Un style d’écriture tout à fait pertinent pour ce genre d’histoires!

Trois viesTrois vies
Par Gertrude Stein

Résumé en quatrième de couverture :

Trois vies, par son titre même, fait songer à Flaubert, et l’on sait que l’auteur de Trois contes a exercé une influence sur Gertrude Stein.
L’histoire d’Anna la bonne, celle de la jeune Noire Mélanctha, celle de la douce Léna sont aussi les histoires de trois « cœurs simples », dont l’auteur raconte les destinées manquées. Jamais les héroïnes ne sont juges; elles meurent toutes trois d’une même maladie mystérieuse : celle de n’avoir pas été vraiment vivantes. Anna donne tout ce qu’elle a, à n’importe qui, et elle en arrive à perdre sa personnalité. Mélanctha, quoique la plus forte, ne parvient pas à imposer sa volonté aux autres. Léna, elle, n’est condamnée qu’à voir disparaître en elle, jour après jour, le goût de vivre.
Gertrude Stein raconte ces histoires de cœurs simples avec les mots les plus simples. Elle parle le langage de tout le monde, mais lui redonne une valeur qu’il avait perdue. Sa prose avance, de répétition en répétition, épousant le flot pressé d’une conscience. Si l’on songe que Trois vies a été publié en 1905, il faut voir dans ce livre l’aurore d’une révolution du langage où Gertrude Stein précédait Sherwood Anderson, James Joyce et Hemingway.

Mon appréciation :

Je ne crois pas que j’aurais lu Trois vies si je n’avais pas eu l’occasion de le découvrir dans un cours de littérature américaine. Pourtant, il y a quelque chose de fort intéressant dans la plume de Gertrude Stein.
Tout d’abord, son style d’écriture est captivant de par sa simplicité continuelle. Avec un éventail plus restreint de mots, Stein en dit beaucoup. Je dis qu’elle utilise peu de mots, mais c’est surtout parce qu’il y a de nombreuses répétitions tout au long de l’ouvrage, surtout dans la nouvelle sur Mélanctha. Dans cette nouvelle, c’est un peu comme si, avec ces répétitions multiples, le personnage s’enfonçait dans une sorte de cycle d’où elle ne pourrait s’échapper. Cette femme est présentée comme étant forte et intelligente. Par contre, elle ne possède pas une bonne capacité d’affirmation, ce qui la laisse baigner dans ses répétitions. De cette ambiance résulte une perte d’amour qui l’éloigne peu à peu des véritables relations avec le monde. Le texte est tout à fait splendide tout au long de la lecture.
Pour le personnage d’Anna, c’est son extrême bonté qui ressort. En effet, Anna est toujours prête à aider les autres au détriment de son bonheur. Elle n’hésite pas à donner sans recevoir, ce qui lui laisse un maigre budget pour s’amuser… et la force, en quelque sorte, à ne pas s’amuser, justement. Sa bonté se retrouve aussi dans son désir de gronder pour mettre les gens sur la bonne voie. Elle semble un peu brusque à cet effet, mais c’est toujours dans l’idée de bien faire. Anna est un personnage constant, tout comme Mélanctha, ce qui la tue peu à peu, comme l’indique la quatrième de couverture du recueil.
Quant à Léna, protagoniste de la dernière nouvelle du livre, il est question d’une forte soumission. À elle seule, elle en est le symbole. Léna est une coquille vide incapable de s’affirmer qui se laisse toujours guider par les autres, qui décident ainsi de sa vie. Mariée à un autre homme soumis selon le choix de sa tante, l’existence de Léna est victime d’une perte de couleur. Ses jours et son teint grisonnent peu à peu, jusqu’à ce qu’elle soit trop faible.
Si le livre raconte la vie et le décès de trois femmes, il n’en reste pas moins que les histoires puisent leur intérêt dans la plume de l’auteure américaine. Le style d’écriture est toujours adéquatement utilisé en fonction des histoires racontées. Il est simple et dresse parfaitement le portrait de trois vies toutes aussi simples. La force de Gertrude Stein, à mon avis, c’est son écriture qui colle totalement à l’ambiance et à l’existence de ses personnages.

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