Contemporain

Des livres qui se déroulent à notre époque, des livres qui présentent des personnages de tous les jours, avec leurs caractéristiques propres.

Une aventure dans un carnet

Ophélie

Par Charlotte Gingras

Résumé en quatrième de couverture :

À mon tour, j’ai le rouge aux joues. Je grince des dents. Je sors ma craie blanche de ma poche. J’examine les lieux. Puis je me décide, traverse l’atelier jusqu’au milieu, me penche. Je trace une marque sur le sol, en me déplaçant rapidement. Une bande qui divise l’espace en deux. « Ici, c’est chez moi. De l’autre bord, tu fais ce que tu veux. »
Depuis longtemps, Ophélie rêve d’avoir un endroit à elle, loin du regard et du bruit des autres. Elle croit avoir enfin trouvé, lorsqu’elle s’aperçoit que quelqu’un occupe déjà les lieux. Bien décidée à rester, Ophélie est obligée de partager l’espace avec cet Ulysse qui est tout à fait son contraire. Commence alors une guerre de tranchées où chacun défend son territoire. Mais, peu à peu, des liens se tissent…

Mon appréciation :

J’ai bien aimé lire cette histoire, en particulier parce qu’elle recèle une foule d’éléments intéressants. Si cela reste un roman pour adolescents, un adulte peut tout autant se prendre au jeu et en apprécier la lecture.
Dans le roman sont disséminés plusieurs gribouillis variés, dessins qui seraient réalisés par la narratrice, Ophélie. Je les trouvais bien intéressants dans la mesure où ils ajoutaient parfois du sens à ce qui était raconté. De plus, cela donnait vraiment l’impression que l’histoire provenait d’un carnet (Ophélie écrit ce qui lui passe par la tête dans ce livret et y raconte une partie de sa vie). L’art est d’ailleurs très présent dans le roman, puisque la jeune fille passe beaucoup de temps à créer. Ses créations sont aussi représentatives de son intériorité ou de celle qu’elle aimerait être. Cela me donnait envie de voir les grosses peintures qu’elle réalisait sur les murs de sa cachette. Je n’ai pu que me les imaginer.
Les personnages d’Ophélie et d’Ulysse sont très intéressants sur plusieurs points. D’abord, tous deux portent des pseudos qui rejoignent leur personnalité. Leur véritable nom, nous ne le savons pas. S’ajoutent à cela les existences difficiles des deux héros, ce qui crée une sympathie de la part du lecteur.
Si la fin est évidente concernant l’amitié qui ne peut que se former entre les deux personnages, leurs sentiments et leurs expériences communes ne sont pas anodines. Le récit met en évidence une forme d’amour qui se crée dans le regard plutôt que dans le physique, qui rebute mutuellement les deux protagonistes dès le début du récit. Les premiers jugements se voient craquelés et surpassés par la personnalité intérieure de chacun.
Finalement, j’ai apprécié que la fin du roman soit ouverte. Elle questionne l’art et l’authenticité du récit. J’ai beaucoup aimé pouvoir être libre de m’en créer une interprétation selon les images et le peu de texte qui guident le lecteur à la dernière page.
En bref, Ophélie est un très bon roman pour les adolescents. S’il n’est pas nécessairement très joyeux tout au long, le message qu’il passe sur l’amour et l’amitié, les différences et les ressemblances, est très pertinent.

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Une aventure avec un potentiel inexploité

Alexis, fils de Raphaël

Par Marie-Célie Agnant

Résumé en quatrième de couverture :

Après s’être enfuis de leur pays, Alexis et sa mère se réfugient aux États-Unis avant de s’installer au Canada. Une nouvelle vie commence alors pour eux.
En compagnie des amis de son école, Alexis tente de retrouver son père, Raphaël, victime d’un enlèvement en Haïti.

Mon appréciation :

Mon avis reste très mitigé sur ce roman, peut-être en partie parce qu’il est le deuxième tome d’une série et que je n’ai pas lu son précédent. Mais mon hésitation va bien plus loin que cela, puisque je n’ai pas trop été désorientée durant ma lecture malgré mon manque.
J’ai trouvé l’histoire assez intéressante, d’autant plus que la question des réfugiés est très d’actualité. Cela m’a permis de m’imaginer, en partie, le quotidien de ces gens et les épreuves qu’ils vivent pour enfin s’installer dans un ailleurs dans lequel ils doivent s’adapter pour redécouvrir le bonheur de vivre. Le sujet m’a donc semblé très pertinent.
Cependant, comme l’histoire du jeune Alexis ne s’approche pas de la mienne, je n’ai pas pu créer de lien avec ce héros pour m’y identifier. Je lui étais donc moins attaché. Néanmoins, j’ai aimé l’évolution de sa relation avec sa mère, considérant les difficultés que les personnages vivent. Leur relation n’était pas toujours aisée, mais montrait bien l’unicité dans l’adversité.
La lecture du roman est très aisée, peu complexe. Il est aussi amusant de lire la classique scène où les immigrants découvrent la neige à leur arrivée au Québec.
Enfin, la finale m’a un peu déçue. Alexis a eu beaucoup de facilité à rassembler d’autres jeunes afin de tirer son père du pétrin. D’ailleurs, la réussite de cette tâche se fait aussi trop aisément, et les retrouvailles, quant à elles, manquent cruellement d’élaboration. C’est donc surtout l’histoire du père que l’on voudrait découvrir, et la perception que le jeune a de lui… mais nous n’avons pas accès à ces détails.

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Une histoire et des thématiques intéressantes

Gamer, tome 2, Dans l’arène

Par Pierre-Yves Villeneuve

Résumé en quatrième de couverture :

Les derniers jours n’ont pas été de tout repos pour Laurianne et ses amis, et les choses ne semblent pas près de s’améliorer.
Malgré les heures passées à tenter de découvrir qui sont les auteurs derrière la page Facebook qui rend la vie de Margot si misérable, Laurianne fait face à un mur. Elle devra peut-être chercher de l’aide dans les recoins les plus obscurs d’internet, avec tous les dangers que cela comporte.
À l’école, la peste de Sarah-Jade continue de régner en tyran, mais Laurianne a un plan pour la remettre à sa place. Seulement, elle ne peut pas impliquer ses amis, car ils pourraient tous avoir de sérieux problèmes.
Comme si ce n’était pas assez, on rapporte des événements inquiétants sur les serveurs de La Ligue des mercenaires… Des gamers racontent avoir été la proie d’attaques bizarres, aussi foudroyantes que dévastatrices. Si certaines théories sont farfelues, les plus sérieuses font froid dans le dos. Ce qui n’empêche pas les quatre amis de parfaire leur entraînement en vue du tournoi de la Ligue qui doit avoir lieu dans quelques jours. Si seulement ils savaient ce qui les attend…

Mon appréciation :

Encore une fois, je me suis bien divertie durant ma lecture de cette série. L’histoire, bien que pour un public plus jeune que moi, m’a plu du début à la fin.
Le roman commence avec une séquence de jeu vidéo où les personnages de Gamer vivent une situation de plus en plus complexe. Le passage s’arrête au point culminant, alors que tout semble voué à l’échec. C’est donc intrigant pour le lecteur, qui ne retrouve cette scène que bien plus loin dans sa lecture. Entre-temps, les rebondissements ne manqueront pas.
En effet, entre sa vengeance pour Sarah-Jade et ses sentiments complexes pour son meilleur ami, Laurianne a beaucoup à faire. Chaque péripéties est intéressante et donne envie d’avoir l’adolescente pour amie.
Différentes thématiques pertinentes sont abordées dans ce deuxième volume. Nous y trouvons des sujets qui touchent les jeunes. Ces sujets ne sont pas abordés en profondeur, mais leur mention permet tout de même une courte réflexion. L’un de ces thèmes concerne la possibilité qu’un parent se remette à fréquenter une personne à la suite du décès de sa moitié. Dans l’arène dépeint les émotions qui assaillent le parent et l’enfant lorsqu’ils rencontrent cette possibilité. Au final, nous en retenons le besoin de se confier l’un à l’autre pour se rassurer et mieux aller de l’avant. Un autre sujet concerne le fil mince entre l’amour et l’amitié entre deux jeunes qui se connaissent depuis longtemps. La conclusion de cette affaire dévoile qu’il faut toujours écouter sa tête et son cœur pour prendre les meilleures décisions qui causeront le moins de torts à chacun. (Ai-je piqué votre curiosité? Lisez le roman et vous saurez ce qu’il se passe réellement.)
En somme, j’ai bien aimé ma lecture. Le roman se lit vraiment très bien, son écriture est fluide, et le récit donne envie de poursuivre les aventures de l’héroïne. Il va donc falloir que je me procure les prochains tomes!

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Amitiés, famille et culture : un bon mélange!

Gamer, tome 1, Nouveau port

Par Pierre-Yves Villeneuve

Résumé en quatrième de couverture :

Sur les serveurs de La ligue des mercenaires, les gamers la connaissent sous le nom de Stargrrrl, une soldate redoutable, une combattante aguerrie, une dangereuse tireuse d’élite dont il vaut mieux ne pas se retrouver dans la mire.
Derrière ce visage se cache Laurianne, une jeune fille douée en maths et adepte de course à pied, qui partage le plus clair de son temps entre l’école et l’écran de son ordinateur.
Son univers s’écroule le jour où son père lui annonce leur déménagement.
À sa nouvelle école, tout ce qu’elle souhaite, c’est passer incognito, se fondre dans le décor, tel Arno Dorian. Peu de chance que ça arrive! Malgré tous ses efforts, Laurie n’arrive pas à garder sa langue dans sa poche et réussit le tour de force de se faire à la fois adopter par la gang des geeks et se mettre à dos la clique la plus influente de l’école.
Autour d’elle, les coups les plus tordus s’enchaînent, lui faisant souhaiter de retourner près de Sam, son meilleur ami, avec qui elle ne compte plus les heures passées à jouer à la Ligue, et le seul vraiment capable de lui faire oublier tous ses malheurs.

Mon appréciation :

Un roman pour adolescents qui use, comme point de départ, du déménagement et de la nouvelle école, c’est commun. Cependant, la série Gamer fait changement en instaurant une jeune fille de quatorze ans qui adore les jeux vidéos, la course, les séries télé et les personnages de comics. Si ce ne sont pas tous les jeunes lecteurs qui percevront les références disséminées dans le livre, ce sont justement ces références culturelles qui plairont aux lecteurs adultes.
J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Laurianne est une protagoniste qui peut rejoindre plusieurs jeunes selon ce qui est évoqué dans le récit, et ce autant les filles que les garçons. On s’attache rapidement à l’héroïne aux goûts variés. Elle peut faire penser à soi par ses questionnements adolescents (amitiés, amours, alternance loisirs et études) et à d’autres par ses goûts (jeux vidéos, grand appétit, sports, etc.). Laurie a donc la capacité de plaire à tous les lecteurs.
Le personnage du père est aussi très plaisant. Gaffeur, drôle et attentionné, il donne envie d’en avoir un semblable ou d’en connaître un ainsi. Il me semble d’ailleurs plus facile à percevoir en tant qu’ami qu’en tant que paternel.
Enfin, la trame narrative en soi est assez intéressante malgré qu’elle présente des péripéties plus classiques des romans adolescents sous forme de journal. Ce qui différencie Gamer, cependant, mis à part son personnage geek, c’est l’intensité des péripéties (dont la rivalité de Laurie avec la fille la plus populaire de sa nouvelle école). Je ne veux pas révéler trop d’éléments, mais je dirais que cette série crée du nouveau avec du déjà-vu. Le roman se lit très bien et donne envie de lire la suite (ce que je ferai très certainement).

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Un entraînement poétique.

Paysage aux néons

Par Simon Boulerice

Résumé en quatrième de couverture :

Dans ce court roman découpé comme un programme d’entraînement, ponctué d’illustrations et de conseils nutritifs, Simon Boulerice met de nouveau en scène Léon Renaud, l’attachant protagoniste de Jeanne Moreau a le sourire à l’envers. On le retrouve deux ans plus tard, dans un gymnase où il lit de la poésie sur un vélo stationnaire. Il y fait la rencontre de Marky Mark, qui sculpte compulsivement ses muscles tandis que son petit frère perd l’usage des siens, et de Félindra, fée Adidas aux kilos en trop qui boit du Coke Diet en veillant à distance sur son bien-aimé.
Œuvre grave et drôle, tendre et grinçante, Paysage aux néons creuse les thèmes du corps et du désir chers à son auteur.

Mon appréciation :

J’ai bien aimé la plume de Simon Boulerice, dont j’avais beaucoup entendu parler par un collègue de travail mais dont je n’avais jamais essayée. Désormais, c’est chose faite : j’ai lu du Boulerice et j’en veux encore!
L’histoire est assez simple et douce. J’ai bien aimé la lire. Si je ne m’identifiais pas aux personnages, qui étaient tous très loin de moi, j’ai apprécié apprendre à les connaître tout au long de ma lecture. L’environnement, très sportif, m’a plu. Je ne suis pas très sportive, alors j’avais l’impression de m’incruster dans ce genre de quotidien et d’espionner un peu les protagonistes. Je me suis amusée.
Le récit est très bien présenté. Les chapitres sont découpés comme des fiches d’entrainement : au début de chacun d’eux, nous avons des indications pour réaliser un entraînement, puis c’est la narration qui prend le relais. J’adorais l’ambiance qui était ainsi crée.
S’ajoutait à cela tout le côté poétique. Chaque chapitre présente en exergue des extraits de poèmes. Cela donne l’impression au lecteur de lire ce que Léon aime. Qui plus est, comme la poésie est très importante pour le jeune homme, cela permet de faire un lien avec la conclusion du texte, où la forme de la narration change et se constitue de vers.
Finalement, j’ai bien aimé l’idée que l’histoire soit inspirée de gens réels. L’auteur en glisse un mot à la fin du livre et nous avise que nous pouvons aller regarder sur un site internet le travail d’un photographe à propos de ces personnes. Le roman ne fait donc pas simplement représenter le quotidien mesuré d’un adolescent, mais il permet aussi au lecteur de rencontrer, comme dans la vraie vie, des individus qui diffèrent tout en restant très humains.

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Un excellent roman pour ados!

Le suivant sur la liste (Intégrale qui comprend Le suivant sur la liste et La nuit des fugitifs)

Par Manon Fargetton

Résumé en quatrième de couverture :

Izia, Morgane, Timothée, Samuel, Nathan.
Cinq adolescents aux dons exceptionnels.
Cinq adolescents épiés, menacés, traqués.
Cinq adolescents qui doivent découvrir le secret de leurs origines s’ils veulent survivre.

Mon appréciation :

J’ai été agréablement surprise de ma lecture, que j’ai très bien appréciée. J’ai dévoré cette intégrale de deux livres de Manon Fargetton assez rapidement.
Le récit, très bien composé, est très vite accrocheur. Dès le départ, l’action s’enclenche. Nous avons tout juste le temps de découvrir quelques uns des personnages principaux que les épreuves happent les jeunes mentionnés dans le résumé du roman. J’ai beaucoup aimé ce rythme. Chacun des tomes se déroule en peu de temps et donne véritablement l’impression de suivre le déroulement des événements en temps réel, comme si l’on assistait au visionnement d’un film.
Le suivant sur la liste est également très intéressant sur le plan psychologique de ses personnages. Les romans sont narrés des points de vue des multiples actants. En tant que lecteur, nous pouvons découvrir davantage la personnalité des héros, comme des autres protagonistes qui les côtoient et qui jouent un rôle majeur dans l’histoire. La narration, bien que toujours omnisciente, permet alors l’identification aux héros parce que nous connaissons d’autant plus leurs sentiments et leurs pensées. Aucun des cinq jeunes n’est mis de côté au détriment des autres.
J’ai très apprécié l’entraide dont faisaient preuve les jeunes, qui ne s’étaient pourtant jamais vraiment parlé auparavant. En quelques instants, le besoin de s’allier était plus important que leurs différences. Un seul élément propre à leur identité les reliait et cela était suffisant pour faire du petit groupe une excellente équipe prête à affronter le monde entier (ou presque). De plus, cette entraide ne négligeait pas non plus les adultes. Souvent, les jeunes de romans se dissocient des personnages adultes pour affronter eux-mêmes les épreuves de la vie. Dans Le suivant sur la liste, la figure d’adulte est aussi montrée sous un aspect valorisant. Le lecteur peut prendre conscience que ces personnes peuvent apporter beaucoup, même si les relations avec ceux-ci ne sont pas nécessairement toujours évidentes.
Enfin, j’ai particulièrement aimé l’élément qui reliait les jeunes et tout le mystère qui y était associé. J’adorais en découvrir peu à peu davantage tout au long du récit… d’autant plus que les découvertes se font jusqu’à la toute fin. Et puis, l’idée que ce que vivent les héros de cette intégrale pourrait se produire dans un avenir plus ou moins rapproché m’a semblé assez pertinente. Les avancées technologiques et scientifiques sont souvent surprenantes, et leurs limites, comme le montre le roman, semblent indéfinissables.

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Une bonne idée, mais une déception d’ensemble.

ADDICT

Par Jeanne Ryan

Résumé en quatrième de couverture :

ADDICT est un jeu qui diffuse sur Internet des défis filmés en direct. Vee, 17 ans, ne sait pas si elle aura le cran d’y participer. Mais les organisateurs connaissent ses désirs les plus secrets et finissent par la convaincre avec des cadeaux qu’elle ne peut refuser, et un partenaire irrésistible…
Dès qu’elle fait équipe avec le beau Ian, Vee ne peut qu’accepter le défi suivant, puis un autre, et encore un autre… D’autant que l’engouement des milliers d’Observateurs en ligne la pousse à dépasser ses limites et ses peurs.
Bientôt, le jeu prend un tournant plus que malsain : dangereux. Mais comment décrocher quand on est devenu complètement addict?

Mon appréciation :

La bande-annonce de l’adaptation cinématographique, sous le titre Nerve, est ce qui m’a poussée à me procurer ce roman. Cependant, bien qu’elle m’ait donné envie de découvrir l’histoire de Vee, cette bande-annonce m’a menée vers deux déceptions : le livre et le film.
Tout au long de ma lecture, il me semblait qu’il manquait toujours quelque chose au roman. Soit c’était l’écriture qui était plus ou moins plaisante, soit c’était la maturité fautive des personnages, ou enfin des attentes qui n’étaient pas comblées.
J’ai trouvé le concept du jeu ADDICT plutôt intéressant. Cela exploitait à merveille la société d’aujourd’hui qui est toujours rivée à son écran et qui y dévoile sa vie par l’entremise des réseaux sociaux. Alors que le personnage de Vee se rend compte que les concepteurs d’ADDICT puisent dans ses informations personnelles diffusées sur Internet et qu’ils prennent le contrôle de son téléphone cellulaire, le lecteur peut se mettre à réfléchir à l’impact de la technologie sur la vie privée. Au fil du roman, le jeu auquel prend part Vee transgresse les lois pour forcer les participants à commettre des actes dangereux. Le lecteur peut alors s’interroger sur ce qui est raisonnable ou non.
Outre l’intéressant concept du jeu, le roman ADDICT n’est guère extraordinaire. Les défis sont davantage psychologiques que physiques et ne donnent pas toujours l’impression d’être très demandant. Je n’en voyais pas toujours l’intérêt. Tout particulièrement pour le dernier, qui durait beaucoup trop longtemps à mon goût et qui ne donnait aucune matière pertinente pour la réflexion ou la suite des événements.
La conclusion du roman laisse également à désirer. Un lien se fait avec le prologue, mais laisse des zones d’ombres. Le prologue renvoie à la fin du livre, mais seulement en partie, puisqu’il présente un moment que l’on ne revoit aucunement et qui n’est pas expliqué. Cela me paraissait étrange de ne pas avoir la conclusion de cette introduction au roman, qui laissait d’ailleurs un léger suspense. Mis à part cela, la dernière épreuve ne me semble pas à la hauteur, tout comme la résolution, qui est mi-facile mi-difficile. Si Vee éprouve des difficultés à retrouver le monde réel, elle s’en tire pourtant sans aucun dommage (ce qui est un peu étonnant sachant qu’ADDICT possédait une mine d’information sur l’adolescente).
Le film, quant à lui, est plus demandant sur le plan des défis. Sa finale, quant à elle, est plus riche en émotions. Cependant, elle montre une résolution très facile contre le système de jeu.
Cela fait donc de mon avis quelque chose de très mitigé qui tend un peu plus vers le moins bon. J’ai lu le roman par curiosité, mais je n’ai pas pu en apprécier l’intégralité. Il n’empêche que j’ai aimé le fait que les événements pourraient se dérouler dans un avenir très rapproché. L’idée était très bien pensée.

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Quelques jours mouvementés…

Mes super seize ansMes super seize ans
Par Jax Abbott

Résumé en quatrième de couverture :

Cinq PIRES façons de célébrer votre seizième anniversaire :
1. Envoyer la voiture du petit ami de votre mère au fond de l’étang.
2. Accuser le capitaine de l’équipe de football d’avoir mis le feu à l’école.
3. Dire à la Ligue de la Liberté que les superpouvoirs, c’est complètement dépassé.
4. Paniquer totalement quand votre petit ami essaie d’aller plus loin.
5. Faire exploser les instruments de votre orthodontiste sadique.
Éteindre les bougies est le dernier des soucis de Jessie…

Mon appréciation :

J’ai pris plaisir à lire ce petit roman jeunesse. Ce fut divertissant, étant donné les mésaventures de la jeune Jessie, tel que le souligne le résumé ci-haut.
L’écriture est simple et les événements ne sont pas trop complexes à suivre. La malchance en a après Jessie, et cela rend les choses cocasses. Et, ma foi, il s’en est passé quand même plusieurs, des choses, dans ce petit livre.
Jessie mène une vie d’adolescente à peu près normale, si l’on exclut qu’elle a des pouvoirs. On retrouve donc dans Mes super seize ans une histoire d’amour entre adolescents, une histoire d’amitié entre filles, une histoire d’amour entre une mère et un amant ainsi qu’une histoire d’amour entre une mère et une adolescente. En somme, tous les éléments qu’une personne de près de seize ans peut connaître dans sa vie quotidienne, de quoi permettre aux jeunes lectrices de s’identifier à Jessie ou à l’un des autres personnages du récit. Sur ce point, j’ai trouvé cela plutôt bien. Il manquait peut-être un peu de contenu quant à la relation de la mère avec son amant, mais comme ça n’était pas l’intérêt principal de l’histoire, je ne m’en suis pas trop occupé.
Cependant, il manquait de force dans le personnage de Seth, le petit copain de Jessie. À un certain moment, celui-ci prend ses distance dans leur relation. Le personnage s’éloignait un peu de la jeune fille, puis revenait parfois, avec une maigre explication. Cela ne m’a pas semblé suffisant, à mon avis. Oui, la justification du garçon était acceptable. Par contre, elle manquait de… jus. Il semblait manquer d’informations, d’explications quant à la raison de son éloignement amoureux. Même, Jessie n’a pas tant mal réagi que cela. J’avais l’impression que leur amour, à ce moment, n’était pas très fort.
Sinon, pour ce qui est de l’existence moins normale de Jessie, je dois admettre que c’était un peu flou. Nous avons quelques éléments, telle qu’une espèce d’organisation de superhéros, la Ligue de la Liberté. Nous en savons peu sur son influence dans la vie de la famille de Jessie (sa mère, sa sœur et sa grand-mère ayant également des capacités hors norme). Il m’en aurait fallu un peu plus pour que je sois moins sur ma faim à ce sujet.
Tout de même, les péripéties de Jessie m’ont bien divertie. Les quelques jours à partager son quotidien étaient bien mouvementés!

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Une histoire d’amour avec un petit plus!

Super-héros?, tome 1Super-héros
Par Jax Abbott

Résumé en quatrième de couverture :

Les cinq pires façons de commencer votre première journée dans une nouvelle école :
1. Dire au gars le plus cool de la classe qu’il vous fait penser à un lutin.
2. Avoir de super mégacrampes.
3. Contrarier l’une des filles populaires.
4. Susciter la pitié des rejets.
5. Finalement, obtenir tous les superpouvoirs que vous ne pensiez jamais avoir et faire exploser toutes les fenêtres pendant le cours d’anglais.
Et non, Jessie ne portait ni collant ni cape!

Mon appréciation :

Super-héros? est un petit livre qui se lit très rapidement.
Jessie commence ses cours dans une nouvelle école à la suite de la perte de son père. On y retrouve tous les éléments caractéristiques des premières journées d’une nouvelle élève qui doit se faire des amies et découvrir les cliques sociales de l’établissement. À cela s’ajoute l’attrait pour les garçons, puisqu’ils sont deux à aborder l’adolescente. Bien que peu originaux, tous ces éléments étaient amusants à lire. Ils permettent aux jeunes lectrices de s’identifier au personnage principal.
Là où les choses se complexifient et font changement des traditionnels romans où le personnage est un nouveau à l’école, c’est que Jessie fait partie d’une famille de super-héros. Ce n’était pas mauvais, mais cela faisait un peu inhabituel comme lecture de ce genre. Bien que cela soit divertissant, j’avais un peu de mal à accepter cette nouvelle réalité.
Ainsi, ce que j’ai le plus apprécié étaient les moments plus réalistes de la vie de l’adolescente. Bien entendu, la conclusion de l’histoire d’amour se devine facilement, comme c’est bien souvent le cas dans ce genre de romans, mais cela ne m’a pas empêchée de prendre plaisir à la lire. J’appréciais particulièrement la rivalité entre les deux garçons concernés (je ne vous en dis pas plus!).
En somme, j’ai passé un agréable moment de lecture. Tout en étant traditionnelle, l’histoire avait un petit supplément qui faisait changement et n’était pas mauvais.

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Douce et dure poésie.

Boîtàmémoire

Par Roger Des Roches

Résumé en quatrième de couverture :

Clara a perdu tous ceux et toutes celles qu’elle aimait. Son amoureux. sa famille. Pour affronter le vide, elle plonge dans ses souvenirs. Certains sont empreints de douceur, d’autres, marqués par la souffrance. Mais Clara a peur d’oublier : elle transcrit donc ses souvenirs sur des bouts de papier qu’elle glisse dans sa Boîtàmémoire. Dans ce voyage intérieur où s’entremêlent le réel, l’imaginaire, la folie et la beauté, Clara réussira-t-elle à retrouver la force de vivre?

Mon appréciation :

Tout d’abord, Boîtàmémoire est relié au recueil de poésie Le verbe cœur, réédité dans Poésie, volume 1. Dans ce dernier, c’est le point de vue de Nicolas par rapport à sa relation amoureuse avec Clara, avant qu’il n’y mette fin. Je n’ai pas lu ce recueil, mais l’extrait à la fin de Boîtàmémoire m’en a donné envie. Sans oublier que ma lecture elle-même a été suffisante pour m’en donner envie. Cependant, il ne faut pas s’inquiéter d’être perdu si l’on ne lit pas la version de Nicolas avant celle de Clara. Au contraire, les deux se complètent très bien, j’en suis certaine, dans un ordre comme dans l’autre.
Comme l’indique le titre de cette appréciation, la prose de Boîtàmémoire m’a paru à la fois douce et à la fois dure.
D’abord douce parce que certains souvenirs de Clara sont légers et remplis d’amour, qu’ils concernent Nicolas, sa grand-mère maternelle décédée à la suite de la maladie de l’Alzheimer ou bien simplement les moments où l’adolescente de dix-sept ans prend les grands moyens pour repartir à zéro en faisant le ménage chez elle. Dans ces passages, on sent l’amour, le bonheur, l’innocence, la détermination.
Puis dure parce que la vie de Clara n’a rien de facile et que les mots de Roger Des Roches ont quelque chose de puissant pour faire sentir, ressentir toutes les épreuves, et leur poids, qu’a vécues et vit le personnage de Clara. La mort de deux grands-parents, de son père et la disparition de sa mère dans un espèce de monde de folie généré par une trop forte dépression. Et la séparation d’avec Nicolas. Clara est dans une passe vraiment sombre, et on le ressent bien. La plume de l’auteur nous fait glisser, tantôt rapidement, tantôt lentement, tantôt comme si Clara était maladroite, à travers l’histoire de la jeune fille. Je me suis laissée bercer par les mots.
J’étais parfois un peu perdue dans ma lecture, puisque le fil de pensée se promène beaucoup du passé au présent. Je me retrouvais généralement, mais il est resté quelques liens que je n’ai pas pu faire. Il n’empêche que ça n’est pas un bémol, selon moi. Il me semble que cela ajoute à la poésie du roman.
Mis à part cela, quelques titres de chansons et quelques groupes musicaux sont mentionnés ici et là. Je ne l’ai pas fait, mais je dois avouer que j’avais une furieuse envie d’arrêter ma lecture un instant, d’écouter la musique suggérée, puis de continuer la lecture. Je ne doute pas que la musique aurait ajouté un deuxième degré de poésie à ma lecture… et que j’aurais encore plus apprécié chaque mot, quoique ce soit déjà le cas.

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