Articles tagués : Roman

Une visite touristique avec des loups

Les gardiens des portes, Tome 1, Abbygaelle

Par Sonia Alain

Résumé en quatrième de couverture :

Qu’est-ce qu’une légende? Un récit imaginaire sorti tout droit d’esprits fantasques, ou bien une suite d’événements qui se seraient bel et bien déroulés dans le passé?
Projetée bien malgré elle dans une réalité parallèle à la sienne, Abbygaelle aura à faire face à plusieurs phénomènes inexplicables. Oscillant constamment entre deux mondes, celui des esprits et le nôtre, elle tentera de survivre. Dans l’ombre, quelqu’un tire les ficelles pour l’amener inexorablement sur un chemin qu’elle refuse d’emprunter, vers une métamorphose contre nature.
Cet homme séduisant, Marcus, est-il un ami ou un ennemi? Pourquoi est-elle si troublée par sa présence? Et s’il n’était pas humain…

Mon avis :

Cela fait déjà quelques temps que ce livre de Sonia Alain traîne sur une tablette. Avec le temps, la série s’est retrouvée complète sans que je l’aie commencée. Désormais, c’est chose faite. J’ai lu ce premier volume, intriguée. Toutefois, je suis ressortie de ma lecture un peu perplexe.
La trame narrative n’est pas mauvaise et rappelle, en partie, les romans de la série Histoires de vampires. Deux êtres, dont un qui apparaît déjà surnaturel au départ, s’éprennent l’un de l’autre et désirent ardemment se coller, peau contre peau. Entre temps, des individus maléfiques se glissent entre les deux membres du futur couple. Là s’arrête le plus gros des ressemblances.
Et c’est un peu le reste qui dérange, malheureusement.
En plus du fait que Marcus et Abbygaelle tombent très rapidement amoureux l’un de l’autre, ce qui arrive dans de nombreux romans, j’ai trouvé que la temporalité était très peu au service du roman. Marcus ne veut pas révéler des informations sur sa personne et sur ce qu’est réellement Abbygaelle à la jeune femme, de peur de la brusquer. Toutefois, leur ennemi est très près et s’attaque régulièrement aux adjuvants. À la fin de ma lecture, je n’ai toujours par compris l’utilité de cette manœuvre, puisque cela n’a simplement donné comme résultat que le fait qu’Abbygaelle ne soit jamais préparée devant la menace qui pèse sur elle et sur ce qui est attendu d’elle. Elle m’apparaissait donc davantage vulnérable.
Cette vulnérabilité m’a beaucoup dérangée dans la mesure où l’héroïne était toujours (ou presque) en position de faiblesse et de soumission. Je comprends que cela est en partie lié à un concept de meute qui traverse le récit… Sauf que la femme apparaissait constamment comme un objet. La protagoniste résiste bien trop peu souvent. Tantôt elle est un objet de désir dans d’aguichants vêtements, tantôt elle voit ses souvenirs se faire brimer pour être maintenue dans l’ignorance, jugée trop faible pour comprendre un monde auquel elle appartient pourtant malgré elle. Cela va de Marcus qui lui fait comprendre qu’elle doit respecter ses ordres au fait qu’il est spécialement mentionné dans une scène d’ébats qu’il est en position de domination. Ce constant martèlement de l’homme viril et de la femme à sauver, qu’il faut posséder, m’a dérangée.
Mis à part cela, le roman, qui manque de profondeur dans ses personnages et dans les éléments qui constituent son univers (du côté explicatif, disons), est très bien fourni côté lieux. À mon avis, c’est ce qui m’a semblé le plus détaillé tout au long de ma lecture. Je comprends l’amusement de se projeter sur des lieux que l’on peut connaître, mais j’ai trouvé ces éléments trop présents proportionnellement au reste du récit. Je ne crois pas que tous les noms des lieux devaient nécessairement être dits pour que le lecteur puisse se les figurer et apprécier sa lecture. De même qu’il n’était pas nécessaire de les détailler longuement… alors que les affrontements étaient plutôt courts.
Enfin, la conclusion, très rapide, m’a un peu déçue. À tout le moins, la narration fait une ouverture sur le deuxième tome de la série et reprend un peu le tir en attisant la curiosité. Seulement, je ne sais pas exactement quand je vais me décider à ouvrir le prochain livre. Ça viendra, mais je crains de retrouver les mêmes choses qui m’ont fait tiquer dans cette lecture-ci.

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Vivre au jour le jour, toujours différemment

A comme aujourd’hui

Par David Levithan

Résumé en quatrième de couverture :

Chaque matin, A se réveille dans un corps différent, dans une vie différente. Il s’y est habitué. Il a appris à ne pas s’attacher, à ne pas s’immiscer dans l’existence de l’autre. Jusqu’à ce qu’il emprunte l’identité de Justin, 16 ans, et rencontre sa petite amie, Rhiannon. Dès lors, il n’y a plus de règle qui tienne. Car A a enfin croisé une fille avec qui il veut rester, jour après jour…

Mon avis : 

Lorsque j’ai vu la bande-annonce de l’adaptation cinématographique de la seconde version du roman, Aujourd’hui est un autre jour, j’ai eu très envie de découvrir cette histoire bien spéciale. J’ai attendu un peu, puis, en librairie, je suis tombée sur le format poche de la version masculine du récit de A et de Rhiannon. J’ai craqué et j’ai acheté.
J’ai dévoré le roman en l’espace de quelques heures. La narration nous met très vite dans l’ambiance, et ce, malgré l’existence complexe de A. Nous voulons absolument savoir la suite, découvrir comment l’adolescent fera pour revoir au maximum celle qui l’a rendu amoureux. La narration est donc très accessible et invitante.
Le récit, quant à lui, est fort divertissant. À chaque début de journée, avant même de commencer le chapitre, nous ne pouvons que nous interroger et nous demander où A a-t-il bien pu atterrir et dans quel corps. Chaque journée présente des péripéties qui ne facilitent pas la tâche au jeune pour rejoindre celle qu’il aime. La dynamique de ces épreuves est à la fois amusante, divertissante et source de questionnements sur l’existence (parce que chaque personne dans laquelle se retrouve A a une vie particulière qui soulève des thématiques intéressantes).
Bien vite, cependant, nous nous demandons comment le couple de A et de Rhiannon peut perdurer. La réponse se retrouve à la fin du roman, mais je ne peux vous en dire véritablement plus sans vous dévoiler des informations. Disons alors que j’ai trouvé que c’était une manière intéressante de conclure l’histoire, mais que je n’étais pas non plus tout à fait satisfaite.
À la fin de ma lecture, j’ai bien envie de lire Aujourd’hui est un autre jour, écrit du point de vue de Rhiannon. Je suis curieuse de découvrir quelles informations supplémentaires cette autre lecture pourrait me donner. C’est donc une prochaine aventure qui m’attend!

Voici la bande-annonce du film :

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Prévisible, mais agréable malgré tout

Royales

Par Camille Versi

Résumé en quatrième de couverture :

Margaret est la princesse parfaite, adorée de tous les Anglais. Généreuse, intelligente, polyglotte, cavalière émérite, menant de front des études de littérature, de politique et d’histoire…
Son secret?
Margaret n’existe pas vraiment. Elles sont seize. Seize soeurs. Seize clones, éduquées à la perfection, créées pour faire rêver un royaume.
Mais les temps ont changé… Sur seize clones, il ne devra rester qu’une seule princesse.

Mon avis :

La couverture de ce livre m’a vite fait de l’œil en librairie. Je n’ai pas résisté bien longtemps : sitôt le résumé lu, il me fallait le livre. Dès que je l’ai eu entre mes mains, je n’ai pu que m’y mettre.
J’ai apprécié ma lecture, que j’ai trouvée plutôt agréable. Toutefois, et je ne peux le nier, la trame narrative était prévisible en grande majorité. La narration se fait à la première personne, ce qui fait converger les péripéties vers le personnage de May (l’une des Margaret). Ne serait-ce qu’à cause de cette focalisation, le lecteur peut deviner les grandes lignes du roman. De qui tombera amoureuse la jeune adulte? Qui aura le béguin pour elle? Qui est la véritable Margaret qui a servi au clonage? Qui osera se rebeller? Qui aura le cœur brisé? D’un chapitre à un autre, il est facile de répondre à ces questions. Il n’empêche que j’étais toujours tentée de lire le chapitre suivant dès que j’en avais terminé un. Peut-être était-ce pour ma petite fierté personnelle d’avoir deviné la suite? 😛 D’autres fois, c’était simplement pour découvrir les réactions de certains personnages à des actions précises. Je ne m’attachais pas tant que cela aux protagonistes, mais j’étais curieuse.
Toutefois, malgré cela, j’ai eu droit à quelques petites surprises. Outre la finale, qui m’a étonnée avec son ouverture, j’ai bien apprécié les émotions et les interrogations qui accaparaient May lorsqu’elle a eu le cœur brisé. Ça fait drôle à dire, je m’en doute. Sauf que c’est le moment où j’ai trouvé que l’héroïne était la plus crédible, la plus vraie. Autant qu’elle, je détestais la décision de celui qui lui avait fait du mal, quelles qu’aient pu être les justifications du jeune homme. Et j’ai tout autant apprécié qu’elle ne lui retombe pas immédiatement dans les bras par la suite.
Dans l’ensemble, donc, ma lecture a surtout été divertissante. Les surprises étaient très peu présentes, mais le récit n’était pas mauvais pour autant. Je n’empêche donc personne de l’essayer! 🙂

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Perdue dans l’Histoire

La grimace

Par Heinrich Böll

Résumé en quatrième de couverture :

Hans est un clown qui a perdu le sourire. Son heure de gloire passée, ce jeune vagabond traîne sa mélancolie et ses révoltes dans l’Allemagne aseptisée d’Adenauer. La religion? Elle l’exaspère, sous toutes ses formes. Les anciens collabos et leurs œuvres de charité? Idem. L’amour? Marie, son unique passion, l’a quitté. Désabusé et solitaire, Hans trouvera-t-il sa place dans ce monde qu’il méprise?

Mon avis :

La grimage a été une lecture un peu particulière pour moi. Je n’avais jamais lu de romans d’Heinrich Böll avant, et je n’étais pas (et ne le suis pas trop encore) familière avec la période de l’Allemagne divisée. J’ai appris quelques différences entre l’Allemagne de l’Est et celle de l’Ouest. Toutefois, ça n’était pas suffisant pour que je puisse adéquatement me fondre dans l’ambiance du récit. Ce fut donc l’une des difficultés que j’ai rencontrées durant ma lecture et qui a fait en sorte que je n’ai pas pu pleinement apprécier ma lecture. Les personnages sont forgés par les différences entre les deux Allemagnes, ce qui, puisque je ne m’y connais pas assez, rendait plus ardu de plonger dans l’ambiance du roman.
C’était pareil sur le plan du catholicisme. La religion était très présente dans le livre. À cause de cela, je sais que j’en ai perdu des bouts. Ce que j’avais du mal à suivre, je ne le retenais pas véritablement. Ma lecture a donc malheureusement été trouée. Pourtant, avoir maîtrisé les informations relatives à l’époque de l’Allemagne divisée et de sa religion, j’aurais sans aucun doute davantage apprécié ma lecture.
Le temps du récit est très court, mais il est agrémenté de nombreuses analepses. Au final, nous n’avons été que très peu de temps avec le personnage d’Hans, un peu comme si son présent n’était pas pertinent, contrairement à son passé, qui l’a défini. La finale, malgré cela, est intéressante. Si elle met fin à ce récit d’une courte temporalité, elle fait remonter tout le passé du personnage principal pour justifier ce qu’il est devenu et ce qu’il va faire de son temps à venir. C’est relativement simple, tout en amenant une réflexion sur l’existence du protagoniste.
Dans l’ensemble, je n’ai pas été soufflée par ma lecture. Je ne l’ai pas non plus détestée, mais j’étais bien conscience qu’il me manquait de connaissances pour pouvoir l’apprécier.

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Un récit déconcertant

La Ruche

Par Michèle Laframboise

Résumé en quatrième de couverture :

« Marilyn danse.
Un courant d’air traverse la grille sous ses escarpins, soulevant le bas de sa robe. L’actrice se penche pour presser les pans rebelles, un geste souligné par un accord de cuivres. Le vent coquin soulève l’arrière de sa robe, dénudant ses jambes galbées.
Elle éclate de rire, un rire perlé, chorégraphié au quart de seconde, chaque note sonnant comme une invitation.
Des sifflements montent autour du plateau surélevé sur lequel elle se trémousse. Une masse de touristes et d’habitués dégustent des flûtes de vin, chacun palpant le bouquet de roses rouges au centre de leur table.
Aucun d’eux ne connaît l’origine du numéro de Marilyn, de la robe ou du courant d’air. Cela ne les empêche pas d’évaluer leurs chances d’obtenir un rendez-vous galant, pourvu que la mise encryptée dans leur bouquet soit suffisante. »
Et vous, avez-vous déjà rencontré Marilyn? Suivez-la au cœur de la Ruche, là où la sensualité épouse le mystère.
Version revue et améliorée de la nouvelle « Le Vol de l’abeille », récipiendaire du Prix Solaris 2006, La Ruche vous propose une incursion à l’intersection de l’érotisme et de la science-fiction.

Mon avis :

L’univers de La Ruche déstabilise lorsqu’on le découvre dans les premières pages. Le lieu, un complexe bar de prostitution, est construit et pensé en tous points avec l’univers d’une ruche (bourdons, fleurs, abeilles, etc.). En tant que lecteur, on cherche à se familiariser, à comprendre cet endroit. Plus on le comprend, cependant, plus on le déteste. Parce que le personnage de Marilyn n’est nullement là par plaisir. Et c’est là le plus grand intérêt du roman : on veut comprendre comment cette jeune femme en est arrivée où elle est… et pourquoi.
Nous retrouvons ces explications dans des analepses qui décrivent par la même occasion dans quel univers de science-fiction nous nous situons. Je dois avouer que j’ai trouvé cela à la fois intéressant et apeurant. Apeurant dans la mesure où je me figurais vivre dans ce monde. Les décors prennent vie afin de donner aux personnages ce qu’ils désirent. Mais rien n’est éternel.
Au départ, lorsque nous comprenons dans quel lieu se retrouve Marilyn, nous nous rendons compte qu’elle n’est pas bien là. Toutefois, rien n’indique encore à quel point cet endroit est sordide. Lorsque j’ai compris tout ce que la Ruche impliquait, je me suis questionnée sur l’humain.
La force du récit réside donc en la construction de l’univers et de la Ruche. Parce que lorsque les choses dérapent, nous devinons qui contribuera à sauver Marilyn de son cauchemar. Et lorsque cela est fait, la fin est un peu abrupte. Nous aurions aimé poursuivre et apprendre ce que Marilyn fera ensuite.
Ce fut donc une lecture appréciée, pour ma part. J’ai été déstabilisée, oui, mais ça n’était pas mauvais signe. Un roman plus long et étoffé m’aurait davantage plu. Toutefois, je suis bien contente d’avoir découvert cette auteure. 🙂

Je tiens à remercier les Six Brumes pour le livre.

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Un récit très actuel

Naked

Naked

Livre en anglais

Par Stacey Trombley

Résumé en quatrième de couverture (traduction personnelle) :

La meilleure place où se cacher est dans le mensonge…
Je ne pourrais jamais m’accorder avec la vie exigée par mes parents. À mes treize ans, j’en ai eu assez. Je me suis enfuie à New York… où j’ai trouvé un cauchemar qui a duré trois ans. Un cauchemar qui a commencé et fini avec un pimp nommé Luis. Maintenant, je suis la dégoûtante Anna. Brisée, comme si tout à l’intérieur de moi avait mal viré.
Sauf que pour la première fois, j’ai une chance de recommencer à zéro. Pas uniquement avec mes parents, mais aussi à l’école. Toutefois, les rumeurs me suivent partout. Dans les couloirs. En classe. Et le seul espoir que je peux voir est dans le grand et lumineux sourire de Jackson, mon voisin. Alors je lui mens. Je mens pour le protéger de mon passé. Je mens afin de ne pas avoir à être La Fille Qui A Mal Tourné.
Sauf que quelqu’un à l’école sait à propos de New York.
Quelqu’un sait qui je suis réellement.
Et ce n’est qu’une question de temps avant que la vraie Anna soit exposée…

Mon avis :

Naked est un roman tout à fait actuel alors que les fugues des jeunes sont enfin mises de l’avant afin de les comprendre et de les éviter, car celles-ci peuvent entraîner de nombreuses conséquences pour les individus concernés. Avec tout l’attrait qu’a eue la série télévisée FugueuseNaked est une lecture toute désignée pour ceux qui veulent découvrir ce qu’il peut se passer lorsque l’adolescente revient à la maison, le tout dans un cadre fictif, bien entendu.
Ici, Anna retourne dans sa famille, qui est loin d’être parfaite, puisque cette famille stricte et rude était l’une des motivations de sa fuite. Anna retourne également à l’école, où les rumeurs circulent rapidement sur son compte. Les seuls percées de soleil dans cette ambiance sont la présence de Jackson et l’existence de Sarah, la femme qui s’assure qu’Anna va bien et qui l’encourage à lever le voile sur les événements de New York, celle qui l’a prise en charge lorsqu’elle a été retrouvée.
Le roman est par moments sombres, il ne faut pas se le cacher. Ça n’est pas facile de lire qu’une jeune fille de treize ans a été enrôlée dans la prostitution. Ça n’est pas plus facile de lire qu’à seize ans, sa vie est loin d’être rose. Le roman touche des sujets très difficiles qui concernent la société en général, allant de la pratique sexuelle non désirée à l’intimidation, du chantage au viol, de la drogue à l’abus de pouvoir, etc. Le tout est toutefois suffisamment bien fait pour amener la réflexion.
Naked est prévisible à de nombreux endroits, il est vrai. Nous nous doutons rapidement de l’identité de la personne qui sait ce qu’Anna faisait à New York, nous nous doutons de la tournure de la relation entre l’adolescente et son voisin, etc. Il n’empêche que pour le personnage, le lecteur se rend bien vite compte que ces éléments étaient nécessaires pour aller de l’avant, même s’ils ne sont pas toujours joyeux.
En somme, j’ai bien apprécié ma lecture. Je suis vite entrée dans l’histoire, malgré qu’elle soit sombre. Je me suis attachée à Anna, même si je suis loin d’avoir vécu la même chose qu’elle (et je ne le souhaite à personne). Ma lecture a fait surgir toutes sortes d’émotions : tristesse, colère, frustration, sentiment d’injustice… Sauf que la morale du récit est parfaite. Elle concerne tout le monde, chacun avec ses plus ou moins petits secrets, et questionne la normalité.

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Un savant mélange de genres

Si une nuit d’hiver un voyageur

Par Italo Calvino

Résumé en quatrième de couverture :

Ce livre est né du désir de lecture. Je me suis mis à l’écrire en pensant aux livres que j’aimerais lire. Je me suis dit alors : la meilleure façon d’avoir ces livres c’est de les écrire. Pas un livre, mais dix, l’un après l’autre, et tous à l’intérieur du même livre. Et chaque fois que je commençais, dans ce roman, un nouveau roman, ce qui me poussait, c’était encore et toujours le désir de lecture. J’ai vraiment voulu faire le livre du lecteur. Pas seulement parce que le lecteur est le seul véritable héros de ce livre, mais aussi parce que c’est son désir (et pas seulement le mien) de lecture qui dicte les différents livres.
Italo Calvino (1979)

Mon appréciation :

Lire Si une nuit d’hiver un voyageur est une expérience de lecture fort intéressante.
Cet intérêt se retrouve principalement dans la manière dont le récit est construit. L’histoire est essentiellement divisée en deux : les débuts de roman que le Lecteur lit et le récit des aventures concernant le personnage du Lecteur.
Si une nuit d’hiver un voyageur est l’histoire d’un Lecteur qui, après avoir lu le début d’un roman, se rend compte qu’il est mal relié et qu’il a été combiné à un autre livre. À partir de ce moment, le Lecteur tente de retrouver, en quelque sorte, l’histoire complète du récit qu’il voulait initialement lire. Sa quête l’amène ainsi à lire une dizaine de débuts de récits. Et ces récits sont intercalés entre celui des aventures du Lecteur, de sorte que nous lisons également ces premiers chapitres.
Les dix débuts de romans sont assez intéressants, mais j’en ai tout de même préféré certains à d’autres. Je trouvais toutefois bien pensé la manière dont ils étaient écrits, puisque leur style variait véritablement de l’un à l’autre, comme s’ils étaient tous originaires de différents auteurs. Tout de même, bien que les récits diffèrent, la narration ne part jamais dans tout les sens. Le roman est habilement construit, de sorte que nous ne sommes pas trop désorientés malgré les nombreux changements de directions.
J’ai beaucoup aimé que la narration s’adresse au Lecteur dès le début du récit. Nous sommes interpellés, ce qui nous met dans la peau de ce personnage de Lecteur. C’est assez comique. Nous entrons dans les problèmes du Lecteur, problèmes qui découlent de défauts d’impression et d’assemblage des livres. Ainsi, nous visitons en partie dans les dessous du livre, là où il est produit et où il arrive que des erreurs se produisent. Nous abordons la production du produit du livre, alors que nous sommes habitués à le considérer comme un produit fini lorsque nous l’avons en mains. J’ai bien aimé ce point de vue.
L’aventure du Lecteur est complètement farfelue. C’est cocasse et ça donne envie de lire les prochaines pages pour savoir de quelle façon sa quête va bien pouvoir se terminer. Et c’est alors que s’explique le titre du roman, mais je vous laisse le découvrir pour ceux qui ne l’ont pas encore lu.
Enfin, les jeux identitaires étaient aussi bien intéressants. Tout particulièrement à propos du personnage féminin de Lotaria. Il y a beaucoup de jeux identitaires avec cette femme, de sorte que les procédés narratifs sont mis de l’avant. Ce que nous lisons est une construction, un récit qu’un auteur a produit… alors pourquoi Lotaria ne représenterait-elle pas cette construction qui peut changer selon les désirs de son auteur? Il y a de quoi réfléchir un peu.
Dans l’ensemble, donc, j’ai passé une agréable lecture. Par sa construction, le livre m’a donné une excellente expérience de lecture. Je me suis à la fois questionnée et divertie.

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Coup de cœur pour Blitz : la suite

Blitz, tome 2, All clear

Par Connie Willis

Résumé en quatrième de couverture :

Comme des milliers de Londoniens, Polly, Michael et Merope se retrouvent pris sous les bombes ennemies qui s’abattent sans relâche sur la capitale britannique en ce mois de décembre 1940. Pour ces historiens du XXIe siècle venus étudier le Blitz, la nécessité de survivre a désormais pris le pas sur la recherche : il leur faut à tout prix découvrir le moyen de regagner leur époque. Mais leur marge de manœuvre est étroite, car chaque action peut modifier le cours de la guerre et réécrire l’histoire des siècles à venir…

Mon avis :

Wow.
J’ai lu All clear avec énormément de plaisir… et aussi un peu de frustration, mais c’était très bon signe à chaque fois.
Le roman prend place directement après le premier. Il faut lire les deux d’un coup ou de façon très rapprochée, parce qu’ils forment ensemble un tout, une seule grosse aventure. Ainsi, dès lors que nous avons été happés par le premier volume, nous tombons directement dans le deuxième, déjà captivés. Dès les premières lignes de All clear, je désirais ardemment savoir ce qu’il adviendrait des jeunes historiens coincés à l’époque du Blitz.
J’ai bien aimé les théories des personnages sur ce que leur présence dans le passé pouvait impliquer. Ils s’interrogeaient beaucoup à savoir s’ils modifiaient le continuum ou non, et si c’était le cas, s’ils l’affectaient en mal ou en bien. Est-ce que, par leur présence durant la Seconde Guerre, Hitler gagnerait finalement la guerre? Lorsqu’une dernière théorie est mise de l’avant par le personnage de Polly, avec de nombreuses observations sur les actions de chacun des historiens à l’appui, j’admets avoir beaucoup aimé l’idée. Cela amène beaucoup de réflexions sur les voyages temporels et sur la construction même du temps, et c’était vraiment intéressant. Pour ma part, cela m’a donné envie de lire davantage sur le sujet.
J’ai dit que le roman m’avait causé quelques frustrations, mais que c’était positif. En fait, en tentant de ne rien dévoiler de trop important, disons que les fins des chapitres terminaient souvent sur des révélations, des questionnements ou des dangers à venir. Tantôt nous apprenons une information qui permet aux protagonistes d’aller de l’avant, mais nous sommes coupés par un ou quelques autres chapitres. Ou tantôt nous sommes laissés en suspens avec une question, qui ne sera répondue que lorsque nous retrouverons le personnage concerné un peu plus loin. Ou bien le chapitre termine alors qu’un protagoniste est en très grand danger, que l’on craint qu’il soit blessé ou pire encore. À ce sujet, mon cœur s’est serré à deux reprises (et les scènes avant et après étaient, à mon avis, fabuleusement écrites).
La fin du récit, quant à elle, reste plutôt particulière. Ce n’est pas que je n’ai pas apprécié, non. Toutefois, elle laisse quelques questions en suspens qui tournent et tournent dans l’esprit des lecteurs. Oui, je dis bien « lecteurs », car en consultant quelques sites internet, j’ai observé les mêmes interrogations chez les autres admirateurs de Blitz. Tous en viennent à la conclusion que les mystères qui restent lorsque le livre est fermé étaient voulus par Connie Willis. Tous sont d’avis que c’est alors aux lecteurs de spéculer sur différentes théories qui ont guidé ou qui relient les personnages. Et je suis bien contente de ne pas avoir été la seule à m’interroger à savoir si j’avais manqué une information quelconque durant ma lecture. 😛
Vraiment, j’ai bien aimé lire Black-out et All clear. L’écriture et la construction du récit étaient idéales pour que je sois totalement ancrée dans l’univers dépeint. Cela m’a donné la nette envie de lire tous les autres livres de l’auteure. C’est assurément un projet à venir. 😉

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Barbe bleue comme je n’aurais pas pu l’imaginer

Les sangs

Par Audrée Wilhelmy

Résumé en quatrième de couverture :

Dans la salle à manger d’un manoir sont assis quatre enfants à qui l’on a servi un repas de gibier. Une jeune fille, cachée derrière une tapisserie, observe l’un d’eux engloutir la chair crue et note : « Le canard serai meilleur sans toutes ces épices. » Le garçon s’appelle Féléor Barthélémy Rü, et l’adolescente, Mercredi Fugère. Elle est la première des sept femmes que croisera Féléor dans ce roman qui retrace, au travers des carnets que chacune laissera derrière elle, l’apprentissage d’un meurtrier.
Mercredi, Constance, Abigaëlle, Frida, Phélie, Lottä et Marie : qui sont-elles et d’où viennent-elles? Qu’est-ce qui les pousse vers celui que, dans la Cité, on appelle désormais l’Ogre? Ce roman parle de désir, de violence, de fantasmes et d’écriture; il donne accès à un univers amoral — le nôtre? — où la puissance tient lieu de loi, où les victimes ne sont pas telles qu’on les imagine et où les rencontres peuvent déboucher sur une mort qui n’est pas forcément un drame.

Mon avis :

Je ne connaissais pas Audrey Wilhelmy avant de découvrir et de lire ce petit livre. Je dois admettre que j’ai bien appréciée ma lecture et que cela m’a donné bien envie de lire d’autres textes de cette auteure.
Les sangs reprend le conte de Barbe bleue d’une intéressante manière. Cette fois-ci, ce sont les femmes qui demandent à être tuées par l’homme. Chacune a ses raisons, et cela permet de poser des questions pertinentes au fil de la lecture. Ces femmes ne sont plus des victimes, elles sont plutôt celles qui contrôlent, jusqu’à un certain point, leur destin.
Le roman dresse un portrait de chacune de ces femmes. Elles ont chacune leurs particularités, et le style de la narration varie en conséquence de la femme concernée par le chapitre. J’aimais beaucoup ces portraits, bien que je n’aimais pas toujours tout de ces protagonistes (elles différaient toutes de moi, ce qui ne créait pas d’attachements, et c’était bien comme cela).
La disposition des parties du récit est aussi tout à fait intéressante. Nous avons accès au récit d’une femme de Barbe bleue sous la forme d’un journal ou de lettres. La femme devient la narratrice pour quelques pages, et nous devenons témoins de ce qu’elle raconte, sans toutefois savoir quel est le degré de véracité dans ses propos. Puis vient le point de vue de l’homme après chacune des interventions féminines. S’il est une figure de pouvoir, sa personnalité apparaît alors plus complexe et ambiguë. Il n’est plus que bourreau. Dans ces parties, il revient à chaque fois sur sa relation avec sa nouvelle femme, jusqu’à la mort de celle-ci, et donne sa version des événements.
La force de ce récit réside véritablement en ses personnages si différents, approfondis et recherchés. Le livre est court, très court. Il se lit rapidement et ne peut que laisser une trace chez son lecteur, que ce soit par les questionnements qu’il soulève ou par la puissance de ses protagonistes.
J’ai adoré ma lecture. C’est tout simplement ça.

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Un mélange d’histoire et de fiction

Meurtres pour mémoire

Par Didier Daeninckx

Résumé en quatrième de couverture :

Paris, octobre 1961 : à Richelieu-Drouot, la police s’oppose à des Algériens en colère. Thiraud, un petit prof d’histoire, a le tort de passer trop près de la manifestation qui fit des centaines de victimes. Cette mort ne serait jamais sortie de l’ombre si, vingt ans plus tard, un second Thiraud, le fils, ne s’était fait truffer de plomb, à Toulouse.

Mon appréciation :

Ce qui m’a surtout plu de ma lecture, ce fut le côté historique du récit et l’enquête qui y était reliée. En fait, j’aimais tout particulièrement que les événements historiques du livre proviennent de faits en partie réels, dont les tueries d’octobre 1961. Cela contribue à l’ambiance du roman. Je ne connaissais pas ces événements, et de lire sur eux m’a donné envie d’en apprendre davantage afin de mieux comprendre ce qu’il s’est passé.
J’aimais aussi que les personnages qui évoluent dans cette ambiance soient fictifs. Ainsi, je n’avais pas à m’interroger sur la véracité des événements qui étaient reliés aux protagonistes. Je savais que je pouvais me laisser aller au divertissement du récit.
Je suis un peu mitigée quant à mon appréciation du personnage de l’inspecteur, toutefois. Au lieu d’être le résistant héros auquel nous nous attendons d’un tel type de personnage, il est plutôt empreint de faiblesses. Il a nettement moins de caractère que bien d’autres héros de romans policiers que j’ai lus. Quand même, cela dénotait une certaine empathie de la part de l’inspecteur, ce qui n’était pas pour me déplaire non plus. Ainsi, il acquiert une certaine dose d’humanité qui n’est pas toujours présente chez le héros surhomme.
Enfin, j’ai trouvé que le récit était plutôt captivant. L’enquête est bien menée. Elle progresse par une gradation qui la rend assez intéressante. Elle intéresse donc suffisamment  pour garder l’intérêt, et ce, même si nous ne sommes pas scotchés au livre et que nous le laissons de côté un moment. J’ai donc apprécié ma lecture dans l’ensemble. Je ne sais pas si je lirai d’autres livres de l’auteur par ma propre volonté, mais je crois que je ne le refuserai pas si l’occasion se présente et que l’on m’en tend un entre les mains.

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