Contemporain

Des livres qui se déroulent à notre époque, des livres qui présentent des personnages de tous les jours, avec leurs caractéristiques propres.

Disney, aujourd’hui

A kiss in time

A kiss in time

Livre en anglais

Par Alex Flinn

Résumé en quatrième de couverture (traduction personnelle) :

Talia est victime d’un mauvais sort… Jack rompt la malédiction.
On m’a prévenue de prendre garde au fuseau maudit, mais il était si enchanteur, si hypnotique…
Le jour où j’ai séché mon groupe touristique, j’étais à la recherche d’un peu d’aventure. Sauf que j’ai trouvé une ville dans le coma, en plus d’une très séduisante fille endormie, ce qui était bien loin de ce que j’avais en tête.
Je me suis réveillée à la même place, mais à un autre temps, par le doux baiser d’un étranger.
Je n’ai pas pu m’empêcher de l’embrasser. Parfois, on a juste besoin d’embrasser quelqu’un. Je ne savais pas que cela arriverait.
Maintenant, je suis dans un trouble immense parce que mon père, le roi, affirme que j’ai amené la ruine sur notre pays. Je n’ai pas d’autre choix que de fuir avec ce roturier!
Maintenant, je suis coincé avec une peste de princesse et un coffre rempli de ses bijoux… La bonne nouvelle : mes parents vont flipper!
Vous pensez que vous avez des problèmes? Essayez d’embrasser une hypnotisante beauté endormie qui se révèle avoir 316 ans. Un baiser peut-il tout transcender, même le temps?

Mon avis :

J’ai pris beaucoup de plaisir à lire cette adaptation du conte de la Belle au bois dormant. Comme j’ai en grande partie grandi avec les films de Disney, les contes (dont ceux avec des princesses) captent rapidement mon intérêt et me replongent instamment dans l’enfance.
J’ai trouvé plutôt amusant de lire ce roman moins d’un an après le mouvement #metoo qui a fait fureur un peu partout. Pourquoi? Parce que la princesse, ici Talia, n’est pas consciente lorsqu’elle se fait réveiller par un baiser… et qu’elle n’est donc pas non plus consentante. Si le baiser est nécessaire à l’histoire, parce qu’il fait partie des grands moments du conte que nous connaissons toutes et tous, le héros masculin, ici Jack, ne peut s’empêcher de s’interroger sur son geste. Il ne pouvait pas s’en empêcher, comme l’indique la quatrième de couverture. Toutefois, même s’il trouve Talia très séduisante, il ne fera que la respecter par la suite. Les scènes sont un peu cocasses et permettent, sans en donner vraiment l’impression, de penser au consentement.
La narration du roman se fait en alternance entre Talia et Jack. J’ai trouvé cela très plaisant et amusant d’avoir les points de vue des deux personnages. Pourquoi? Parce que Talia se réveille 300 ans plus tard, dans un monde moderne où les gens s’habillent autrement (exit les grandes robes de bal qui couvrent toute la peau) et où tous les moyens de transport sont plus rapides que des calèches. 😛 La narration devient d’autant plus intéressante qu’elle permet d’expliquer les pensées et les agissements des deux héros. Ils ne réagissent pas de la même manière à leur environnement et aux codes de la société. La double narration permet de comprendre leurs paroles et leurs actions. À l’époque de Jack, l’époque actuelle, la solitude est de mise et tout le monde passe du temps devant son écran. À l’opposé, pour Talia, il n’y a que les rencontres et la parole qui comptent, puisqu’il n’est pas possible de faire autre chose. Les différences entre les protagonistes permettent, l’air de rien, de nous questionner sur notre rapport au monde (si! si!). Ce sont aussi ces oppositions qui leur permettent à tous deux de devenir de meilleures personnes.
Enfin, comme la malédiction est levée à la suite du baiser, le royaume de Talia devient peu à peu visible à la face du monde moderne. Durant ma lecture, je m’étais plu à imaginer ce qui pouvait advenir d’un tel endroit… à la fin du récit, j’ai été amusée de découvrir que j’avais visé juste. (Vous vous demandez de quoi je parle exactement? Eh bien, qu’attendez-vous pour lire le bouquin? 😉 ).
Au final, j’ai bien apprécié ma lecture et j’ai bien envie de plonger dans les autres remakes de contes d’Alex Flinn.

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Lire dans le noir : 13 raisons, un livre sur la banalisation de la violence

13 raisons

Par Jay Asher

Résumé en quatrième de couverture :

« J’espère que vous êtes prêts, parce que je vais vous raconter l’histoire de ma vie. Ou plus exactement, la raison pour laquelle elle s’est arrêtée. Et si vous êtes en train d’écouter ces cassettes, c’est que vous êtes l’une de ces raisons. »
En entendant ces mots, Clay Jensen croit à une erreur, il n’a rien à voir dans la mort d’Hannah Baker. D’abord choqué, il erre dans la ville endormie, suspendu à la voix de son amie. Et ce qu’il va découvrir va changer sa vie à jamais.

Mon avis :

J’ai énormément entendu parler de 13 raisons avant de l’acheter. La première saison de la série télé était à peine commencée que beaucoup de gens discutaient de cette histoire autour de moi. Puis, je suis tombée récemment sur le livre à un prix réduit. Je me suis dit que je pourrais plonger dans ce récit dont tout le monde en disait tant de bien. C’est ce que j’ai fait. Et c’est probablement à cause de tout ce qui a été dit sur le livre et la série télé que mes attentes étaient élevées et n’ont pas toutes été comblées.
J’ai apprécié ma lecture, ça, je ne peux le nier. Mais je m’attendais à être véritablement scotchée au livre, ce qui n’a pas été le cas. Oui, j’étais curieuse de découvrir la suite, mais je n’en avais pas soif.
Ce que je voulais, surtout, c’était comprendre pourquoi le narrateur, Clay, se retrouvait sur les cassettes d’Hannah. Il apparaît comme un garçon extrêmement bien. Qu’a-t-il à voir avec un suicide? Et c’est surtout ce qui m’a déçue. J’aurais aimé sentir une importance plus grande de ce personnage chez Hannah. Leur relation est plutôt basée sur des manques, des non-dits et des non-actions. C’est intéressant, jusqu’à un certain point. Mais comme nous savons d’emblée qu’Hannah est morte au début du livre, cela devenait, pour ma part, un peu décevant.
Autrement, j’ai apprécié l’idée de raconter et de présenter toutes sortes d’actions et de paroles qui ont mené une adolescente à perdre la vie. Cela rapproche la lecture de la réalité et met en lumière tous les petits riens qui grossissent et, par un effet boule de neige, poussent une personne à commettre l’irréparable. La sensibilisation est réussie.
Enfin, je crois que j’apprécierais davantage la série que le roman. Peut-être vais-je faire le pas lorsque j’en aurai l’occasion. 🙂

Voici la bande-annonce de la série :

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Vivre au jour le jour, toujours différemment

A comme aujourd’hui

Par David Levithan

Résumé en quatrième de couverture :

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, dans une vie différente. Il s’y est habitué. Il a appris à ne pas s’attacher, à ne pas s’immiscer dans l’existence de l’autre. Jusqu’à ce qu’il emprunte l’identité de Justin, 16 ans, et rencontre sa petite amie, Rhiannon. Dès lors, il n’y a plus de règle qui tienne. Car A a enfin croisé une fille avec qui il veut rester, jour après jour…

Mon avis : 

Lorsque j’ai vu la bande-annonce de l’adaptation cinématographique de la seconde version du roman, Aujourd’hui est un autre jour, j’ai eu très envie de découvrir cette histoire bien spéciale. J’ai attendu un peu, puis, en librairie, je suis tombée sur le format poche de la version masculine du récit de A et de Rhiannon. J’ai craqué et j’ai acheté.
J’ai dévoré le roman en l’espace de quelques heures. La narration nous met très vite dans l’ambiance, et ce, malgré l’existence complexe de A. Nous voulons absolument savoir la suite, découvrir comment l’adolescent fera pour revoir au maximum celle qui l’a rendu amoureux. La narration est donc très accessible et invitante.
Le récit, quant à lui, est fort divertissant. À chaque début de journée, avant même de commencer le chapitre, nous ne pouvons que nous interroger et nous demander où A a-t-il bien pu atterrir et dans quel corps. Chaque journée présente des péripéties qui ne facilitent pas la tâche au jeune pour rejoindre celle qu’il aime. La dynamique de ces épreuves est à la fois amusante, divertissante et source de questionnements sur l’existence (parce que chaque personne dans laquelle se retrouve A a une vie particulière qui soulève des thématiques intéressantes).
Bien vite, cependant, nous nous demandons comment le couple de A et de Rhiannon peut perdurer. La réponse se retrouve à la fin du roman, mais je ne peux vous en dire véritablement plus sans vous dévoiler des informations. Disons alors que j’ai trouvé que c’était une manière intéressante de conclure l’histoire, mais que je n’étais pas non plus tout à fait satisfaite.
À la fin de ma lecture, j’ai bien envie de lire Aujourd’hui est un autre jour, écrit du point de vue de Rhiannon. Je suis curieuse de découvrir quelles informations supplémentaires cette autre lecture pourrait me donner. C’est donc une prochaine aventure qui m’attend!

Voici la bande-annonce du film :

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Un récit très actuel

Naked

Naked

Livre en anglais

Par Stacey Trombley

Résumé en quatrième de couverture (traduction personnelle) :

La meilleure place où se cacher est dans le mensonge…
Je ne pourrais jamais m’accorder avec la vie exigée par mes parents. À mes treize ans, j’en ai eu assez. Je me suis enfuie à New York… où j’ai trouvé un cauchemar qui a duré trois ans. Un cauchemar qui a commencé et fini avec un pimp nommé Luis. Maintenant, je suis la dégoûtante Anna. Brisée, comme si tout à l’intérieur de moi avait mal viré.
Sauf que pour la première fois, j’ai une chance de recommencer à zéro. Pas uniquement avec mes parents, mais aussi à l’école. Toutefois, les rumeurs me suivent partout. Dans les couloirs. En classe. Et le seul espoir que je peux voir est dans le grand et lumineux sourire de Jackson, mon voisin. Alors je lui mens. Je mens pour le protéger de mon passé. Je mens afin de ne pas avoir à être La Fille Qui A Mal Tourné.
Sauf que quelqu’un à l’école sait à propos de New York.
Quelqu’un sait qui je suis réellement.
Et ce n’est qu’une question de temps avant que la vraie Anna soit exposée…

Mon avis :

Naked est un roman tout à fait actuel alors que les fugues des jeunes sont enfin mises de l’avant afin de les comprendre et de les éviter, car celles-ci peuvent entraîner de nombreuses conséquences pour les individus concernés. Avec tout l’attrait qu’a eue la série télévisée FugueuseNaked est une lecture toute désignée pour ceux qui veulent découvrir ce qu’il peut se passer lorsque l’adolescente revient à la maison, le tout dans un cadre fictif, bien entendu.
Ici, Anna retourne dans sa famille, qui est loin d’être parfaite, puisque cette famille stricte et rude était l’une des motivations de sa fuite. Anna retourne également à l’école, où les rumeurs circulent rapidement sur son compte. Les seuls percées de soleil dans cette ambiance sont la présence de Jackson et l’existence de Sarah, la femme qui s’assure qu’Anna va bien et qui l’encourage à lever le voile sur les événements de New York, celle qui l’a prise en charge lorsqu’elle a été retrouvée.
Le roman est par moments sombres, il ne faut pas se le cacher. Ça n’est pas facile de lire qu’une jeune fille de treize ans a été enrôlée dans la prostitution. Ça n’est pas plus facile de lire qu’à seize ans, sa vie est loin d’être rose. Le roman touche des sujets très difficiles qui concernent la société en général, allant de la pratique sexuelle non désirée à l’intimidation, du chantage au viol, de la drogue à l’abus de pouvoir, etc. Le tout est toutefois suffisamment bien fait pour amener la réflexion.
Naked est prévisible à de nombreux endroits, il est vrai. Nous nous doutons rapidement de l’identité de la personne qui sait ce qu’Anna faisait à New York, nous nous doutons de la tournure de la relation entre l’adolescente et son voisin, etc. Il n’empêche que pour le personnage, le lecteur se rend bien vite compte que ces éléments étaient nécessaires pour aller de l’avant, même s’ils ne sont pas toujours joyeux.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture. Je suis vite entrée dans l’histoire, malgré qu’elle soit sombre. Je me suis attachée à Anna, même si je suis loin d’avoir vécu la même chose qu’elle (et je ne le souhaite à personne). Ma lecture a fait surgir toutes sortes d’émotions : tristesse, colère, frustration, sentiment d’injustice… Sauf que la morale du récit est parfaite. Elle concerne tout le monde, chacun avec ses plus ou moins petits secrets, et questionne la normalité.

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Mon premier livre papier en anglais : c’est un succès

The lovely reckless

The lovely reckless

Livre en anglais

Par Kami Garcia

Résumé en quatrième de couverture (traduction personnelle) :

Frankie Devereux, dix-sept ans, ferait n’importe quoi pour oublier le passé. Hantée par le souvenir de la mort de son petit ami, elle mène sa vie selon une seule dangereuse règle : rien n’est important. Frankie n’est donc pas embarrassée lorsqu’elle est forcée d’aller vivre avec son père — un flic infiltré — et d’aller à l’école publique.
C’est là qu’elle fait la rencontre de Marco Leone, un pilote de rue qui a la réputation de causer des ennuis. Robuste, sexy et hypnotique, il est impossible pour Frankie de l’ignorer… ni d’ignorer les sentiments qu’il provoque chez elle. Mais lorsque Frankie découvre le secret de Marco, elle a un dur choix à faire. Peut-elle laisser aller le passé et tenter sa chance pour aller de l’avant?

Mon avis :

Comme le titre de l’article le souligne, The lovely reckless est le premier livre en format papier que je lis en anglais. J’ai déjà lu deux ou trois autres livres sur des plateformes numériques où je n’avais qu’à cliquer sur un mot que je ne comprenais pas pour avoir sa définition. Cette fois, j’ai fait le saut. Je préfère nettement le papier, peu importe où est situé mon dictionnaire.
J’ai déjà lu d’autres livres de Kami Garcia, et c’est pourquoi j’ai voulu lire celui-ci. Le livre n’est pas encore traduit, et la version originale était donc toute désignée pour faire mon baptême de la lecture en anglais. J’ai craqué pour le récit comme j’ai craqué sur Internet pour l’acheter.
Les personnages sont tous intéressants. Autant Frankie, affectée par la mort de son amoureux à laquelle elle a assistée sans pouvoir réagir, que Marco, protecteur et attirant malgré son passé et ses secrets, ou Cruz, la nouvelle amie que se fera Frankie à sa nouvelle école. Les protagonistes n’ont pas la vie facile, et cela rend le récit d’autant plus intéressant. En tant que lecteur, nous voulons découvrir les secrets et les problèmes de chacun afin de voir comment ils peuvent se résoudre ou s’améliorer. Ainsi, bien que Frankie et Marco soient le couple principal (parce que dans une romance, il est évident qu’ils se plaisent l’un à l’autre), la vie de chacun des autres personnages est captivante.
Cet intérêt est directement lié au milieu dans lequel prend place le récit. Frankie passe de la partie riche de la ville à celle qui est pauvre et pleine de criminalité. Les rencontres qu’elle y fait l’amènent vers des personnages qui baignent dans cette ambiance, sans toutefois être nécessairement mauvais. Le tableau est bien brossé par Kami Garcia. Le lecteur croit facilement à l’univers qu’elle dépeint, ce qui ajoute par le fait même de la crédibilité aux protagonistes.
Il est vrai que la conclusion du récit se devine un peu : qu’arrive-t-il au couple formé par Frankie et Marco au bout des épreuves qu’il traverse? qui est le tueur de Noah, le petit ami décédé de Frankie, qu’elle tente désespérément de se souvenir? Les choses se devinent après un certain temps, oui, mais ne gâchent pas le plaisir de la lecture. Nous lisons parce que nous voulons savoir comment les choses vont se produire plutôt que comment elles terminent. Et puis il faut dire que cela se termine par une belle petite pensée sur les choix que nous faisons tous dans la vie. Je vous laisse la découvrir à votre tour.
Allez, je vais faire simple : j’ai adoré ma lecture, autant ce que Kami Garcia a écrit que mon expérience de lire en anglais. J’en veux plus. Plus des livres de Kami Garcia. Plus de livres en anglais. Et ça tombe bien, parce que j’ai un peu des deux en réserve! 😉

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Une aventure dans un carnet

Ophélie

Par Charlotte Gingras

Résumé en quatrième de couverture :

À mon tour, j’ai le rouge aux joues. Je grince des dents. Je sors ma craie blanche de ma poche. J’examine les lieux. Puis je me décide, traverse l’atelier jusqu’au milieu, me penche. Je trace une marque sur le sol, en me déplaçant rapidement. Une bande qui divise l’espace en deux. « Ici, c’est chez moi. De l’autre bord, tu fais ce que tu veux. »
Depuis longtemps, Ophélie rêve d’avoir un endroit à elle, loin du regard et du bruit des autres. Elle croit avoir enfin trouvé, lorsqu’elle s’aperçoit que quelqu’un occupe déjà les lieux. Bien décidée à rester, Ophélie est obligée de partager l’espace avec cet Ulysse qui est tout à fait son contraire. Commence alors une guerre de tranchées où chacun défend son territoire. Mais, peu à peu, des liens se tissent…

Mon appréciation :

J’ai bien aimé lire cette histoire, en particulier parce qu’elle recèle une foule d’éléments intéressants. Si cela reste un roman pour adolescents, un adulte peut tout autant se prendre au jeu et en apprécier la lecture.
Dans le roman sont disséminés plusieurs gribouillis variés, dessins qui seraient réalisés par la narratrice, Ophélie. Je les trouvais bien intéressants dans la mesure où ils ajoutaient parfois du sens à ce qui était raconté. De plus, cela donnait vraiment l’impression que l’histoire provenait d’un carnet (Ophélie écrit ce qui lui passe par la tête dans ce livret et y raconte une partie de sa vie). L’art est d’ailleurs très présent dans le roman, puisque la jeune fille passe beaucoup de temps à créer. Ses créations sont aussi représentatives de son intériorité ou de celle qu’elle aimerait être. Cela me donnait envie de voir les grosses peintures qu’elle réalisait sur les murs de sa cachette. Je n’ai pu que me les imaginer.
Les personnages d’Ophélie et d’Ulysse sont très intéressants sur plusieurs points. D’abord, tous deux portent des pseudos qui rejoignent leur personnalité. Leur véritable nom, nous ne le savons pas. S’ajoutent à cela les existences difficiles des deux héros, ce qui crée une sympathie de la part du lecteur.
Si la fin est évidente concernant l’amitié qui ne peut que se former entre les deux personnages, leurs sentiments et leurs expériences communes ne sont pas anodines. Le récit met en évidence une forme d’amour qui se crée dans le regard plutôt que dans le physique, qui rebute mutuellement les deux protagonistes dès le début du récit. Les premiers jugements se voient craquelés et surpassés par la personnalité intérieure de chacun.
Finalement, j’ai apprécié que la fin du roman soit ouverte. Elle questionne l’art et l’authenticité du récit. J’ai beaucoup aimé pouvoir être libre de m’en créer une interprétation selon les images et le peu de texte qui guident le lecteur à la dernière page.
En bref, Ophélie est un très bon roman pour les adolescents. S’il n’est pas nécessairement très joyeux tout au long, le message qu’il passe sur l’amour et l’amitié, les différences et les ressemblances, est très pertinent.

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Une aventure avec un potentiel inexploité

Alexis, fils de Raphaël

Par Marie-Célie Agnant

Résumé en quatrième de couverture :

Après s’être enfuis de leur pays, Alexis et sa mère se réfugient aux États-Unis avant de s’installer au Canada. Une nouvelle vie commence alors pour eux.
En compagnie des amis de son école, Alexis tente de retrouver son père, Raphaël, victime d’un enlèvement en Haïti.

Mon appréciation :

Mon avis reste très mitigé sur ce roman, peut-être en partie parce qu’il est le deuxième tome d’une série et que je n’ai pas lu son précédent. Mais mon hésitation va bien plus loin que cela, puisque je n’ai pas trop été désorientée durant ma lecture malgré mon manque.
J’ai trouvé l’histoire assez intéressante, d’autant plus que la question des réfugiés est très d’actualité. Cela m’a permis de m’imaginer, en partie, le quotidien de ces gens et les épreuves qu’ils vivent pour enfin s’installer dans un ailleurs dans lequel ils doivent s’adapter pour redécouvrir le bonheur de vivre. Le sujet m’a donc semblé très pertinent.
Cependant, comme l’histoire du jeune Alexis ne s’approche pas de la mienne, je n’ai pas pu créer de lien avec ce héros pour m’y identifier. Je lui étais donc moins attaché. Néanmoins, j’ai aimé l’évolution de sa relation avec sa mère, considérant les difficultés que les personnages vivent. Leur relation n’était pas toujours aisée, mais montrait bien l’unicité dans l’adversité.
La lecture du roman est très aisée, peu complexe. Il est aussi amusant de lire la classique scène où les immigrants découvrent la neige à leur arrivée au Québec.
Enfin, la finale m’a un peu déçue. Alexis a eu beaucoup de facilité à rassembler d’autres jeunes afin de tirer son père du pétrin. D’ailleurs, la réussite de cette tâche se fait aussi trop aisément, et les retrouvailles, quant à elles, manquent cruellement d’élaboration. C’est donc surtout l’histoire du père que l’on voudrait découvrir, et la perception que le jeune a de lui… mais nous n’avons pas accès à ces détails.

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Une histoire et des thématiques intéressantes

Gamer, tome 2, Dans l’arène

Par Pierre-Yves Villeneuve

Résumé en quatrième de couverture :

Les derniers jours n’ont pas été de tout repos pour Laurianne et ses amis, et les choses ne semblent pas près de s’améliorer.
Malgré les heures passées à tenter de découvrir qui sont les auteurs derrière la page Facebook qui rend la vie de Margot si misérable, Laurianne fait face à un mur. Elle devra peut-être chercher de l’aide dans les recoins les plus obscurs d’internet, avec tous les dangers que cela comporte.
À l’école, la peste de Sarah-Jade continue de régner en tyran, mais Laurianne a un plan pour la remettre à sa place. Seulement, elle ne peut pas impliquer ses amis, car ils pourraient tous avoir de sérieux problèmes.
Comme si ce n’était pas assez, on rapporte des événements inquiétants sur les serveurs de La Ligue des mercenaires… Des gamers racontent avoir été la proie d’attaques bizarres, aussi foudroyantes que dévastatrices. Si certaines théories sont farfelues, les plus sérieuses font froid dans le dos. Ce qui n’empêche pas les quatre amis de parfaire leur entraînement en vue du tournoi de la Ligue qui doit avoir lieu dans quelques jours. Si seulement ils savaient ce qui les attend…

Mon appréciation :

Encore une fois, je me suis bien divertie durant ma lecture de cette série. L’histoire, bien que pour un public plus jeune que moi, m’a plu du début à la fin.
Le roman commence avec une séquence de jeu vidéo où les personnages de Gamer vivent une situation de plus en plus complexe. Le passage s’arrête au point culminant, alors que tout semble voué à l’échec. C’est donc intrigant pour le lecteur, qui ne retrouve cette scène que bien plus loin dans sa lecture. Entre-temps, les rebondissements ne manqueront pas.
En effet, entre sa vengeance pour Sarah-Jade et ses sentiments complexes pour son meilleur ami, Laurianne a beaucoup à faire. Chaque péripéties est intéressante et donne envie d’avoir l’adolescente pour amie.
Différentes thématiques pertinentes sont abordées dans ce deuxième volume. Nous y trouvons des sujets qui touchent les jeunes. Ces sujets ne sont pas abordés en profondeur, mais leur mention permet tout de même une courte réflexion. L’un de ces thèmes concerne la possibilité qu’un parent se remette à fréquenter une personne à la suite du décès de sa moitié. Dans l’arène dépeint les émotions qui assaillent le parent et l’enfant lorsqu’ils rencontrent cette possibilité. Au final, nous en retenons le besoin de se confier l’un à l’autre pour se rassurer et mieux aller de l’avant. Un autre sujet concerne le fil mince entre l’amour et l’amitié entre deux jeunes qui se connaissent depuis longtemps. La conclusion de cette affaire dévoile qu’il faut toujours écouter sa tête et son cœur pour prendre les meilleures décisions qui causeront le moins de torts à chacun. (Ai-je piqué votre curiosité? Lisez le roman et vous saurez ce qu’il se passe réellement.)
En somme, j’ai bien aimé ma lecture. Le roman se lit vraiment très bien, son écriture est fluide, et le récit donne envie de poursuivre les aventures de l’héroïne. Il va donc falloir que je me procure les prochains tomes!

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Amitiés, famille et culture : un bon mélange!

Gamer, tome 1, Nouveau port

Par Pierre-Yves Villeneuve

Résumé en quatrième de couverture :

Sur les serveurs de La ligue des mercenaires, les gamers la connaissent sous le nom de Stargrrrl, une soldate redoutable, une combattante aguerrie, une dangereuse tireuse d’élite dont il vaut mieux ne pas se retrouver dans la mire.
Derrière ce visage se cache Laurianne, une jeune fille douée en maths et adepte de course à pied, qui partage le plus clair de son temps entre l’école et l’écran de son ordinateur.
Son univers s’écroule le jour où son père lui annonce leur déménagement.
À sa nouvelle école, tout ce qu’elle souhaite, c’est passer incognito, se fondre dans le décor, tel Arno Dorian. Peu de chance que ça arrive! Malgré tous ses efforts, Laurie n’arrive pas à garder sa langue dans sa poche et réussit le tour de force de se faire à la fois adopter par la gang des geeks et se mettre à dos la clique la plus influente de l’école.
Autour d’elle, les coups les plus tordus s’enchaînent, lui faisant souhaiter de retourner près de Sam, son meilleur ami, avec qui elle ne compte plus les heures passées à jouer à la Ligue, et le seul vraiment capable de lui faire oublier tous ses malheurs.

Mon appréciation :

Un roman pour adolescents qui use, comme point de départ, du déménagement et de la nouvelle école, c’est commun. Cependant, la série Gamer fait changement en instaurant une jeune fille de quatorze ans qui adore les jeux vidéos, la course, les séries télé et les personnages de comics. Si ce ne sont pas tous les jeunes lecteurs qui percevront les références disséminées dans le livre, ce sont justement ces références culturelles qui plairont aux lecteurs adultes.
J’ai beaucoup apprécié ma lecture. Laurianne est une protagoniste qui peut rejoindre plusieurs jeunes selon ce qui est évoqué dans le récit, et ce autant les filles que les garçons. On s’attache rapidement à l’héroïne aux goûts variés. Elle peut faire penser à soi par ses questionnements adolescents (amitiés, amours, alternance loisirs et études) et à d’autres par ses goûts (jeux vidéos, grand appétit, sports, etc.). Laurie a donc la capacité de plaire à tous les lecteurs.
Le personnage du père est aussi très plaisant. Gaffeur, drôle et attentionné, il donne envie d’en avoir un semblable ou d’en connaître un ainsi. Il me semble d’ailleurs plus facile à percevoir en tant qu’ami qu’en tant que paternel.
Enfin, la trame narrative en soi est assez intéressante malgré qu’elle présente des péripéties plus classiques des romans adolescents sous forme de journal. Ce qui différencie Gamer, cependant, mis à part son personnage geek, c’est l’intensité des péripéties (dont la rivalité de Laurie avec la fille la plus populaire de sa nouvelle école). Je ne veux pas révéler trop d’éléments, mais je dirais que cette série crée du nouveau avec du déjà-vu. Le roman se lit très bien et donne envie de lire la suite (ce que je ferai très certainement).

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Un entraînement poétique.

Paysage aux néons

Par Simon Boulerice

Résumé en quatrième de couverture :

Dans ce court roman découpé comme un programme d’entraînement, ponctué d’illustrations et de conseils nutritifs, Simon Boulerice met de nouveau en scène Léon Renaud, l’attachant protagoniste de Jeanne Moreau a le sourire à l’envers. On le retrouve deux ans plus tard, dans un gymnase où il lit de la poésie sur un vélo stationnaire. Il y fait la rencontre de Marky Mark, qui sculpte compulsivement ses muscles tandis que son petit frère perd l’usage des siens, et de Félindra, fée Adidas aux kilos en trop qui boit du Coke Diet en veillant à distance sur son bien-aimé.
Œuvre grave et drôle, tendre et grinçante, Paysage aux néons creuse les thèmes du corps et du désir chers à son auteur.

Mon appréciation :

J’ai bien aimé la plume de Simon Boulerice, dont j’avais beaucoup entendu parler par un collègue de travail mais dont je n’avais jamais essayée. Désormais, c’est chose faite : j’ai lu du Boulerice et j’en veux encore!
L’histoire est assez simple et douce. J’ai bien aimé la lire. Si je ne m’identifiais pas aux personnages, qui étaient tous très loin de moi, j’ai apprécié apprendre à les connaître tout au long de ma lecture. L’environnement, très sportif, m’a plu. Je ne suis pas très sportive, alors j’avais l’impression de m’incruster dans ce genre de quotidien et d’espionner un peu les protagonistes. Je me suis amusée.
Le récit est très bien présenté. Les chapitres sont découpés comme des fiches d’entrainement : au début de chacun d’eux, nous avons des indications pour réaliser un entraînement, puis c’est la narration qui prend le relais. J’adorais l’ambiance qui était ainsi crée.
S’ajoutait à cela tout le côté poétique. Chaque chapitre présente en exergue des extraits de poèmes. Cela donne l’impression au lecteur de lire ce que Léon aime. Qui plus est, comme la poésie est très importante pour le jeune homme, cela permet de faire un lien avec la conclusion du texte, où la forme de la narration change et se constitue de vers.
Finalement, j’ai bien aimé l’idée que l’histoire soit inspirée de gens réels. L’auteur en glisse un mot à la fin du livre et nous avise que nous pouvons aller regarder sur un site internet le travail d’un photographe à propos de ces personnes. Le roman ne fait donc pas simplement représenter le quotidien mesuré d’un adolescent, mais il permet aussi au lecteur de rencontrer, comme dans la vraie vie, des individus qui diffèrent tout en restant très humains.

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