tentais le plus possible de me mettre dans la peau du personnage principal lorsqu’il était dans ses interrogations. Après tout, qui suis-je pour les autres? Suis-je un? personne? cent mille?

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