Contemporain

Des livres qui se déroulent à notre époque, des livres qui présentent des personnages de tous les jours, avec leurs caractéristiques propres.

Amitiés, famille et culture : un bon mélange!

Gamer, tome 1, Nouveau port

Par Pierre-Yves Villeneuve

Résumé en quatrième de couverture :

Sur les serveurs de La ligue des mercenaires, les gamers la connaissent sous le nom de Stargrrrl, une soldate redoutable, une combattante aguerrie, une dangereuse tireuse d’élite dont il vaut mieux ne pas se retrouver dans la mire.
Derrière ce visage se cache Laurianne, une jeune fille douée en maths et adepte de course à pied, qui partage le plus clair de son temps entre l’école et l’écran de son ordinateur.
Son univers s’écroule le jour où son père lui annonce leur déménagement.
À sa nouvelle école, tout ce qu’elle souhaite, c’est passer incognito, se fondre dans le décor, tel Arno Dorian. Peu de chance que ça arrive! Malgré tous ses efforts, Laurie n’arrive pas à garder sa langue dans sa poche et réussit le tour de force de se faire à la fois adopter par la gang des geeks et se mettre à dos la clique la plus influente de l’école.
Autour d’elle, les coups les plus tordus s’enchaînent, lui faisant souhaiter de retourner près de Sam, son meilleur ami, avec qui elle ne compte plus les heures passées à jouer à la Ligue, et le seul vraiment capable de lui faire oublier tous ses malheurs.

Mon appréciation :

Un roman pour adolescents qui use, comme point de départ, du déménagement et de la nouvelle école, c’est commun. Cependant, la série Gamer fait changement en instaurant une jeune fille de quatorze ans qui adore les jeux vidéos, la course, les séries télé et les personnages de comics. Si ce ne sont pas tous les jeunes lecteurs qui percevront les références disséminées dans le livre, ce sont justement ces références culturelles qui plairont aux lecteurs adultes.
J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Laurianne est une protagoniste qui peut rejoindre plusieurs jeunes selon ce qui est évoqué dans le récit, et ce autant les filles que les garçons. On s’attache rapidement à l’héroïne aux goûts variés. Elle peut faire penser à soi par ses questionnements adolescents (amitiés, amours, alternance loisirs et études) et à d’autres par ses goûts (jeux vidéos, grand appétit, sports, etc.). Laurie a donc la capacité de plaire à tous les lecteurs.
Le personnage du père est aussi très plaisant. Gaffeur, drôle et attentionné, il donne envie d’en avoir un semblable ou d’en connaître un ainsi. Il me semble d’ailleurs plus facile à percevoir en tant qu’ami qu’en tant que paternel.
Enfin, la trame narrative en soi est assez intéressante malgré qu’elle présente des péripéties plus classiques des romans adolescents sous forme de journal. Ce qui différencie Gamer, cependant, mis à part son personnage geek, c’est l’intensité des péripéties (dont la rivalité de Laurie avec la fille la plus populaire de sa nouvelle école). Je ne veux pas révéler trop d’éléments, mais je dirais que cette série crée du nouveau avec du déjà-vu. Le roman se lit très bien et donne envie de lire la suite (ce que je ferai très certainement).

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Un entraînement poétique.

Paysage aux néons

Par Simon Boulerice

Résumé en quatrième de couverture :

Dans ce court roman découpé comme un programme d’entraînement, ponctué d’illustrations et de conseils nutritifs, Simon Boulerice met de nouveau en scène Léon Renaud, l’attachant protagoniste de Jeanne Moreau a le sourire à l’envers. On le retrouve deux ans plus tard, dans un gymnase où il lit de la poésie sur un vélo stationnaire. Il y fait la rencontre de Marky Mark, qui sculpte compulsivement ses muscles tandis que son petit frère perd l’usage des siens, et de Félindra, fée Adidas aux kilos en trop qui boit du Coke Diet en veillant à distance sur son bien-aimé.
Œuvre grave et drôle, tendre et grinçante, Paysage aux néons creuse les thèmes du corps et du désir chers à son auteur.

Mon appréciation :

J’ai bien aimé la plume de Simon Boulerice, dont j’avais beaucoup entendu parler par un collègue de travail mais dont je n’avais jamais essayée. Désormais, c’est chose faite : j’ai lu du Boulerice et j’en veux encore!
L’histoire est assez simple et douce. J’ai bien aimé la lire. Si je ne m’identifiais pas aux personnages, qui étaient tous très loin de moi, j’ai apprécié apprendre à les connaître tout au long de ma lecture. L’environnement, très sportif, m’a plu. Je ne suis pas très sportive, alors j’avais l’impression de m’incruster dans ce genre de quotidien et d’espionner un peu les protagonistes. Je me suis amusée.
Le récit est très bien présenté. Les chapitres sont découpés comme des fiches d’entrainement : au début de chacun d’eux, nous avons des indications pour réaliser un entraînement, puis c’est la narration qui prend le relais. J’adorais l’ambiance qui était ainsi crée.
S’ajoutait à cela tout le côté poétique. Chaque chapitre présente en exergue des extraits de poèmes. Cela donne l’impression au lecteur de lire ce que Léon aime. Qui plus est, comme la poésie est très importante pour le jeune homme, cela permet de faire un lien avec la conclusion du texte, où la forme de la narration change et se constitue de vers.
Finalement, j’ai bien aimé l’idée que l’histoire soit inspirée de gens réels. L’auteur en glisse un mot à la fin du livre et nous avise que nous pouvons aller regarder sur un site internet le travail d’un photographe à propos de ces personnes. Le roman ne fait donc pas simplement représenter le quotidien mesuré d’un adolescent, mais il permet aussi au lecteur de rencontrer, comme dans la vraie vie, des individus qui diffèrent tout en restant très humains.

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Un excellent roman pour ados!

Le suivant sur la liste (Intégrale qui comprend Le suivant sur la liste et La nuit des fugitifs)

Par Manon Fargetton

Résumé en quatrième de couverture :

Izia, Morgane, Timothée, Samuel, Nathan.
Cinq adolescents aux dons exceptionnels.
Cinq adolescents épiés, menacés, traqués.
Cinq adolescents qui doivent découvrir le secret de leurs origines s’ils veulent survivre.

Mon appréciation :

J’ai été agréablement surprise de ma lecture, que j’ai très bien appréciée. J’ai dévoré cette intégrale de deux livres de Manon Fargetton assez rapidement.
Le récit, très bien composé, est très vite accrocheur. Dès le départ, l’action s’enclenche. Nous avons tout juste le temps de découvrir quelques uns des personnages principaux que les épreuves happent les jeunes mentionnés dans le résumé du roman. J’ai beaucoup aimé ce rythme. Chacun des tomes se déroule en peu de temps et donne véritablement l’impression de suivre le déroulement des événements en temps réel, comme si l’on assistait au visionnement d’un film.
Le suivant sur la liste est également très intéressant sur le plan psychologique de ses personnages. Les romans sont narrés des points de vue des multiples actants. En tant que lecteur, nous pouvons découvrir davantage la personnalité des héros, comme des autres protagonistes qui les côtoient et qui jouent un rôle majeur dans l’histoire. La narration, bien que toujours omnisciente, permet alors l’identification aux héros parce que nous connaissons d’autant plus leurs sentiments et leurs pensées. Aucun des cinq jeunes n’est mis de côté au détriment des autres.
J’ai très apprécié l’entraide dont faisaient preuve les jeunes, qui ne s’étaient pourtant jamais vraiment parlé auparavant. En quelques instants, le besoin de s’allier était plus important que leurs différences. Un seul élément propre à leur identité les reliait et cela était suffisant pour faire du petit groupe une excellente équipe prête à affronter le monde entier (ou presque). De plus, cette entraide ne négligeait pas non plus les adultes. Souvent, les jeunes de romans se dissocient des personnages adultes pour affronter eux-mêmes les épreuves de la vie. Dans Le suivant sur la liste, la figure d’adulte est aussi montrée sous un aspect valorisant. Le lecteur peut prendre conscience que ces personnes peuvent apporter beaucoup, même si les relations avec ceux-ci ne sont pas nécessairement toujours évidentes.
Enfin, j’ai particulièrement aimé l’élément qui reliait les jeunes et tout le mystère qui y était associé. J’adorais en découvrir peu à peu davantage tout au long du récit… d’autant plus que les découvertes se font jusqu’à la toute fin. Et puis, l’idée que ce que vivent les héros de cette intégrale pourrait se produire dans un avenir plus ou moins rapproché m’a semblé assez pertinente. Les avancées technologiques et scientifiques sont souvent surprenantes, et leurs limites, comme le montre le roman, semblent indéfinissables.

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Une bonne idée, mais une déception d’ensemble.

ADDICT

Par Jeanne Ryan

Résumé en quatrième de couverture :

ADDICT est un jeu qui diffuse sur Internet des défis filmés en direct. Vee, 17 ans, ne sait pas si elle aura le cran d’y participer. Mais les organisateurs connaissent ses désirs les plus secrets et finissent par la convaincre avec des cadeaux qu’elle ne peut refuser, et un partenaire irrésistible…
Dès qu’elle fait équipe avec le beau Ian, Vee ne peut qu’accepter le défi suivant, puis un autre, et encore un autre… D’autant que l’engouement des milliers d’Observateurs en ligne la pousse à dépasser ses limites et ses peurs.
Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain : dangereux. Mais comment décrocher quand on est devenu complètement addict?

Mon appréciation :

La bande-annonce de l’adaptation cinématographique, sous le titre Nerve, est ce qui m’a poussée à me procurer ce roman. Cependant, bien qu’elle m’ait donné envie de découvrir l’histoire de Vee, cette bande-annonce m’a menée vers deux déceptions : le livre et le film.
Tout au long de ma lecture, il me semblait qu’il manquait toujours quelque chose au roman. Soit c’était l’écriture qui était plus ou moins plaisante, soit c’était la maturité fautive des personnages, ou enfin des attentes qui n’étaient pas comblées.
J’ai trouvé le concept du jeu ADDICT plutôt intéressant. Cela exploitait à merveille la société d’aujourd’hui qui est toujours rivée à son écran et qui y dévoile sa vie par l’entremise des réseaux sociaux. Alors que le personnage de Vee se rend compte que les concepteurs d’ADDICT puisent dans ses informations personnelles diffusées sur Internet et qu’ils prennent le contrôle de son téléphone cellulaire, le lecteur peut se mettre à réfléchir à l’impact de la technologie sur la vie privée. Au fil du roman, le jeu auquel prend part Vee transgresse les lois pour forcer les participants à commettre des actes dangereux. Le lecteur peut alors s’interroger sur ce qui est raisonnable ou non.
Outre l’intéressant concept du jeu, le roman ADDICT n’est guère extraordinaire. Les défis sont davantage psychologiques que physiques et ne donnent pas toujours l’impression d’être très demandant. Je n’en voyais pas toujours l’intérêt. Tout particulièrement pour le dernier, qui durait beaucoup trop longtemps à mon goût et qui ne donnait aucune matière pertinente pour la réflexion ou la suite des événements.
La conclusion du roman laisse également à désirer. Un lien se fait avec le prologue, mais laisse des zones d’ombres. Le prologue renvoie à la fin du livre, mais seulement en partie, puisqu’il présente un moment que l’on ne revoit aucunement et qui n’est pas expliqué. Cela me paraissait étrange de ne pas avoir la conclusion de cette introduction au roman, qui laissait d’ailleurs un léger suspense. Mis à part cela, la dernière épreuve ne me semble pas à la hauteur, tout comme la résolution, qui est mi-facile mi-difficile. Si Vee éprouve des difficultés à retrouver le monde réel, elle s’en tire pourtant sans aucun dommage (ce qui est un peu étonnant sachant qu’ADDICT possédait une mine d’information sur l’adolescente).
Le film, quant à lui, est plus demandant sur le plan des défis. Sa finale, quant à elle, est plus riche en émotions. Cependant, elle montre une résolution très facile contre le système de jeu.
Cela fait donc de mon avis quelque chose de très mitigé qui tend un peu plus vers le moins bon. J’ai lu le roman par curiosité, mais je n’ai pas pu en apprécier l’intégralité. Il n’empêche que j’ai aimé le fait que les événements pourraient se dérouler dans un avenir très rapproché. L’idée était très bien pensée.

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Quelques jours mouvementés…

Mes super seize ansMes super seize ans
Par Jax Abbott

Résumé en quatrième de couverture :

Cinq PIRES façons de célébrer votre seizième anniversaire :
1. Envoyer la voiture du petit ami de votre mère au fond de l’étang.
2. Accuser le capitaine de l’équipe de football d’avoir mis le feu à l’école.
3. Dire à la Ligue de la Liberté que les superpouvoirs, c’est complètement dépassé.
4. Paniquer totalement quand votre petit ami essaie d’aller plus loin.
5. Faire exploser les instruments de votre orthodontiste sadique.
Éteindre les bougies est le dernier des soucis de Jessie…

Mon appréciation :

J’ai pris plaisir à lire ce petit roman jeunesse. Ce fut divertissant, étant donné les mésaventures de la jeune Jessie, tel que le souligne le résumé ci-haut.
L’écriture est simple et les événements ne sont pas trop complexes à suivre. La malchance en a après Jessie, et cela rend les choses cocasses. Et, ma foi, il s’en est passé quand même plusieurs, des choses, dans ce petit livre.
Jessie mène une vie d’adolescente à peu près normale, si l’on exclut qu’elle a des pouvoirs. On retrouve donc dans Mes super seize ans une histoire d’amour entre adolescents, une histoire d’amitié entre filles, une histoire d’amour entre une mère et un amant ainsi qu’une histoire d’amour entre une mère et une adolescente. En somme, tous les éléments qu’une personne de près de seize ans peut connaître dans sa vie quotidienne, de quoi permettre aux jeunes lectrices de s’identifier à Jessie ou à l’un des autres personnages du récit. Sur ce point, j’ai trouvé cela plutôt bien. Il manquait peut-être un peu de contenu quant à la relation de la mère avec son amant, mais comme ça n’était pas l’intérêt principal de l’histoire, je ne m’en suis pas trop occupé.
Cependant, il manquait de force dans le personnage de Seth, le petit copain de Jessie. À un certain moment, celui-ci prend ses distance dans leur relation. Le personnage s’éloignait un peu de la jeune fille, puis revenait parfois, avec une maigre explication. Cela ne m’a pas semblé suffisant, à mon avis. Oui, la justification du garçon était acceptable. Par contre, elle manquait de… jus. Il semblait manquer d’informations, d’explications quant à la raison de son éloignement amoureux. Même, Jessie n’a pas tant mal réagi que cela. J’avais l’impression que leur amour, à ce moment, n’était pas très fort.
Sinon, pour ce qui est de l’existence moins normale de Jessie, je dois admettre que c’était un peu flou. Nous avons quelques éléments, telle qu’une espèce d’organisation de superhéros, la Ligue de la Liberté. Nous en savons peu sur son influence dans la vie de la famille de Jessie (sa mère, sa sœur et sa grand-mère ayant également des capacités hors norme). Il m’en aurait fallu un peu plus pour que je sois moins sur ma faim à ce sujet.
Tout de même, les péripéties de Jessie m’ont bien divertie. Les quelques jours à partager son quotidien étaient bien mouvementés!

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Une histoire d’amour avec un petit plus!

Super-héros?, tome 1Super-héros
Par Jax Abbott

Résumé en quatrième de couverture :

Les cinq pires façons de commencer votre première journée dans une nouvelle école :
1. Dire au gars le plus cool de la classe qu’il vous fait penser à un lutin.
2. Avoir de super mégacrampes.
3. Contrarier l’une des filles populaires.
4. Susciter la pitié des rejets.
5. Finalement, obtenir tous les superpouvoirs que vous ne pensiez jamais avoir et faire exploser toutes les fenêtres pendant le cours d’anglais.
Et non, Jessie ne portait ni collant ni cape!

Mon appréciation :

Super-héros? est un petit livre qui se lit très rapidement.
Jessie commence ses cours dans une nouvelle école à la suite de la perte de son père. On y retrouve tous les éléments caractéristiques des premières journées d’une nouvelle élève qui doit se faire des amies et découvrir les cliques sociales de l’établissement. À cela s’ajoute l’attrait pour les garçons, puisqu’ils sont deux à aborder l’adolescente. Bien que peu originaux, tous ces éléments étaient amusants à lire. Ils permettent aux jeunes lectrices de s’identifier au personnage principal.
Là où les choses se complexifient et font changement des traditionnels romans où le personnage est un nouveau à l’école, c’est que Jessie fait partie d’une famille de super-héros. Ce n’était pas mauvais, mais cela faisait un peu inhabituel comme lecture de ce genre. Bien que cela soit divertissant, j’avais un peu de mal à accepter cette nouvelle réalité.
Ainsi, ce que j’ai le plus apprécié étaient les moments plus réalistes de la vie de l’adolescente. Bien entendu, la conclusion de l’histoire d’amour se devine facilement, comme c’est bien souvent le cas dans ce genre de romans, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à la lire. J’appréciais particulièrement la rivalité entre les deux garçons concernés (je ne vous en dis pas plus!).
En somme, j’ai passé un agréable moment de lecture. Tout en étant traditionnelle, l’histoire avait un petit supplément qui faisait changement et n’était pas mauvais.

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Douce et dure poésie.

Boîtàmémoire

Par Roger Des Roches

Résumé en quatrième de couverture :

Clara a perdu tous ceux et toutes celles qu’elle aimait. Son amoureux. sa famille. Pour affronter le vide, elle plonge dans ses souvenirs. Certains sont empreints de douceur, d’autres, marqués par la souffrance. Mais Clara a peur d’oublier : elle transcrit donc ses souvenirs sur des bouts de papier qu’elle glisse dans sa Boîtàmémoire. Dans ce voyage intérieur où s’entremêlent le réel, l’imaginaire, la folie et la beauté, Clara réussira-t-elle à retrouver la force de vivre?

Mon appréciation :

Tout d’abord, Boîtàmémoire est relié au recueil de poésie Le verbe cœur, réédité dans Poésie, volume 1. Dans ce dernier, c’est le point de vue de Nicolas par rapport à sa relation amoureuse avec Clara, avant qu’il n’y mette fin. Je n’ai pas lu ce recueil, mais l’extrait à la fin de Boîtàmémoire m’en a donné envie. Sans oublier que ma lecture elle-même a été suffisante pour m’en donner envie. Cependant, il ne faut pas s’inquiéter d’être perdu si l’on ne lit pas la version de Nicolas avant celle de Clara. Au contraire, les deux se complètent très bien, j’en suis certaine, dans un ordre comme dans l’autre.
Comme l’indique le titre de cette appréciation, la prose de Boîtàmémoire m’a paru à la fois douce et à la fois dure.
D’abord douce parce que certains souvenirs de Clara sont légers et remplis d’amour, qu’ils concernent Nicolas, sa grand-mère maternelle décédée à la suite de la maladie de l’Alzheimer ou bien simplement les moments où l’adolescente de dix-sept ans prend les grands moyens pour repartir à zéro en faisant le ménage chez elle. Dans ces passages, on sent l’amour, le bonheur, l’innocence, la détermination.
Puis dure parce que la vie de Clara n’a rien de facile et que les mots de Roger Des Roches ont quelque chose de puissant pour faire sentir, ressentir toutes les épreuves, et leur poids, qu’a vécues et vit le personnage de Clara. La mort de deux grands-parents, de son père et la disparition de sa mère dans un espèce de monde de folie généré par une trop forte dépression. Et la séparation d’avec Nicolas. Clara est dans une passe vraiment sombre, et on le ressent bien. La plume de l’auteur nous fait glisser, tantôt rapidement, tantôt lentement, tantôt comme si Clara était maladroite, à travers l’histoire de la jeune fille. Je me suis laissée bercer par les mots.
J’étais parfois un peu perdue dans ma lecture, puisque le fil de pensée se promène beaucoup du passé au présent. Je me retrouvais généralement, mais il est resté quelques liens que je n’ai pas pu faire. Il n’empêche que ça n’est pas un bémol, selon moi. Il me semble que cela ajoute à la poésie du roman.
Mis à part cela, quelques titres de chansons et quelques groupes musicaux sont mentionnés ici et là. Je ne l’ai pas fait, mais je dois avouer que j’avais une furieuse envie d’arrêter ma lecture un instant, d’écouter la musique suggérée, puis de continuer la lecture. Je ne doute pas que la musique aurait ajouté un deuxième degré de poésie à ma lecture… et que j’aurais encore plus apprécié chaque mot, quoique ce soit déjà le cas.

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Un petit voyage au cœur d’une civilisation qui ne l’a pas facile!

Le goût des couleurs

Par Cécile Gagnon

Résumé en quatrième de couverture :

Mariel sait que dans ses veines coule le sang des Indiens mayas et qu’elle a été adoptée. Mais elle n’y pense pas trop, et se considère comme une Québécoise bien intégrée dans une famille aimante. Pourtant, à l’école, elle essuie régulièrement des remarques blessantes sur sa petite taille ou sur sa tignasse noire. Alors, au lieu de se quereller avec ceux qui la bousculent, elle se plonge dans ses couleurs et ses dessins. Depuis toujours elle sait tracer des lignes gracieuses sans effort, faire naître des images colorées avec trois fois rien. Ce talent inné semble ancré en elle. Il ne cesse d’émerveiller les autres membres de la famille Ruiz et ses amis, qui seraient bien incapables de l’imiter. Ce goût des couleurs, Mariel le tient d’un univers lointain qu’elle va bientôt découvrir au cœur des montagnes du Guatemala…

Mon appréciation :

La mise en situation du roman était intéressante. La jeune fille terminant son primaire devait avoir une source de motivation pour connaître ses origines et j’ai trouvé que cela avait été bien amené. La classe de Mariel reçoit des gens cris durant une semaine afin d’en apprendre plus sur leur culture. Mariel fait alors la connaissance d’une jeune fille qui clame fortement ses origines et son appartenance, ce qui fait se questionner la première… et l’amène à interroger ses parents adoptifs.
J’ai apprécié l’idée que la narration de l’origine de Mariel soit l’élément important du roman. Sa mère ne fait pas que lui balancer le tout à la figure, mais elle lui raconte plutôt ses origines en prenant son temps. C’était intéressant. Ainsi, le principal du livre se trouve à être une grosse analepse qui présente un moment dans la vie de la mère adoptive de Mariel, jusqu’à son adoption officielle. L’histoire est parfois douce, parfois plus dure. Cet équilibre était bien dosé.
On ressent plutôt bien le goût pour les couleurs à plusieurs endroits du roman, ce qui fait bien ressortir son titre. Le désir de coloration était enchanteur durant la lecture. J’aurais aimé être aux côtés des personnages concernés pour admirer les ouvrages colorés des gens du Guatemala. Cela me semblait bien joli!
Le livre est bien construit. À la suite de la lecture, des informations supplémentaires sont ajoutées afin de mieux comprendre et de mieux se plonger dans les difficultés autochtones. Même, tout au long de ma lecture, j’ai bien senti ces difficultés. Ma lecture fut donc à la fois divertissante, mais également instructive!

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Qui peut porter à réflexion!

Nos faces cachées

Par Amy Harmon

Résumé en quatrième de couverture :

Ambrose Young est beau comme un dieu. Le genre de physique que l’on retrouve en couverture des romances. Et Fern Taylor en connaît un rayon, elle en lit depuis ses treize ans. Mais peut-être parce qu’il est si beau, Ambrose demeure inaccessible pour une fille comme elle. Jusqu’à ce qu’il cesse de l’être…
Nos faces cachées est l’histoire de cinq amis qui partent à la guerre.
L’histoire d’amour d’une jeune fille pour un garçon brisé, d’un guerrier pour une fille ordinaire.
L’histoire d’une amitié profonde, d’un héroïsme du quotidien bouleversant.
Un conte moderne qui vous rappellera qu’il existe un peu de Belle et un peu de Bête en chacun de nous…

Mon appréciation :

Nos faces cachées, c’est une version contemporaine du conte La Belle et la Bête. Tout le monde connaît l’histoire, et donc tout le monde sait comment les choses se terminent pour le couple : ils tombèrent amoureux, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants. C’est une histoire typique qui a été reprise plus d’une fois. Cependant, Amy Harmon y a amené une intéressante touche de réalisme. Et c’est ce qui rend la beauté à cette version du conte.
En effet, les personnages présentés dans l’histoire prennent vie vers la fin des années quatre-vingts et poursuivent leurs expériences durant les années deux milles. Le récit commence en septembre 2001, et le lecteur se doute déjà d’un événement qui va se produire. L’attentat des deux tours est, en quelque sorte, le premier tournant de l’histoire, bien qu’il ne soit pas très fort. C’est ce qui va pousser Ambrose, accompagné de ses amis, à s’enrôler dans l’armée plusieurs pages plus loin. On y retrouve ensuite la guerre en Irak, et différents autres éléments. Comme c’est une nouvelle version du conte cité ci-haut, je ne vous dévoile rien en vous disant qu’Ambrose Young revient de son expérience de soldat avec une portion du visage défiguré. Bien que cela ne soit pas une surprise durant la lecture, l’aspect qui m’a plu était le côté réaliste de cette nouvelle laideur. Contrairement à une bête poilue qui reprend son apparence de beau prince, le personnage masculin est ici déformé pour la vie.
Si j’ai trouvé l’aspect réaliste intéressant, je dois dire que j’ai trouvé le personnage de Fern un peu faible. Celle-ci a un manque flagrant de confiance en elle dès lors qu’il est question d’autre chose que de son ami, et cousin, Bailey. Tout au long de l’histoire, elle est malheureusement convaincue d’être une femme laide sur la plan physique et de ne jamais, ainsi, pouvoir attirer un homme tel qu’Ambrose, sur lequel elle fantasme depuis belle lurette. Ce qui est assez ironique, puisqu’elle le trouve évidemment très sublime malgré son visage abîmé par la guerre. Cette absence de force du côté de Fern m’a un peu déçue.
Mis à part cela, je vais avouer que j’ai tardé à m’encrer dans l’histoire. J’ai trouvé que c’était plutôt long à démarrer. Il se passait, à mon avis, beaucoup trop de chose avant qu’Ambrose ne revienne de la guerre. Ma curiosité sur la suite n’était donc pas encore piquée. Malgré tout, à partir de la moitié du livre, les pages défilaient rapidement sous mes yeux. L’histoire d’amour entre Ambrose et Fern n’était pas ce qui me plaisait le plus, tout de même. En fait, c’était surtout le personnage de Bailey, atteint d’une maladie mortelle, qui m’intéressait. Dès lors que celui-ci était présent, je trouvais que le roman atteignait une profondeur de plus. La philosophie de la vie de ce personnage peut parfois faire réfléchir.
Au final, j’ai bien aimé ma lecture, bien qu’elle ne soit pas rapidement venue me « chercher ». Il n’empêche que, dans les 150 dernières pages, je me suis arrêtée à deux reprises pour réfléchir à la vie avec les points de vue des différents personnages et que c’était intéressant.

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Un espoir qui vient réconforter.

Klepto

Par Lori Weber

Résumé en quatrième de couverture :

« C’est une sensation particulière, une poussée d’énergie qui me traverse tout entière, comme si un courant électrique me parcourait le corps. J’en ai la peau qui picote et je dois me retenir pour ne pas crier. C’est toujours à ce moment-là que je pourrais tout gâcher.
Voler n’est pas si difficile, une fois qu’on a compris le truc. En fait, ça m’effraie même, quelquefois, de voir à quel point c’est facile. Pour moi. »
Kat ne se laissera plus jamais dominer par sa sœur. Elle se l’est promis. Elle se l’est juré. Pour se sentir vivre, Kat prend des risques. Elle traverse une ligne. Sans retour?

Mon appréciation :

Une lecture qui se fait plutôt rapidement, étant donné que les chapitres sont courts et que le tout se déroule en quelques jours à peine. C’est l’équivalent d’un passage dans la vie des personnages, ce qui est intéressant.
J’ai bien aimé le début du livre, où Kat raconte l’une des fois où elle a commis un vol. On la suit pas à pas, geste par geste, afin de savoir sa méthode. Je trouve que cela ajoute de la crédibilité. Comment un personnage pourrait-il sembler être véritablement kleptomane si le lecteur « n’assiste » à aucun de ses vols? Également, le personnage de Kat paraît profondément affecté par la relation avec sa sœur, Hannah. Et j’ai trouvé fort pertinent que les références à cette grande sœur peu agréable soient disséminées un peu partout. Ainsi, on ne découvre pas les difficultés de l’existence de Kat d’un seul coup, mais peu à peu, comme si on pouvait lentement creuser sa carapace.
L’ami d’enfance de Kat m’a plu. Aimant et plein de qualités, il était évident qu’il serait l’outil pour aider son amie à se sortir de sa passe sombre en la soutenant et en lui offrant des moments agréables. J’ai d’ailleurs apprécié le passage où il lui montre un lieu presque magique et où l’espoir se retrouve partout. Ce lieu devient même un peu une bouée pour Kat… et le deviendra peut-être pour Hannah, comme le laisse présager la fin du roman. Tout de même, j’aurais aimé que l’ami de Kat soit plus présent au départ du livre, histoire qu’il occupe un peu plus de place, malgré qu’elle le rejette. Cela aurait été plaisant de voir à quel point il était prêt à l’aider.
Finalement, je dois mentionner les derniers chapitres, qui sont probablement la force du livre. En effet, c’est à ce moment que le plus gros de l’histoire a lieu. C’est là où la douleur sort des personnages en révélations, en désirs de se refaire en mieux, malgré la souffrance. C’est aussi là où l’espoir se fait le plus sentir, telle la promesse d’un avenir meilleur pour tous. C’est une suite qui n’a pas besoin d’être écrite, mais qui est plaisante à imaginer.

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